Immigration un apport économique, social et culturel indéniable

11/04/2011, classé dans

La France est un pays d’immigration. Cette réalité est liée à l’histoire de sa démographie et à sa position géographique. La France a été l’un des premiers pays industriels à entamer le processus de transition démographique au XIXème siècle.

La baisse de fécondité a accompagné voire précédé la baisse de la mortalité. La France, pays rural, avec l’instauration du code civil et la fin du droit d’aînesse a incité les familles à réduire le nombre de leurs enfants. Les guerres révolutionnaires et du Premier Empire ont certainement accéléré le processus de déclin démographique tant sur un point concret (mortalité) que psychologique.

Il faut souligner que les armées napoléoniennes étaient composées de militaires provenant de différents pays et cette tradition a survécu avec La Légion Etrangère.

Le processus de dénatalité a été marqué entre les deux guerres mondiales. La saignée de la première guerre a privé la France de millions de jeunes actifs. Pour reconstruire et faire fonctionner l’économie, la France a accueilli de nombreux travailleurs immigrés d’origine polonaise puis italienne. A la fin de la seconde guerre mondiale, il en fut de même avec les travailleurs espagnols, portugais puis issus du Maghreb ainsi que d’Afrique noire.

A la fin du 19ème comme au début du 20ème siècles, l’intégration n’était pas aisée.  De nombreuses violences étaient à déplorer.

Aujourd’hui, contrairement aux idées reçues, le nombre d’immigrés rapporté à la population est inférieur en France à celui constaté en Suisse, en Allemagne ou au Royaume-Uni.

Toutes les études économiques prouvent qu’il y a un lien entre croissance économique et croissance de la population active. le Japon qui connait un réel déclin démographique en est la meilleure preuve avec une croissance qui tourne autour de 0,7 point depuis 20 ans et une dette de plus de 200 % du PIB.

Le Japon se s’en sort (au-delà des problèmes actuels) par un fort taux d’épargne et par d’importants gains de productivité.

Notre population active atteindra dans les prochaines années son maximum avant de reculer s’il n’y a pas d’apport extérieur à partir de 2035.

Déjà, aujourd’hui, de nombreuses offres d’emploi restent sans réponse en particulier dans le secteur de la restauration et du bâtiment. Or, la France vit de plus en plus du tourisme, de la restauration et des hôtels. Le BTP constitue un des secteurs clef de la croissance dans plusieurs régions (Sud, Corse mais aussi Région parisienne).

Tous les pays qui ont opté pour le repli sur soi, pour le rejet de l’autre ont connu le déclin à travers l’histoire, de Rome à la Chine en passant par le Japon.

Les pays occidentaux ont depuis les années 90 pris l’option de réduire l’immigration en durcissant les lois et établissant des murs (Etats-Unis avec le Mexique, Israël avec la Palestine). Les murs ne portent jamais chances car le Cheval de Troie l’emporte toujours.

La formule de Michel Rocard « la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde » est devenue le leitmotiv de la politique des différents gouvernements.

Qu’il y ait une volonté d’encadrer, de favoriser le développement des pays du Maghreb ou d’Afrique, c’est souhaitable. Mais, il serait suicidaire de fermer les frontières, de détourner tous les flux migratoires (au cas où cela serait possible).

La question est autre. Certains considèrent que les immigrés illégaux voire légaux coûtent chers. Au-delà du caractère pas très sympathique du calcul, l’apport économique (valeur ajoutée, consommation, cotisations, impôts) est supérieur aux allocations. Si déficit public, il y a, il est en relation avec le nombre et le montant des allocations et non à leurs bénéficiaires. Penser que sans immigrés, l’équilibre des finances publiques serait assuré est une pure ineptie . Bien au contraire, la contraction de la population active rendrait encore plus difficile le comblement des déficits et le remboursement de la dette.

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