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18/04/2020, classé dans

Une pauvreté stable mais persistante

En 2017, selon l’enquête « Revenus fiscaux et sociaux » de l’INSEE, le niveau de vie annuel médian des personnes vivant dans un ménage de France métropolitaine est de 20 820 euros, soit 1 735 euros par mois. Ce montant partage la population en deux. La première moitié dispose d’un niveau de vie inférieur aux montants précités quand le niveau de vie de la seconde est supérieur. Pour un couple avec deux enfants de moins de 14 ans, le revenu médian est de 3 644 euros par mois.

En 2017, le niveau de vie médian qui a augmenté de 0,4 % en euros constants, est supérieur de 0,7 % à celui de 2008. Depuis la crise économique de 2008, la France connaît une période de quasi-stagnation d’une durée inédite. Après avoir baissé de 0,3 % par an entre 2008 et 2013, il a augmenté de 0,5 % par an entre 2014 et 2017.  Entre 1996 et 2008 la hausse moyenne était de 1,4 % par an.

En 2017, 10 % des individus ont un niveau de vie inférieur à 11 190 euros. Malgré une augmentation de 0,4 % en 2017, le niveau de vie plafond des 10 % les plus modestes, était inférieur à celui de 2008. Avant redistribution sociale, le niveau de vie des ménages du premier décile a baissé chaque année depuis 2008 (à l’exception de 2013), les ménages les plus modestes étant davantage touchés par la dégradation du marché du travail. En 2017, il se situe à un niveau inférieur de 13,3 % à celui de 2008. Depuis 2008, l’effet stabilisateur des prestations sociales sur le niveau de vie a été amplifié par les mesures ciblant les moins aisés (revalorisation du revenu de solidarité active (RSA), intensification des aides aux actifs à bas revenu, etc.). Ainsi, après redistribution, l’écart avec son niveau de 2008 est de 1,3 % en 2017. En 2017, les ménages les plus modestes ont bénéficié de la prime d’activité et d’une revalorisation exceptionnelle du RSA de 10 % en 5 ans ainsi que de la généralisation de la garantie jeunes.

En 2017, la hausse du niveau de vie est un peu plus forte en haut de la distribution.  En progression de 0,7 % sur un an pour les ménages du neuvième décile, il s’établit à 38 210 euros, soit au même niveau qu’en 2008 (+ 0,1 %). Malgré la crise économique, la progression du niveau de vie des plus aisés, entamée au milieu des années 2000, s’est poursuivie jusqu’en 2011. Les ménages appartenant au dernier décile ont enregistré une baisse sensible de leur niveau de vie entre 2012 et 2013 avec la baisse des revenus financiers et la hausse des impôts directs. Depuis 2013, il a augmenté un peu moins vite que la médiane (+ 0,3 % par an en moyenne depuis 2013). La réduction du rendement des fonds euros de l’assurance vie affecte les revenus des 10 % les plus aisés.

Les inégalités de niveau de vie sont quasi stables en 2017

En 2017, les inégalités de niveau de vie sont quasiment stables par rapport à 2016. En 2017, les 20 % de personnes les plus aisées perçoivent 38 % de la masse totale des niveaux de vie, tandis que les 20 % des plus modestes en perçoivent 9 %. Ainsi, les premiers perçoivent une part des niveaux de vie 4,3 fois plus importante que les seconds. Le rapport interdécile D9/D1, rapport entre le niveau de vie plancher des 10 % les plus aisés et le niveau de vie plafond des 10 % les moins aisés est de 3,4.

L’indice de Gini qui mesure les inégalités est passé, de 2016 à 2017, de 0,288 à 0,289.

Avant redistribution, il est de 0,374. La France, après redistribution, est l’un des pays les plus égalitaires de l’OCDE. Cependant l’écart, avant redistribution est assez conséquent et tend à s’accroître depuis 2008. Sans prendre en compte la redistribution, l’écart sociale entre les 20 % les plus riches et les 20 % le plus pauvres est de 8,6. Le rapport interdécile est de son côté de 6,3.

En 2017, 8,9 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté monétaire, fixé à 60 % du niveau de vie médian de la population. Ce seuil était ainsi défini de 1 041 euros par mois en 2017. Il correspond à un revenu disponible de 2 186 euros par mois pour un couple avec deux enfants de moins de 14 ans.

La proportion de personnes pauvres dans la population est quasi stable en 2017 : à 14,1 %, elle est en hausse de 0,1 point par rapport à 2016. Au cours des vingt dernières années, le taux de pauvreté a atteint son minimum en 2004, à 12,7 %. Il est ensuite remonté légèrement en 2005 et 2007, puis plus fortement après la crise économique de 2008. Après une baisse en 2012 et 2013, il se stabilise depuis à un niveau supérieur de près d’un point à celui de 2008 (13,2 %).

Données : INSEE

La moitié des personnes pauvres ont un niveau de vie inférieur à 837 euros par mois. Le niveau de vie médian des personnes pauvres est ainsi inférieur de 19,6 % au seuil de pauvreté, écart nommé « intensité de la pauvreté ». L’intensité de la pauvreté est quasiment stable en 2017 (-0,1 point) ; elle varie peu depuis 2008, entre 19,5 % et 20,1 %, à l’exception du point haut enregistré en 2012 (21,4 %).

Le taux de pauvreté des jeunes de 18 à 29 ans en France reste à un niveau élevé. À 20% en 2017, il est à plus de 5 points supérieur à celui de 2002. Sur cette même période, le taux de pauvreté est le plus bas pour les 65/74 ans, à 7,5 %. Il est néanmoins en hausse par rapport à son niveau de 2012 (6,3 %). Le gel des pensions peut expliquer cette augmentation du taux de pauvreté parmi cette classe d’âges.

Données : INSEE

Le taux de pauvreté des demandeurs d’emploi est de 37,6 % quand celui des salariés est de 7,1 %, et celui des retraités de 7,6 %.

En 2017, le taux de pauvreté des indépendants (17,2 %) est nettement supérieur à celui des salariés (7,1 %). Au sein des inactifs, le taux de pauvreté des retraités est, sans surprise au regard de ce qui précède, beaucoup moins élevé : 7,6 % des retraités sont en situation de pauvreté monétaire en 2017, contre 31,3 % des autres inactifs. 20,1 % des moins de 18 ans vivent sous le seuil de pauvreté.

Des ménages européens économes

Avant la survenue de la crise du COVID–19, le taux d’épargne des ménages de la zone euro était en hausse. Ainsi, à la fin de l’année 2019, il s’élevait, selon Eurostat, à 13 % du revenu disponible brut. Il est hausse depuis le début de l’année 2018.Le taux d’investissement des ménages était de 9,1 % du revenu disponible brut au quatrième trimestre 2019 dans la zone euro, stable depuis près de deux ans. Le taux d’investissement reste nettement inférieur à son niveau qu’il avait atteint avant 2009.

Pour le premier et deuxième trimestre 2020, une montée de l’épargne est attendue, épargne de précaution et épargne contrainte en raison du confinement. En parallèle, le taux d’investissement devrait s’affaisser.

Fin 2019, fort dynamisme de l’investissement des entreprises de la zone euro

Au quatrième trimestre 2019, avant que les mesures de confinement liées au COVID-19 commencent à être mises en place par les États membres, le taux d’investissement des entreprises était, en forte hausse (Eurostat). Il est passé de 22,7 à 25,8 % de la valeur ajoutée de 2017 à 2019. Les entreprises ont profité des taux faibles pour augmenter leurs dépenses d’investissement. La part des profits des entreprises est stable depuis un an. Elle s’élevait à 39,5 % de la valeur ajoutée au quatrième trimestre 2019 dans la zone euro, comparée à 39,3 % au trimestre précédent.

Le taux d’inflation peu représentatif du mois de mars

Pour le calcul du taux d’inflation du mois de mars, l’INSEE n’a pu collecter que 9,7 % des données en raison de l’arrêt des enquêtes sur le terrain à compter du 16 mars. L’indice obtenu n’est donc que partiel et ne permet que de donner une indication sur l’évolution des prix durant la première quinzaine du mois de mars.

L’indice des prix à la consommation a ainsi augmenté de 0,1 % sur un mois, après une stabilité le mois précédent. Les prix des produits manufacturés ont connu une progression de 1,4 % (après +0,2 %), en lien avec la fin des soldes d’hiver en février. Les prix du tabac augmentent de 6,6 %, compte tenu d’une hausse des taxes. En revanche, la baisse des prix de l’énergie s’est accélérée avec la baisse du cours du pétrole (-3,9 % après -2,0 %). Les prix des services se contractent de 0,2 %, après +0,2 % en février. De leur côté les prix de l’alimentation ont reculé de 0,1 %, après une stabilité le mois précédent.

Sur un an, les prix à la consommation ralentissent nettement, à +0,7 %, après +1,4 % en février. Sur un an, la forte baisse de l’inflation résulte d’un net repli des prix de l’énergie et des produits manufacturés et d’un ralentissement des prix des services et du tabac. Les prix de l’alimentation augmentent, sur un an, à peine plus vite qu’en février.

L’inflation sous-jacente (hors tarifs publics, hors produits à prix volatils ; les prix sont corrigés des mesures fiscales et des variations saisonnières) est passée de 1,3 à 0,7 % de février à mars. Sur un an, l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) augmente de 0,1 % sur un mois, après une stabilité en février ; sur un an, il ne s’élevait plus qu’à 0,8 %, contre +1,6 % le mois précédent.

Avec le confinement, la demande devrait rester étale en avril et en mai, ce qui devrait peser fortement à la baisse sur les prix. Le cours de l’énergie et des matières premières devrait également contribuer à la diminution de l’indice des prix. La sortie de crise sanitaire devant être progressive, les éventuelles tensions sur l’offre seraient limitées. Les ruptures d’approvisionnement et la remise en fonction des chaînes de production pourraient freiner celle-ci et créer des goulets d’étranglement susceptibles d’augmenter les prix. En sortie de crise, des demandes de revalorisation salariale pourraient, en revanche, contribuer à une hausse des prix. 

Pour l’ensemble de la zone euro, le taux d’inflation annuel s’est établi, selon Eurostat, à 0,7 % en mars, contre 1,2% en février. Un an auparavant, il était de 1,4 %. Le taux d’inflation annuel de l’Union européenne s’est établi à 1,2 % en mars, contre 1,6 % en février. Un an auparavant, il était de 1,6 %.

Les taux annuels les plus faibles ont été observés en Espagne, en Italie, à Chypre et au Portugal (0,1 % chacun). Les taux annuels les plus élevés ont quant à eux été enregistrés en Hongrie, en Pologne (3,9 % chacun) et en Tchéquie (3,6 %). Par rapport à février, l’inflation annuelle a baissé dans vingt-six États membres et a augmenté dans un seul.

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