L’Italie, la récession de retour

06/08/2014, classé dans

L’Italie n’aura guère pu profiter de la reprise. Avec deux reculs successifs de son PIB, l’Italie est officiellement entrée en récession.

Selon les estimations de l’institut statistique italien, l’ISTAT, le PIB s’est contracté de 0,2% t/t, après une baisse de 0,1% t/t au T1.

Malgré ce très mauvais résultat, les autorités italiennes pensent qu’une reprise pourrait s’amorcer au cours des trimestres à venir. Le PIB pourrait croître de 0,2 à 0,3 % cette année selon le Gouvernement.

L’Italie n’arrive pas à sortir de la récession. Depuis la fin de l’année 2011, le pays n’a connu qu’un trimestre positif. En 2013, le PIB a reculé de 1,9 %.

L’économie italienne doit faire face à une série de problèmes qui entrave fortement sa croissance :

La demande interne est freinée par le vieillissement accéléré de la population. Elle l’est également par l’assainissement budgétaire qui a permis de dégager un excédent primaire (hors prise en compte des intérêts de la dette).

Le poids de la dette publique demeure excessif. La dette italienne représente plus de 132,5 % du PIB. Le service de la dette prive l’Etat de toute marge de manœuvre.

Les taux d’intérêt des emprunts publics sont élevés du fait de la prime de risque demandée par les investisseurs. Avec une inflation nulle ou quasi-nulle, les taux demandés sont d’autant plus élevés que la croissance est inexistante.

L’économie est pénalisée également par un coût du travail élevé et par de faibles gains de productivité.

Les gouvernements italiens ont décidé d’engager des réformes en particulier pour assouplir le marché du travail mais leur mise en œuvre est lente. Le taux de chômage reste très élevé à 12,3 % de la population active. Il a certes baissé depuis le début de l’année de 0,3 point.

Ce retour de la récession souligne que la deuxième économie européenne, la France, ainsi que la troisième, l’Italie, sont fortement malades. La pression sur l’Allemagne risque de se renforcer afin qu’elle leur vienne en aide. De même, la Banque Centrale Européenne devra sans nul doute accélérer son programme d’actions non-conventionnelles. La baisse des taux n’a pas pour le moment permis d’endiguer les facteurs récessonnistes. La BCE devrait imiter la Banque centrale du Royaume-Uni ou la FED en injectant des liquidités en contrepartie de l’achat de titres publics, n’en déplaise aux Allemands.

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