L’éducation sous le joug des contraintes financières

28/11/2015, classé dans

L’OCDE a publié son recueil statistique 2015 des systèmes éducatifs des pays membres. Le décryptage des nombreuses données permet de démontrer le rôle primordial de l’éducation dans la lutte contre les inégalités et la précarité et de souligner que les contraintes financières pèsent, de plus en plus, sur ce type de dépenses. En effet, entre 2010 et 2012, les dépenses publiques affectées aux établissements d’enseignement, du primaire au supérieur, ont diminué dans plus d’un pays de l’OCDE sur trois dont l’Australie, le Canada, l’Estonie, la France, la Hongrie, l’Italie, le Portugal, la Slovénie, l’Espagne et les États-Unis.

Les dépenses publiques d’éducation de plus en plus contraintes

En moyenne, les pays de l’OCDE ont consacré 5.3 % de leur PIB à l’éducation en 2012, du primaire au supérieur (en incluant les programmes non affectés par niveau d’enseignement). Les dépenses publiques d’éducation représentent 4,8 % du PIB soit le taux moyen constaté au sein de l’OCDE en 2012. Leur poids est en légère baisse depuis 2010.

Les dépenses publiques en faveur de l’éducation sont les plus élevées dans les pays d’Europe du Nord.

Le secteur public finance à 83.5 % l’ensemble des dépenses affectées aux établissements du niveau primaire au niveau supérieur. Les financements publics de l’éducation ont diminué dans plus d’un pays de l’OCDE sur trois entre 2010 et 2012, parmi lesquels l’Australie, le Canada, l’Estonie, la France, la Hongrie, l’Italie, le Portugal, la Slovénie, l’Espagne et les États-Unis.

Les pays de l’OCDE consacrent, en moyenne, 10 220 dollars par élève et par an de l’enseignement primaire à l’enseignement supérieur : 8 247 USD par élève du primaire, 9 518 USD par élève du secondaire et 15 028 par étudiant de l’enseignement supérieur.

La montée en puissance des dépenses privées d’éducation

La part du secteur privé dans le financement de l’enseignement supérieur a augmenté depuis une dizaine d’années. Deux tiers environ des financements privés dans le supérieur proviennent des droits de scolarité acquittés par les ménages. Ces droits excèdent 4 000 dollars en Australie, au Canada, en Corée et en Nouvelle-Zélande, 5 000 dollars au Japon et 8 000 dollars au Royaume-Uni et aux États-Unis.

Un nombre croissant de diplômés au sein de l’Union

L’OCDE souligne que près de 85 % des jeunes des pays membres seront diplômés du deuxième cycle de l’enseignement secondaire au cours de leur vie. Les femmes obtiennent désormais de meilleurs résultats que les hommes. L’écart hommes-femmes le plus flagrant est observé en Slovénie, où 95 % des jeunes femmes devraient obtenir un diplôme de fin d’études secondaires, contre seulement 76 % des jeunes hommes.

Environ 41 % des jeunes de 25-34 ans dans les pays de l’OCDE ont désormais une formation de niveau universitaire. Ce pourcentage est de 16 points supérieur à celui des 55-64 ans de niveau d’études comparable.

32 % de la population française âgée de 25 à 64 ans avait, en 2014, un niveau d’enseignement supérieur contre 22 % en 2000. La France reste sur ce point en-deçà de la moyenne de l’OCDE qui est de 34 %. En revanche, pour les jeunes actifs de 25 à 24 ans, ce taux s’élève à 44 % et est supérieur à la moyenne de l’OCDE qui est de 41 %.

Un nombre croissant de jeunes qui poursuivent leurs études à l’étranger

Le nombre d’étudiants inscrits en dehors de leur pays d’origine a considérablement augmenté, passant de 1,7 million dans le monde en 1995 à plus de 4.5 millions. Ces migrations concernent avant tout les plus diplômés. Ainsi, 27 % des étudiants des pays de l’OCDE diplômés pour la première fois d’un programme de doctorat en 2013 étaient des étudiants internationaux, contre 7 % seulement des étudiants ayant décroché une licence.

L’éducation reste le meilleur sésame pour l’accès à l’emploi

83 % des diplômés de l’enseignement supérieur exercent un emploi, contre 74 % des diplômés de fin d’études secondaires ou de l’enseignement post-secondaire non universitaire et 56 % des diplômés n’ayant pas atteint le deuxième cycle du secondaire.

Des taux de scolarisation de plus en plus élevés pour les enfants de 3 à 5 ans

Dans la plupart des pays de l’OCDE, l’éducation commence désormais bien avant l’âge de 5 ans pour la plupart des enfants. Quelques 74 % des enfants de 3 ans sont scolarisés dans l’OCDE, ce chiffre étant de 80 % dans les pays de l’OCDE membres de l’Union européenne.

Les taux de scolarisation dans l’enseignement pré-primaire des enfants de 3 ans sont passés de 52 % en 2005 à 72 % en 2013, et de 69 % à 85 % pour les enfants de 4 ans pour la même période. Les taux de scolarisation des enfants de 4 ans ont augmenté de 20 % au moins en Australie, au Chili, en Corée, au Mexique, en Pologne, dans la Fédération de Russie et en Turquie entre 2005 et 2013.

Plus de la moitié des enfants inscrits dans des programmes de développement de la petite enfance fréquentent des établissements privés. La charge financière incombant aux parents peut être lourde, même en cas de subventions publiques.

C’est au Danemark que les élèves travaillent le plus

Les élèves reçoivent en moyenne 7 570 heures d’enseignement obligatoire du primaire à la fin du premier cycle du secondaire. Les élèves danois sont ceux qui en reçoivent le plus, avec plus de 10 000 heures, les élèves hongrois en recevant le moins, avec moins de 6 000 heures.

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