La fin est-elle pour demain ?

19/06/2019, classé dans

En 1919, Paul Valéry écrivait « Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles ». L’intellectuel s’exprimait juste après la Première Guerre mondiale qui avait vu les grandes puissances européennes se livrer une guerre dont l’ampleur et le nombre de morts étaient sans précédent. En ce début de XXe siècle, vu d’un Européen, la civilisation était avant tout celle du petit cap du continent asiatique. Cette guerre est intervenue au moment où les nations européennes étaient au fait de leur puissance. Avec leur Empire, elles contrôlaient une grande partie de la planète. Leur avance technologique associée à leurs capacités financières en 1914, plaçaient les États européens au-dessus des autres puissances. Au terme du conflit militaire, de nombreux États européens sont dévastés humainement, économiquement mais aussi psychologiquement. La victoire des Alliés a été rendue possible par l’engagement des États-Unis.

Face à ce bouleversement, l’idée d’une crise de civilisation est devenue un thème à la mode au sein du Vieux Continent. André Siegfried, durant l’Entre-Deux-Guerres écrivait que « Les nations, comme les hommes, meurent d’imperceptibles impolitesses. C’est à leur façon d’éternuer ou d’éculer leurs talons que se reconnaissent les peuples condamnés. ».

La Seconde Guerre mondiale avec son caractère paroxysmique a confirmé le risque d’effondrement général. Mais, peut-être face au caractère incommensurable de la violence et dans un contexte d’affrontement intellectuel et militaire entre les États-Unis et l’URSS, les survivants se sont engagés dans un processus de reconstruction qui a débouché en Europe comme au Japon sur des « miracles économiques ». La dissuasion nucléaire a permis d’éviter une troisième guerre mondiale fatale à l’humanité.

Si à partir du début des années 1970, avec notamment les travaux du Club de Rome, la question de la soutenabilité de la croissance est posée, l’idée d’une implosion économique n’occupe que des cénacles limités. Les deux chocs pétroliers marquent certes les esprits en mettant en avant la dépendance et la vulnérabilité énergétique de l’Occident. Mais l’ouverture de la Chine en 1978 et la chute du mur de Berlin en 1989 ont été, à l’époque, perçues comme la victoire définitive du modèle occidental, comme « la fin de l’histoire », la victoire des démocraties. Cet optimisme a été à peine entamé par le bug informatique de l’an 2000 et les peurs millénaristes.

Vingt ans plus tard, la situation est tout autre. Les travaux du GIEC sur le réchauffement climatique contribuent à une prise de conscience générale sur les conséquences du réchauffement climatique. La crise de 2008 joue également un rôle non négligeable. Par sa violence, par son caractère immédiatement mondial, cette crise souligne tout à la fois l’interdépendance des États et leur fragilité face à un système économique et financier de plus en plus complexe. Le concept d’effondrement civilisationnel est ethnocentré. Les Chinois qui rattrapent le retard accumulé ces cinq cents dernières années n’ont pas obligatoirement la même appréciation de la situation que les Occidentaux. Il en est de même pour les Africains. Pour certains peuples ou pour certains mouvements politiques, c’est la civilisation occidentale qui serait seule en cause. Aux États-Unis ou en Russie, le risque environnemental n’est pas considéré par une majorité des habitants comme un risque systémique avéré. 

L’actuelle civilisation est certainement la première à avoir conscience de sa puissance mondiale et de sa fragilité. En 1500, au début de la Renaissance, peu d’Européens pressentaient que leur continent « allait bientôt dominer une grande partie du reste du monde » (Naissance et déclin des grandes puissances par Paul Kennedy). La connaissance des civilisations concurrentes ou antérieures était fragmentée et erronée. La croyance en l’existence d’empires orientaux riches est alors largement partagée. Elle s’appuie sur des légendes racontées par de rares voyageurs.

Les thèses de l’effondrement ont longtemps été l’apanage des déclinistes et des historiens. Elles intéressent désormais les scientifiques. Des climatologues, des physiciens, des mathématiciens, des économistes travaillent à l’élaboration de modèles dynamiques de sociétés humaines en intégrant un processus de déliquescence. Un des premiers à s’être intéressé au processus d’effondrement est le géographe Jared Diamond qui a travaillé sur la fin des Mayas ou de l’Île de Pâques. Dans ce domaine, il faut citer également les travaux du chercheur du MIT, Denis Meadows qui dans son rapport de 1972, Les limites de la croissance finie, prévoyait le début de l’effondrement pour 2030. Ses analyses vieilles de plus de 45 ans sont a priori assez concordantes avec la situation actuelle. Plusieurs essayistes ont publié récemment des ouvrages soulignant le danger d’une implosion de nos sociétés. Peuvent être ainsi cités le livre de Amin Maalouf « le naufrage des civilisation » ou celui de Fred Vargas « l’humanité en péril ».

Dans l’imaginaire collectif, l’effondrement est une désintégration brutale. Les spécialistes au regard des précédents estiment que le déclin de notre civilisation sera progressif. La chute de l’Empire de Rome en 476 a fait suite à une longue période de déclin marquée par une simplification des structures sociales, par une crise de la gouvernance politique et par une perte de capacité de transmission des informations. L’effondrement est avant tout le résultat d’une somme de régressions. C’est l’incapacité de la société à gérer la complexité. Tout effondrement d’une civilisation repose sur des fondements multifactoriels.

Avec l’unification des modes de consommation, avec l’interdépendance économique et environnementale, l’effondrement pourrait concerner non pas un pays, un continent mais l’ensemble de l’économie mondiale.

Effondrement ou plutôt érosion ?

Un effondrement général et violent est peu probable. Il pourrait survenir en cas de catastrophe naturelle majeure (astéroïde par exemple) ou d’une guerre nucléaire généralisée. Le plus probable est un déclin progressif. Les dernières études concernant l’Île de Pâques évoquent une dégénérescence sur une période de 300 ans. C’est la déforestation associée à des guerres intestines et à la famine qui auraient provoqué, autour de 1680, une division par dix de la population. À Rome, le déclin s’est étalé sur plus d’un siècle. Le développement de la corruption, la perte de confiance dans les autorités, l’accumulation des guerres, l’augmentation des prélèvements, le recours croissant à une population extérieure ont affaibli l’Empire Romain au point d’entraîner sa disparition.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer la chute des civilisations : l’isolationnisme, le surdimensionnement, la complexité des réseaux, la remise en cause de l’État de droit, la baisse des compétences, l’épuisement de l’environnement,) ou la montée des inégalités.

Le repli comme source de déclin

La Chine, de 500 à 1500 ans après Jésus Christ, la civilisation la plus avancée. Ce pays compte entre 100 et 130 millions d’habitants quand la population européenne ne dépasse pas 50 millions. La Chine dispose d’une agriculture pratiquant l’irrigation et d’une administration couvrant l’ensemble du territoire. Elle possède des bibliothèques et l’usage de l’imprimerie est courant depuis le XIe siècle. La sidérurgie connaît un essor très tôt et la fabrication de canon et de poudre est pratiquée au XIVe siècle. La marine chinoise utilise des techniques de navigation avancées dès le XIIIe siècle avec notamment le compas magnétique. En 1420, la flotte Ming comprend plus de 1 350 vaisseaux de combat et 400 pour la navigation au long cours. Au cours de la première moitié XVe siècle, de nombreuses expéditions sont menées en Asie et en Afrique. Une rupture intervient en 1 433 avec la publication d’un édit impérial qui interdit la construction de navires de haute mer. Après cet édit, des ordres sont donnés pour démanteler la flotte de navires. Ces décisions visent à consacrer les moyens du pays pour défendre les frontières terrestres face à la menace mongole. Les autorités estiment également que le pays n’a rien à gagner des échanges extérieurs. L’extérieur est assimilé à un monde barbare sans intérêt. Le repli sur soi confucéen devient la norme à suivre. Le conservatisme de l’administration et son pointillisme achèvent de couper les ponts avec l’étranger au moment même où des aventuriers européens décident de découvrir le grand large. L’aversion croissante au commerce entraîne un déclin lent de la Chine, déclin accentué par la multiplication des guerres de clans.

Une question de dimension

Dans le passé, les Empires ont bien souvent implosé en raison de leur incapacité à maîtriser un espace en perpétuel extension. Ce fut le cas pour l’Empire Romain qui s’est scindé en plusieurs blocs du fait de guerres intestines et de problèmes de liaison. C’est le cas de l’Empire Ottoman, au XVIe siècle, qui dominait une grande partie de l’Europe orientale, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. La gestion des armées est devenue de plus en plus complexe d’autant plus que les conflits se sont multipliés. Les moyens technologiques actuels ont facilité les communications et autorisent des gestions à distance. Malgré tout, le maintien de vastes empires suppose que le cœur génère une croissance suffisante. L’effondrement de l’URSS en 1991 est le résultat d’un échec économique et d’une incapacité politique à faire face à des forces centrifuges.

Plus les empires sont étendus, plus ils ont besoin de faire appel à des militaires d’origine étrangère pour assurer la sécurité. Selon Paul Kennedy, quand l’apport extérieur dépasse 50 % et que le recours aux mercenaires devient la règle, le risque de déclin s’élève. Les États-Unis se trouveraient dans cette situation. Durant la deuxième Guerre du Golfe, les sociétés privées travaillant pour l’armée occupaient un rôle majeur.

La menace environnementale

Le climat a joué dans le passé un rôle important dans le développement ou le déclin de certaines parties du monde. Ainsi, la société précolombienne (-2500 ans avant Jésus Christ) se serait écroulée en raison de fluctuations fortes et intempestives d’El Nino. L’assèchement du lac Titicaca aurait eu raison de la population de la société pré-Inca Tiwanaku. La population aurait été divisée par vingt. Vers 830 après Jésus Christ, la population Maya aurait perdu 80 % de ses effectifs du fait d’une sécheresse. La surexploitation des sols aurait également conduit à cette diminution de la population. Avec une population de plus de 7,5 milliards d’habitants en 2018 contre un milliard en 1800, avec une croissance économique qui repose essentiellement sur la consommation d’énergie, le risque environnemental est désormais de nature mondiale. Si aujourd’hui, la planète subit les conséquences des différentes révolutions industrielles qui se sont succédé depuis 1750, elle devra supporter l’alignement des modes de vie et cela pour une population de plus de 11 milliards de personnes d’ici la fin du siècle.

L’effondrement environnemental est la thèse la plus médiatisé actuellement. 41 % des espèces naturels seraient en déclin et un tiers menacé, soit plus de 27 000 espèces. Le stock de certains poissons serait insuffisant pour assurer leur survie.  En raison de la disparition des abeilles, 70 % de la polonisation pourraient être remise en cause. Sans renier les atteintes à la biodiversité, des spécialistes comme Michel Loreau, directeur de recherche en écologie au CNRS, estiment qu’il convient d’être prudent sur leur ampleur et sur leurs impacts.

Au niveau du climat, des experts estiment qu’une augmentation de deux à trois degrés, jugée aujourd’hui prévisible d’ici la fin du siècle, aurait des conséquences en chaine importante. Elle entraînerait une montée des océans pouvant atteindre deux mètres ce qui supposerait le déplacement de près de 40 % de la population mondiale. Un emballement climatique ne serait pas impossible avec également une modification des courants. De larges parties de la terre seraient inhabitables, aux tropiques et peut être autour de la Méditerranée. Les grandes plaines américaines et chinoises pourraient devenir des déserts.

Les pénuries de matières premières.

En matière d’énergie et de matières premières, les prévisions ont été fréquemment démenties. Ainsi, au début des années 1970, le « peak oil » était annoncé pour la fin du XXe siècle. Au début des années 2000, il était annoncé pour 2020/2030. Avec le pétrole de schiste et le pétrole bitumineux, la prudence est de mise.

Le volume de ressources minérales métalliques et organiques extraits en 2017 est trois fois plus élevé qu’en 1970, passant de 27 à 92 milliards de tonnes. 900 millions de personnes n’ont pas accès à l’eau.

Selon une étude de l’université de Saragosse, l’or et l’antimoine auraient atteint leur pic de production. Onze autres ressources pourraient être concernées d’ici 2050 en l’état des connaissances : l’arsenic, le bismuth, l’indium, le lithium, le manganèse, le molybdène, le nickel, le tantale, l’argent, le tellure, le zinc. Le recyclage devra être de plus en plus pratiqué pour éviter les pénuries.

La montée des inégalités comme antichambre du déclin

La montée des inégalités semble jouer un rôle important pour expliquer l’implosion de certaines sociétés. Le déclin de Rome s’opère autour du Ier siècle après Jésus Christ quand la montée des injustices aboutit à une moindre croissance, à la guerre civile et à la fin de la République. Les menaces extérieures ne font que renforcer le caractère dictatorial du régime et légitime le maintien voire le renforcement des inégalités. La progression des inégalités depuis une vingtaine d’années, en particulier, aux États-Unis est pointée du doigt. Même si elles sont en augmentation, elles demeurent inférieures à ce qu’elles étaient au début du XXe siècle. Par ailleurs, il y a des cycles en matière d’inégalités qui sont fonction des évolutions de l’économie. Les périodes de mutation technologique et de faible croissance sont propices à la concentration des revenus et des capitaux.

La vulnérabilité des réseaux

Une société repose sur la constitution de réseaux qui sont de multiple nature. Il y a les réseaux de transports et d’énergie. Il y a également les réseaux de gouvernance et enfin les réseaux de communication de l’information. Le succès d’une civilisation est lié à l’acceptation d’un pouvoir qui dispose du monopole de l’usage de la violence. Il faut aussi que l’ordre juridique et le droit de la propriété soient respectés. Quand les réseaux ne fonctionnent plus ou quand l’état de droit se délite, la menace de dégénérescence augmente fortement.

Angkor constitue un cas intéressant pour les historiens. Au XIVe siècle, cette ville comptait plus d’un million de personnes. Elle couvrait 1 000 km² soit dix fois la taille de Paris. Elle disposait d’un réseau d’eau potable permettant d’alimenter toute sa population et cela en toute saison. En raison de changements climatiques et du fait d’un moindre entretien, au cours du XIVe siècle, le réseau se brisa ce qui entraîna le départ de la population et le déclin de la cité. Aujourd’hui, certains estiment que l’économie mondiale dépend massivement des réseaux d’information. En cas de rupture, une paralysie des activités pourrait intervenir. L’inquiétude provient du fait que l’être humain dépend tout à la fois du réseau Internet et des réseaux énergétiques qui sont nécessaires pour faire fonctionner le premier. La fragilité de l’ensemble est supérieure à la somme des fragilités. Le coût de sécurisation est exponentiel. Notre civilisation est constituée de réseaux étendus entraînant une forte interdépendance avec peu de coupe-feu.

La remise en cause de l’État de droit

L’essor d’une économie repose sur le respect des valeurs juridiques et notamment sur celui des contrats. Un système économique n’est constitué que par une série de contrats : contrats financiers pour l’investissement, contrats de travail, contrats commerciaux, contrats assurantiels pour couvrir les risques, contrats de propriété pour protéger les biens matériels ou immatériels. Droit des contrats et croissance sont indissociables. Une des explications des problèmes économiques en Amérique latine tiendrait à cette incapacité à faire respecter les contrats. L’insécurité juridique et physique constitue une entrave au développement des activités économiques. Il en est de même en Afrique. Les pays ayant des systèmes de droit évolués mais simples, transparents et sécurisés sont, en règle générale, plus à même de prospérer. L’état de droit est menacé à la fois par sa complexification croissante et par sa remise en cause permanente. La « judiciarisation » à outrance des relations économiques et humaines constatée aux États-Unis comme en Europe constitue un frein à la croissance. Le retour du droit du plus fort dont Donald Trump use dans le cadre des relations internationales marque également une rupture par rapport à une pratique de concertation, de négociation multilatérale qui s’était diffusée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

La baisse des compétences

Les différents rapports de l’OCDE soulignent que le niveau scolaire baisse dans les pays dits avancés européens et américains. En revanche, il augmente en Asie. La baisse est plus nette, encore, pour les jeunes garçons. Une étude réalisée en 2016 par Richard Lynn, Dimitri van der Linden et Edward Dutton démontre que le QI qui avait augmenté de 1945 à 1995 est en déclin depuis dans un grand nombre de pays occidentaux. Le QI moyen des Français a ainsi baissé de quatre points depuis 1999. L’intérêt des occidentaux pour les métiers d’ingénieurs et d’enseignement recule. Cette baisse du niveau de formation est dans les faits difficile à mesurer. A l’échelle mondiale, le nombre de diplômés et de chercheurs n’a jamais été aussi élevé. La massification de l’enseignement atteint un sommet en occident mais rester à réaliser pour de nombreux pays en particulier en Afrique. Le système de formation semble, au sein des pays avancés, rencontrer des problèmes d’adaptation face à l’évolution des techniques et à celle des comportements des élèves. Certaines études dont celles de Laurent Alexandre soulignent la nécessité de réformer de fond en comble le processus d’enseignement en prenant en compte les spécificités morpho-psychologiques des élèves. Après la massification, certains prônent ainsi la personnalisation de l’enseignement voire de recourir à des techniques associant la génétique et l’informatique pour franchir un cap en ce qui concerne le niveau de formation.

La question de la productivité

La thèse de la stagnation séculaire (Gordon – Lammers) a été popularisée après la survenue de la crise de 2008. Selon cette thèse, la baisse de la productivité constatée depuis plusieurs décennies s’expliquerait par la rentabilité décroissante des innovations. La rentabilité des nouvelles découvertes serait décroissante. En outre, l’appétence de la population pour le progrès serait en recul ne favorisant pas la diffusion des innovations. Concernant les causes du recul, Robert Gordon estime que les grandes vagues d’innovation sont arrivées à leur terme dans les économies avancées, limitant à long terme les hausses de productivité. Par ailleurs, les faibles taux d’intérêt joueraient à l’encontre des gains de productivité en permettant le maintien d’activités peu rentables. D’autres auteurs, comme Brynjolfsson et McAfee, estiment que ce ralentissement est transitoire et que la croissance de la productivité devrait augmenter avec la poursuite de la révolution numérique.

Les facteurs à prendre en compte pour apprécier l’existence d’un risque d’effondrement sont donc multiples. La baisse de l’espérance de vie au sein de plusieurs pays en raison de comportements dangereux (drogue ou obésité) ou de déstructuration du système social pourraient également être retenus. Les États-Unis sont confrontés à cette problématique, sans précédent pour un État développé, de devoir faire face à une baisse de leur espérance de vie. Le développement de forces barbares aux marges des nations civilisées constitue également un autre signe de décadence. L’avènement d’un État comme Daech ou de mouvements terroristes contrôlant de larges territoires au cœur de l’Afrique traduisent l’affaiblissement des structures étatiques traditionnelles. Les États confrontés à des endettements croissants sont contraints de démonter souvent de manière masquée les systèmes de protection sociale, ce qui accélère la montée des inégalités. La faiblesse des États laisse la place à des sociétés où les grandes entreprises jouent un rôle croissant dans la vie quotidienne des citoyens.

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