Dépenses publiques, à la recherche des économies….
La France se caractérise par un niveau très élevé de dépenses publiques, 56,4 % du PIB et de prélèvements obligatoires, 44,4 % du PIB (source INSEE pour 2016). Le poids de ces dépenses constituerait, aux yeux de certains, un frein à la croissance. Elles nuiraient à la compétitivité de l’économie française et favoriseraient les délocalisations. L’écart avec la moyenne des pays membres de l’Union représente 4 à 5 points de PIB. Au-delà de la question de l’efficience, cet écart est également la traduction de certains choix collectifs. En France, le deuxième pilier de la couverture retraite étant obligatoire et par répartition, il est intégré dans les dépenses publiques quand il ne l’est pas chez certains de nos partenaires européens. Les dépenses d’éducation sont plus élevées en France notamment du fait d’une démographie plus dynamique. Enfin, notre pays consacre un peu plus de moyens à sa défense nationale qui dispose tout à la fois de l’arme nucléaire et de forces de projection.
En matière de dépenses retraite, l’écart entre la France et le reste de la zone euro était, en 2015, de 3,5 points de PIB contre 1,5 point en 2002. Pour les dépenses d’éducation, la France consacre 1,2 point de PIB de plus que le reste de l’Europe, cet écart étant resté constant de 2002 à 2015. Il en est de même pour les dépenses de santé (8,2 % du PIB contre 7 % en 2015). Pour les dépenses en faveur de la famille, la France consacre 2,5 % de son PIB contre 1,5 % dans le reste de l’Europe. Les dépenses de logement représentent 0,9 % du PIB en France contre 0,3 % dans le reste de l’Europe. L’écart est de 1,25 point en ce qui concerne les dépenses en faveur de l’emploi et de 2 points pour celles liées au soutien à l’économie.
En matière d’investissement public, même si un net recul est constaté depuis 2009, la France continue à dépenser un peu plus que ses partenaires (3,4 % du PIB contre 2,4 % en 2015). Les dépenses publiques militaires s’élèvent, en France, à 1,6 % du PIB contre 0,9 % en moyenne dans les autres pays membres de la zone euro mais la France a, depuis 2002, davantage réduit ses dépenses militaires que ses partenaires.
En revanche, la France dépense moins que ses partenaires pour l’aide économique extérieure (2 points de PIB en moins) et l’ordre public (-0,2 % de PIB pour la sécurité et la justice).
Dépenses efficientes et dépenses inefficientes
Les dépenses familiales peuvent être jugées pertinentes au vu des résultats démographiques. Il en est de même pour celles liées à l’armée qui permettent à la France d’assurer sa protection et de continuer à jouer un rôle international. S’il est admis que la France dispose d’infrastructures de qualité et que le niveau de couverture en matière de santé et de retraite est élevé, des doutes peuvent être exprimés en ce qui concerne l’éducation. En effet, selon l’enquête PISA de l’OCDE, la France recule depuis une quinzaine d’années (voir également l’article sur l’innovation ci-dessous).
Enquête PISA OCDE
France | Reste
de la zone euro |
|
2000 | 511 | 489 |
2003 | 500 | 500 |
2006 | 498 | 495 |
2009 | 497 | 499 |
2012 | 500 | 503 |
2015 | 496 | 498 |
L’efficience des dépenses de logement peut être également mise en cause. La part du revenu des ménages consacrée au logement en France est supérieure au reste de la zone euro, soit 16 % contre 14 %. Ce ratio dépasse 20 % pour les jeunes actifs. Les Français sont confrontés à des prix de l’immobilier et à une insuffisance en zone urbaine et en zone touristique de logements. Les mises en chantier qui atteignaient près de 500 000 avant la crise de 2008 ont atteint un point bas en 2015 à 330 000 avant de légèrement remonter depuis.
Les dépenses d’assurance-vieillesse sont élevées en France en raison du départ précoce à la retraite, 61 ans en moyenne contre 64 au sein de la zone euro.
Pour les dépenses du marché du travail, la différence est liée au poids des dépenses passives provenant de la longue période d’indemnisation du chômage (2 ans de couverture voire 3 ans pour les salariés âgés) et du nombre élevé de demandeurs d’emploi. Les dépenses actives sont grevées par un système de formation professionnelle reconnu inefficace.
Taux d’emploi des 60-64 ans en de la population active concernée
France | Reste de la zone euro | |
2002 | 11,9 | 23,7 |
2003 | 13,2 | 24,5 |
2004 | 13,4 | 25,2 |
2005 | 13,5 | 25,6 |
2006 | 15,7 | 27,8 |
2007 | 16,0 | 30,4 |
2008 | 16,8 | 31,6 |
2009 | 17,6 | 31,8 |
2010 | 17,8 | 32,7 |
2011 | 19,4 | 33,5 |
2012 | 21,9 | 35,0 |
2013 | 22,4 | 37,6 |
2014 | 25,8 | 40,0 |
2015 | 27,2 | 41,5 |
2016 | 28,0 | 44,2 |
Source : Eurostat
La réduction des dépenses publiques ne doit pas masquer que la première des priorités et d’en améliorer l’efficience en particulier en ce qui concerne l’éducation et l’emploi. Les marges de manœuvre sur les retraites ou sur la santé sont faibles voire inexistantes compte tenu de l’évolution de la démographie. Pour le logement, l’efficacité du lobbying du secteur du bâtiment rend les changements de politique très difficile à opérer.
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