La semaine économique et financière du 15 mars 2013

Retraite, début du bal

Avec le pré-accord du 13 mars, les partenaires sociaux ont lancé la première danse de la réforme des retraites. La désindexation partielle marque une rupture surtout qu’elle s’appliquera durant trois ans. Le dernier recours à cette technique datait de 1990.

Les cadres sont les principales victimes de cet accord car les pensions délivrées par l’Agirc ne seront revalorisées en 2013 que de 0,5 % contre 0,8 % pour celles versées par l’Arrco.

Les actifs devront supporter également une augmentation des cotisations (40 % part salariale et 60 % part patronale) qui diminuera le pouvoir d’achat. La hausse de cotisations est de 0,1 % en 2013 et en 2014.

Le Gouvernement se félicite de ce pré-accord car il lui ouvre des pistes pour réformer les régimes de base dont le déficit devrait avoisiner les 20 milliards d’euros d’ici 2020. La tentation de la désindexation sera forte même si son application toucherait tous les retraités, modestes ou pas.



Quand l’OCDE aperçoit une éclaircie en Europe

Lundi 11 mars, l’OCDE révélait qu’une amélioration au niveau de la zone euro pouvait être espérée d’ici la fin de l’année. L’assainissement de l’Europe du Sud et le retour de la croissance en Allemagne, portée par les revalorisations des salaires en période préélectorale.



Zone euro, le plus dur reste à faire

Si l’OCDE aperçoit une éclaircie, il reste du travail à réaliser au sein de la zone euro pour aboutir à un nouvel équilibre porteur de croissance.

La Commission européenne a été contrainte d’accepter une refonte des calendriers de réduction des déficits des pays d’Europe du Sud au nom d’un certain pragmatisme. La France ne respectera pas les 3 % de déficit en 2013 ni même 3,5 %. Il faudra se contenter d’une réduction de 4,5 à 3,7 % qui nécessite déjà de nombreux efforts au regard des pratiques du passé. Le calendrier est dans les faits décalé d’un an.



Chypre, la tête hors de l’eau

Le Conseil européen du 14 et 15 mars n’a pas débouché sur de grandes avancées en matière de relance de la croissance européenne. La période préélectorale en Allemagne ne sera pas source d’avancées en matière de construction européenne. Il fallait néanmoins traiter le dossier chypriote car ce pays qui pèse 0,2 % du PIB au sein de la zone euro était au bord de la banqueroute en raison de l’exposition de ses banques aux titres grecs. L’Ile n’est pas confrontée à un problème de gestion publique mais plutôt à une crise bancaire à la mode irlandaise. Pour sauver ses banques qui ont été impactées par la crise grecque, Chypre avait besoin de 17,5 milliards d’euros soit une broutille par rapport au plan grec. En revanche, par rapport au PIB de Chypre, la somme est conséquente (17,7 milliards d’euros en 2011).

Les banques chypriotes se sont spécialisées dans l’intermédiation financière en Méditerranée. Il en résulte un secteur bancaire hypertrophié avec un bilan représentant environ 700 % de la richesse du pays. Les banques chypriotes ont perdu 5 milliards d’euros après la dette publique grecque et demeurent toujours exposée au secteur privé gril n’en demeure pas moins qu’il a été exclu du marché à l’été 2011. Pour éviter la faillite de ses banques, il est contraint de les recapitaliser. Il a ainsi injecté 1,8 milliard dans la deuxième banque du pays, Cyprus Popular Bank, et demandé l’aide pour ses autres banques dont la troïka (Commission européenne, BCE et FMI) a estimé les besoins à 10 milliards. L’objectif est de ne pas dépasser 10 milliards d’euros  L’Europe a demandé à la Russie de reconduire son prêt de 2,5 milliards d’euros. L’accord prévu le 15 mars suppose qu’il soit approuvé par le FMI.

Les autorités chypriotes ont dû accepter un plan de privatisation, des hausses d’impôt, une taxe sur les dépôts de plus de 100 000 euros et des mesures de lutte contre le blanchiment.



Le Coin de l’épargnant

La semaine prochaine, les résultats du Livret A du mois de février et de l’assurance-vie de ce même mois permettront de se faire une idée plus précise de la tendance de ce début d’année en attendant la publication le 27 mars du rapport Berger/Lefebvre tant attendu et redouté. Au niveau du CAC 40, la bourse de Paris a fait cette semaine du surplace avec une progression de 0,10 %. L’Italie a pesé sur le climat boursier avec en outre une volonté de respirer avec une phase de forte croissance. Le faible nombre d’indicateurs publiés et la fin des vacances ont conduit les investisseurs à opter pour le statu-quo.



A suivre

Lundi sera communiqué le résultat de l’inflation au Royaume-Uni qui devrait être au-dessus de l’objectif de 2 % fixé par la Banque d’Angleterre.

Mercredi, il faudra suivre la conférence de presse de Bernanke qui pourrait modifier à la marge la politique de la FED en matière d’achat de titres.

Au Royaume-Uni, les résultats du marché de l’emploi du mois de janvier seront diffusés avec à la clef une légère amélioration. Toujours mercredi seront annoncés les résultats de production industrielle de la zone euro avec dans la foulée du rebond allemand une légère amélioration.


Au Japon, les résultats du commerce extérieur, communiqués jeudi 21 mars pourraient se traduire par une dégradation provoquée par un renchérissement du coût des importations et une diminution des exportations.

Toujours jeudi, l’indicateur avancé PMI de la zone euro pourrait pour le mois de mars montrer la baisse du climat de confiance des chefs d’entreprise.

Vendredi, ce sera au tour de l’INSEE de délivrer son indicateur sur le climat des affaires du mois de mars avec peut être une très légère amélioration ce qui traduirait un changement.

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