Quelques conseils à des épargnants déboussolés

05/08/2011, classé dans

La crise financière de 2008 s’est muée en une crise des dettes publiques. Les investisseurs et donc les marchés craignent la rechute économique et donc la récession. L’absence de visibilité et de consensus au sein des pays ainsi qu’au niveau international accroit les tensions. La baisse des différents indices boursiers n’est que la traduction ce malaise économique. Or, la bourse, par définition, sur-réagit d’autant plus que les facteurs émotionnels prennent une place de plus en plus importante dans le traitement de l’information.

Face aux menaces financières que faut-il faire et surtout éviter de faire avec son argent ?

Mettre tout son argent sous son matelas, une très mauvaise solution

Face à la succession de crises financières et aux menaces de banqueroute des Etats, certains pourraient avoir la tentation de retirer tout l’argent de leur banque et de le mettre sous leur matelas. C’est une très mauvaise idée sauf pour les éventuels cambrioleurs…

Les compagnies d’assurances tout comme les banques sont soumises à des normes dites prudentielles en vertu desquelles elles doivent pouvoir faire face à des chocs systémiques. Leurs fonds propres sont obligatoirement diversifiés (obligations, actions, immobilier…) afin de ne pas être trop fortement impactés en cas de crise.

En outre, il faut savoir qu’au cas où votre banque ferait faillite, le Fonds de garantie de dépôt indemnise les particuliers dans la limite de 100 000 euros. Cette garantie couvre les comptes courants et les comptes sur livrets (plan d’épargne logement compris). Par ailleurs, les comptes titres bénéficient d’une garantie de 70 000 euros tout comme les contrats d’assurance-vie. Ces garanties ne présagent pas d’éventuelles décisions qui pourraient être prises par les pouvoirs publics pour améliorer l’indemnisation des clients.

Vendre toutes ses actions

Le mouton de panurge n’est pas mort. L’épargnant commet souvent l’erreur d’acheter au plus haut, de vendre au plus bas et d’être ainsi toujours perdant. C’est ainsi que de nombreux épargnants ont acheté en 2000 au moment de la bulle Internet et sont toujours dix ans plus tard en moins-values.

Dans un marché en crise, il ne faut pas obligatoirement rester immobile. La vente d’actions peut être réalisée à condition de vouloir revenir sur ce marché. Certes, cela suppose avoir un esprit un peu aventurier ; il peut être, en effet, intéressant de vendre à la baisse pour racheter au moment où le point bas aura été atteint pour dégager de plus amples plus-values. Evidemment, il ne faut pas rater les bons moments….

Au-delà des vicissitudes actuelles, plusieurs points ont à prendre en considération.

A court terme, les risques de stagnation ne sont pas nuls et les marchés anticipent cette dégradation. Les actions des grandes entreprises dont la grande majorité est bien gérées sont donc attractives. Il est impossible en l’état actuel de déterminer la date de retournement mais le potentiel de gains n’est pas négligeable surtout pour les entreprises qui sont présentes au sein des pays émergents et sur les secteurs porteurs (agro-alimentaire, équipement, transports, réseaux…).

Il ne faut pas oublier que les actions rapportent des dividendes ; or les entreprises continuent à faire des bénéfices.

Il ne faut donc certainement pas se débarrasser de ces actions. Il peut être utile d’effectuer des arbitrages afin de vendre des poids morts et racheter des actions à fort potentiel.

Faut-il conserver son contrat d’assurance-vie ?

Après le Livret A, l’assurance-vie est le principal outil d’épargne des Français. 42 % des ménages possèdent un contrat d’assurance-vie. Le montant de l’épargne capitalisée est de 1400 milliards d’euros.

Les contrats d’assurance-vie sont, dans les faits, des enveloppes contenant des produits financiers et bénéficiant d’un régime fiscal spécifique.

Deux types de produits financiers sont insérés dans ces enveloppes : le fonds euros et les unités de compte.

Les compagnies d’assurances garantissent le montant en capital des versements des assurés sur le fonds euros. Cette garantie peut-elle être remise en cause du fait des crises ?

L’argent collecté dans le cadre du fonds euros est investi principalement en produits de taux et en immobilier. Les compagnies diversifient leurs placements afin d’éviter d’être trop dépendants d’un émetteur. Dans le fonds euros, il y a donc principalement des emprunts d’Etat mais aussi des obligations d’entreprises, des titres monétaires et de l’immobilier. La part des obligations d’entreprises s’est accrue ces dernières années.

Que se passerait-il si un Etat ferait défaut ?

Les compagnies d’assurances feraient passer en provisions les éventuelles pertes et devraient les compenser en puisant notamment sur leurs fonds propres dont le montant et la composition sont réglementés.

La faillite de l’Etat grec pourrait-il avoir une incidence sur les fonds euros ?

Chaque titulaire de contrat d’assurance-vie est par son fonds euros susceptible d’avoir quelques euros de dette grecque. Les compagnies d’assurance ont les moyens de faire face à l’étalement de cette dette sans que cela affecte les épargnants. Il est donc sauf besoin financier ou dans l’optique d’un investissement de sortir du fonds euros.

Le rendement du fonds euros risque-t-il encore de baisser ? La rémunération des fonds euros a baissé ces dernières années du fait de la diminution des taux d’intérêt. En outre afin de sécuriser au mieux les fonds euros, les compagnies d’assurance sont incitées à investir sur des titres très bien notés et qui offrent, de ce fait, de faibles rendements comme le Bund allemand.

Faut-il vendre ses unités de compte ?

Les unités de compte représentent des parts d’actions et obéissent à la même logique que ces dernières, logique examinée ci-dessus. Vendre pour vendre, c’est la garantie d’une perte ; vendre pour racheter, c’est une option pour un gain futur. Il ne faut donc pas sur-réagir et se précipiter.

L’or est-il le meilleur placement ?

Plus dure sera la chute !

Depuis 2005, le prix de l’or a été multiplié par plus de quatre. Ces derniers jours, l’once d’or a battu record sur record. Mais, il ne faut pas oublier que l’or n’est pas un placement tranquille. Lors du second choc pétrolier, l’or avait déjà connu une flambée de son cours, il avait été également multiplié par quatre, avant de chuter de plus de 50 % et rester stable pendant près de vingt ans. En outre, à la différence des produits financiers, l’or ne rapporte rien.

A plus de 1600 dollars l’once, le prix d’achat est élevé. Si vous voulez acheter à tout prix de l’or, il faut surtout penser à le revendre assez rapidement afin d’éviter d’être bloqué pour plusieurs années. Pour ceux qui l’ont acheté à 400 ou à 1000 euros, le temps de vendre est venu.

L’or n’échappe pas à l’impôt. Les plus-values sont soumises à un impôt de 31,3 % ou à une taxe forfaitaire sur le capital de 8 %.

Le Livret A, il n’y a que cela de vrai ?

Les Français plébiscitent le Livret A avec une épargne capitalisée de plus de 200 milliards d’euros. Ce produit bénéficie de la garantie de l’Etat et son taux de rendement est de 2,25 %. En réel, une fois l’inflation enlevée, le rendement n’est plus que de 0,15 % mais la sécurité n’a pas de prix. Plafonné à 15 300 euros, il est l’outil de base mais pas exclusif du parfait épargnant.

Pas de salut sans immobilier ?

Les prix de l’immobilier ont beaucoup augmenté, surtout dans les grandes villes, depuis la fin de la récession en 2009. L’immobilier a constitué une valeur refuge en ces temps de crise. Il faut attirer l’attention sur le fait que l’immobilier connaît des cycles. Entre 1992 et 1997, les prix avaient baissé de 30 à 40 % dans certaines régions. Par ailleurs, plus le prix d’achat est important, plus le rendement risque d’être faible. Le rendement locatif tourne autour de 2 à 3 % avant impôt.

Depuis quelques semaines, une inflexion sur le marché est constatée avec un ralentissement du nombre de transactions et un allongement des délais de vente. Le resserrement des conditions de crédit ainsi que les menaces sur le pouvoir d’achat pourraient générer un processus de baisse.

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