Le retour des emprunts ouverts au grand public ?

Il y a eu les emprunts Pinay,Giscard et quelques autres. Avant la déréglementation des marchés financiers, avant l’envolée de la dette, les Etats demandaient à leurs citoyens de prêter de l’argent avec à la clef quelques avantages sous forme d’indexation ou de réductions d’impôts. Ces emprunts peuvent coûter très chers à l’Etat en particulier pour feux qui prévoyaient une indexation à l’or…

Avec l’augmentation des besoins et le développement de l’industrie financière, il est devenu moins coûteux d’émettre auprès des investisseurs professionnels qui le cas échéant relogent sur différents supports d’épargne
les titres obligataires d’Etat qu’ils acquièrent. Indirectement, à travers les OPCVM, à travers les fonds euros de l’assurance-vie, nous sommes détenteurs de petites morceaux de la dette française, italienne, grecque ou américaine…

Avec la crise financière, certains Etats ont repris le chemin des grands emprunts émis pour le grand public. C’est notamment le cas de l’Italie et de la Belgique.

Ce type d’opérations répond à plusieurs objectifs.

– un effet d’affichage en mobilisant l’opinion publique dans le cadre d’une politique d’assainissement des comptes publics
– un desserrement de la contrainte extérieure. Actuellement, les Etats recourent aux non-résidents pour se financer (70 % de la dette publique française est détenue par des non-résidents). Le Japon peut continuer à s’endetter car 95 % de leur dette est placée en interne.
– un effet taux. Avec des écarts de taux qui atteignent 6 points avec l’Allemagne, l’Italie peut espérer placer sa dette pour moins cher auprès de sa population qu’auprès des investisseurs internationaux, les Italiens prenant ainsi à leur compte le risque de défaut. En revanche, pour la France et l’Allemagne, le placement en interne de la dette coûterait plus cher. Il faudrait offrir une prime pour inciter les épargnants à acquérir des titres publiques. Sur les marchés, les Allemands placent autour de 2 % leurs titres et la France autour de 3 %.

Selon un sondage réalisé par Harris, moins d’un tiers des Français se déclarent probablement ou certainement prêts à racheter de la dette publique française si on leur en donnait la possibilité. 65% des Français n’achèteraient « certainement pas » (34%) ou « probablement pas » (31%) de dette française.

Néanmoins, ces résultats n’ont pas de réelles significations car on ne connait pas le taux qui serait pratiqué. Plusieurs régions françaises dont le Limousin, l’Auvergne ou PACA ont émis des emprunts obligataires en directions de leurs ressortissants et ont réussi à atteindre les objectifs fixés avec un taux de 4 %.

L’Etat, en France, a peu d’intérêts à lever un emprunt auprès du public compte tenu des taux sur le marché. En outre, la question aujourd’hui est plutôt de ralentir le volume d’émission que de l’accroître. par ailleurs, l’Etat emprunte 200 milliards d’euros par an (Le besoin de financement de l’Etat atteindra 182 milliards d’euros en 2012. Il résultera du déficit budgétaire (81,8 milliards d’euros), des amortissements à moyen et long terme (98,9 milliards d’euros) et des amortissements de dettes reprises par l’Etat (1,3 milliard d’euros). Il faut ajouter le besoin de trésorerie courant). Un emprunt auprès du public pourrait au mieux rapporter 10 milliards d’euros.

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