La classe qui monte !

09/01/2022, classé dans

La numérisation de l’économie s’accompagne de la montée en puissance d’une nouvelle catégorie au sein de la population, celle des « startupers ». Cette catégorie comprend les créateurs d’entreprises dont l’activité est liée au digital ainsi que les cadres qui y sont employés. Ce sous-ensemble comprend 600 000 personnes. Il faut y ajouter les cadres des entreprises traditionnelles dont l’emploi est en lien avec les technologies de l’information et de la communication, soit environ 800 000 personnes. L’écosystème des startups ne se limite pas aux seules entreprises technologique. Il faut ajouter les centres de recherche, les incubateurs, les laboratoires des universités et des grandes écoles centrées sur les techniques de l’information et de la communication ainsi que les fonds de capital-risque. Au total, plus de 1,5 million de personnes travaillent directement ou indirectement au sein de la sphère digitale. Cet univers du digital reste majoritairement masculin (77 %) même si ces dernières années, les femmes se font plus nombreuses notamment dans les domaines de la communication et l’analyse des données. Le marketing digital attire également de plus en plus de femmes. La principale particularité de ce nouveau monde est son caractère urbain et très parisien. 40 % des effectifs sont basés en Île de France et 75 % au sein des grandes métropoles. Une startup sur deux est installée en région parisienne. Près des deux tiers des financements profitent à des startups dont le siège social est à Paris. Les startups sont créées avant tout par les diplômés de l’enseignement supérieur dont les établissements se situent essentiellement en Île-de-France.

Les startupers changent à grande vitesse les codes du monde du travail, que ce soit au niveau des comportements, de la manière de s’habiller ou au niveau de l’organisation du travail. Les startups ont popularisé les entreprises sans bureau qui recourent aux espaces de coworking. En 2019, la France comptait plus de 1 700 espaces de coworking, contre 370 en 2015. Un tiers de ces lieux sont en Île-de-France et un quart à Paris. Les startups embauchent des personnes en « full remote », c’est-à-dire qui travaillent de chez eux, dans des hôtels ou au sein d’espace de coworking. Le mode de vie professionnelle des startupers se diffuse au sein des entreprises traditionnelles qui prévoient au sein de leurs bureaux des espaces de détente ou des ateliers de cocréation. Les startupers, associés aux valeurs de jeunesse, de réussite, d’urbanité et de cosmopolitisme, ont tendance à vivre au sein des quartiers à la mode ou bourgeois des grandes agglomérations. À Paris, ils se concentrent dans le 9e, 10e arrondissements voire, fortune aidant, dans le 6e et le 7e arrondissement. Ils sont des adeptes de l’alimentation végan, du bio, des deux-roues et de la livraison à domicile. Leur présence modifie la structure commerciale de certains quartiers comme dans le 10e et dans certaines rues du 6e arrondissement à Paris. Cet écosystème mis en valeur par le Président de la République, Emmanuel Macron, avec le terme de « startup nation » dispose de ses propres organes de communication comme le site « Maddyness » ou le site de recrutement qui lui est dédié « Welcome to the Jungle ».

Cette catégorie de la population française s’autonomise de plus en plus. Elle se distingue du monde classique des cadres et des entrepreneurs. Composé essentiellement de diplômés bac+5, ce groupe est plus ouvert sur l’international que celui des cadres ou des entrepreneurs classiques. La Chine, la Corée du Sud, le Japon et les États-Unis, ou plutôt les entreprises de la haute technologie de ces pays, sont leurs références. La participation au salon CES de Las Vegas constitue pour de nombreux startupers un passage obligé. La « startup nation » crée une nouvelle catégorie d’entrepreneurs dont les comportements et la richesse commencent à infuser au sein de la société française même si, en proportion, ce phénomène n’est pas comparable à celui en cours aux États-Unis.

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