LA RUSSIE, LA TERRE DU TOURISME DU 21ème SIECLE ?

1. Le tourisme, un secteur clef dans le développement économique

Le tourisme est un marqueur du développement économique. Plus un pays est riche, plus sa population se déplace, voyage pour se détendre, se cultiver, pour faire du sport…

La capacité à attirer des touristes procure des ressources non négligeables.

Le tourisme a un effet structurant pour l’ensemble de l’économie. C’est une source de devises, d’emplois. Il permet de développer des régions qui ne sont pas sur les axes économiques traditionnels mais qui disposent d’’atouts naturels et culturels spécifiques. Le tourisme est un vecteur d’aménagement du territoire.

Le tourisme, activité tertiaire par excellence, est un secteur complexe exigeant tout à la fois des infrastructures d’accueil mais bien évidemment aussi de transports, des infrastructures d’hébergement, de restauration, des infrastructures de loisirs (musées, sports, activités diverses), un professionnalisme dans les services (qualification et formation du personnel).

Cette activité repose aussi sur la logistique (coordination des structures et capacité de gérer des flux de touristes en provenance d’un nombre croissant de pays).

Au départ, il faut également des sites remarquables (naturels, historiques, culturels).

Il y a deux types de tourisme, le tourisme national et le tourisme international, le premier essentiel mais difficilement quantifiable, le second apporte des devises et contribue à la renommée du pays. Il est lié au tourisme d’affaires.

2. Le tourisme international résiste à la crise et est en plein essor

Le tourisme international : 940 millions de touristes internationaux en 2010 avec une augmentation de plus de 6 %.

La France est le premier pays d’accueil pour les touristes étrangers avec 77 millions de personnes ; en second, les Etats-Unis avec 60 millions, en troisième, la Chine avec 56 millions devant l’Espagne (53 millions) et l’Italie (44 millions).

Deux grandes zones pour le tourisme :

L’Europe de l’Ouest avec plus de 300 millions de touristes est la première zone d’accueil de touristes étrangers devant l’Asie-Pacifique. L’ensemble de l’Europe (y compris la Russie) attire plus de la moitié des touristes au niveau mondial.

Les recettes du tourisme international s’élève à près de 1000 milliards de dollars. Les recettes du tourisme international sont de 104 milliards de dollars aux Etats-Unis, de 52,5 milliards de dollars pour l’Espagne et de 47 milliards de dollars pour la France.

Les Russes arrivent en 9ème position pour les dépenses touristiques réalisées à l’étranger avec 27 milliards de dollars en progression de 27 %.

Les trois villes les plus visitées au monde sont Paris avec plus de 15 millions de touristes étrangers, Londres avec 14 millions et New York avec 10 millions.

Aujourd’hui, le touriste type est un Européen pour des raisons historiques et de pouvoir d’achat. Le tourisme est né en Europe (Royaume-Uni). Demain, le touriste type sera mondial, il sera asiatique, russe, américain, allemand ou français.

Les Chinois participent, en effet, de plus en plus aux flux touristiques. En matière de dépenses touristiques, la Chine arrive déjà au 3ème rang avec 55 milliards de dollars derrière l’Allemagne et les Etats-Unis mais devant le Royaume-Uni et la France.

3. La croissance est devant nous avec à la clef une nouvelle donne pour les destinations

La crise de 2009 a été surmontée dès 2010, nouvelle année record pour le tourisme international.

Selon l’Organisation Mondiale du Tourisme, le nombre de touristes devrait dépasser 1,6 milliard de personnes d’ici 2020 avec 1,2 milliard en déplacements intra-zone et 400 millions en déplacements longs.

L’Europe de l’Ouest première zone d’accueil du tourisme international n’est pas loin de la saturation. Les rives de la Méditerranée, les grandes villes comme Paris, Londres ou Berlin ne pourront pas absorber un doublement du nombre de touristes. Sur l’Europe de l’Ouest, les prévisions économiques prévoient une stagnation de la fréquentation.

La sur-fréquentation entraîne des nuisances pouvant remettre en cause l’équilibre des sites et l’agrément des touristes.

Il est évidement qu’une trop forte fréquentation provoque des dégradations des écosystèmes, des paysages…

Il y a aussi la contrainte liée aux capacités de transports (aéroports, autoroutes surchargés…). 51 % des touristes utilisent l’avion et 41 % la route.

Certains sites symboliques arrivent à leur apogée en termes de fréquentation :

Le château de Versailles a accueilli, en 2010, 6 millions de visiteurs, la Tour Eiffel, 7 millions, le musée du Louvre 8 millions, le Musée d’Orsay plus de 3 millions. Les musées français ont accueilli plus de 50 millions de touristes.

Eurodisney, c’est 15 millions de visiteurs chaque année dont une grande partie étrangère.

Les nouvelles orientations du tourisme moderne

Le tourisme évolue. La demande s’oriente vers un cocktail associant :

• Multiplicité de services de qualité avec de l’authenticité
• Culture au sens large (histoire, traditions, activités culturelles, gastronomie…)
• Remise en forme/sports
• Besoin d’aventures

Les touristes attachent de plus en plus d’importance à l’environnement. La contrainte financière (d’autant plus que le marché touristique est par définition un marché très concurrentiel) est un élément tout comme la sécurité (problèmes au Moyen-Orient conséquences directes en termes de fréquentation).

4. La Russie, des atouts indéniables

La Russie a accueilli 20 millions de touristes étrangers en 2010 soit un peu moins qu’en 2008, 21 millions. Les recettes ont été de 9 milliards de dollars.

La Russie dispose d’atouts pour devenir un grand pays du tourisme du 21ème siècle.

Une position géographique unique

La Russie est placée à cheval sur les deux zones les plus touristiques du monde, l’Europe et l’Asie-Pacifique.

La Russie offre une combinaison magique, des grands espaces, une diversité de climats et d’environnement, une richesse culturelle.

La Russie peut tout à la fois proposer des stations balnéaires, des stations de ski, des croisières (fleuves, mers intérieurs) et bien d’autres activités touristiques (chasses, trans-orient express).

La Crimée, le Caucase, la Sibérie offrent d’importantes opportunités de développement touristique

Une modernisation déjà engagée

La Russie compte 9 000 hôtels offrant 1,7 million de lits, plus de 5 000 agences touristiques.

Le tourisme russe se concentre autour de Moscou (42 % des lits), Saint-Pétersbourg (28 % des lits) suivies par la Mer Noir et le Caucase.

Ces dernières années, la modernisation des infrastructures hôtelières a concerné essentiellement les grandes villes avec des sociétés mixtes intégrant des grands opérateurs internationaux dont le groupe français Accor.

Les grands établissements hôteliers sont aujourd’hui aux standards internationaux et les infrastructures à Moscou ou à Saint-Pétersbourg n’ont pas à rougir de la comparaison avec Paris ou Londres.

Le pari est désormais de créer un parc hôtelier de gamme moyenne afin d’attirer un plus large public.

5. Des grands chantiers en cours avec le sport comme vecteur de modernisation

L’organisation des jeux olympiques à Sotchi en 2014, un accélérateur pour la modernisation du tourisme russe. Ces jeux seront des catalyseurs de croissance. Il en sera de même avec l’organisation de la coupe de monde de football en 2018. Ces six prochaines années modifieront en profondeur la Russie.

Le projet Nord Caucase

Le projet Nord Caucase est en soi une belle révolution. Il combine plusieurs types de tourisme sur un large territoire, associe de nombreux acteurs dont des acteurs français.

Le projet est gigantesque et témoigne des ambitions légitimes de la Russie. Il s’agit du plus grand projet touristique au niveau mondial en cours de réalisation.

La zone concernée : plus de 50 000 kilomètres carrés et s’étend sur 1200 kilomètres de la Mer Caspienne à la Mer Noire.

La Nothern Caucasus Resorts Compagny conduit un projet qui devrait aboutir à la création de 300 000 emplois. Des actions spécifiques sont prévues dans le domaine de l’industrie, de l’agriculture et dans la formation des jeunes pour réussir ce développement. Plus de 30 milliards de dollars devront être mobilisés afin de réaliser 5 stations balnéaires et 5 stations de ski. Les sites mettront en valeur les sources thermales légendaires de la région.

Ce projet historique repose sur la combinaison d’initiatives privées et publiques permettant de gagner du temps, de l’argent et d’agréer le maximum de compétences. C’est dans cet esprit que la Caisse des Dépôts et des Consignations s’est associée dans une joint-venture avec NCRC. La Caisse des Dépôts qui par sa filiale « La Compagnie des Alpes » a construite et gère de grandes stations de ski en France et à l’étranger, fournira son expertise technique, juridique et environnementale ainsi que ses compétences en matière de planification. Déjà plus de 20 sociétés françaises ont ou sont prêtes à participer à ce projet.

Souvent, il est reproche aux pouvoirs publics d’être lents et de ne pas tout mettre en œuvre pour réussir des opérations qu’ils ont eux-mêmes initiées. En ce qui concerne le projet du Nord Caucase, les autorités ont effectué un travail important.

Ainsi, une Zone Economique Spéciale a été créée avec :

• Exonération des taxes sur les transports pendant 10 ans
• Exonération de l’impôt sur les sociétés pendant 10 ans
• Exonération des impôts fonciers pendant 5 ans

Ce projet exemplaire vient de recevoir un prix international, le MIPIM Award (MIPIM, marché international des professionnels de l’immobilier qui s’est tenu le 16 novembre à Hong-Kong). C’est la première fois que la Russie recevait un tel prix.

La coupe de football de 2018

Avec les Jeux Olympiques d’été, la coupe du monde de football est l’évènement sportif le plus regardé à l’échelle mondiale (30 milliards de téléspectateurs en audience cumulée sur toute l’épreuve).

Cette coupe du monde concernera 14 villes et se jouera dans 16 stades dont 12 seront nouveaux.

En termes de transports, d’infrastructures hôtelières, de gestion des touristes, la coupe du monde aura un impact économique de première ampleur. En termes d’images, la coupe du Monde sera la vitrine de la Russie et cela à l’échelle de la planète comme l’a été l’Afrique du Sud en 2010.

La France a organisé la Coupe du Monde en 1998 soit 20 ans avant que la Russie l’organise à son tour. Entre l’organisation et la victoire de la France, la seule et unique fois, 1998 reste marquer dans l’inconscient collectif français.

Souhaitons que 2018 offre les mêmes opportunités à la Russie. Comme pour le Nord Caucase, les entreprises russes et les autorités peuvent compter sur le savoir-faire français en la matière.

Le tourisme russe peut se développer au-delà et bien au-delà du continent européen.

Les montagnes du Sud Sibérien et la zone touristique du Baïkal

Les massifs du sud-sibérien, Altaï et Saïan essentiellement, qui étaient éloignés des principales routes marchandes devraient également pouvoir accueillir un tourisme respectueux de l’environnement. Les vallées de ces massifs possèdent d’importantes sources thermales. Entre énergie avec l’hydroélectricité et tourisme, il y a certainement un réel potentiel de croissance pour ces régions.

Le projet touristique du lac Baïkal est également pour la Sibérie capital. Le lac Baïkal, inscrit au patrimoine de l’humanité est la principale réserve d’eau douce au monde, 23 000 kilomètres cubes.

Le lac accueille environ un million de touristes par an. Il y a une nécessité de développer des systèmes d’assainissement afin d’éviter les rejets dans le lac. De même, il faut trouver des solutions pour réduire les pollutions industrielles ou agricoles.

Conclusion : le tourisme, vecteur d’une nouvelle forme de coopération internationale

Le tourisme est une source de diversification de revenus

Le tourisme permet de renforcer, de moderniser les infrastructures

Le tourisme permet de densifier le territoire et de l’aménager

Le tourisme est créateur d’activités (PME, services associés). Il nécessite des ressources alimentaires, de l’eau, de l’énergie…

Les investissements s’élèvent en dizaine voire en centaine de milliards d’euros.

La Russie dispose d’un patrimoine important et d’un potentiel de développement unique. L’Etat et les autorités locales se sont engagés tant en modifiant la législation qu’en permettant à la Russie de participer à des évènements internationaux.

Pour atteindre l’objectif d’excellence en matière d’organisation et d’accueil, les autorités ont décidé de mobiliser toutes les ressources disponibles en optant sur les partenariats publics/privés. L’opération Nord Caucase en est la parfaite illustration.

Les autorités russes ont décidé d’adapter la législation et de créer des zones franches, des capitaux ont été mobilisés soit directement par les pouvoirs publics, soit via les fonds souverains. L’appel au privé pour la logistique, le développement d’infrastructures dans le cadre de société mixte est la règle. Cet appel s’effectue au niveau international.

Le partenariat se veut équilibrer dans la répartition des compétences. Il ne s’agit pas de créer des enclaves mais bien d’enclencher des cycles de croissance intégrés au niveau local.

La participation de la Caisse des Dépôts et d’autres partenaires français montrent que nous avons bien compris les besoins russes et que nous répondons aux attentes des acteurs locaux ou nationaux. Cette synergie est le gage du succès et sans nul doute ouvre-t-elle la voie à d’autres coopérations fructueuses pour tous les acteurs.

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