La Consommation est morte, Vive la Consommation !

28/03/2015, classé dans

La consommation est morte, vive la consommation

Régulièrement, la fin de la société de la consommation est avancée. Synonyme de gaspillage, d’abêtissement, de frustrations, elle est sujette à toutes les calomnies. Pour autant, mois après mois, les ménages consomment. Les tenants de la décroissance, de l’autoproduction, de l’échange en-dehors des réseaux traditionnels n’existent que dans la presse mais pas dans les statistiques. S’il y a remise en cause de la consommation, c’est contraint et forcé par faiblesse du pouvoir d’achat. Certes, la consommation n’est pas immuable ; elle évolue, elle se réinvente en permanence. La consommation n’est qu’une expression du capitalisme qui tire sa force dans l’intégration des forces qui souhaitent l’abattre. La consommation se décompose et se recompose en permanence. Ainsi, le consommateur ayant réclamé du bio, si possible pas trop cher l’a obtenu au sein même de ses grandes surfaces. Le consommateur est fatigué des rayons infinis des grands centres. Pas de problème, la grande distribution s’est redéployée en centre-ville. Le consommateur ne veut plus s’embêter avec ses courses. Pas de souci, les hypermarchés ont développé les « drive » et les livraisons à domicile.

Le rejet de la consommation n’est qu’une illusion ou n’est que la poursuite de la consommation par d’autres moyens. Si la télévision ou la voiture ont perdu leurs pouvoirs d’attraction, elles ont été remplacées par les jeux vidéo, les voyages, les sorties culturelles… Il faut remarquer que l’esprit de consommation infiltre tous les aspects de notre vie. Les musées ou les salles de concert ressemblent de plus en plus à des centres commerciaux. Les consommateurs soit disant de plus en plus méfiants fonctionnent de plus en plus à l’émotion, à l’affectif. Il faut leur raconter une histoire, le fameux storytelling. IIs ne sont pas dupes mais sont sensibles. Il faut créer du désir, de la passion. Il n’y pas de réelle rupture, il y a des évolutions dans les comportements. Contrairement à ce qui est parfois écrit, la consommation n’a jamais été une religion ou une drogue. Le nombre de surendettés est faible et tend à diminuer. Les Français sont, malgré la publicité, le marketing, restés des fourmis comme en témoigne sur longue période l’étonnante stabilité du taux d’épargne. Simplement, la consommation est à la base de notre système économique. Elle est incontournable.

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