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Comment recréer une communauté de destin un an après le début de la crise des gilets jaunes

16/11/2019, classé dans

Le samedi 17 novembre 2018, après plusieurs semaines de mobilisation  et d’annonces sur les réseaux sociaux, les « gilets jaunes » bloquent les ronds-points et le périphérique parisien. L’après-midi, plusieurs dizaines de manifestants défilent sur l’avenue des Champs-Élysées, au niveau de la place Charles-de-Gaulle, puis se dirigent vers le palais de l’Élysée, avant de se retrouver bloqués sur la place de la Concorde. Pour le premier samedi des « gilets jaunes », 287 710 manifestants ont été recensés dans toute la France et 3 000 sites ont été occupés. La date du samedi 1er décembre reste emblématique avec la prise d’assaut et le saccage de l’arc de Triomphe. Depuis mai 1968, la France n’avait pas connu de mouvements de rue d’une telle ampleur.

L’opinion publique a soutenu le mouvement des « gilets jaunes » jusqu’à la fin de l’année 2018. Les dégradations infligées à l’Arc de Triomphe n’avaient fait baisser que faiblement le soutien populaire. La répétition des actes violents et les mesures annoncées en fin et début d’année par le Chef de l’Etat ainsi que le Grand Débat ont provoqué une décrue. À la différence des émeutes de 2005 qui étaient cantonnées à certaines villes de banlieue, la crise des « gilets jaunes » concernait l’ensemble du pays. Elle a révélé les lignes de fractures entre le cœur des agglomérations et leur périphérie, entre le milieu rural ou rurbain et les centres-villes, et, enfin, entre les différentes catégories sociales. Les deux facteurs déclencheurs de cette crise ont été la limitation de vitesse à 80 kilomètres heure et l’augmentation de la taxation des carburants. L’augmentation du coût du logement et la précarité accrue de l’emploi ont contribué à accroître le niveau d’insatisfaction. La crise est intervenue après une longue période de stagnation du pouvoir d’achat. De 2008 à 2018, celui-ci a même baissé pour les 20 % les plus modestes.

Une partie de la population se sent abandonnée et est sans illusion sur son avenir. Elle ne se sent plus embarquée dans l’Histoire du pays. Pire, elle considère que cette Histoire n’est plus la sienne. Le rejet des élites et des corps intermédiaires a été un catalyseur pour la mobilisation des « gilets jaunes ». Saccager Paris, Bordeaux, Nantes, etc. était un acte de provocation tant vis-à-vis des autorités que vis-à-vis des « bobos » qui occupent les centres-villes.

La société d’information et de communication a facilité la mise en place du mouvement. Elle est aussi un vecteur de colère. Il n’y a plus de filtre, d’intermédiaires pour accéder à l’information vraie ou fausse. Les réseaux sociaux sont des amplificateurs et des déformateurs d’informations. Cette absence de filtres vaut pour les « gilets jaunes » mais aussi pour les autorités et les élus qui commentent en direct tous les évènements. La crise des « gilets jaunes » a pris la forme d’une émission de téléréalité.

Un an après, la crise s’est estompée. Les « gilets jaunes » peinent à réunir quelques milliers de manifestants. En revanche, elle a marqué et marque encore la vie politique de manière prégnante. Les difficultés que rencontrent le gouvernement pour mener à bien sa réforme des retraites n’est pas sans lien. La France demeure « un archipel éclaté ». L’état d’esprit des Français face à la situation économique et sociale actuelle de la France le prouve comme le révèle un sondage de l’IFOP publié au mois de novembre 2019, qui montre que l’opinion est partagée entre la révolte (37 %) et la résignation (34 %). Ces proportions sont stables depuis juin 2019. Seuls 16 % des sondés s’estiment confiants et 3 % enthousiastes, tandis qu’un Français sur dix se dit indifférent. Par proximité politique, les sympathisants Rassemblement National et France Insoumise sont majoritairement révoltés (respectivement 57 % et 55 %), à l’inverse de ceux de La République En Marche, majoritairement confiants (52 %). Les facteurs de colère pour les Français sont la crise à l’hôpital et à l’école (90 %), l’incapacité de vivre décemment (86 %) et la précarité 85 %). Les Français jugent légitime de signer des pétitions (86 %), de participer à des manifestations dans la rue (81 %) et de faire grève (74 %). Le recours aux messages sur les réseaux sociaux pour dénoncer les agissements du pouvoir sont légitimes pour 54 % des Français. Les sondés sont, en revanche, hostiles au blocage des services publics (seulement 32 % y sont favorables). La violence comme moyen d’expression politique et sociale reçoit l’assentiment de seulement 11 % des sondés. Ce dernier taux est plus élevé parmi les sympathisants d’extrême droite et d’extrême gauche. Les enquêtes sur le niveau de satisfaction personnelle ne traduisent pas ce sentiment de mal-être. L’écart important traduit un rapport au collectif dégradé. Dans un État centralisé, les Français semblent concentrer tout leur mécontentement sur les représentants du pouvoir jugés responsables de tous les problèmes économiques et sociaux. Par rapport aux mouvements sociaux traditionnels, les revendications ne concernaient pas les entreprises. Tout remonte au sommet en France. Les nouvelles technologies de l’information ont accéléré le phénomène. Dans un système très socialisé où les dépenses publiques représentent 56 % du PIB, le plus simple pour des contestataires est de s’en prendre à l’État. Les réponses à la crise des gilets jaunes ont été de nature très étatique. Le Président de la République a décidé de revaloriser certaines prestations et d’exonérer des primes et les heures supplémentaires.

La France est régulièrement agitée par de larges mouvements sociaux ayant des implications d’ordre politique. Ce fut le cas en 1936, en 1947, en 1968 ou en 1995. Les évènements de 2018/2019 sont les premiers de l’ère numérique avec son lot de rumeurs. Le rôle des chaines d’information à la fois vilipendées et incontournables tout comme celui des vidéos amateurs et des sites d’information alternatifs ont joué un rôle important dans la montée en puissance de la crise. Sa particularité a été également de se développer en dehors des corps intermédiaires. Aucune personnalité, aucun groupe n’a réussi durablement, en un an, à s’imposer au sein des gilets jaunes rendant difficile l’engagement de négociations. Les pouvoirs publics ont été amenés à revoir tout à la fois les modalités d’exercice du maintien de l’ordre et de réponses face à une crise multiforme. Le mouvement des gilets jaunes en incitant les pouvoirs publics à la prudence peut provoquer un report ou une édulcoration des réformes. Celle concernant la retraite est évidemment un test majeur. Le mouvement incite les syndicats à surenchérir dans les revendications. Pour éviter d’être contournés, ils sont contraints d’extrêmiser leurs positions. Les lignes de fractures au sein du pays sont plus marquées au sein du pays. Pour retisser les liens, le pouvoir doit pouvoir vendre une histoire, une direction pour le pays. C’est tout le défi des prochains mois.

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