Sommet social : prudence et stratégie

15/02/2010, classé dans

Après quelques annonces fracassantes, le Président de la République joue la prudence. Fidèle à sa méthode, taper puis après calmer en négociant, Nicolas Sarkozy ne pouvait pas de toute façon agir autrement à quelques semaines des élections régionales. En outre, deux partenaires sociaux sont en pré-congrès : la CFDT et le MEdef. Enfin, de nombreuses élections syndicales au sein des entreprises doivent avoir lieu au printemps, élections qui donnent toujours lieu à des surenchères.

Ainsi, à l’occasion de son discours introductif, le Président de la République a semblé lâcher du lest en soulignant qu’il « ne passera pas en force » concernant la réforme des retraites. Il a ajouté que « nous prendrons tout le temps nécessaire pour dialoguer, pour que les positions de chacun soient parfaitement comprises, pour que les Français soient clairement informés des enjeux et des situations ».

« En tout état de cause, la réforme ne sera pas adoptée par le Parlement en juillet. Je veux un débat approfondi… qui prendra le temps qu’il faut. »

Il a déclaré que « la réforme des retraites est trop importante pour qu’elle ne soit pas conduite de manière concertée, ouverte et sur la base d’un diagnostic partagé ».

Pour montrer que le sommet social ne se limitait pas à la question des retraites, il a commencé son discours en abordant le problème du chômage.

La concertation sera réellement lancée après les élections régionales au mois d’avril. Cette concertation pourrait associer les partis politiques comme l’a indiqué ce matin Laurent Wauquiez. Cette concertation sera lancée à partir des travaux du Conseil d’Orientation des Retraites. La question de la pénibilité fera l’objet d’une concertation spécifique.

Or, ce sont les deux pistes favorisées par le gouvernement pour tenter de renflouer le régime des retraites gravement menacé par le vieillissement de la population et le mauvais fonctionnement du marché du travail. « Aujourd’hui, sur dix retraites que nous versons, il y en a une qui n’est pas financée. Si nous ne faisons rien, dans dix ans ce sera une sur huit », a rappelé M. Sarkozy.

La réforme des retraites bute en France sur l’absence de consensus comme en témoignent les différentes enquêtes d’opinion ; Ainsi selon l’enquête d’opinion, commandée par Matignon et réalisée les 4 et 5 février, 56 % se disent hostiles à l’allongement de la durée de cotisation et 60 % à la remise en question de l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans.

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