La semaine économique et financière

Le coin des épargnants

Comme tous les six mois, la vie de l’épargne est rythmée par la fixation du taux du Livret A.

Entre relancer la consommation, faire plaisir aux banquiers et ne pas désespérer les petits épargnants, les pouvoirs publics doivent faire le moins mauvais des choix. François Hollande ne pouvait pas retenir un taux de 1 % qui le placerait à un niveau historiquement bas. Il ne peut pas, en revanche, ne pas tenir compte de la baisse de l’inflation. Par ailleurs, le Gouvernement après avoir favorisé le déblocage de l’épargne salariale est à la recherche de tous les petits ruisseaux pour alimenter un filet de croissance.

Après avoir rassuré les assureurs avec le rapport Karine Berger et Dominique Lefebvre sur l’épargne longue, le Gouvernement se doit de faire un geste vis-à-vis des banquiers qui enragent de constater leurs liquidités filées vers l’épargne réglementée. A défaut d’obtenir un moindre taux de centralisation des ressources du Livret A sur la CDC, ils devront se contenter d’une baisse du taux du Livret A.

Autre fait de la semaine est la baisse confirmée de l’immobilier. Après des mois d’hésitation, d’allongement des délais de ventre et de diminution du nombre des transactions, les prix de l’immobilier s’orientent à la baisse. Elle demeure modérée au regard de celles enregistrées chez plusieurs de nos partenaires.

Plusieurs facteurs expliquent pourquoi la France fait de la résistance. Notre pays connaît une progression de sa population, environ 200 000 habitants par an, exerçant automatiquement une demande supplémentaire en logements et une concentration croissante de sa population sur des grandes agglomérations conduisant à des pénuries locales.

Par ailleurs, le marché de l’immobilier est naturellement peu flexible dans un pays dont les habitants privilégient le placement foncier et où l’acquisition de la résidence principale est une religion. L’existence de nombreuses niches fiscales a également favorisé le développement de rentes de situation et a, contrairement à l’objectif poursuivi, conduit à des hausses de tarif. La segmentation du marché, locatif aidé, niches fiscales et secteur privé explique aussi la lenteur des ajustements des prix.

Le CAC 40 a terminé malgré un vendredi dans le rouge, cette semaine, en positif avec une croissance de 1,57 % à 3 855 points.

La France, quartiers d’été avant un automne qui pourrait chaud

Avec le 14 juillet, la France commence à prendre ses quartiers d’été. Néanmoins, la récession de la fin 2012 et du premier trimestre a laissé des traces. La rentrée risque d’être compliquée avec des entreprises qui ont serré au maximum leurs charges pour résister à la conjoncture. Les marges de manœuvre apparaissent faibles tant pour l’Etat que pour les entreprises. La dégradation de la France par l’agence Ficht rappelle que la situation reste compliquée. Certes, l’agence Ficht n’avait guère d’autre solution que de s’aligner sur les autres agences de notation.

Le Gouvernement semble attendre la reprise de l’Europe du Sud, la confirmation de la santé retrouvée des Etats-Unis et l’élection allemande. Le pouvoir français espérera une grande coalition CDU-SPD à défaut de pouvoir compter sur une défaite d’Angela Merkel.

Après l’automne, en fonction des résultats de l’élection allemande et de la situation économique et financière de la France ainsi qu’en Italie, des tensions pourraient se faire jour. En effet, une dérive des comptes publics français pourrait être constatée autour de 4 % du PIB. Les investisseurs pourraient, surtout si la reprise demeure aux abonnés absents, demandée des signes tangibles de réforme et d’assainissement à la France. Or, une remontée des taux rapides génèrerait un surcoût pour les finances publiques et pourrait mettre sous tensions le système financier.

La réforme des retraites version 2013 sera suivie avec attention. Si les partenaires sociaux arrivent à bloquer tout ou partie de cette réforme, il y a un véritable risque à la fois financier et politique. L’impuissance du pouvoir pourrait être alors sanctionnée.

L’été sera donc studieux pour le pouvoir avec en fil rouge la finalisation du projet de loi de finances et du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2014.

Les deux ans de plus accordés par la Commission européenne pour ramener le déficit budgétaire à 3% du PIB en 2015 au lieu de 2013 n’empêcheront pas le Gouvernement de souffrir. Après un dérapage à 4,8 % du déficit en 2012, celui de 2013 devrait se situer bien au-delà de la fourchette des 3,7 % prévu dans le Programme de stabilité 2013-2017 publié en avril.

Avec la récession, moins de recettes et plus de dépenses, le gouvernement avait fondé son PLF 2013 sur une prévision de croissance de +0,8% ramené pied à pied à +0,1% en moyenne annuelle. Chaque dixième de point de croissance en moins ajoute un dixième de point au déficit budgétaire.

Une réduction du déficit structurel de 1 point de PIB en 2014 et de 0,6 point en 2015 est actuellement prévue dans le Programme de stabilité. Sur la base des prévisions officielles de croissance (+1,2% en 2014 et +2% en 2015), et partant d’un déficit de 4,2% en 2013, le plan prévoit de ramener le déficit budgétaire à 3,4% en 2014 et

2,5% en 2015, permettant une sortie de la France de la procédure pour déficit excessif.

De nombreux experts considèrent que le Gouvernement ne tiendra pas le calendrier sauf à changer de braquet sur les réductions d’économie.

Logiquement, le Gouvernement a prévu de porter l’effort de réduction des déficits sur la baisse des dépenses. Il faut qu’il fasse 14 milliards d’euros d’économies budgétaires et plus de 6 milliards en 2014, soit en tout 20 milliards ; en 2015, le même effort devra être reconduit.

Côté recettes, il faut savoir que la somme d’EUR 6 milliards recouvre une augmentation brute bien plus importante, de l’ordre du double. En effet, il faut compter en 2014 avec EUR 6 milliards de manque à gagner dû à l’expiration de certaines mesures et au moindre rendement d’autres.

Dans le collimateur du Gouvernement, une révision de la fiscalité sur les gros contrats d’assurance-vie, la mise en place accélérée d’une fiscalité écologique, un nouvel ajustement des taux de TVA.

Côté dépenses, le pouvoir tentera de réduire les dépenses liées aux prestations familiales, aux retraites et à l’assurance-chômage. Les dotations de l’Etat à ses opérateurs et aux collectivités locales vont diminuer d’environ 1,5 milliard d’euros.

Le FMI continue à ajuster la croissance mondiale à la baisse

Le Fonds monétaire international (FMI) a publié ses perspectives économiques mondiales révisées du mois de juillet. Pour la deuxième fois cette année, il les révise en baisse. Comparé aux prévisions d’avril, le taux de croissance mondiale perd 0,2 point de pourcentage, à la fois en 2013 (3,1%) et en 2014 (3,8%). Pour l’Union économique et monétaire (UEM), le repli du PIB serait de 0,6% en 2013. Un taux un peu supérieur au consensus. Seule l’Allemagne, dans les grands pays de la zone euro, échapperait à la récession cette année. La récession serait de -0,2% en France et -1,8% en Italie. Pour 2014, la croissance de la zone serait modeste de +0,8% à +0,9%.

Les bons résultats de la production industrielle en avril et mai devraient permettre de maintenir le caractère haussier de la conjoncture pour le second semestre même si un tassement est attendu.

A suivre la semaine prochaine

Lundi, il faudra suivre avec attention le résultat du PIB chinois du 2ème trimestre avec une possibilité de décrue du taux de croissance en-deçà de 7,5 %.

Aux Etats-Unis, il conviendra de regarder de près les résultats de l’enquête manufacturière de la réserver fédéra de New York pour le mois de juillet. Elle devrait sortir en hausse. Il faudra également suivre les ventes au détail et les stocks d’entreprise.

Mardi sera attendu les immatriculations automobiles de l’Union européenne. Et le taux d’inflation au sein de la zone euro. Il faudra également étudier l’indice Zew du climat économique au sein de la zone euro où une amélioration est attendue.

Au Royaume-Uni comme aux Etats-Unis seront publiés mercredi les taux d’inflation du mois de juin. Aux Etats-Unis, toujours, sera diffusé le résultat de la production industrielle de juin.

Mercredi, il faudra regarder le compte rendu de la politique monétaire de la  réunion les 10 et 11 juin.

Au Royaume-Uni, il faudra de même étudier le compte rendu de politique monétaire de la Banque d’Angleterre.

Pour la zone euro, sera rendue publique la production dans le secteur de la construction de mai.

En Italie, les comptes courants de mai seront rendues publics.

Aux Etats-Unis, il sera intéressant de regarder les permis de construire et mises en chantier de juin.

Pour connaître un peu plus les intentions de la FED, il faudra écouter l’audition semestrielle de Ben Benarke, Président de la Réserve fédérale, par la commission des services financiers de la Chambre des représentants

Jeudi, dans le cadre du G 20 présidé par la Russie, il conviendra de suivre la réunion des ministres des Finances et banquiers centraux à Moscou (également vendredi).

Pour la zone euro, il conviendra d’étudier la deuxième publication de la balance des paiements du premier trimestre  et la balance des paiements de mai.

Une série d’indicateurs devront être suivis aux Etats-Unis dont les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine achevée le 12 juillet, l’enquête de la réserve fédérale de Philadelphie pour le mois de juillet, la publication des indices composites du Conference Board du mois de juin (16 heures). Dans le prolongement de la veille, il faudra également avoir un œil sur l’audition semestrielle de Ben Benmarke pour la commission bancaire du Sénat.

Vendredi sera plus calme avec la simplement la communication en Allemagne de l’orientation des prix de production en juin, celle de la situation budgétaire de juin au Royaume-Uni et  la balance commerciale de mai en Espagne.

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