La France devrait échapper à la récession

23/03/2012, classé dans

L’INSEE a publié son étude de conjoncture du mois de mars 2012 avec à la clef une bonne nouvelle, la France devrait échapper à la récession. Le taux de croissance du premier trimestre devrait être nul, celui du second devrait tourner autour de +0,2 %. Le Gouvernement a pris acte des données de l’INSEE pour réviser à la hausse ses prévisions de croissance annuelle en passant le taux de 0,6 à 0,7 %.

La mauvaise nouvelle provient du front de l’emploi avec une perte de 50 000 emplois au premier semestre 2012.

L’INSEE pointe de nombreuses incertitudes notamment du fait de l’aléa énergétique du fait de la persistance des tensions au sein du Moyen Orient.

Perspectives générales de croissance

Un fort ralentissement constaté à la fin de l’année 2011

L’INSEE souligne que l’ensemble des économies avancées a enregistré un net ralentissement au 4ème trimestre, + 0,2 % après +0,5 % au 3ème trimestre. La zone euro a été la plus touchée avec la transmission à l’économie réelle des problèmes générés par les dettes publiques.

Le PIB s’est contracté de 0,3 % au 4ème trimestre après une augmentation de 0,1 % au 3ème. L’activité a reculé de 0,2 % en Allemagne après une augmentation de 0,6 %, de 0,7 % en Italie après -0,2 %, de 0,3 % en Espagne après 0 %. En France, le PIB a augmenté de 0,2 % après + 0,3 %.

Au Japon, l’activité s’est contractée de 0,2 % du fait des retards dans la mise en œuvre des plans de reconstruction et des problèmes climatiques en Thaïlande (rupture d’approvisionnement).

Aux Etats-Unis, une accélération de la croissance a été, en revanche, constatée, +0,7 % après 0,5 % soutenue par la hausse de la consommation et le déstockage.

Divergences de croissance au sein des pays avancées au début de l’année 2012

Le climat des affaires est positif aux Etats-Unis qui enregistrent d’importantes créations d’emplois ainsi qu’au Japon. En revanche, le climat des affaires est très dégradé en zone euro même si le point bas semble avoir été atteint au mois de novembre dernier.

L’activité devrait poursuivre sa croissance aux Etats-Unis avec un taux de +0,6 % au 1er trimestre. Le PIB devrait augmenter de 0,6 % au Japon au 1er trimestre et de 0,5 % au second.

La zone euro resterait marquée par les conséquences de la crise financière de l’été 2011 même si les primes de risque ont fortement diminué sur le marché interbancaire.

Les tensions financières se sont atténuées avec le sommet européen du 9 décembre 2011 et avec l’accord du 24 février concernant la Grèce aboutissant à réduire de 100 milliards d’euros la dette de ce pays. Par ailleurs, la mise en œuvre de mesures non conventionnelles de la part des banques centrales a permis de restaurer un minimum de confiance sur le marché interbancaire.

La réduction des déficits engagés dans de nombreux pays devrait peser sur la croissance. Ainsi, la consommation des ménages de la zone euro devrait diminuer au premier semestre de 0,2 % par trimestre. Le PIB devrait se contracter de 0,1 % au 1er trimestre et augmenter très légèrement au second à hauteur de 0,1 %.

Les divergences de croissance au sein de la zone euro devraient perdurer avec un rebond de l’économie allemande au premier trimestre de 0,2 % et une croissance de 0,4 % au second trimestre. En revanche, en Italie, en Espagne, il n’est pas attendu d’embellie.

La France échappe à la récession mais pas à la stagnation

La France a échappé contrairement aux prévisions à la récession. Au 4ème trimestre 2011, l’activité a augmenté de 0,2 % avec un rebond de la production manufacturière de 0,6 %. L’activité commerciale a progressé de 0,6 % et l’activité dans les services de 0,4 %.

Les exportations ont progressé de 1,2 %, malgré le recul de la demande de la zone euro, notamment du fait de la vente de nombreux avions.

La consommation a continué de progresser à hauteur de 0,2 % comme au 3ème trimestre.

Le climat des affaires s’est stabilisé à un niveau faible au mois de février avec des perspectives inférieures à la moyenne de long terme.

L’INSEE prévoit une activité stable au premier trimestre avec une croissance nulle. L’automobile et l’aéronautique freineraient l’activité avec à la clef un recul de la production manufacturière de 0,5 % au premier trimestre (légère augmentation de 0,3 % au 2ème). Les services devraient voir leur activité augmenter de 0,1 % au premier trimestre et de 0,3 % au second.

Au second semestre 2011, la France a détruit 54 000 emplois marchands non-agricoles. L’intérim a été fortement impacté avec un recul de 34 000. D’ici a fin du mois de juin 2012, 49 000 emplois pourraient être supprimés. Le taux de chômage devrait passer dans ses conditions de 9,4 à 9,7 % d’ici la fin du premier semestre.

Légère décrue de l’inflation

Malgré les tensions sur les prix des matières premières et énergétiques, l’inflation devrait passer de 2,5 % à 2,2 % en rythme annuel d’ici la fin du premier semestre. La hausse des prix de l’énergie devrait se situer à 7,7 % mais l’inflation sous-jacente resterait à 1,4 % du fait du faible taux d’utilisation des capacités de production et du niveau du chômage.

Le retour de l’inflation autour de 2,2 % devrait conduire les pouvoirs publics à ne pas augmenter ou à augmenter très légèrement le taux du Livret A qui est de 2,25 %. A 2, % d’inflation, le taux du Livret A devrait être 2,45 %.

Pas de reprise attendue de la consommation des ménages et légère baisse du taux d’épargne

Les salaires réels devraient baisser sur le premier semestre du fait des processus de revalorisation n’intégrant pas la hausse des prix constatée depuis quelques mois et du fait d’une diminution des variables.

Le pouvoir d’achat pourrait reculer de 0,3 % au premier semestre.

Le taux d’épargne des ménages devrait passer de 17,1 % du revenu disponible brut à 17 % voire légèrement en-dessous du fait des mesures prises par le Gouvernement (augmentation des impôts).

L’INSEE est très évasif sur le sujet. En effet, en période de crise et en cas d’augmentation des prélèvements, un double effet est constaté : un effet de précaution et un effet de reconstitution du patrimoine qui pourraient inciter les Français à épargner davantage. Par ailleurs, le taux d’épargne des Français comprend pour 50 % les remboursements du capital des crédits immobiliers. Cette partie est, par nature, peu sensible aux aléas de la conjoncture ou de la législation.

D’ici la fin du premier semestre 2012, la consommation ne devrait augmenter que de 0,2 % avec un recul des achats d’automobile.

Pas d’espoir pour l’investissement

Du fait du resserrement de l’accès au crédit et du niveau extrêmement faible du taux de marge des entreprises françaises, il n’est pas attendu un retournement positif en matière d’investissement. Un recul de 0,4 % est attendu au premier trimestre et une augmentation de 0,8 % est supposée pour le second.

Les exportations seraient handicapées par la situation de la zone euro

Le niveau de croissance des exportations diminuerait passant de 1,2 à 0,6 % par trimestre. L’apport du commerce extérieur à la croissance serait nul durant le premier semestre.

L’aléa pétrolier

Au 4ème trimestre, le baril de pétrole était en moyenne à 109 dollars. L’INSEE table sur un prix de 120 dollars au premier semestre 2012. Au 23 mars, ils ‘élevait à 123 dollars le baril.

La persistance des tensions au Moyen Orient et la constitution de réserves par la Chine contribuent à peser durablement sur les cours. Un choc pétrolier avec un baril autour de 200 dollars plongerait l’économie française en récession.

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