La semaine économique du 8 mars 2013

France, la négociation sur les complémentaires patine

Les partenaires sociaux n’ont pas réussi à obtenir un accord le 7 mars sur les mesures à prendre pour restaurer l’équilibre sur les complémentaires. Si le principe de la désindexation semble acquis au moins pour 2013 et 2014, la question de l’augmentation des cotisations pose toujours problème. Entre les syndicats qui demandent un relèvement des taux de cotisations donnant de nouveaux droits et le Medef qui veut une augmentation du taux d’appel qui n’ouvre pas de nouveaux droits, le dialogue est difficile.Ces négociations interviennent au moment où la bataille pour la présidence du Medef est lancée et au moment où le Gouvernement joue la montre pour dévoiler ses cartes pour la réforme des régimes de base.Le prochain round est programmé pour le 13 mars.

Epargne, un départ à deux cents kilomètres heures
Tant du côté du Livret A que de l’assurance-vie, le mois de janvier a été marqué par de fortes collectes nettes, 15 milliards d’euros (LDD, Livret A et assurance-vie). Ce haut niveau est à mettre en relation avec la diminution des livrets bancaires et du dégonflage des comptes courants. L’augmentation des impôts et la persistance de la crise incitent les ménages à mettre de l’argent de côté. Evidemment, cela pénalise la consommation mais cela permettra un rétablissement des comptes commerciaux de la France…
Zone euro, il faudra attendre l’automne pour voir le printemps… de Rome à Chypre en passant par l’Espagne et l’Irlande, les dossiers sont nombreux
La Commission européenne a confirmé dans ses prévisions d’hiver que la fin de crise de la  zone euro arrivera lentement et pas avant la fin de l’année. Pour la plupart des Etats membres, 2013 sera encore une année de stagnation, voire de récession.La Commission a dû admettre que les objectifs budgétaires ne seront pas respectés. Face à la dérive des comptes, le Gouvernement français a annoncé un effort d’économies de 5 milliards d’euros. L’Espagne est de côté entrain de négocier avec la Commission européenne un allongement du calendrier de réduction du déficit. Il faut souligner que l’Italie est entrée dans une phase politique complexe qui pourrait amener des tensions au sein de la zone. Or, l’Italie était sur le point de sortir de la zone rouge, Bruxelles envisageant de mettre fin, dans les prochaines semaines, à la procédure de déficit excessif.L’Irlande et le Portugal pourraient sortir de l’enfer cette année avec la mise en place d’une assistance apportée aux deux pays par l’Europe pour parachever un retour sur les marchés (respectivement à la fin de 2013, et à la mi-2014).

L’Eurogroupe demandera prochainement à la Troïka (FMI, CE et BCE) de faire une proposition visant à lisser le profil de remboursement des prêts internationaux. La demande du ministre des Finances irlandais, Michael Noonan, d’un allongement de la durée des prêts les plus courts (environ cinq ans) d’ici à 2020 serait acceptée. En revanche, celle d’une recapitalisation directe de son système bancaire par le Mécanisme Européen de Stabilité (MES) ne fait toujours pas l’unanimité et les Etats-membres de la zone euro ne sont pas parvenus à trouver un accord.

Autre dossier chaud, la question de Chypre n’est pas traitée. Un plan de sauvetage du pays portant sur 17 milliards d’euros 8 à 10 mds pour recapitaliser le système bancaire doit être finalisé. L’Allemagne demande un appui des créanciers privés sur ce dossier, créanciers russes et grecques ce que les autorités chypriotes refusent. De plus, le plan de refinancement devrait s’accompagner de privatisations, de mesures de lutte contre la corruption.

La BCE a  décidé le 7 mars de maintenir inchangé ses principaux taux. Face au ralentissement en cours, il n’y a pas de consensus au sein du Conseil des gouverneurs pour baisser ces taux. Une porte néanmoins pour une éventuelle correction est ouverte pour la prochaine réunion.

L’Allemagne entre en période préélectorale

Angela Merkel n’entend pas figurer sur la liste des dirigeants d’Etat tombés au champ d’honneur de la crise. Avec un Bundesrat majoritairement à gauche et avec une opinion publique lassée de soutenir les mauvais canards de l’Europe, la Chancelière risque de durcir ses positions économiques tout en lâchant un peu de lest sur le social. L’accord signé par la métallurgie qui prévoit une majoration de 5 % des salaires même si le Gouvernement n’est pas un acteur direct traduit une légère inflexion dans la maîtrise absolue des coûts salariaux tout comme la possibilité pour le Gouvernement de reprendre la proposition du SPD d’instituer un salaire minimum en Allemagne.

Etats-Unis, l’optimisme règne malgré les menaces budgétaires

Malgré l’application partielle du cliff fiscal, les principaux indicateurs restent bien orientés. Les dépenses de l’Etat fédéral avaient commencé à baisser avant 2013 passant de : de 25,2% du PIB au cours de l’exercice budgétaire 2009, 24,1% en 2010 et 2011 et à 22,8% en 2012 (exercice clos au 30 septembre 2012).

Entre les exercices 2011 et 2012, les dépenses ont diminué de 1,3 point de PIB. Pour 2013, les recettes devraient augmenter de 1,1 point de PIB, après des augmentations de 0,3 point en 2010 et 2011 mais plus de la moitié de cette augmentation pèsera sur les ménages les plus aisés, limitant les effets négatifs sur la consommation.

Au niveau des Etats et des collectivités locales, avec la croissance se détend même si la situation n’est pas uniforme. L’Etat du Texas dégage de très importants excédents mais la ville de Détroit a été mise sous tutelle.

Au niveau de l’activité privée, les données d’enquêtes menées par l’ISM dans les secteurs manufacturier et non manufacturier sont positives.

Le taux de chômage tout en restant élevé continue de baisser. Il est au plus bas depuis plus de 4 ans avec un taux de 7,7% en février.

Le marché de l’immobilier est assaini avec en parallèle la poursuite du désendettement des Américains. Les dernières données de la Fed, couvrant le quatrième trimestre de 2012, montre ainsi un nouveau recul du taux d’endettement des ménages, à 106% du revenu disponible, contre un point haut de 129% fin 2007.

A suivre

Lundi, il faudra suivre les résultats de l’INSEE sur la production industrielle de la France du mois de janvier avec une détérioration attendue.
Mardi, ce sera au tour du Royaume-Uni de communiquer sur sa production industrielle mais une augmentation est attendue. Sera également publié les résultats de la balance des paiements courants du mois de janvier pour la France.
Mercredi 13 mars, il faudra suivre en France le résultat des négociations des complémentaires et la publication de l’inflation du mois de février. Aux Etats-Unis, les chiffres des ventes de détail de février seront communiqués avec un résultat en demi-teinte attendue. Toujours mercredi, le chiffre de la production industrielle du mois de janvier sera connue.
Jeudi 14 et vendredi 15 mars est prévu un Conseil européen avec réunion des chefs d’Etat et des ministres des finances.

Vendredi, l’indice des prix à la consommation américain pour février sera publié avec certainement un taux en glissement annuel de 1,9 % à 2,0 %.

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