Le mirage de la guerre monétaire

11/11/2010, classé dans

Les décennies passent mais les autorités françaises soulèvent toujours l’antienne de la guerre monétaire et de l’indispensable refondation du système monétaire international.

Cette vieille habitude française doit être liée à notre penchant pour les débats idéologiques et théoriques ainsi que sur notre goût trouver des responsables extérieurs à nos faiblesses.

Depuis la fin de Bretton woods en 1976 mais effctive depuis le 15 août 1971, le systèm monétaire mondial est avant tout un grand marché sur lequel certes l’information n’est pa idéalement partagée.

Il n’en demeure pas moins que les études démontrent que sur moyenne et longue période la valeur de la monnaie a peu d’incidences sur la situation économique.

Avec une même monnaie, au sein de l’Europe, cohabitent des Etats comme l’Allemagne qui dégagent d’importants excédents commerciaux et d’autres comme la France des déficits et cela quelle que soit le taux de change avec le dollar ou le yuan.

Aujourd’hui, il est de bon ton de considérer que les autorités américaines jouent à la baisse leur monnaie imposant une appréciation à l’euro. Or, c’est oublié que les Etats-Unis sont déficitaires de plusieurs centaines de milliards de dollars depuis de nombreuses dans le cadre de leurs échanges commerciaux quand la zone euro est autour de l’équilibre. Il n’est donc pas illogique que le dollar se déprécie.

Faut-il crier avec les loups quand la valeur de l’euro monte ? Il ne faut pa oublier que la valorisation de la monnaie est un marqueur d’enrichissement. Avec la même somme d’argent, nous pouvons acheter plus de biens et de produits à l’extérieur. Le coût des produits importés diminue ce qui améliore notre compétitivité or aujourd’hui, l’incorporation de biens et de matières en provenance de pays tiers concerne l’ensemble de la chaîne de production.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier que 60 % du commerce extérieur est réalisé en euro et n’est donc as impacté par les variations monétaires.

Les entreprises qui exportent en dehors de la zone euro sont essentiellement de grands groupes internationaux ; il y a malheureusement peu de PME qui exportent. Cette situation n’a pas de lien avec les variations monétaires.

La France a toujours privilégié l’arme de la dévaluation pour corriger les errements de sa politique économique ; cela signifie que nous avons choisi l’ajustement par le bas et non par le haut comme l’Allemagne.

Les tenants de la dépréciation de la monnaie européenne se trompent de bataille. En effet, aujourd’hui, la Chine est incontournable pour la production de certains biens, les modifications du taux de change ne ferait qu’enrichir un peu plus les Chinois qui sont sur le point d’être price maker.

Le problème, c’est que la France est absente sur les noveaux marchés à forte croissance. Les exportations vers la Chine ne représentent que 1,7 % des exportations françaises. En revanche, notre déficit commercial avec la Chine dépasse aujourd’hui celui que nous avons depuis des décennies avec l’Allemagne.

La France risque d’être gentiment écoutée au sujet de la refondation du système monétaire mondial. Au lieu de vouloir créer un nouveau système, il faudrait plutôt demander une convertibilité totale de la monnaie chinoise et une circulation plus transparente des capitaux en Chine…

L’utopie de la création de la monnaie mondiale a vocation de faire couler beaucoup d’encre et du temps à moins qu’un Empire mondial prenne forme ce que personne ne souhaite réellement…

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