Au sujet du livre d’Allègre

25/02/2007, classé dans

MA VÉRITÉ SUR LA PLANÈTE
DE CLAUDE ALLÈGRE

SYNTHÈSE DU LIVRE

Claude Allègre entend, à travers son livre, s’opposer à Nicolas Hulot et à son pacte écologique. Il dénonce tant le style du journaliste – le style médiatique mais aussi le style littéraire – que ses positions qu’ils jugent discutables et simplistes.

Claude Allègre revisite, à sa manière, les grands thèmes en vogue du développement durable : le réchauffement de la planète, les OGM, le nucléaire, le désamiantage de Jussieu en se plaçant sur le terrain du scientifique et en recourant à de nombreux exemples et anecdotes.

En introduction, il souligne que de nombreux scientifiques ont été la risée de leurs collègues ou des pouvoirs en place car leur théorie n’était pas dans le sens de l’histoire avant que raison leur soit rendue. La science, selon Claude Allègre, a besoin d’esprit critique, de remise en question permanente. Les vérités d’hier peuvent se révéler être de graves erreurs. Ainsi, les dangers du plomb contenu dans les carburants ont été exagérés du fait d’erreurs de calculs. De même, il fait remarquer que Alfred Wegener, un simple météorologue, a découvert la dérive des continents au début du 20ème siècle, théorie décriée par les géologues et les mathématiciens avant d’être vérifiée dans les années soixante-dix.

Claude Allègre, reprenant les thèses qu’il développe depuis plusieurs années, ne nie pas le réchauffement de la planète mais souligne que les indicateurs sur le sujet ne sont pas d’une fiabilité à toute épreuve et que surtout il est difficile de mesurer le rôle de l’homme sur ce phénomène. Il considère que la focalisation des médias et d’une grand partie de la sphère publique sur la question de l’émission des gaz à effet de serre occulte les véritables enjeux de la protection de la planète que sont la gestion de l’eau, la gestion de l’espace urbain, la gestion des déchets, la pollution de l’air ou le développement d’une énergie propre. Il considère que les progrès de la science permettront de régler une grande partie des problèmes environnementaux. Il récuse les thèses du Club de Rome, de la décroissance et celles des partisans du retour à l’état de nature.

Il souligne que l’économie et l’écologie ne sont pas opposées. Il écrit que « l’économie a pour ambition de trouver les voies les plus efficaces pour maximiser le bien être et le bonheur du plus grand nombre en partageant le plus efficacement et le plus équitablement possible les richesses ». Il considère comme impensable de freiner le développement de la Chine ou de l’Inde tout comme pénaliser la France qui, du fait de son choix en faveur du nucléaire, figure parmi les meilleurs élèves en matière d’émission de CO2.

En s’appuyant sur les travaux et les propos de Jean-Paul Fitoussi, de Daniel Cohen et du prix Nobel d’Economie, Amartya Sen, Claude Allègre affirme que l’écologie sera le principal moteur de l’économie au cours de ce siècle.

1. Dépasser les préjugés et les idées simplistes

Claude Allègre dénonce les excès médiatiques. Ainsi, la mobilisation pour la couche d’ozone a conduit à l’interdiction des CFC jugés responsables de sa destruction. Or, il apparaît, aujourd’hui, que la reconstitution de la couche d’ozone est très lente et que le processus de destruction est plus complexe que prévu et qu’il pourrait être naturel.

Il réclame de la part des politiques, des journalistes et des scientifiques de la prudence et de l’humilité.

2. Une lourde plaidoirie contre Nicolas Hulot

Les principaux reproches à l’encontre de Nicolas Hulot sont

 La non prise en compte de la mondialisation et de la globalisation
 L’adhésion implicite aux thèses du Club de Rome et à la théorie de la décroissance
 L’absence du thème de la gestion de l’eau
 La faiblesse des propositions sur la gestion des déchets
 Le recours à des gadgets institutionnels comme la création du poste de Vice-Premier Ministre

Il condamne trois points du programme de Nicolas Hulot

 La réduction rapide des gaz à effet de serre de 75 % en 10 ans
 Le refus du nucléaire
 Le refus des OGM

Claude Allègre admet néanmoins que Nicolas Hulot a raison de se battre en faveur de la biodiversité même s’il écrit que ce dernier a une vision abstraite du problème.

Claude Allègre raille les propositions de Nicolas Hulot sur la recherche scientifique, ce dernier souhaitant le développement de la recherche sur la biodiversité et de la création d’une véritable science du développement durable. Claude Allègre juge, au contraire, nécessaire de mettre l’accent sur la recherche scientifique classique seule capable d’amener des solutions aux problèmes (énergie, transports, traitement des déchets…) ; il rappelle, par ailleurs, que l’écologie figure en tant que priorité des programmes de recherche depuis quinze ans. Il critique également l’affairisme qui prend forme autour du thème de l’écologie.

3. Contre la secte verte

En s’appuyant sur les thèses de Bjon Lomborg exclu de Greenpeace pour avoir remis en cause les positions de l’organisation, de Jean-Paul Fitoussi, de Luc Ferry, ou de Marcel Gauchet, Claude Allègre dénonce l’écologiquement correct. Il s’en prend, avec véhémence, à José Bové dont il affirme que son rejet des OGM n’est qu’une posture idéologique. Il mentionne le manque de sérieux des partis écologistes qui ne sont que les antichambres des mouvements trotskistes. Il critique, par ailleurs, Al Gore qui n’est, à ses yeux, qu’un troubadour de la verte parole.

Claude Allègre distingue les environnementalistes des éco-fondamentalistes ; les premiers considèrent que l’homme fait subir des risques qui peuvent le mettre en péril alors que les seconds jugent l’homme coupable, nie la notion de progrès et réclament l’instauration d’un droit pour les plantes ou pour les animaux. Pour eux, la nature est première et l’homme un nuisible.

Les écologistes jouent sur la peur pour imposer leurs positions. Le principe de précaution est leur principale arme. Initialement, au cœur de ce principe, il y avait l’évaluation scientifique visant à mesurer l’ampleur des risques courus par l’homme et la planète. Désormais, toute invention est jugée dangereuse en soi ; à la science de prouver le contraire. Le principe de précaution s’est mué en arme anti-progrès.

4. Associer écologie et économie

Claude Allègre insiste sur l’obligation d’associer écologie et économie. Il ne voit pas comment l’Occident pourrait, au nom de la protection de la planète, interdire à l’Asie, ou à l’Amérique Latine de se développer. Il est convaincu que l’écologie sera une importante source de croissance dans les prochaines années.

Face au pacte écologique de Nicolas Hulot, il propose un pacte de croissance écologique. Il croit en une écologie réparatrice et évolutive et non pas en une écologie dénonciatrice et rétrograde. Il considère que la spécificité de l’homme ; c’est d’apporter des solutions rationnelles à des problèmes clairement identifiés. Il juge nécessaire de ne pas tout mélanger. L’effet de serre, les OGM, la faim, la biodiversité ne se situent pas sur le même plan. Certains problèmes sont localisés et d’autres sont globaux ; certains exigent des solutions à court terme ; d’autres à moyen ou à long terme ; certains sont de la compétence des communes, d’autres des Etats ou de la Communauté internationale dans son ensemble. Il préconise la coopération entre Etats ainsi que la multiplication des partenariats publics privés. Il souhaite que la France s’inspire du modèle américain en favorisant, en particulier, des associations avec les pays en développement.

Il entend souligner que l’écologie n’est pas une source de coûts mais de gains. En matière automobile, nul ne reproche aux industriels de multiplier les dispositifs de sécurité sur les véhicules. Il suggère d’intégrer l’écologie aux circuits de production comme la sécurité l’a été.

La bataille écologique passe, selon l’auteur, par celle de la connaissance et de la recherche. La séquestration du CO2, l’hydrogène comme carburant, les voitures hybrides, le nucléaire mais aussi les énergies nouvelles, les OGM ou le recyclage des déchets et la gestion de l’eau sont autant de thèmes de recherche.

Claude Allègre est dubitatif vis-à-vis de la taxe carbone. Il préfère parier sur le marché et à la limite la réglementation. La France qui est un bon élève en matière de CO2 n’a pas à instaurer une fiscalité qui pénaliserait son activité.

5. Le changement climatique

Concernant sa position sur le changement climatique, Claude Allègre se pose en victime du politiquement correct. Pour l’étayer, il signale que la connaissance du climat de la terre demeure parcellaire. Par ailleurs, il ironise sur la fiabilité des modèles informatiques utilisés pour prévoir le climat à 10 ou 100 ans.

Claude Allègre doute que le gaz carbonique soit l’unique responsable du changement climatique. Il insiste sur la complexité des mécanismes en cause (rôle des nuages, des gaz naturels ou produits par l’homme…). Avec ironie, il fait remarquer que les prévisions sur le climat à cent ans sont vaines étant donné que nous sommes incapables de prévoir le temps à huit jours. Il remet en cause les indicateurs servant de base aux théories sur le réchauffement climatique et souligne qu’il faut prendre en compte le soleil, ses cycles et le fait que ce n’est pas une machine à produire de l’énergie. Il considère que la croissance du CO2 dans l’atmosphère n’est pas sans conséquence pour l’humanité et qu’elle peut contribuer à accélérer le changement climatique.

Il remet en cause la causalité en vertu de laquelle l’augmentation du CO2 explique l’augmentation des températures. Pourquoi ne pas considérer que c’est le réchauffement qui favorise la libération du CO2 ?

Par ailleurs, l’élévation des températures n’est pas uniforme, la température est stationnaire en Allemagne, elle augmente en Suisse, diminue à Saint-Pétersbourg ; les glaces fondent en Arctique et au Groenland mais ce phénomène ne se produit pas en Antarctique.

L’augmentation du niveau des mers est constatée par le satellite mais à une vitesse moindre que prévue par les spécialistes. Il est, en revanche, inquiet de l’acidification des océans.

Il fait remarquer que la terre a connu d’amples modifications de son climat. Depuis quatre millions d’années, les périodes glaciaires et interglaciaires se succèdent. Au Moyen-âge, le Groenland était une verte prairie, d’où son nom. Entre le XVI et le XIXème siècle, une petite glaciation est enregistrée. Il rappelle que les cycles solaires et les éruptions volcaniques ont plus d’influence que les émissions de CO2.

L’auteur condamne le protocole de Kyoto qui repose sur une diminution des émissions CO2. Il montre que le coût de la réduction est disproportionné par rapport aux résultats attendus au niveau du climat. De même, il rejette les permis de polluer qui permettent aux pays riches de conserver leur mode de production. Il approuve la position de Bill Clinton d’avoir refusé ce protocole et d’avoir privilégier des partenariats avec les pays pauvres.

Face aux changements climatiques, l’homme doit s’adapter comme il l’a fait lors de son histoire. Il doit chercher des solutions et en particulier comment piéger le CO2.

6. L’énergie

Claude Allègre rappelle que les réserves des énergies fossiles restent élevées même pour le pétrole d’autant plus que l’évolution des techniques devraient permettre une meilleure exploitation des gisements actuels et d’en découvrir de nouveau. Ainsi, deux tiers du pétrole d’un gisement ne sont pas prélevés. Il considère que le pétrole pourrait rester une énergie majeure jusqu’en 2070.

En matière énergétique, l’auteur préconise la réalisation d’économies et la recherche de solutions pour séquestrer le CO2 ainsi que le développement des voitures propres (hybrides ou à l’hydrogène).

Il ne croit pas que les énergies renouvelables puissent à court et moyen terme se substituer aux énergies actuelles. L’énergie bio est, à ses yeux, une hérésie compte tenu de la nécessité de nourrir 9 milliards d’humains d’ici 2030 et de leur faible rendement.

Claude Allègre est favorable au développement de l’énergie nucléaire qui est l’énergie la plus propre et pour laquelle la France dispose d’une réelle avance.

7. Les OGM

Claude Allègre prend fait et cause pour les OGM rappelant qu’ils existent depuis plus de 5000 ans avec la pratique par l’homme de la culture et de l’élevage, pratique qui repose sur la sélection des semences et sur les croisements des espèces

Il rappelle que 70 milliards d’hectares sont utilisés pour produire des cultures transgéniques. 50 % du soja, 20 % du coton, 11 % du maïs sont produits à partir de semences transgéniques.

Les Etats-Unis, la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud, l’Espagne, l’Argentine… développent des cultures transgéniques. La France qui dispose de la deuxième agriculture mondiale risque très rapidement d’être marginalisée. Les OGM sont une source de revenus pour les agriculteurs qui produisent plus à moindres coûts ; de plus, les OGM permettent de diminuer le recours aux pesticides dont la France a le record mondial d’utilisation.

Selon Claude Allègre, les OGM ne sont pas dangereux pour la santé ; cette question faisant l’objet d’un consensus scientifique depuis plus de vingt cinq ans. Les cultures transgéniques pourraient devenir potentiellement dangereuses si des scientifiques greffaient des gènes mortels pour l’homme. Pour éviter une telle dérive, les expérimentations génétiques doivent être contrôlées par les Etats. Sur la question de la dépendance des agriculteurs aux multinationales des semences, Claude Allègre rappelle que cette dépendance est ancienne et n’est pas liée aux OGM. Toute l’agriculture moderne repose sur l’achat de semences sélectionnées. Les OGM peuvent contribuer à lutter contre le manque d’eau et peuvent avoir des applications médicales (lutte contre le SIDA, alicaments, vaccinations…) d’où leur intérêt.

8. L’eau

Claude Allègre rappelle que 50 000 personnes meurent chaque semaine par manque d’eau.

Si au début du 20ème siècle, l’Homme prélevait 2,5 % de l’eau potable, il en prélève désormais 25 %. Du fait de l’augmentation de la consommation, la mer d’Aral a été asséchée en quelques décennies.

L’eau est très mal répartie. Le bassin de l’Amazone avec moins de 1 % de la population reçoit 15 % des précipitations alors que l’Asie ne dispose que de 30 % des réserves pour 60 % de la population. La mauvaise gestion de l’eau conduit à la destruction des sols cultivables, à la pollution des océans et des fleuves.

Pour Allègre, la question de l’eau devrait mobiliser toutes les énergies car elle se pose, de manière tangible, aujourd’hui et non demain comme pour les gaz à effet de serre. Il réclame la mobilisation de tous et une enveloppe de 100 milliards d’euros pour garantir l’accès à l’eau, lancer un vaste programme d’économies et de recyclage.

9. Biosphère, biodiversité

La biosphère est l’ensemble des êtres vivants qui existent à la surface du globe. La survie de la biosphère dépend du maintien de la diversité des êtres la composant. Claude Allègre mentionne que toute espèce est vouée à disparaître. Il demeure perplexe face à la réintroduction d’espèces comme le loup ou l’ours en France. Il juge ces pratiques comme des gadgets ne changeant pas la donne. En revanche, la disparition d’espèces dans les océans du fait de la pêche l’inquiète au plus haut point.

10. Ecologie des villes

Claude Allègre fait remarquer que plus de la moitié de la population mondiale vit en zone urbaine et que ce taux est voué à augmenter dans les prochaines années. Or, l’écologie urbaine n’est abordée que sous l’angle de la circulation automobile. Il demande qu’un réel effort soit entrepris pour gérer l’ensemble des nuisances urbaines (eau, déchets, pollution des sols et de l’air). Il attire l’attention sur le rôle des poussières et des particules dans la multiplication des affections respiratoires et sur les incohérences des politiques de protection de l’environnement qui génèrent plus de pollution qu’elles en éliminent (incinérateurs par exemple).

Il demande une révision des plans d’urbanisme afin de faciliter la ventilation des villes à travers, par exemple, l’instauration de corridors qui prendraient la forme de vastes avenues. Il a remarqué que la pollution était moindre à proximité des grands axes de circulation ou à proximité de la Seine que dans les petites rues de Paris.

BIO DE CLAUDE ALLÈGRE

L’ancien Ministre de l’Education de Lionel Jospin, professeur émérite à l’Institut universitaire de France, à l’université de Denis Diderot et à l’Institut de physique du globe à Paris. Il est membre de l’Académie des sciences, de l’Académie des sciences des Etats-Unis, de celle de l’Inde et de la Royal Society.

 1976-1986 : directeur de l’Institut de physique du globe de Paris.  1984-1985 : délégué national à la recherche  1985 : membre de la National Academy of Sciences  1987 : membre du comité directeur du Parti socialiste  1988-1992 : conseiller spécial auprès de Lionel Jospin  1989-1994 : député au Parlement européen  1990 : membre du bureau exécutif du Parti socialiste  1992 : conseiller régional de Languedoc-Roussillon  1992-1997 : président du conseil d’administration du Bureau de recherches géologiques et minières  1995 : membre de l’Académie des sciences  4 juin 1997 – 27 mars 2000 : nommé ministre de l’Education nationale, de la Recherche et de la Technologie du gouvernement Lionel Jospin

Publications :

 Ma vérité sur la planète, Plon, 2007  Un peu plus de science pour tout le monde (**), Fayard, 2006  Le défi du monde, avec Denis Jeambar, Fayard, avril 2006  Dictionnaire amoureux de la science, Plon, octobre 2005  Géologie isotopique, Belin, 2005  Quand on sait tout, on ne prévoit rien, Fayard, 2004  Un peu de science pour tout le monde (*), Fayard 2003  Galilée, Plon, 2002  Changer de politique, changer la politique, Éditions de l’Aube, 2002  Histoires de Terre, Fayard, 2001  Les Audaces de la vérité, (entretiens avec Laurent Joffrin), Robert Laffont, 2001  Vive l’École libre !, Fayard, 2000  Toute vérité est bonne à dire, avec Laurent Joffrin, Robert Laffont, 2000  Dieu face à la science, Fayard, 1997  Questions de France, Fayard, 1996  La défaite de Platon, Fayard, 1995  L’âge des savoirs, Gallimard, 1993  Écologie des villes, écologie des champs, Fayard, 1993  Introduction à une histoire naturelle, Fayard, 1992  Économiser la planète, Fayard, 1990  Douze clés pour la géologie (entretiens avec Émile Noël), Belin, 1987  De la pierre à l’étoile, Fayard, 1985  Les Fureurs de la Terre, Odile Jacob, 1987  L’Écume de la Terre, Fayard, 1983  Introduction à la géochimie (en collaboration avec G. Michard), PUF, 1973.


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