La France a-t-elle perdu la bataille des robots ?

15/06/2015, classé dans

Le lundi 18 mai dernier, Emmanuel Macron, à l’occasion du lancement de la deuxième phase du plan « Nouvelle France industrielle », a déclaré que la France a « raté la robotisation ». Si pour les robots industriels, il sera difficile de revenir dans la course, en revanche, rien n’est perdu pour ceux qui interviendront dans le secteur des services, domaine où la France dispose d’un réel avantage comparatif.

La France compte 32 000 robots et seuls 5 % d’entre eux sont installés dans des entreprises de moins de 50 salariés. La France possède 2,4 % du parc robotique mondial. L’Allemagne en compte cinq fois plus (304 000 robots en activité). La Chine en a quatre fois plus que nous.

La France compte 1,2 robot pour 100 salariés dans le secteur manufacturier contre 1,5 aux Etats-Unis, 2,35 en Allemagne, 1,73 en Suède ou près de 3 au Japon. Aux Etats-Unis, ce ratio a été multiplié par 6 depuis 1998, par 2,4 en Allemagne quand il est resté stable au Japon. Les robots installés en France sont donc peu nombreux mais sont aussi plus anciens.

La robotique est traditionnellement divisée en deux segments, la robotique industrielle, marché mature dominé par les Japonais, les Américains et les Allemands, et la robotique de service (à usage personnel ou professionnel), marché émergeant au potentiel de croissance considérable. Il faut souligner que les frontières entre les deux types de robotique sont poreuses.

La robotique est à l’intersection de nombreux secteurs d’activité : mécatronique, électronique, optronique, logiciel embarqué, énergie, nanomatériaux, intelligence artificielle, connectique… La robotique, au-delà de l’industrie est de plus en plus présente dans les transports, la logistique, l’agriculture, la santé, les loisirs, la défense, l’éducation, la finance, la comptabilité ….

La robotique constitue donc un secteur d’activité en plein essor créateur d’emplois et de richesses. Selon la Commission de Bruxelles, le chiffre d’affaire de la seule robotique de service devrait être multiplié par 30 et atteindre 100 milliards d’euros en 2020. En France, il est espéré la création de quelques dizaines milliers d’emplois d’ici 5 à 10 ans.

De 2008 à 2014, le taux de croissance annuel moyen de la robotique de service a été de 29,4%. La France compte de nombreuses start-up et de PME comme Aldebaran Robotics, Medtech, Infotron ou encore E.Zicom qui fabriquent de tels robots.

Les entreprises de robots industriels connaissent quelques difficultés, en France, du fait de l’étroitesse du marché national et de la baisse des prix provoquée par une concurrence accrue. Néanmoins, une croissance de 1 à 2 % du chiffre d’affaires au sein de ce secteur est attendue.

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