Elections législatives 2015 : le Royaume-Uni joue à se faire peur

25/04/2015, classé dans

A quelques jours des élections législatives du 7 mai prochain, il est difficile de prévoir qui des travaillistes ou des conservateurs l’emporteront. Il est même possible qu’aucune majorité ne se dégage. Les nationalistes écossais du SNP, les antieuropéens de l’UKIP mettent à mal le bipartisme britannique. Il ne faut pas oublier que l’UKIP a obtenu 25 % des suffrages à l’occasion des dernières élections européennes. Le parti des démocrate-libéraux qui avait été la surprise des dernières élections semble être, en revanche, en perte de vitesse.

Compte tenu des derniers sondages, la reconduction de la majorité sortante, conservateur-démocrate ou l’arrivée au pouvoir d’une alliance parti travailliste – parti nationaliste écossais est possible. La question européenne et l’éventuel référendum devraient focaliser l’opinion dans les prochaines mois surtout si David Cameron reste Premier Ministre. Le candidat travailliste Ed Miliband a indiqué qu’il était hostile à un référendum sur l’Europe tout comme il s’oppose au gel des flux migratoires, gel qui est contraire au principe de libre circulation de l’Europe.

Le Royaume-Uni entre dans une période de turbulence au moment même où ses résultats économiques figurent parmi les meilleurs de l’OCDE.

Le Royaume-Uni a, en effet, en 2014 enregistré d’une croissance de 2,8 %. Au premier trimestre 2015, le taux de croissance a dû atteindre en rythme annualisé 3 %. Le taux de chômage est de 5,7 %. Le taux d’emploi a atteint, en 2014, 71,9 % contre 64,2 % en France. Le taux de chômage des jeunes est inférieur à 16 % quand il est supérieur à 24 % dans notre pays.

Les deux points noirs sont le déficit public qui s’élevait à 5,2 % en 2014 et le déficit de la balance des paiements courants qui a atteint 6 %. La flexibilité et le coût plus faible du travail expliquent que de part et d’autre du « Channel » les situations diffèrent. Le salaire horaire moyen est de 22,30 euros au Royaume-Uni contre 34,60 euros en France. Les cotisations sociales des entreprises représentent respectivement 4 et 12 % du PIB

L’essor du travail indépendant joue un rôle clef au Royaume-Uni ; il concerne 3,2 millions de personnes soit un million de plus de personnes qu’en France.

Contrairement à quelques idées reçues, la pauvreté et les inégalités ne sont pas plus importantes outre-manche que sur le continent. Le taux de pauvreté y est de 16 % contre 14 % chez nous. Le rapport entre les revenus des 20 % les plus riches et les 20 % les plus pauvres est de 4,5 en France et de 4,6 au Royaume-Uni. Il tend à se réduire dans ce pays quand il augmente en France. Certes, l’écart s’est accru outre-manche pour les revenus des 0,1 % et surtout des 0,01 % les plus riches.

Il est fréquemment souligné que les nouveaux emplois britanniques sont des emplois peu qualifiés et ma rémunérés. Or, aujourd’hui, ce sont tous les secteurs d’activité qui créent des emplois : industrie, finances, services aux entreprises, construction… Si le secteur industriel demeure très faible, il a cessé de détruire des emplois. Le secteur du bâtiment profite, de son côté, du retour de l’augmentation des prix de l’immobilier.

Malgré un bilan globalement bon, l’équipe sortante est fortement critiqué tant en raison de son indécision face à l’Europe qu’en raison de l’importance du déficit public.

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