La semaine économique et financière vue par Philippe Crevel

Le coin des Epargnants

La bourse de Paris a fait une pause la semaine dernière avec un recul de 1,1 % et le CAC 40 a terminé à 3956 points. Les autres grandes places financières ont également reculé Londres a terminé en baisse de 0,63 % vendredi et Francfort a cédé 0,56 %.

Depuis le début de l’année, l’indice de la Bourse de Paris avance toujours de 8,67 % et de plus de 30 % sur un an.



Ce repli est imputable à des prises de bénéfices et aux nouvelles économiques contradictoires. La Chine enregistre un recul de sa croissance plus rapide que prévu. Par ailleurs, une possible remise en cause du quantative easing de la FED pèse sur les bourses.

France, le destin de l’outre-mer

Les pouvoirs publics oublient trop souvent que la France a la chance d’avoir des collectivités d’outre-mer se situant au sein d’espace économique en pleine expansion, dans les Caraïbes ou dans le Pacifique. Or à force de vouloir limiter les relations économiques de ces territoires avec la métropole, la France passe à côté d’un important potentiel économique. La France devrait mieux valoriser la richesse et le positionnement de la Guadeloupe, de la Martinique ou de la Nouvelle Calédonie. Pour cela, il faut plus d’autonomie en donnant la possibilité aux territoires de nouer des relations commerciales avec leurs voisins sans passer par la métropole. Les territoires d’outre-mer doit servir de base d’exportations de la France et non pas être réduit à être des centres de consommation de biens importés à vil prix de la métropole.

L’Allemagne change de fusil d’épaule avec en perspectives les élections de l’automne

La consommation remplace en Allemagne les exportations comme principal moteur de la croissance. Ainsi, selon l’Office fédéral des statistiques, la consommation des ménages a contribué à la croissance au premier trimestre avec une hausse de 0,8% Les exportations de biens et services ont enregistré deux trimestres consécutifs de diminution. Cumulée sur un an, la contribution du commerce extérieur à la croissance était négative début 2013. La consommation des ménages est de  56% du PIB. Elle a baissé de plus 1% par an dans les années qui ont précédé la récession de 2008). En parallèle le, il faut noter que la baisse du taux d’épargne des ménages, qui, à 10%, est au plus bas depuis dix ans. Les prochaines élections au Bundestag conduisent les autorités à relâcher la pression sur les coûts salariaux et a favorisé une petite relance de la consommation qui demeure néanmoins limitée.

L’Europe menacée de déflation ?

L’inflation est passée de 2,5% durant l’automne 2012 à 1,2% au mois d’avril 2013 au sein de la zone euro soit un taux nettement inférieur à l’objectif officiel de 2% fixé par la banque centrale européenne (BCE).

Le taux de 1,2 % est le plus faible enregistrée depuis trois ans.

Le recul de l’inflation s’explique par le recul des cours des matières premières et de l’énergie ainsi que par l’atonie généralisée de la demande. Par ailleurs , les baisses de salaires en cours dans plusieurs pays conduisent à créer un climat peu porteur pour l’inflation.

Néanmoins, la BCE souligne que les anticipations d’inflation restent selon elle « bien ancrées ». En outre, « les taux d’intérêt ayant baissé, les risques pesant sur la stabilité des prix demeurent globalement équilibrés à moyen terme ».

La pente d’inflation est de 1 % pour les 17 ; en France, elle est de 0,4% par an. L’inflation européenne est, en outre, entretenue par des hausses de TVA (en Espagne, bientôt en France).

Espagne sous surveillance

Pour la troisième fois en un an, les représentants du Fond monétaire international, de la Commission européenne et de la Banque centrale européenne sont allés à Madrid pour évaluer les avancées du programme européen d’assistance au système bancaire espagnol. Sur les 100 milliards d’euros mis à disposition, les banques espagnoles ont tiré 40 milliards d’euros. La Banque centrale d’Espagne a estimé le montant des créances douteuses détenues par le secteur bancaire à 11% de son encours de crédits au secteur non financier. Ce montant fait toujours l’objet de contestation au regard de la crise économique actuelle. L’économie espagnole est entrée dans sa quatrième année de récession, le taux de chômage devrait dépasser 26% en 2013.

L’amitié franco-allemande se fait attendre

Malgré ou à cause du passage de François Hollande au 150ème anniversaire du SPD, les tensions demeurent entre la France et l’Allemagne. Le Ministre de l’Economie allemande considère que tout progrès dans l’organisation économique et financière passe dans l’élaboration d’un nouveau traité ce qui nécessite du temps. Cela vaut également pour la mise en oeuvre de l’union bancaire. Le Ministre allemand se prononce simplement pour la création immédiate d’un simple réseau d’autorités de résolutions nationales, notamment en cas de défaillance transfrontalière.

Il a souligné que le renforcement de l’intégration économique et budgétaire au sein de la zone euro et une meilleure représentativité démocratique de la Commission européenne aux pouvoirs accrus sont les conditions sine qua none d’une plus grande solidarité budgétaire et financière entre états membres de la zone euro. Pour le gouvernement Merkel, une perte partielle de la souveraineté nationale est le prix à payer pour pouvoir donner une réponse commune, rapide et adaptée en cas de crise. Or, la France ne partage ce point de vue même si le Président Hollande a fait un geste significatif en direction de son partenaire allemand, à l’occasion de sa récente conférence de presse. Il s’est dit favorable à une poursuite de l’approfondissement de la construction européenne, tout en souhaitant à la fois éviter une révision des traités, processus a priori chronophage, et un renforcement des missions de la commission européenne dont les membres désignés par leur gouvernement respectif sont indépendants et ne représentent pas les intérêts nationaux. Il a, ainsi, promis de mettre en place une union politique européenne.

A suivre

Mardi 28 mai, aux Etats-Unis, l’indice des prix immobiliers S&P/Case-Shiller du mois de mars sera publié. Ce résultat sera suivi pour connaître si la bonne orientation du marché immobilier se confirme. Sera également présenté l’indicateur sur la confiance du consommateur du mois de mai.

Mercredi matin, Eurostat communiquera les immatriculations de véhicules utilitaires neufs  du mois d’avril en Europe. Un ralentissement de la dégradation est espéré.

Toujours mercredi, le taux de chômage allemand du mois d’avril sera rendu public ainsi que le taux d’inflation. Le taux de chômage devrait faiblement évolué compte tenu de l’atonie de la demande externe.

Il faudra suivre également les perspectives économiques de l’OCDE avec un ajustement des taux de croissance à la baisse pour la zone euro avec néanmoins une possible touche d’optimisme pour l’Europe du sud.

Jeudi sera rendu public le taux de croissance du PIB espagnol pour le premier trimestre.

La commission européenne communiquera également les indices du climat des affaires et du sentiment économique de zone euro pour le mois de mai.

Toujours jeudi, il faudra suivre plusieurs résultats américains comme les inscriptions au chômage pour la semaine au 25 mai, la deuxième estimation du taux de croissance du PIB du premier trimestre ainsi que les promesses de vente immobilières du mois d’avril.

Vendredi, l’indice PMI Markit manufacturier du mois de mai sera publié au Japon.

Eurostat, communiquera une estimation du taux d’inflation de la zone euro pour le mois de mai ainsi que le taux de chômage zone euro pour le mois d’avril.

Aux Etats-Unis, seront rendus publics les revenus et dépenses des ménages pour le mois d’avril, l’indicateur PMI de Chicago  du mois de mai, l’indice Reuters-Michigan (définitif) pour le mois de mai. Au Canada, sera communiqué le taux de croissance du PIB du premier trimestre.

Samedi 1er juin l’indice PMI officiel manufacturier du mois de mai chinois sera présenté avec à la clef une possible dégradation de la situation économique.

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