La France, petit déprime d’automne

28/11/2015, classé dans

Coup d’arrêt intempestif en France

Les mauvais résultats du chômage et de la consommation, en France, au mois d’octobre, prouvent que la reprise demeure chaotique. Il est difficile d’avoir une vision claire de l’évolution de la reprise. Si de nombreux facteurs doivent conduire à son amplification, elle reste assez contrainte tant par la faible inflation, par l’attentisme et par la faiblesse de l’investissement (ménages tout particulièrement mais aussi entreprises). Cette conjoncture en dents de scie n’incite pas les entreprises à investir d’autant plus que les capacités de production sont loin d’être saturées.

Au mois d’octobre, selon l’INSEE, les dépenses de consommation des ménages en biens ont reculé de 0,7 % en volume et enregistrent ainsi leur première baisse depuis mars 2015. Ce recul est notamment imputable au repli des achats de biens durables (–1,8 % après +1,6 %). La chute la plus nette provient des achats d’automobiles (–3,4 % après +2,6 %). Par ailleurs, les dépenses en textile, habillement et cuir diminuent de nouveau (–1,0 % après –0,4 %).

Panne de la consommation en octobre

La consommation a été le principal moteur de la croissance depuis le début de l’année. Elle avait été portée par la baisse des cours du pétrole et par les allégements d’impôt décidés par le Gouvernement en faveur des ménages les plus modestes. Sur un an, le bilan de la consommation reste correct. En effet, par rapport à octobre 2014, les dépenses des ménages en biens sont en hausse de 2,1 % et sur  trois mois à fin octobre, leur évolution reste également positive (+0,3 %) par rapport aux trois mois précédents.

Ces facteurs tendent à s’estomper d’autant plus qu’en octobre, les ménages ont reçu leurs impôts locaux (taxe d’habitation et taxes foncières). Logiquement, une accélération de la consommation était attendue pour la fin de l’année. Les attentats pourraient peser sans nul doute sur la consommation du mois de novembre en Ile de France mais il est encore trop tôt pour évaluer leur impact réel.

Rechute rapide du chômage

L’autre mauvaise nouvelle est venue du front du chômage. Après la baisse du mois de septembre, -23 800, certains espéraient, en effet, que la France avait enfin basculé de l’autre côté de la courbe mais les résultats du mois d’octobre soulignent que la bataille de l’emploi sera longue et qu’elle ne sera pas en ligne droite. La croissance reste insuffisante pour générer suffisamment de créations d’emploi. Le mois d’octobre est un mois d’arrivée sur le marché du travail des étudiants en fin d’études.

Selon le Ministère de l’emploi, à fin octobre, en France métropolitaine, le nombre de demandeurs d’emploi (catégorie A)  a augmenté de 1,2 % sur un mois (+42 000) pour atteindre à 3 589 800. Sur un an, la hausse est de 3,7 %. Le nombre de demandeurs d’emploi atteint un niveau record historique. Depuis le début de l’année, notre pays compte 90 000 demandeurs d’emplois de plus.

La France se démarque en la matière de ses principaux partenaires économiques. L’Allemagne, les Etats-Unis ou le Royaume-Uni connaissent presque le plein emploi. Il est à noter que si sur un an, l’Espagne connait la plus forte diminution du chômage au sein de la zone euro, depuis trois mois elle doit à nouveau faire face à  une hausse du nombre de demandeurs d’emploi.

Les seniors sont toujours très exposés au risque de chômage. En effet,  le nombre de demandeurs d’emploi est resté stable pour les moins de 25 ans au mois d’octobre. En revanche, le nombre de chômeurs a augmenté de 1,4 % pour les 25-49 ans (+3,3 % sur un an) et de 1,5 % pour les 50 ans ou plus (+9,2 % sur un an).

Fin octobre 2015, le nombre de demandeurs d’emploi en catégories A, B, C est de 5 435 800, en augmentation de 0,2 %, sur un mois et de 5,5 % sur un an.

En France (y compris Dom), le nombre de demandeurs d’emploi s’élève à 3 850 900 pour la catégorie A (+1,1 % sur un mois, +3,5 % sur un an) et 5 740 600 pour les catégories A, B, C (+0,2 % sur un mois, +5,3 % sur un an).

Pourtant, la confiance n’avait pas disparu !

L’enquête sur la confiance des ménages a été, en très grande partie, réalisée avant les attentats du 13 novembre dernier. Selon l’INSEE, seuls 7 % des enquêtés ont répondu après les attentats. De ce fait, on ne peut pas tirer des enseignements sur l’état d’esprit des consommateurs après les événements tragiques de ces derniers jours.

Il n’en demeure pas moins que l’enquête souligne que la confiance des ménages est stable. L’indicateur qui la synthétise se maintient à 96, un niveau inférieur à sa moyenne de longue période (100) mais il est à son plus haut niveau depuis 2008.

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