La tranche de pain (version 2010 revue 2013)

17/10/2013, classé dans

MORT AU RABATS-JOIES DE TOUT POIL

OU TRANCHE DE PAIN

6 heures 30, le radio réveil se met en branle. Il crépite sans faiblir, un son m’inonde progressivement en irriguant mon cerveau. Un journaliste, peu importe qu’il soit d’Europe N°1, de Rtl ou de France Info répète que la morosité des Français est à son comble, que le pays est en colère à cause de la baisse ou de la hausse des prix à moins que cela ne soit à cause de la sécheresse ou des inondations. De nouvelles augmentations d’impôt sont prévues comme hier ou avant-hier et comme demain ou après-demain. Je ne sais plus trop quel jour on est ; je suis encore à moitié endormi, les effets de mon somnifère ne sont pas complètement dissipés.

En quinze minutes, j‘ai compris que la nuit n’avait rien changé. Quelques accidents de voiture en plus avec des délits de fuite à la clef, un jeune homme poignardé en banlieue parisienne, le pouvoir d’achat en berne, l’extrême droite progressant en Finlande, en Autriche à moins que ce ne soit en France. Le Gouvernement est toujours impopulaire comme il y a cinq, dix ou quinze ans. A chaque fois, le journaliste répète que jamais la situation n’avait été aussi catastrophique. Bizarre, cela était déjà le cas, l’année dernière. Qui a perdu la mémoire, le journaliste ou l’auditeur ? Pourquoi écouter des news qui n’en sont pas ? Il y a bien de temps en temps une catastrophe, une guerre civile, une révolution mais elles occupent la une que fugacement avant d’être renvoyées aux oubliettes par la force de l’émotion et du quotidien.

Sept heures quinze, je suis sorti de ma douche ; je n’écoute plus la radio ; elle masque de son bruit le silence insupportable de ma humble condition de triste mortel.

Sept heures trente, je suis dans ma voiture, une belle Audi A 3 rouge, couleur sang. Durant la nuit, un cinglé a décidé de lui raboter les rétroviseurs. Depuis des années, il sévit dans mon quartier. Il doit avoir un contrat avec tous les garagistes de Paris et de la proche banlieue à moins qu’il n’aime pas les lapins et s’en prenne à tout ce qui peut ressembler à des oreilles. Je pourrais déposer une plainte au commissariat de police du 15ème arrondissement et perdre ainsi une voire deux heures. A quoi bon. Le mangeur d’oreilles à miroirs ne sera pas arrêté et de toute façon, mon assureur ne me remboursera pas car la dépense est inférieure au montant de la franchise. Je n’ai pas à me plaindre, je travaille justement dans une compagnie d’assurances. Sans ses franchises, les compagnies auraient rendu l’âme depuis longtemps et les garagistes ne rouleraient plus qu’en Porsche ou en Ferrari. Les briseurs de rétroviseurs seraient légion et moi au chômage. Avec un peu de scotch, je remets d’aplomb mes deux rétroviseurs. Je peux me diriger vers mon bureau en méditant sur la montée de la petite délinquance.

Sur le chemin, j’écoute la revue de presse d’Europe n°1 ; la même litanie de mauvaises nouvelles, les réactions des auditeurs qui pleurent, médisent, hurlent contre les riches, ceux qui ont le pouvoir ou qui ne l’ont pas. De toute façon, pouvons nous imaginer un rédacteur en chef demandant à passer sur l’antenne un Français moyen, si cela existe, qui serait heureux ? Aucun sens. Le malheureux, l’aigri est de toute façon plus représentatif que le porteur de bonnes nouvelles, que le candide. Alors pourquoi s’en priver ?

Avant de m’engouffrer dans le parking de la world compagnie pour laquelle je travaille, j’ai le droit à une sucrerie, l’imitateur du matin qui distille son venin avec plus ou moins d’humour. Depuis le bébête show des années quatre-vingt, puis les Guignols de l’infos des années 90, les médias ont besoin de leurs imitateurs. Ils jouent le rôle du bouffon du roi. Ils ont le droit, en se faisant passer pour les puissants de ce bas monde, de dire n’importe quoi ou presque, en ridiculisant, en forçant les traits des uns et des autres, ils peuvent dépasser les lignes du bon et du mauvais goût. Ne pas être imité est comme ne pas avoir de Rolex à 50 ans, un signe d’échec. Certains osent affirmer que Jacques Chirac doit son élection de 1995 aux Guignols de l’Info qui l’ont transformé en victime sympathique. L’imitateur fait-il le roi et devient-il aussi puissant que les personnages dont il s’approprie la voix ? A voir…

8 heures 57, je ne capte plus la radio, ma voiture atteint le niveau -4 du parking ; je bascule l’autoradio en mode CD afin d’écouter quelques notes de « Jumping Jack Flash » des stones, une petite dose de plaisir avant de débuter ma journée.

9 H 00, mon bureau, la presse est posée à droite comme tous les matins. Je suis vieux jeu. Je ne suis pas passé à l’Ipad I ou II. J’ai besoin de sentir les feuilles de papier sous mes doigts, de tourner les pages. De toute façon, avec l’âge, ma vue baisse et la lecture sur l’écran est fatigante. Je sais que mon combat est perdu d’avance. Au nom de l’écologie, du réchauffement climatique, je devrais abandonner ma presse « papier » pour me contenter du numérique, de la presse virtuelle. Pour le moment, je suis un résistant.

9 H 15, j’assiste à ma première réunion ; elle est consacrée à la situation du marché de l’assurance. En quelques minutes, le tableau est planté. Le marché s’est durci en raison de la dégradation du cours des actions. Le gouvernement en augmentant les impôts conduit les riches à s’expatrier et à ne plus placer leur épargne sur l’assurance-vie. Les objectifs seront difficiles à atteindre mais il est important de préserver la rentabilité. Rien de nouveau mais le message est clair, il faut continuer à bosser afin de ne pas passer sur la case chômage.

10 heures 15, après la réunion, un rendez-vous avec une jeune femme à la recherche de sponsors pour monter une opération en Corse afin de protéger les dauphins. En quelques minutes, elle me rabâche trois fois que les assureurs sont riches et que son projet est le plus beau. Elle sait que j’aime la Corse et les dauphins. Merci monsieur Google… je suis obligé de refroidir son ardeur. Les assureurs ne sont pas la sécurité sociale ; elle est, en outre, la vingtième pour ce seul mois de mars à venir me réclamer 200 000 euros pour financer le plus beau projet de la planète en phase avec notre charte dit de « développement durable ». Devant mon refus, elle peste et me jette sans pudeur qu’elle saisira le grand patron de ma compagnie. Habitué à de telle rodomontades, je laisse filer avant de l’expédier au plus vite au dehors de mon bureau. Je la conduis jusqu’à l’ascenseur. Je lui dis sans y croire que si je pouvais obtenir un changement dans le programme de communication de la compagnie, je la préviendrai. Elle me salue avec un sourire entendu. La porte se referme. Je pars prendre un café dans le bureau de ma collaboratrice et lui jeter tout mon fiel. Je l’ai embauché pour cela ou presque. Je ne supporte pas les cons, les défaitistes, les quémandeurs et moi en particulier. Je suis un Français qui grogne, qui conspue, qui vitupère contre les chieurs, les racistes, les gauchistes, les fachos, les bofs, les bobos, les rupins, les juifs et les arabes. Comme j’affirme n’être ni raciste, ni homophobe, ni macho, ni antisémite, ni de droite, ni de gauche, ni anarchiste, ni…, j’enchaîne les blagues douteuses sur les femmes, les homos, les beurs et les autres idiots de la création.

Après quinze minutes de bêtises bien légitimes, je me mets réellement au travail. Cinquante mails se sont accumulés depuis ce matin. Le mail a remplacé le téléphone. Autrefois, avant d’appeler, nous réfléchissions sur l’intérêt de déranger notre interlocuteur. Avec le mail, pas de scrupule, en appuyant sur la touche « envoyer », nous avons l’impression d’avoir travaillé, d’avoir fait avancer le bidule. Pour nous couvrir de tout risque, nous avons mis en copie un maximum de personnes. L’économie périra sous l’hyperinflation des mails inutiles qui congestionnent notre ordinateur comme notre temps et nos rares facultés intellectuelles.

Face aux mails, deux comportements prédominent. Les accrocs qui les lisent dès leur réception sur leur ordinateur ou sur leur mobile et qui y répondent le plus rapidement possible. En pratiquant de la sorte, ils éliminent le problème ou plutôt le renvoie sur une autre personne ou à son destinataire. En renvoyant immédiatement un mail, il se met dans la situation du bon élève de la classe qui tentait de répondre toujours le premier à la maîtresse. Bien souvent, la réponse n’est pas à la hauteur de la question bien que celle-ci puisse être également une réponse immédiate à un précédent mail.

L’autre réaction face aux mails est de les stocker et de ne pas répondre. La gestion du courrier réel dans les grandes entreprises obéit à un cérémonial. Il est enregistré, numéroté, scanné et adressé de manière nominative à un salarié en charge de son traitement. A défaut de réponse, le dossier reste ouvert. Pour les mails, la gestion n’est pas encore aussi stricte. A ses débuts, le mail était considéré comme un petit mot. Il est devenu un instrument réel de travail qu’il y a une dizaine d’années mais sa gestion demeure plus hiératique. La preuve, les sociétés ont régulièrement besoin de rappeler qu’un mail n’interdit pas l’usage de formules de politesse, que le langage mode texto n’est pas de rigueur et qu’il n’est pas interdit de rédiger des phrases comportant un sujet, un verbe et un complément. ce combat n’est-il pas perdu d’avance avec des collaborateurs qui jusqu’à leur bureau gardent sur leurs oreilles leur lecteur MP3 et qui regardent leurs pieds dans l’ascenseur afin d’éviter de prononcer un mot ?

Répondre instantanément ou stocker revient à considérer que le mail est jetable, que la requête dont il est le support a peu de valeur. Traiter pour travailler ou l’abandonner pour faire semblant de travailler, tel est le dilemme du salarié moderne.

J’ai été longtemps un nègre, un pisse copies pour hommes politiques en manque de temps et d’idées. Je fondais des discours comme d’autres crée des meubles, des chaussures. J’étais un artisan qui travaillait les mots, mots qui perdaient de leur valeur à force d’être prononcés par des bouches autres que la mienne. Reconverti dans le privé, j’ai du passer du mode littéraire à celui de l’efficacité. J’ai du abandonner le logiciel « Word » pour celui dénommé « PowerPoint », la «puissance des points ». Ce dernier offre la possibilité à ceux fâchésr avec la syntaxe de réaliser de beaux documents soit disant rapidement compréhensibles. Ainsi, chaque semaine, j’ai la chance de lire ou plutôt de consulter, de survoler des centaines de pages en PPT, c’est-à-dire en PowerPoint. C’est a priori ludique. Il est possible d’y insérer des, des photos, des graphes, des dessins… Plus de phrases mais des bullets points. A partir de la troisième page dite slide, je décroche, mon cerveau rejette le tout. J’ai envi de vomir. Je suis allergique aux PPT. Je cherche le plan, le fil conducteur, j’essaie de retrouver la pensée de l’auteur. Rien, je ne trouve rien car bien souvent, l’auteur est multiple au nom du principe que tout document doit être collaboratif et, de ce fait, être écrit à plusieurs mains. Un PPT doit certainement se lire comme une bande dessinée, un manga. Pas de chance, je ne suis pas adepte de BD. Ma culture s’arrête en la matière à Astérix ou Lucky Luke.

Justement, je me dois d’achever un PPT sur la retraite afin de le présenter la réforme de 2010 à des commerciaux. Je m’interdis d’aligner les phrases, de mettre sur l’écran mon âme. Je dois synthétiser mes idées, les dépersonnaliser, les traduire en têtes de chapitres, en tableaux, en chiffres.

Enfin, le déjeuner s’annonce. Depuis une dizaine d’années, j’essaie autant que possible d’éviter les cantines d’entreprise. Durant les dix premières années de ma vie professionnelle, j’ai supporté les repas entre collègues, les intrus qui s’immisçaient à ma table pour obtenir des informations. Ne sachant pas dire « non », la pause déjeuner se transformait alors en déjeuner de travail. Afin d’échapper aux inopportuns, j’ai depuis décidé d’organiser mes déjeuners en conviant des relations ou des amies. Certes, en règle générale, je continue de travailler tout en me restaurant mais au moins j’ai choisi mes convives. Je ne suis pas contre l’idée de souffrir mais autant être maître de son supplice.

Quand l’agenda est vide et qu’aucun complice ne daigne assister à mon déjeuner, j’opte pour un repas avec plats bio au bureau. A défaut d’avoir de la compagnie tout en travaillant, autant travailler tout en mangeant.

Le déjeuner parisien peut être expédié en quelques minutes ou s’étaler sur deux heures. Plusieurs religions existent sur l’heure de départ et de retour. Ceux qui commencent tôt, avant 9 heures et qui ont des enfants choisissent de déjeuner à partir de 12 heures. Ceux qui ne petit déjeunent pas, se retrouvent également dans cette catégorie. Les partisans du 13 heures voire du 13 heures 15 appartiennent à une autre catégorie. Les séniors et les juniors s’y retrouvent ; les derniers pour se faire remarquer des premiers à moins que cela soit la conséquence d’une arrivée tardive au travail et à la nécessité de rattraper le retard.

Je suis un adepte du départ au-delà de 13 heures. J’aime me démarquer et travailler quand les autres ripaillent. A partir de 12 heures, le téléphone se fait plus rare comme les mails. Il est alors possible de se concentrer. Dans un de mes emplois qui m’a profondément marqué, je ne pouvais pas aller me sustenter avant d’avoir écouté les journaux télévisés de 13 heures. J’effectuais une veille au cas où un scandale politique eut été révélé par un journaliste voulant troubler le déjeuner de madame Michu. J’ai ainsi pris l’habitude de déjeuner après 13 heures 15, une fois les sujets sérieux évacués. Je pense que j’aurais pu dès 13 H 02 me rendre dans un de mes restaurants favoris mais vous savez quand le devoir est là…

Pour le retour, 14 heures 30 est honnête ; 15 heures fait jaser parmi le personnel. Un patron même si raison professionnelle il y a, ne peut pas se permettre de revenir après 15 heures sans passer pour un dilettante. Certes, les transports peuvent expliquer le passage immédiat de l’heure du déjeuner à celle du thé mais cela crée des jalousies, des frustrations et des commérages surtout si le déjeuner était l’occasion de rencontrer une personne du sexe opposé ou du même sexe si affinité en la matière.

En revenant du déjeuner, je dois prouver que je suis le boss faute de quoi la chienlit risque de se répandre. Un tour d’inspection dans les bureaux s’impose en essayant de surprendre les collaborateurs, en regardant sans y paraître l’écran de leur ordinateur pour constater qu’il regarde les dernières informations sur le site du Monde ou les dernières affaires sur celui d’Ikea à moins que ce soit les annonces du  site « seloger.com ». Bien évidemment, en un clic de souris, ils reviennent sur la page de Outlook et à leurs mails. Quelques jérémiades sur le thème qu’un peu plus d’ardeur au travail ne ferait pas de mal me permet de souligner que je ne suis pas dupe de ce jeu. Pour exercer mon autorité, je décide de convoquer un ou deux de mes subordonnés sous prétexte d’examiner l’état d’avancement de deux ou trois dossiers encalminés depuis des semaines voire des mois.

Vers 17 heures 30, la phase des réunions avec mes supérieurs hiérarchiques reprend son cours. La réunion du soir traduit l’importance du sujet. Elle peut ne pas être bornée par d’autres rendez-vous. Je me rappelle qu’au ministère de la santé, les réunions concernant la réforme de l’assurance-maladie étaient placées le dimanche à 20 heures. Ainsi, les participants n’avaient aucune excuse pour ne pas y assister. A 20 heures, un dimanche, ils étaient, par définition, libres. Par ailleurs, aucune limite de temps n’était prévue. De fait, la réunion s’éternisait jusqu’à 1 heure du matin sans pour autant avoir débouché sur des avancées manifestes.

La réunion obéît à un rite. Logiquement, elle permet de rendre compte de l’avancement d’un dossier, d’échanger des informations, de débattre sur un ordre du jour précis, de trancher, de prendre des positions, de répartir le travail et de programmer une nouvelle réunion. Le chef peut tout ou rien savoir des dossiers abordés. C’est son atout. Il n’a pas besoin théoriquement de préparer. Il doit avoir la posture et le recul. Son expérience supposé des réunions lui permet de masquer son ignorance en jouant le monsieur Loyal. Il demande à chacun de s’exprimer et absorbe la substantifique moelle des uns et des autres. Il peut même se payer le luxe de laisser pourrir la discussion en jouant sur les oppositions naturelles entre services, entres cadres en mal de reconnaissance et de promotion. Sa force, poser la question embarrassante qui plongera les collaborateurs dans un coupable silence, question à laquelle il répondra avec justesse prouvant ainsi qu’il a compris le fond de l’affaire et qu’il n’a plus qu’à conclure. S’il juge le dossier pas encore mûr, il programmera une nouvelle rencontre, de nouveaux travaux, de nouvelles études. Il est le maître des horloges. Il peut également trancher en retenant une solution que nulle n’avait envisagée, c’est le privilège du chef. Il peut également imposer une idée en provenance d’un étage qui lui est supérieur. Il peut annoncer une décision qu’il avait prise avant la réunion. Cette dernière n’est alors qu’un sas de décompression permettant aux collaborateurs de vider leur sac. Tout ceci est un jeu et doit être pris ainsi.

18 heures est passé, tout comme 19 heures. A l’approche de 20 heures, je remonte dans ma voiture qui se met à hurler la fin du morceau « Jumping Jack Flash » des Stones.

20 H 15, je pose machinalement mon doigt sur ma télévision de marque Sony afin que le son du présentateur du journal télévisé de TF1 percute mes oreilles déjà encombrées de la fatigue des mots écoutés durant toute la journée. Comme ce matin, le pouvoir d’achat est en berne. Les agriculteurs ont manifesté dans toutes les préfectures car ils sont acculés à la faillite. Je soulève une paupière pour regarder le visage de ce paysan qui crie qu’il est étranglé par sa banque. Les agriculteurs ont la faillite longue. Je n’ai jamais entendu des agriculteurs heureux mais force est de constater que si faillite il y a, ils trouvent toujours des banques pour leur prêter de l’argent afin d’acheter du matériel, de construire des usines à poulets ou à cochons.

Heureusement qu’il y a les séries américaines dont la France est un des principaux pays consommateurs. La France pays du 7ème art n’a jamais été capable d’enfanter de réelles séries. Pas assez de moyens ou catégorie jugée peu noble, il n’en demeure pas moins que la série française fleure la IVème République ou le roman photo. De ce fait, depuis quarante ans, nous ingurgitons notre dose de série US, nous qui détestons soit disant le mode de vie américain. Magnum, Starsky et Hutch, Miami Vice, les Mystères de l’Ouest, l’Agence Tout Risque, Cosmos 1999, NCIS, les Experts, Doctor House…, de génération en génération, nous sommes bercés par les héros américains.

23 heures, une journée s’achève en écoutant France Info. Je ne sais pourquoi je n’ai jamais trouvé de meilleur somnifère que quelques informations distillées en boucle. Je mens un peu car pour éviter toute fatigue pour la nouvelle journée qui se profile, je prends, comme tout bon Français dépressif qui se respecte, quelques gouttes pour m’endormir. Il est crucial de nourrir l’industrie pharmaceutique et le déficit de l’assurance-maladie afin de pouvoir hurler contre les augmentations d’impôt qui seront annoncées dès demain matin à la radio. Bonne nuit et mort aux cons.

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