Une sortie de la Grèce de la zone euro est-elle gérable ?

07/08/2012, classé dans

Claude Juncker vient de déclarer que la sortie e la Grèce de la zone euro serait gérable. Qu’en est-il ?

Une sortie de la Grèce ne remettrait pas en cause l’équilibre général de la zone euro. Du fait de son poids dans la zone euro, la Grèce n’a que peu de poids au sein du PIB et de la croissance.

Après les plans adoptés en 2011, la question de la dette grecque est avant tout une question publique, les créanciers privés ayant accepté un effacement à 70 %.

La charge repose donc désormais sur les institutions européennes, FESF, BCE et le FMI.

Pour la France, le coût d’une sortie de l’euro serait d’environ 50 milliards d’euros. Pour l’ensemble de la zone, c’est environ 180 milliards d’euros qui seraient à effacer.

La sortie de la Grèce de la zone euro signifierait sa mise en faillite avec un problème immédiat de paiement des pensions des fonctionnaires et des retraités ainsi que des prestations sociales.

La nouvelle monnaie grecque subirait une dépréciation d’au moins 50 %. Mais du fait de la taille réduite de l’économie grecque, cette dernière ne peut guère espérer accroître ses importations. En revanche, la Grèce subirait une augmentation du montant de ses importations.

Une sortie de l’euro aurait pour conséquence une mise sous tutelle par le FMI et l’adoption de nouveaux plans de rigueur.

La chute du PIB en 2012 et 2013 serait de l’ordre de 10 à 15 points minimum.

Le problème numéro de la sortie, c’est justement la sortie et la règle du précédent

Pour les autres membres de la zone euro, la sortie de la Grèce serait un aveu terrible d’impuissance. L’incapacité des Européens à sauver un pays qui pèse 2 % du PIB de la zone démontre la faiblesse de la solidarité interne. Les investisseurs extérieurs ne pourraient que se détourner de a zone en vertu du principe que si l’Europe n’a pas pu sauver la Grèce, elle ne pourrait en aucun cas sauver un Etat plus important.

Il y aurait un mouvement de défiance généralisé.

Les investisseurs seraient en situation de tester tous les maillons faibles afin d’évaluer la capacité de la zone euro amputée.

La perte de PIB en 2012 suite à la sortie de la Grèce est évalué de 1 à 3 points.

les  conséquences

La sortie de la Grèce ne peut déboucher que sur :

  • L’implosion de la zone euro
  • Le renforcement de la zone euro avec l’adoption de mesures fédérales très fortes visant à empêcher toute contagion.

La sortie de la zone euro devrait aboutir à une accélération du processus d’union bancaire, de mutualisation obligataire (eurobonds, mutualisation partielle de la dette), le renforcement du MESF et l’intervention directe de la BCE sur le marché secondaire de la dette.

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