Et que se passera-t-il en 2017 à la fin du QE ?

23/03/2015, classé dans

Ces deux scénarii, qui ne sauraient couvrir l’ensemble des situations possibles en 2017, visent simplement à s’interroger sur les modalités de sortie du Quantitative Easing, deux ans après son instauration.

Scénario rose

Nous sommes le 1er avril 2017. La Banque centrale européenne a arrêté officiellement les rachats d’actifs depuis le 1er janvier. Afin de montrer sa volonté de peser sur l’économie, elle avait poursuivi ses rachats au-delà du mois de septembre 2016. Avec une inflation qui a atteint 2,1 % au mois d’août, elle aurait pu arrêter dès l’automne le QE.

Le taux d’inflation est repassé au-dessus de 2 % en fin d’année 2016 et pourrait même atteindre 3 % en fin d’année. En effet, la remontée des prix pétroliers commence à se faire sentir tout comme celle des matières premières. La reprise de la demande européenne combinée à celle des Etats-Unis pousse à la hausse le cours du baril. Les prix agricoles sont toujours en forte augmentation. La sécheresse de 2016, quarante ans après celle de 1976, continue à peser sur le prix des céréales. Les salaires augmentent. Néanmoins, grâce à la reprise de l’investissement des entreprises qui supplée celui des administrations publiques toujours orienté à la baisse, l’Europe s’est engagé dans un cycle de croissance. Le continent malade du début de la décennie, est redevenu un acteur clef de la croissance mondiale.

Cette croissance s’accompagne de gains de productivité dans les services, aussi bien les services à la personne que ceux dédiés aux entreprises. La diffusion de la connectivité et la gestion des données sont à l’origine de ces gains. Le chômage poursuit sa baisse engagée en 2014. Le départ d’un nombre croissant de personnes à la retraite favorise la hausse des salaires et oblige les entreprises à mener des actions de formation. Le recours à l’immigration s’étend à plusieurs pays de la zone euro. Avec cette reprise, avec la diminution du chômage, les comptes publics se rééquilibrent partout en Europe. Il est à noter que l’Allemagne qui avait été le bon élève des dernières années en étant en phase avec le cycle industriel souffre quelque peu. Ce sont les pays ayant des avantages comparatifs dans les services qui bénéficient pleinement de la réorientation de l’économie sur les services. La Grèce, après l’adoption d’un plan rééchelonnant sa dette sur trente ans, espère pouvoir prochainement se financer sur les marchés.

Afin d’accompagner la reprise, la BCE a annoncé que le relèvement des taux d’intérêt serait très graduel afin d’éviter un choc obligataire. Une première augmentation pourrait intervenir durant l’été portant le taux directeur de 0,05 % à 0,1 %.

Après l’élection présidentielle française, les pays membres de la zone euro décident de lancer un projet de gouvernement économique fédéral avec l’instauration d’un fonds de soutien conjoncturel ainsi que d’un fonds en faveur de la recherche et de l’innovation.

Scénario noir

Le 1er avril 2017, les débats au sein de la BCE sont agités entre ceux qui affirment que le QE a échoué, qu’il faut en terminer devant les menaces d’inflation et les autres qui demandent, au contraire, sa prolongation. Après plusieurs séances animées, la BCE décide de mettre un terme à ses injonctions de liquidités. En effet, l’inflation en raison de la hausse du cours du pétrole et des salaires se situe à 2,2 %. Les tenants du maintien du QE soulignent que l’inflation est essentiellement importée et que la croissance tend à s’éroder. La prévision pour 2017 a été revue à la baisse pour la zone euro à 1,5 %. L’investissement des entreprises n’a pas pris le relais de celui des administrations publiques toujours contraint d’autant plus que la Commission européenne a décidé de ne plus accorder de nouveau répit à la France. L’Allemagne a souligné que le mandat de la BCE se limitait à l’inflation. Ce pays qui importe, en grande quantité, des biens intermédiaires, enregistre une dégradation marquée de sa compétitivité au point de voir fondre ses excédents commerciaux. Elle souhaite la restauration d’un euro plus fort et la réduction des anticipations inflationnistes.

L’arrêt du Quantitative Easing provoquera une hausse des taux d’intérêt, une réouverture des primes de risque sur les dettes des entreprises, des banques et sur les pays périphériques. L’euro se réapprécie légèrement.

Les investisseurs, qui ont accumulé de 2014 à 2016 des actifs financiers avec des coupons très faibles et des primes de risque écrasées sont mis en situation délicate. Les bourses enregistrent des pertes importantes avec des accès de faiblesse pour les titres financiers. Les emprunteurs, publics et privés, confrontés à des taux d’intérêt et des primes de risque plus élevés ainsi qu’à des taux d’endettement élevés doivent faire face à des choix délicats, réduction des dépenses publiques ou augmentation des impôts. Il en résulte quel que soit le choix opéré une baisse de la demande et donc de la croissance. Les pays qui ont retardé leur assainissement sont les plus exposés au ralentissement de l’activité. De nouvelles tensions apparaissent au sein de la zone euro que ce soit avec la Grèce dont la dette publique s’élève à 180 % du PIB ou avec la France qui est en pleine campagne présidentielle…

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