La semaine économique vue par Philippe Crevel

Le coin des épargnants

Le CAC 40 a progressé de 1,5 % sur la semaine et a terminé la semaine à 4228 points. Les investisseurs ont été rassurés par la déclaration de Draghi qui a souligné qu’il suivait avec attention l’évolution de l’inflation. De ce fait, les financières se sont reprises.

Il n’en demeure pas moins que la volatilité devrait rester forte durant les prochaines semaines.

Etats-Unis, le chômage continue de baisser

La baisse du taux de chômage à 6,6 %, au mois de janvier, aux Etats-Unis devrait conforter la politique engagée par la FED depuis le début d’année.

Le nombre de personnes au chômage est de 10,2 millions. Depuis le mois d’octobre, le taux de chômage est passé de 7,2 à 6,6 %. Le taux de chômage est de 6,2 % chez les hommes et de 5,9 % chez les femmes. Le taux de chômage reste élevé chez les jeunes à 20,7 %. Par origine ethnique, le taux de chômage est de 5,7 % chez les blancs, de 12,1 % chez les blacks, de 8,4 % chez les Hispaniques et de 4,8 % chez les asiatiques

Le chômage de longue durée a fortement reculé au mois de janvier avec une baisse de 232 000. En un an, le recul concerne 1,1 million de personnes. Néanmoins, il concerne près de 36 % des chômeurs ce qui est nettement moins qu’en France.

Cette diminution du chômage s’est accompagnée d’une amélioration du taux d’emploi.

And now, ladies and Gentlemen

Le compte à rebours est lancé afin de savoir si au-delà des mots, la France est capable de se réformer. De pacte de responsabilité en réforme fiscale, les promesses fusent mais que cachent-elles ? Nul ne le sait précisément ou presque. Compte tenu de l’ampleur du déficit et de la dégradation de la situation des entreprises, les marges sont réduites et les attentes importantes. Le Gouvernement lance des balles et regardent comment elles rebondissent. Il en a été ainsi, cette semaine, avec l’idée de fusion de la CSG et de l’impôt sur le revenu. Ce fut également le cas avec celle du prélèvement à la source. Avec la proximité des élections municipales, il apparaît peu probable que le Gouvernement annonce la moindre réforme dans les prochaines semaines. La traduction en actes des promesses incombera peut être au futur Gouvernement à moins que l’urgence impose son calendrier. Il n’en demeure pas moins que pour sortir de l’ornière dans laquelle évolue l’économie française, cette dernière ne pourra pas se contenter de la reprise américaine ou de la sortie de récession de l’Europe du Sud.

Exportation, ça balance toujours en négatif

Le déficit commercial de la France s’est élevé en 2013 à 61,2 milliards d’euros contre 67 milliards d’euros en 2012 et 74 milliards d’euros en 2011.

Le déficit des échanges de biens avec le reste du monde a ainsi baissé de 6 milliards d’euros, soit près de 9% sur un an, selon les chiffres dévoilés vendredi par la ministre du Commerce extérieur Nicole Bricq.

Par rapport au record abyssal de 74 milliards d’euros enregistré en 2011, la baisse est de 17%. Mais en 2013, l’essentiel de la réduction du déficit s’explique par l’allègement de la facture énergétique.

Le chiffre de l’an dernier reste néanmoins le 3e plus mauvais de l’histoire après 2011 et 2012,

L’excédent allemand flirte avec les 200 milliards d’euros à 198,9 milliards d’euros en 2013.

Néanmoins, il y a un point positif, c’est le déficit hors énergie et matériel militaire a diminué de moitié en deux ans, à 13,5 milliards.

Mais les résultats du commerce extérieur traduit encore le recul de la France au niveau des échanges de marchandises. Pour les importations, le recul est de 2,3%, à 496,8 mds EUR et les exportations baisent de 1,3%, à 435,6 mds.

En revanche, la balance des services devrait dégager un excédent de 33,2 milliards d’euros, selon des chiffres provisoires. Le déficit de la balance des transactions courantes qui est le véritable juge de paix devrait se situer autour de 30-32 milliards en 2013.

La contribution du commerce extérieur à la croissance économique aurait été nulle voire négative l’an dernier (-0,2 point de produit intérieur brut), selon des évaluations provisoires transmises par le ministère.

Les exportations françaises sont portées en 2013 par trois grands moteurs traditionnels: l’agroalimentaire (+3,3% d’exportations avec un excédent de 11,5 milliards), la pharmacie (exportations en hausse de 2,5% et excédent de 4,5 milliards) et l’aéronautique, qui voit ses exportations augmenter de 1% et son excédent atteindre le record de 22 milliards et garder sa place de premier excédent commercial sectoriel.

L’année dernière, 120.700 entreprises ont exporté contre 119.200 en 2012. La France réalise 60% de son commerce au sein de l’Union européenne

Chine, fin d’une époque

La Chine doit rechercher un nouveau modèle de développement faute de quoi elle pourrait bien perdre son statut de prétendant à la couronne mondiale. La Chine doit faire face à de nombreux défis. Le premier est d’ordre démographique avec un vieillissement de la population. Le second est lié à des problèmes d’accès aux matières premières et agricoles qui pourraient aboutir à une contraction des excédents commerciaux qui ont fait la richesse chinoise de ces vingt dernières années. La Chine, qui concentre 20% de la population mondiale ne possède que 10% des surfaces cultivables de la planète.  Ses achats en dollars de matières premières agricoles ont été multipliés par huit depuis son entrée dans l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), en 2001. Pour assurer son indépendance, la Chine achète des terres arables, en Afrique, en Asie ou en Amérique latine.

La Chine ne possède pratiquement pas de pétrole, ni de gaz, mais du charbon, au demeurant d’assez mauvaise qualité. Le « miracle » des années 2000 a donc eu pour contrepartie une très forte dépendance aux importations de produits de base. En 2013, celles-ci étaient à l’origine d’un déficit d’environ 550 milliards de dollars.

Pour financer ces besoins primaires, la Chine se doit de dégager des excédents commerciaux. Cela a été le cas ces dernières années, la Chine a accumulé d’énormes réserves de changes et est un  créancier net du reste du monde. Face au surendettement, les clients de la Chine sont tombés en crise et ont réduit leurs achats ou du moins leur croissance d’importations en provenance de Chine.

Aux Etats-Unis, plus encore en zone euro, la tolérance aux déséquilibres externes est moindre ; la compétitivité s’améliore, l’accent est mis sur la préservation des parts de marchés. Les déficits avec la Chine ont plutôt tendance à se réduire. Pour l’Allemagne, il y a désormais un excédent.

La Chine est en train d’abandonner son système d’économie d’assemblage. Le degré de  sophistication de ses produits augmente et, avec lui, leur contenu en  salaires et intrants. Pour la seconde économie mondiale, exporter toujours plus et au moindre coût n’est sans doute plus une stratégie d’avenir.

Un processus d’adaptation à la nouvelle donne prend forme avec une libéralisation progressive du marché intérieur visant notamment à abaisser les prix agricoles subventionnés, l’amélioration de la couverture sociale des travailleurs migrants, la facilitation de leurs déplacements, ou encore l’assouplissement partiel de la politique de l’enfant unique,

Il faut souligner que  la consommation des Chinois ne représente que 37 % du PIB contre plus de 60 % dans les pays de l’OCDE.

La BCE n’est pas napoléonienne

Face à ses ennemis, Napoléon aimait surprendre et effectuer des attaques de contournement rapides en axant toutes ses énergies sur les points faibles. La BCE est moins innovante que Napoléon et joue peu l’effet de surprise. Elle avance par petites touches. Ainsi, malgré des signes tangibles de déflation, la BCE a décidé au l’occasion de sa réunion de février, de ne pas modifier ses taux directeurs. Malgré une  déclaration introductive globalement conforme à la précédente, néanmoins, le président Draghi ne s’interdit pas aucune option s, y compris l’absence de mesures supplémentaires en cas d’amélioration de la situation.

Pourtant quelques menaces auraient pu conduire à une action rapide. La faiblesse de l’inflation a dépassé les prévisions, les chiffres relatifs à la croissance du crédit sont restés décevants  et la volatilité de l’Eonia a considérablement augmenté. M. Draghi a, dans le cadre de la conférence de presse a tenté de relativiser l’importance de ces signes.

Le Président de la BCE considère que la situation se normalise. La faiblesse des prix est imputable à la diminution des cours des matières premières et l’évolution de la masse monétaire n’est pas préoccupante.

La réunion de mars de la BCE pourrait s’avérer comme crucial.  La Banque centrale présentera à cette occasion ses nouvelles projections d’inflation et de croissance pour les années 2014, 2015 et, exceptionnellement, pour 2016.

L’économie européenne est en état de vulnérabilité ; un nouveau choc pourrait entrainer l’enclenchement d’une spirale dépressive de forte ampleur.

Les pays périphériques se sont engagés dans une réduction de leurs coûts qui se traduit par un « authentique » processus de désinflation. Or, ce processus peut se muer assez facilement en une tendance déflationniste

Dans de nombreux pays, la demande intérieure est à l’arrêt et les excédents de capacités poussent à la baisse sur l’inflation. Le taux de chômage reste élevé.

Par ailleurs, les tests de résistance bancaire pourraient contraindre certaines banques à encore renforcer leurs fonds propres. Certains établissements pourraient être amenés à demander l’appui de la BCE pour améliorer leur situation.

Au-delà d’une action sur les taux directeurs, des mesures non-conventionnelles seraient la bienvenue en mars.

Next week, what’s else

Lundi 10 février, sera publié le résultat de la production industrielle de décembre pour la France. Le résultat attendu ne devrait pas être très bon

Mardi 11 février, aux Etats-Unis, J.Yellen, la nouvelle responsable de la FED intervient devant le Congrès. Son discours devrait conforter les  tenants de la politique monétaire accommodante.

Mercredi 12 février, au Japon seront publiés les résultats des commandes de machine pour le mois de décembre.

Au Royaume-Uni sera rendu public le rapport sur l’inflation de la BoE. Par ailleurs, le taux de chômage étant proche du seuil de 7, la BoE devrait, par conséquent, clarifier sa politique monétaire.

Les résultats de la production industrielle de décembre seront connus en ce qui concerne la zone euro. Après avoir fortement rebondi en novembre (+1,8% m/m), la croissance de la production industrielle pourrait avoir ralenti en décembre.

Jeudi 13 février, aux Etats-Unis, seront rendues publiques les ventes de détail de janvier qui auront été gênées par la météo.

Vendredi 14 Février sera la journée du PIB en zone euro. Les enquêtes annoncent une augmentation d PIB pourrait pour le 4ème trimestre. Une croissance de 0,2-0,3% t/t est possible. Le PIB devrait continuer de croître en 2014, quoiqu’à un rythme modéré.

Sera attendu le résultat du PIB allemand pour le 4ème trimestre. Après une progression de 0,3% t/t au troisième trimestre, la croissance du PIB devrait avoir légèrement accéléré Une hausse de 0,4% t/t, est attendue soutenue par la consommation des ménages et l’investissement.

Il faudra évidemment suivre les résultats du PIB de la France pour le 4ème trimestre. Le taux de croissance devrait se situer entre 0,2 et 0,4 %.

Partagez cet articleShare on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedInEmail this to someone

Derniers tweets

En attendant mon papier sur ce sujet Les Stones, U2 : pourquoi les papys du rock cartonnent toujours po.st/5GMcjc via @LesEchos