La lettre économique hebdomadaire de Lorello Ecodata du 12 juillet 2014

Au sommaire de la lettre N°83 de Lorello Ecodata :

  • Le coin des épargnants
  • Immobilier, les prix baissent
  • Livret A, 63 millions de Livrets et moi, et moi
  • Encore une mauvaise semaine pour la France
  • Japon, plus dure sera la chute
  • Etats-Unis, la fin du quantitative easing
  • A suivre, next week

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Le Coin des Epargnants

Entre prise de bénéfices, problèmes financiers au Portugal et menaces sur la croissance, la bourse a connu une mauvaise semaine avec un recul 3,41 %. Le CAC 40, à 4316 points, est revenu quasiment à son niveau du 1er janvier, le gain n’étant plus que de 0,5 %.

Ce repli était assez attendu compte tenu des progressions enregistrées en 2012 (15 %) et 2013 (18 %) et du fait de l’accumulation des incertitudes. Pour le moment, l’ajustement n’est pas inquiétant. Les épargnants commencent à prendre l’habitude que l’été ne réussisse pas aux valeurs mobilières.

En revanche, la France peut toujours financer sa dette à moindre coût. Les taux d’intérêt sont toujours orientés à la baisse ; pour l’OAT français à 10 ans, le taux a été de 1,64 % (en baisse de 4,6 points de base sur une semaine) et pour le Bund allemand à 10 ans, le taux proposé était de 1,20  % (en baisse de 6,4 points de base sur une semaine).

Le pétrole est en légère baisse avec un cours à 107,7 dollars le baril (Brent) quand l’once d’or augmente légèrement à 1338 dollars (+1,3 %).

Immobilier, les prix baissent, bonne nouvelle ou signe de déflation

Est-ce le retour à plus de réalisme ou un signe de déflation de plus ? Au premier trimestre 2014, les prix des logements ont baissé, en France, de 1,0 % par rapport au trimestre précédent tout comme dans la zone euro. Les logements neufs ont enregistré une contraction de 0,5 % quand  ceux des logements anciens ont baissé  de 1,0 %.

Sur un an, les prix des logements diminuent de 1,4 %. La baisse des prix touche les logements anciens (—1,7 %) alors que les prix du neuf augmentent (+1,0 %).

Il faut souligner qu’en dix ans, les prix ont doublé, en particulier, en région parisienne. Malgré cette baisse limitée les prix de l’immobilier demeurent, en France, au-dessus de leurs cours de longue période.

Une correction est nécessaire pour permettre une meilleure orientation de l’épargne des ménages. L’immobilier stérilise une part trop importante du patrimoine français. Or, l’immobilier offre des gains de productivité inférieurs à ceux de l’industrie. En outre, le secteur immobilier ne contribue pas aux exportations. Le poids important du secteur du bâtiment et de l’immobilier a pour corollaire une part plus faible des industries et notamment des industries exportatrices. Un moindre coût de l’immobilier permettrait une réorientation des capitaux vers des secteurs plus productifs.

Par ailleurs, cela libérerait une partie de l’épargne française. Il ne faut pas oublier que le remboursement du capital des emprunts immobiliers pèse 9 points sur les 15 % du taux d’épargne des ménages.

Une réduction du coût de l’immobilier diminuerait les charges fixes des ménages. Les dépenses des logements représentent 25 % des dépenses des ménages en France en 2013 contre 20 % en 1991.

L’ajustement est compliqué compte tenu du poids du secteur de l’immobilier qui emploie 8 % de la population active française et représente près du cinquième du PIB. Compte tenu de ce poids, il est très difficile de réduire les dispositifs de soutien qui ont abouti non pas à résoudre le coût de l’immobilier mais bien à l’augmenter du fait de leur intégration dans le processus de production.

Par ailleurs, la France manque toujours de logements du fait d’une augmentation de sa population supérieure à celle de ses partenaires et à sa concentration dans les grandes métropoles. L’évolution des structures familiales contribue également à cette pression à la hausse sur les prix. Les contraintes réglementaires sur le foncier expliquent également à la hausse de la pierre.

63 millions de livrets A et moi et moi…

Le Gouvernement a donc accepté de baisser le taux du livret A à 1 %, son plus bas niveau historique. Cette baisse est imputable au recul de l’inflation et au maintien à des niveaux très faibles des taux d’intérêt. Le taux d’inflation annuel n’est plus que de 0,5 % en juin. Le taux d’inflation sous-jacente est même passé de 0,3 à 0,1 % traduisant la faible activité en France. La progression du chômage et les faibles salaires pour les entrants sur le marché du travail pèse sur les prix. Les services concourent également de moins en moins à la hausse des prix. Certes, le coût du travail continue à augmenter mais de manière passive par application des dispositions d’actualisation automatique.

Le Gouvernement a décidé d’abaisser le taux du Livret A, tout à la fois pour réduire le coût du financement du logement social, pour inciter les Français à consommer un peu plus que pour les encourager à réorienter leur épargne sur des placements longs.

Compte tenu du taux d’inflation qui est de 0,5 % au mois de juin, le taux de rendement réel du Livret A est de 0,5 point soit beaucoup mieux qu’en 1981 année durant laquelle le taux du Livret A était de 8,5 % mais avec un taux d’inflation qui frôlait les 14 %.

Cette mesure de baisse concerne donc en premier lieu les 63 millions de Livret A. Il faut noter que l’année dernière près de 300 000 livrets ont été fermés, conséquence de la campagne contre la multi-possession.

Selon l’Observatoire de l’Epargne Réglementée, 7,1 % des Livrets A ont un solde supérieur à 19 125 euros mais ils représentent près de 40 % de l’encours. L’encours des livrets d’un montant compris entre 19 125 euros et 22 950 euros représentait, à fin 2013, 28 % de l’encours total alors que celui des livrets d’un montant supérieur à 22 950 euros représentait 10,9 %.

À la fin de l’année, l’encours moyen du livret A  s’élève à 4 063 euros contre 3 796 à la fin de l’année 2012. Cette augmentation est imputable au relèvement du plafond). Le montant moyen du LDD est de 4 056 euros à fin 2013 contre 3 734 euros fin 2012

France, encore une mauvaise semaine

Les indicateurs et résultats économiques publiés, en France, cette semaine ne traduisent pas le retournement d’activité espéré pour le deuxième trimestre.

La France a, en effet, encore enregistré un déficit en augmentation pour les transactions courantes. Le déficit a atteint, au mois de mai, 3,1 milliards d’euros contre 2,3 milliards en avril. Le déficit des échanges de biens est passé de 3,2 à 3,5 milliards d’euros d’avril à mai. L’excédent des échanges de services est en recul en passant de 1,9 à 1,4 milliard d’euros. La France n’arrive toujours pas à regagner des parts de marchés à l’exportation. Les entreprises françaises sont concurrencées par celles en provenance d’Espagne. Pour le moment, la reprise en Allemagne, au Royaume-Uni n’a pas d’incidences positives sur l’activité française.

Ces mauvais résultats à l’exportation freinent la reprise de la production industrielle qui s’inscrit toujours en baisse. Ainsi, selon l’INSEE, au cours des trois derniers mois, la production industrielle a reculé de 1,0 %. Sur un an, le bilan n’est pas meilleur avec une diminution de 0,7 %.

Sur les trois derniers mois, la production se replie nettement dans les équipements électriques, électroniques, informatiques, machines (–2,7 %). Elle diminue plus modérément dans les autres produits industriels (–0,4 %), dans les industries agricoles et alimentaires (–1,0 %) ainsi que dans les matériels de transport (–0,9 %). En revanche, elle augmente dans la cokéfaction et le raffinage (+0,7 %).

Dans ces conditions, il n’est malheureusement pas surprenant que les défaillances d’entreprise continuent à augmenter. Elles sont au plus haut avec, à la fin du mois d’avril, un cumul sur 12 mois du nombre de défaillances de 63 242. Les augmentations les plus fortes s’observent notamment dans les sociétés du secteur de l’information et de la communication mais celles su secteur de l’hébergement-restauration et du commerce.

Etats-Unis, la fin du quantitative easing programmée pour le mois d’octobre

Toute bonne chose a une fin ; les injections de liquidité devraient s’arrêter au mois d’octobre. Logiquement, au rythme actuel de réduction, elles auraient dû cesser au mois de décembre mais avec l’amélioration plus rapide que prévu du marché de l’emploi, la FED entend anticiper la fin du processus.

En revanche, aucun calendrier n’est annoncé en ce qui concerne une éventuelle hausse des taux d’intérêt. Compte tenu du niveau du sous-emploi aux Etats-Unis, le relèvement des taux de la FED ne devrait pas intervenir avant 2015.

Cet arrêt programmé pourrait donner lieu à quelques tensions sur les marchés financiers durant le second semestre.

Japon, plus dure sera la chute ?

Au Japon, avec l’augmentation de la TVA au mois d’avril, les indicateurs de ces derniers mois doivent être relativisés. En effet, un ralentissement était prévisible. Néanmoins, la décélération est un peu plus forte que prévu. La bonne tenue de l’emploi et le niveau élevé de la confiance des ménages constituent, en revanche, deux indicateurs optimistes sur la capacité de rebond.

Il n’en demeure pas moins que de nombreuses interrogations se font jour sur la politique menée par le Premier Ministre japonais. Au moment de sa nomination, Shinzo Abe avait engagé une politique reposant sur trois flèches, l’augmentation des prix par l’augmentation de la masse monétaire, le rétablissement des finances publiques et la mise en œuvre de réformes structurelles.

Contrairement aux souhaits du Premier Ministre, l’inflation n’est pas générée par la demande interne mais pas la dépréciation du yen qui renchérit le coût des importations Cette dépréciation provoque un appauvrissement des Japonais et pose le problème de la balance des paiements qui est déficitaire. Or le Japon s’est reconstruit grâce à d’importants excédents commerciaux.

La croissance est contrainte d’autant plus que les coûts salariaux continuent de baisser ce qui ne peut guère favoriser la croissance de la consommation. La demande interne a été dopée avant la hausse de la TVA que par les injections de liquidités qui ont favorisé la progression des cours des actions. Tout arrêt du dopage monétaire peut supprimer cet effet « richesse » virtuel.

La combinaison inflation et faible taux d’inflation a un caractère déflationniste. En effet, cette association contrenature dissuade les épargnants à conserver des titres publiques et conduit la Banque du Japon à accroître considérablement ses achats de JGB’s. Il en résulte une augmentation sans fin et dangereuse de la base monétaire. Par ailleurs, les investisseurs japonais se détournent des obligations et titres nationaux et préfèrent acquérir des valeurs à l’étranger.

En raison du niveau élevé de l’endettement et de sa monétisation croissante, les autorités japonaises n’ont pas d’autre solution que de tenter de réduire le déficit public en jouant sur les impôts. Or, leur relèvement réduit automatiquement l’activité économique. Par ailleurs, le Premier Ministre, un peu comme en France, espère gagner quelques points de croissance en réformant structurellement le pays mais pour le moment la libéralisation du marché du travail et du commerce reste à l’état de projet.

A suivre, next week

Lundi 14 juillet

Au Japon seront publiés les résultats de la production industrielle du mois de mai. Elle est attendue en baisse du fait de l’effet de la hausse de la TVA.

Pour la zone euro, il faudra suivre l’évolution de la production industrielle du mois de  mai qui a dû baisser après le bon résultat du mois d’avril et au regard des remontées d’information des grands Etats de la zone.

Mardi 15 juillet

La Banque centrale japonaise se réunit avec à la clef une déclaration sur la politique monétaire du pays.

L’indice ces prix à la consommation de l’Italie sera connu pour le mois de juin. En rythme annuel, il devrait passer de 0,6 à 0,3 %.

Au Royaume-Uni, sera publié l’indice des prix à la consommation du mois de juin qui devrait ressortir entre 1,6 à 1,7 % contre 1,5 % % au mois de mai.

Aux Etats-Unis, il faudra surveiller les résultats des ventes de détail pour le mois de  juin. Elles ont dû  progresser de plus de 0,5 %.

Les indicateurs avancés ZEW seront publiés pour l’Allemagne et l’Europe.

Mercredi 16 Juillet

Au Royaume-Uni, il faudra regarder les résultats de l’emploi pour le mois de mai. Le taux de chômage devrait avoir reculé à 6,6 % contre 6,7 % au mois d’avril.

En Chine, il sera intéressant d’étudier le taux de croissance du PIB pour le deuxième trimestre. Le taux de croissance est attendu à 1,8 % pour le trimestre et à 7,4 % sur un an. Au premier trimestre, le taux de croissance avait été de 1,4 %. Le rythme de croissance annuelle de la production industrielle chinoise s’accroît en passant de 8,8 à 9 % de mai à juin. En revanche, la croissance des ventes de détail stagne à 12,4 % contre 12,5 % au trimestre précédent.

Aux Etats-Unis, il faudra suivre les résultats de la production industrielle du mois de juin. La hausse devrait être de 0,4 % contre 0,6 % en mai. Le taux d’utilisation des capacités de production devrait, en revanche, augmenter passant de 79,1 à 79,3 %.

Jeudi 17 juillet

L’indice des prix à la consommation pour le mois de juin au sein de la zone euro sera publié avec un taux prévisible de 0,5 % stable par rapport au mois de mai.

Seront connus les résultats des permis de construire aux Etats-Unis pour le mois de juin ainsi que ceux des mises en chantier. Le nombre de permis de construire a dû légèrement augmenter et atteindre 1,04 million contre 0,99 million au mois de mai. Pour les mises en chantier, une très faible hausse est attendue (1,02 million contre 1 million).

Vendredi 18 juillet

Les résultats du compte courant du mois de mai de la zone euro seront publiés avec à la clef un excédent assez stable. Ce dernier devrait être de 23 milliards d’euros.

Aux Etats-Unis, il sera intéressant d’étudier l’indicateur sur la confiance des consommateurs (Reuters / Michigan) qui devrait ressortir en hausse pour juillet à 83,2 contre 82,5 pour le mois de juin.

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