Pouvoir d’achat, la quadrature du Cercle

11/04/2008, classé dans

Après avoir vigoureusement augmenté durant les années de forte croissance (+ 3,4 % par an en moyenne sur 1998-2002), il a continué à progresser ces dernières années y compris en 2007 (+ 1,9 % par an en moyenne sur 2003-2006). Depuis plus d’un an, la question du pouvoir d’achat est au cœur du débat public. Comme le souligne l’économiste Florence Legros dans une tribune de l’Argus de l’Assurance, le bien-être est une valeur subjective. Les arguments chiffrés sont de faibles poids face au ressenti. A la recherche de boucs émissaires, les Français considèrent que c’est de la faute de l’euro, du pétrole ou du gouvernement. La situation des retraités est intéressante à étudier. En effet, en prenant en compte leur patrimoine, ils bénéficient d’une parité de pouvoir d’achat avec les actifs . Ces données ne les empêchent pas de considérer qu’ils sont touchés par la baisse du pouvoir d’achat. Par ailleurs, les Français possèdent d’imposants de bas de laine. Leur taux d’épargne est de plus de 15 % du revenu disponible brut. Anxieux de nature, ils privilégient les placements à court terme bien qu’ils bénéficient d’un large système de protection sociale. Les études d’opinion démontrent que les Français économisent comme s’ils n’avaient pas confiance dans la pérennité de l’État providence. Cette méfiance doit être une rémanence de notre culture paysanne et notre tradition individualiste. Face aux défis que nous impose l’allongement de l’espérance de vie et compte tenu des faibles marges de manœuvre budgétaires, le côté fourmi des Français ne sera pas inutile. D’ici vingt ans, il faudra dégager que ce soit sous forme de prélèvement public ou sous forme d’épargne affectée, près d’un point de PIB pour financer la dépendance, deux points pour financer les retraites et au moins un point pour assurer l’équilibre de l’assurance-maladie. Il nous faudra trouver en euros d’aujourd’hui plus de 70 milliards d’euros, soit plus d’une fois et demi le montant de l’impôt sur le revenu. L’enfer n’est peut-être pas pour demain à condition de ne pas succomber à la dictature de l’émotion et de l’immédiat.

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