Les Français plus productifs que les Allemands mais moins nombreux au travail

15/02/2020, classé dans

Les travailleurs français sont plus productifs que leurs homologues allemands mais cela ne se traduit pas en termes de compétitivité et de richesse par habitant. Ainsi, La productivité par tête est plus élevée en France qu’en Allemagne de 15 %. En 1998, la productivité par tête était de 70 000 euros en France contre 64 000 en Allemagne. En 2018, les chiffres respectifs sont 83 000 et 71 000. Au niveau des PIB par habitant, si en 2003, les deux pays étaient à parité, l’écart, en défaveur de la France, atteint 13 points. Le décrochage commence à partir de 2003 mais s’accélère nettement à compter de 2010.

Cette situation paradoxale est la simple conséquence d’un taux d’emploi (le pourcentage de la population en âge de travailler qui a un emploi) plus faible en France qu’en Allemagne. Le taux d’emploi est de 91 % en Allemagne en 2019 contre 78 % en France, soit un écart de 13 points quand en 1998 il n’était que de 6 points (respectivement 75 et 70 %).

Le fort taux d’emploi en Allemagne est la conséquence d’un fort taux de participation de la population (proportion de personnes ayant l’âge de travailler qui sont réellement sur le marché du travail). Ce taux est Outre-Rhin de 94 % en 2019. Il s’est fortement amélioré depuis 20 ans. Il était de 82 % en 1998. En France, il a certes progressé mais dans une moindre proportion en passant sur cette même période de 78 à 85 %. Depuis 2010, la grande différence entre les deux pays provient du taux de chômage. Le chômage a fortement chuté en Allemagne, passant de 8 à 3,2 % de 2010 à 2019 quand, en France, la baisse n’a commencé qu’à compter de 2017 et dans des proportions bien plus faibles. Le taux de chômage est ainsi passé de 10 à 8,5 % lors de ces trois dernières années. L’avantage de l’Allemagne par rapport à la France est net au niveau du taux d’emploi des jeunes de 15 à 24 ans (écart de 17 points avec des taux respectifs 47 et 30 %). Chez les actifs de plus de 55 ans, la France est très en retrait par rapport à son partenaire. L’écart est de 7 points entre 55 et 59 ans et de 30 points entre 60 et 64 ans.

Le niveau d’études des actifs ne constitue pas un critère discriminant. En Allemagne, le taux d’emploi est élevé même pour les non-diplômés. L’écart avec la France est de 12 points pour les personnes ayant un niveau d’éducation primaire, de 15 points pour ceux ayant un niveau secondaire et de 7 points pour ceux ayant un diplôme de l’enseignement supérieur. L’exposition au chômage est bien plus importante en France pour les non-diplômés qu’en Allemagne (respectivement 12 et 7 % en 2019) que pour les diplômés de l’enseignement supérieur (4 et 2 %).

Le problème de l’emploi en France concerne les hommes non diplômés, les deux pays faisant jeu égal pour l’emploi des femmes. L’écart de richesse par habitant tend à s’accroître en raison de la difficulté croissante d’insérer les jeunes hommes dont une proportion croissante est en situation de décrochage scolaire et professionnel. L’autre problème récurrent de la France est l’emploi des seniors qui demeure faible malgré les progrès accomplis en la matière depuis 2010.

En 2018, en France, 963 000 jeunes âgés de 16 à 25 ans ne sont ni en études, ni en emploi, ni en formation (NEET) selon la définition d’Eurostat. En 2015, ils étaient 1 025 000 en 2015. En 2018, les jeunes NEET représentent 12,9 % des jeunes âgés de 16 à 25 ans et 27,9 % de ceux sortis sans formation initiale. Ces proportions étaient respectivement de 13,7 % et de 29,4 % en 2015.

Les deux tiers des jeunes sortis du système éducatif au cours du premier cycle de l’enseignement secondaire (au collège) ou ayant abandonné en cours de CAP ou BEP avant la dernière année ne sont ni en emploi ni en formation, contre un tiers des jeunes ayant obtenu un CAP ou un BEP, et un jeune diplômé de l’enseignement supérieur sur six.

L’environnement familial joue un rôle important dans le rapport des jeunes aux études et à l’emploi. Les plus concernés par le décrochage scolaire et professionnel sont sans surprise ceux dont un ou les deux parents sont au chômage. Les enfants issus d’une famille monoparentale sont également plus exposés à ce risque.  Les enfants qui restent chez leurs parents sont également plus souvent en situation d’échec. Le taux d’emploi des jeunes de 18 à 24 ans ayant décohabité est supérieur de plus de 20 points à celui des jeunes vivant chez leurs parents. Le handicap est évidemment un facteur important. Ainsi, en 2018, 52 % des jeunes sortis de formation initiale ayant un handicap reconnu administrativement sont NEET, soit 24 points de plus qu’en moyenne.

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