Quel avenir pour la Russie

07/06/2009, classé dans

RUSSIE

La Russie, l’autre puissance économique de l’Europe

Au mois de novembre de cette année, nous fêterons les 20 ans de la chute du mur de Berlin. Depuis, la majorité des Etats membres du Pacte de Varsovie ont rejoint l’Union européenne et l’OTAN.

Or, il y a un refus d’admettre que le voisin de l’Union européenne est la Russie dont le cœur est européen. Il y a une suspicion à l’égard de ses dirigeants et de ses responsables économiques. Le Russe n’est plus l’homme avec le couteau entre les dents mais il n’est pas de bon ton de le fréquenter.

La Chine est parée de toutes les qualités et de toutes les attentions. Il y a une abondante littérature sur la Chine et rien sur la Russie.

Le Forum économique de Saint Pétersbourg du 4 au 6 juin consacrée à l’innovation devrait nous amener à changer notre vision de la Russie.

Il faut, en outre, valoriser 2010 qui sera l’année de la Russie en France.

Notre réticence envers la Russie est un contre sens historique culturel et économique.

La culture russe a profondément marqué la culture européenne.

Pour les écrivains : Dostoïevski, Tolstoï, Tchékhov, Pouchkine, Soljenitsyne, Mikhaïl Boulgakov, Boris Pasternak, Andreï Platonov, Ossip Mandelstam, Iouri Olecha, Isaac Babel ou Vassili Grossman

De nombreux auteurs russes sont venus vivre en France : Andrei Makine, Noureev…

L’amitié franco-russe est ancienne et a résisté aux aléas historiques.

Alliance franco-russe 27 août 1891

Le pont Alexandre III a été offert à la France par la Russie comme symbole de l’amitié entre les deux peuples ; il a été inauguré pour l’exposition universelle de 1900. A ce pont répond celui de la Trinité sur la Neva à Saint Petersbourg achevé en 1903.

Au-delà des vicissitudes de l’histoire, la France et la Russie ont été alliées durant les deux grands conflits du 20ème siècle.

Aujourd’hui, il y a une tentation de renier cette communauté de destin, politique, économique et culturelle.

La Russie puissance économique du 21ème siècle

Or, la Russie est une grande puissance européenne disposant du territoire le plus important de la planète, avec 140 millions d’habitants. La Russie est une passerelle entre le vieux continent et les grandes puissances d’Asie, la Chine, le Japon, La Corée, l’Inde.

La Russie est une plaque tournante qui dispose, par ailleurs, de richesses naturelles indispensables à l’économie mondiale.

La Russie est le deuxième producteur de pétrole et le premier pour le Gaz. La Russie possède le tiers des réserves mondiales de gaz.

La Russie possède d’importantes réserves en nickel (1er producteur), en palladium (utilisé pour les composants électroniques), en or, en cobalt, en cuivre (6ème producteur), Potasse (3ème producteur mondial, Uranium (4ème producteur mondial), charbon (2ème réserve mondiale)…

La Russie après la faillite de l’URSS a mis 15 ans à passer d’une économie planifiée en ruine à un capitalisme mal régulée mais qui a permis de renouer avec une véritable croissance.

Contrecarre la tentation russe du repli hégémonique et de la marche vers l’Est

Nous ne poussons pas la Russie à se replier ou à regarder exclusivement vers l’Asie. Ce serait une erreur pour l’Europe et pour la stabilité géostratégique de la planète.

La Russie a la même tentation que les Etats-Unis, le repli sauf qu’il a pour les deux pays des significations différentes.

Le repli russe signifie autant que possible de reconstruire l’Empire ex-soviétique, c’est se créer un espace de sécurité la mettant à l’abri des autres puissances économiques.

Or, l’Union européenne a une partie de son territoire dans l’espace de conquête de la Russie. Comme au temps du Traité de Rome, pour éviter les tentations de se transformer en actes.

Les Etats baltes, membres de l’Union européenne qui sont peuplés en grande partie par des Russes ou l’Ukraine sont dans la sphère de sécurité russe…

Il y a dans l’âme russe toujours une méfiance vis-à-vis des Etats européens jugés arrogants.

La Russie a, à son actif, d’avoir vaincu Napoléon et Hitler après avoir mené des combats qui ont durement touchés la population.

La Russie, rejetée de l’Europe, a la faculté de devenir une puissance du pacifique, d’être le pourvoyeur d’énergie et de minerais du continent asiatique. Il peut être aussi le pourvoyeur de connaissances, de savoir faire pour la Chine.

Les deux pays alliés au nom du communisme avant de devenir des rivaux peuvent retisser des liens au nom d’intérêts communs bien compris.

Associer la Russie à l’Europe au nom de la paix et de l’économie

Mettre un terme aux clichés

C’est un peu comme après la guerre de 14/18 quand les Américains venaient en Europe, ils étaient considérés comme vulgaires, peu distingués… Il en est un peu de même avec les Russes. Or, la majorité des cadres dirigeants russes ont été formés dans des écoles américaines. On peut regretter qu’ils n’aient pas été formés en France…comme cela était le cas au début du 20ème siècle.

La Russie ne serait pas un pays démocratique mais la Chine l’est encore moins. Il y a des élections en Russie. La vie n’est pas orchestrée par le Parti Communiste. Il y a une vie civile.

Le niveau de formation des Russes est élevé.

Le niveau de la consommation en Russie progresse. Les hypermarchés Carrefour rencontrent moins de problèmes qu’en Chine pour s’installer.

L’industrie aéronautique redevient compétitive et refuser toute alliance peut constituer à terme un danger pour Airbus.

Les Etats membres de l’Union européenne ont tout intérêt à attirer les capitaux russes qui seront courtisés par la Chine et les autres pays d’Asie. L’Europe a besoin de capitaux pour régénérer son capitalisme ; elle a besoin de matières premières et de l’énergie. Elle a besoin de nouveaux marchés. La Russie lui offre les trois et cela à ses frontières.

Les Allemands l’ont bien compris et jouent déjà en solitaire la carte de la Russie comme l’a prouvé l’accord de Siemens dans le nucléaire

La France semble hésiter or l’ouverture vers l’Est de l’Europe est inscrite dans ses gènes ; Europe a été construite au nom de la paix par et pour l’économie, par l’énergie, le charbon et par l’acier. L’Europe est une affaire d’énergie et de commerce.

La Russie souffre d’un sous-investissement chronique et est trop dépendante de l’énergie qui représente 70 % des exportations et fournit 20 % du PIB.

Justement, c’est une opportunité d’autant plus que la population russe a soif de modernité, de consommation…

Le fonds souverain russe, plus de 150 milliards de dollars, a deux objectifs :

• Lisser les variations de prix des matières premières
• Effectuer des investissements stratégiques à l’étranger pour réduire la dépendance énergétique

Le partenariat avec la Russie est pour l’Europe et la France un enjeu majeur des cinq prochaines années. Soit le vieux continent opte pour le repli frileux et deviendra un isthme musée, soit il s’associe au développement de la Russie.

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