8 août 2011 : 20 minutes

08/08/2011, classé dans

Philippe Crevel a été interview par la rédaction de 20 Minutes.fr au sujet des conséquences de la crise pour les épargnants.

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ECONOMIE – Les marchés sont en chute libre depuis deux semaines. Les craintes sur la croissance ressurgissent. Quelles sont les conséquences pour les ménages? 20 Minutes fait le tour de la question…
Baisse des prix à la pompe?

C’est l’une des rares bonnes nouvelles à se mettre sous la dent. Avec les craintes qui pèsent sur une possible récession mondiale, le prix du pétrole poursuit sa baisse. Il est passé sous les 84 dollars. Depuis une semaine, il a chuté de 11%. A terme, les automobilistes devraient profiter d’une accalmie sur les tarifs de l’essence. Fin juin, Total et Leclerc s’étaient d’ailleurs engagés auprès du ministre de l’Industrie, à refléter le repli des cours du pétrole sur les prix à la pompe.

Tassement des prix de l’immobilier

Après une forte poussée ces dernières années, le prix de la pierre devrait s’adoucir sous le coup d’un tassement de l’activité économique. Fin juillet, le Fonds Monétaire International s’alarmait déjà du niveau des prix en France qu’il considérait comme surévalués.

«Nous avons atteint un pic», assure Philippe Crevel, secrétaire général du Cercle des Epargnants. Et certains signes ne trompent pas. Les délais de vente s’allongent. Les panneaux «A vendre» et «A louer» font leur réapparition sur le bord des fenêtres. «Jusqu’ici, les ventes se faisaient si rapidement qu’ils avaient disparu du paysage», illustre Philippe Crevel. A cela, ajoutons le resserrement des conditions de crédit par les banques liées aux contraintes réglementaires. Dans ce contexte, selon le dernier baromètre de MeilleursAgents.com, le volume des transactions pourrait chuter à Paris jusqu’à 40% comme en 2008-2009.

Epargne

Malgré le gadin des indices boursiers depuis deux semaines, Philippe Crevel se veux rassurant: «L’impact sur le revenu des ménages est faible». En effet, l’essentiel de l’épargne des Français est placé dans des produits sans risque. Les actionnaires individuels ne sont plus que 5 millions contre 7 avant la crise de 2008. «Exceptées les classes supérieures, les Français sont faiblement investis en actions», décrypte Philippe Crevel.

Vu les turbulences actuelles, il conseille de conserver son livret A qui bénéficie d’une rémunération garantie de 2,25% et d’investir aussi dans des assurances-vie.

Avis à ceux qui ont le cœur bien accroché, la Bourse est un terrain de jeu intéressant. Sur un horizon d’investissement de deux ans, il y a de bonnes opportunités à saisir dans des secteurs comme l’agroalimentaire et le BTP.

Dans tous les cas, notre expert déconseille de se délester de toutes ses actions, malgré le plongeon des indices. «Tant qu’on n’ a pas vendu, on n’a pas perdu. Faite le dos rond en attendant des jours meilleurs», conseille-t-il.

En revanche, il déconseille d’acheter de l’or dont les cours ne cessent de fracasser des records. Plus de 1.700 dollars l’once ce lundi. «Si vous en avez acheté, il y a quelques années, vous pouvez vous en séparer avec à la clé une belle plus-value. Sinon, les prix actuels me semblent trop élevés pour s’en procurer. Le risque de chute est élevé», avance l’économiste.

Hausse des impôts

En cette période d’austérité budgétaire, sur fond de crise de la dette en Europe, la hausse d’impôt est inéluctable. Le gouvernement a beau jurer ses grands dieux qu’il n’en est rien, en s’apprêtant à réduire les niches fiscales d’au moins 3 milliards d’euros, il augmente de facto les impôts. «Ce sont des hausses souterraines», résume Philippe Crevel. A côté, certaines voix de la majorité, comme le député Gilles carrez, réclame un impôt de 1 à 2% sur les revenus supérieurs à un million d’euros. Mais le plus dur reste à venir.

D’ici l’échéance présidentielle de 2012, l’exécutif n’osera jamais augmenter la CSG ou la TVA. Après le scrutin, il ne fait guère de doute pour Philippe Crevel, que la nouvelle majorité devra s’y résoudre. Une éventualité qui s’apparente à un vrai numéro d’équilibriste. «Comment rembourser la montagne de dettes sans plomber la croissance? C’est tout le dilemme des Etats», souligne Philippe Crevel.

Triste Chômage

Les menaces qui pèsent sur la croissance mondiale ne sont pas une bonne nouvelle pour le chômage. Avant la pause estivale, le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a réaffirmé son objectif que le taux de chômage passe sous la barre des 9% d’ici à la fin de l’année. Irréaliste, jugent plusieurs économistes.

—Mathieu Bruckmüller

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