Et si Keynes avait raison ?

16/07/2015, classé dans

Malgré des taux d’intérêt historiquement bas, la croissance reste faible. Le FMI a dû corriger à la baisse ses prévisions pour l’année du taux de croissance de l’économie mondiale du fait du ralentissement américain et chinois. Des doutes se font jour en Europe avec le difficile accouchement du plan de sauvetage grecque.

Ne sommes-nous pas confrontés à une trappe à liquidité ? Les outils monétaires mis en œuvre tout autour de la planète ne butent-ils pas sur la conjonction de la baisse des prix et de la propension à épargner ?

La diminution de l’inflation réduit, en effet, la baisse des taux d’intérêt limitant son impact sur l’investissement. Par ailleurs, du fait de la crainte du chômage et du vieillissement de la population, la propension à épargner augmente au détriment de la demande. Cette contraction de la consommation conduit à une réduction des prix entraînant une spirale dépressive. Cette spirale est plurielle. Les mesures pour tenter de limiter les coûts du travail pèsent, par ailleurs, sur la consommation. Faute de demande, les entreprises reportent leurs projets d’investissement. Dans le même temps, l’offre a tendance à augmenter dopée par les baisses des coûts salariaux et par les gains de productivité générés par la digitalisation et la robotisation ce qui ne fait que peser davantage sur les prix.

L’assainissement des finances publiques conduit aussi à une réduction de la demande que ce soit par une augmentation des impôts ou à une baisse des dépenses publiques. Certes, à l’échelle mondiale, jamais les niveaux d’endettement n’avaient été aussi élevés tout comme les niveaux d’épargne.

Le défi qui se pose aux pouvoirs publics est de pouvoir réduire le niveau de dettes tout en redynamisant la demande. La baisse de l’épargne de précaution serait souhaitable même si elle est difficile à réaliser. Tout comme, il faut réellement retrouver des hausses des prix pour éviter toute augmentation des taux d’intérêt réels sans lien avec une reprise économique. C’est un peu le défi du plan de la Banque centrale européenne auquel elle doit faire face. Au niveau de la France, les ménages, maintiennent un taux d’épargne élevé, 15,3 % du revenu disponible brut au premier trimestre. S’ils retirent de l’argent du Livret A, en revanche, ils laissent de plus en plus d’argent sur leurs comptes courants qui depuis le début de la crise ont augmenté de plus de 50 milliards d’euros. Ils ont affectée une part croissante de leur épargne sur les Plans d’Epargne Logement et ont renoué avec l’assurance-vie. Les ménages ont réduit, depuis deux ans, leurs investissements. La consommation n’a réussi à redémarrer que légèrement en France grâce à l’augmentation du pouvoir d’achat générée par la baisse des cours du pétrole mais de manière très modérée. Aux Etats-Unis, pour le moment, les ménages contrairement aux épisodes passés, réagissent avec timidité au niveau de la consommation aux stimuli provoqués par le pétrole et la basse du chômage. Ils maintiennent depuis 2008 un taux d’épargne plus élevé que celui constaté sur longue période.

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