Retour sur une année automobile

10/01/2017, classé dans

Selon le Comité Français des Constructeurs d’Automobile, Le marché automobile français a, en 2016, dépassé le seuil symbolique des deux millions d’immatriculations (2,015 millions), une première depuis 2011. La hausse a été de 5,1 %. En 2011, le marché automobile était soutenu par une prime à la casse, instaurée en 2009 pour lutter contre les effets de la crise de 2008. Le niveau de 2 millions est considéré comme le seuil « normal » d’immatriculations annuelles dans un marché français en bonne santé.

 

Les marques françaises représentent 54 % du marché contre 52 % en 2012. Elles ont progressé un peu moins vite que le marché avec un gain de 3,7 %. Le Groupe Renault a augmenté ses ventes de 8 % grâce à la montée en puissance de ses nouveaux modèles et à sa marque Dacia dont les livraisons ont augmenté de 13,4 % l’an dernier. Le groupe PSA a réussi à mettre un terme à l’hémorragie en stabilisant ses ventes et reste le premier constructeur en France. Si Peugeot a connu une progression, Citroën et DS ont rencontré moins de succès. Les groupes étrangers ont connu l’an dernier une hausse générale de 6,8% de leurs immatriculations.

 

52,12% des acheteurs de voitures particulières neuves ont opté pour un modèle fonctionnant au gazole l’année dernière, en baisse de 5 points par rapport à 2015. Ce taux était de 73 % en 2012. Les hybrides régressent 3,2  à 2,9 % du fait du durcissement de la fiscalité. En revanche, avec l’instauration  du « superbonus » les voitures électriques dépassent pour la première fois, en année pleine, le seuil des 1 % des immatriculations (1,08 % en 2016, contre 0,9 % l’année précédente).

 

En 2016, le budget moyen pour l’achat d’une voiture neuve en France a été de 24 300 euros. L’âge moyen des acheteurs d’une voiture neuve a été de 56 ans. La Renault « Clio IV » a été la voiture la plus vendue en 2016 (5,6 % de parts de marché). 52 % des ventes sont concentrées sur la gamme économique inférieure. Le haut de gamme représente 7 % des ventes. En 2016, il convient de souligner que le poids des livraisons de gammes moyennes supérieures et de luxe a augmenté.

 

Les acheteurs particuliers se font de plus en plus rares. Ils sont responsables de moins d’une vente sur deux (993 795 immatriculations). En 2016, ils ont représenté 49,3% du marché (993 795 immatriculations). La croissance a été de 0,9 % par rapport à 2015. Dans les années 90, les particuliers assuraient 75 % des ventes de véhicule neuf. Le poids des ménages se contracte depuis 15 ans de plus de 1,5 point par an.

 

La part des entreprises et administrations (Location en Longue Durée inclus) représente 21% du marché (422 430 immatriculations en hausse de 7,8 %) et  représente un tiers de la croissance globale du marché (30 613 immatriculations de plus). Les véhicules de direction enregistrent la plus forte croissance (+13,7% avec 301 828 unités). Cette catégorie a représenté 15 % des immatriculations de 2016 (soit 1,1 point de marché supplémentaire). Les loueurs « courte durée » ont également connu une vive une croissance. Ils représentent 11 % des immatriculations et ont accru leurs achats en 2016.

 

La Location avec Option d’Achat (LOA) et la Location de Longue Durée (LDD) sont à l’origine de 35,4 % des ventes. Plus du quart des ventes aux particuliers en 2016 se sont faits grâce à des formules de LOA/LLD (27,6 % des achats soit 274 148 unités). L’essentiel des offres de financement se fait en LOA (26,66 % des achats des particuliers) quand la LLD en tant que « technique de financement » reste très marginale sur le segment des particuliers (0,9% de leurs achats en 2016).

 

Le développement de la LOA s’inscrit dans la montée en puissance des dépenses pré-engagées qui génèrent des problèmes de gestion des budgets familiaux. Pour les constructeurs, les LOA sont une garantie de maintien du niveau du marché.

 

Pour l’ensemble des immatriculations, la part des véhicules acquis en LOA/LLD se situe à 35,4% du marché, grâce notamment aux entreprises dont les achats se font majoritairement en LLD (49,9% de leurs immatriculations) avec un quart financé en LOA (26% exactement).

 

Le marché automobile français est avant tout un marché de l’occasion. Il s’est vendu 5,64 millions de voitures d’occasion en 2016, soit une petite hausse de 1,5 %. L’âge moyen des véhicules circulant en France est de 8,5 ans contre 3,7 ans en 1990. L’âge moyen est plus élevé pour les véhicules essence (plus de 10 ans contre 7,6 ans pour le diesel). Le nombre moyen de kilomètres par véhicule est de 104 000 en hausse de 34 000 par rapport à 1990. Cette ancienneté et ce nombre de kilomètres accrus s’expliquent par la plus grande fiabilité des voitures, par la multi-possession et par les contraintes budgétaires. Les familles possédant plusieurs véhicules ont  tendance à allonger les durées de possession. Cette évolution est d’autant plus prononcée que le développement des voitures de flotte (voitures fournies par les entreprises et location de longue durée) devrait, au contraire, aboutir à un rajeunissement. La durée des LOA est de 3 à 4 ans.

Partagez cet articleShare on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedInEmail this to someone

Derniers tweets

Philippe Crevel, économiste : «La situation de l'industrie #automobile française était compliquée avant même la cri… twitter.com/i/web/status/1… Retweeted by Philippe Crevel