Mondialisation de la production face à la mondialisation de la consommation, qui l’emporte ?

05/11/2016, classé dans

Au mois d’octobre, le chômage outre-Rhin a diminué passant de 6,1 à 6 % de la population active atteignant un nouveau plus bas historique depuis la réunification du pays, selon les données corrigées publiées mercredi par l’Agence pour l’emploi. Par rapport à septembre, le nombre de demandeurs d’emplois a été réduit de 13.000, toujours en données corrigées des variations saisonnières. L’arrivée de plusieurs centaines de milliers de réfugiés n’a pas pour le moment d’incidence sur la situation de l’emploi.

Comment expliquer que l’Allemagne, avec des coûts assez proches de ceux de la France, soit en situation de quasi-emploi quand la France connaît un taux de chômage de près de 10 % depuis plusieurs années (9,6 % au deuxième trimestre 2016) ?

L’Allemagne a conservé une industrie de haut de gamme à très faible élasticité par rapport aux variations des prix. Cela signifie que les acheteurs sont prêts à accepter des majorations de prix. De 1990 à 2014, les produits allemands ont réussi à être, de plus, insensibles aux variations de prix.

En France, les exportations « haut de gamme » (définies en fonction de coefficients d’élasticité) représentent 22 % du total des exportations contre plus de 45 % pour l’Allemagne. 61 % des exportations françaises sont constituées de produits de gamme moyenne soit la même proportion que la Chine. Notre partenaire Outre-Rhin dégage un excédent commercial de 8 % du PIB reposant sur trois points forts : la machine-outil, l’automobile et la chimie.

L’Allemagne a su exploiter au mieux un cycle hautement industriel. En un quart de siècle, le poids des pays émergents dans la production industrielle mondiale est passé de 15 à 55 %. Cette mutation a nécessité un effort d’équipement sans précédent dont a bénéficié l’industrie allemande de la machine-outil. Ces dernières années, l’Allemagne a réussi à augmenter sa production industrielle quand celle de la France reste, en 2016, très en-deçà de son niveau atteint en 2008.

 Même si depuis quelques années l’Allemagne a maintenu son rang industriel, cela ne l’a pas empêché de perdre des emplois dans ce secteur. En effet, de1973 à 2013, si l’emploi industriel s’est contracté, en France, de 13 points la chute a été de 15 points  en Allemagne. Les entreprises allemandes ont robotisé leur chaîne de production ; elles possèdent, aujourd’hui, deux fois plus de robots que leurs homologues français.

Le coût du travail en Allemagne est voisin de celui constaté en France. En ne retenant que l’industrie, le coût du travail y est même supérieur.

Pour compenser leurs coûts de production élevés, les entreprises allemandes importent des biens d’intermédiaires en provenance des pays émergents et des pays d’Europe orientale. L’Allemagne importe 45 % de plus de biens intermédiaires que la France. Quand la France a opté pour la mondialisation de la consommation, l’Allemagne a parié sur la mondialisation de la production….

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