Entre résignation et impuissance

24/01/2009, classé dans

La crise d’installe. Les indices économiques occidentaux mais aussi ceux des pays émergents virent au rouge. L’asphyxie financière par dépréciation des actifs gagne du terrain. Les banques comme les compagnies d’assurance doivent en permanence respecter des rations afin de faire faire face à leurs engagements : indemniser un sinistre, veiller à la liquidité des comptes courants… Or, la chute rapide des cours de bourse oblige les groupes financiers à passer des provisions pour pertes. Cette situation limite d’autant les capacités de prêts de la part des banques. En outre, les acteurs du marché considèrent que le nettoyage n’a pas été fait. Les pertes abyssales de la British Bank of Scotland, 32 milliards d’euros, ont semblé donner raison aux plus pessimistes, le pire serait à venir. Il en a résulté une chute des cours de toutes les valeurs financières. Il apparaît évident que jusqu’à la publication des comptes 2008, la méfiance sera de vigueur. En outre, même si les Commissaires aux comptes seront certainement très attentifs après l’affaire Madoff, il n’en demeure pas moins que l’analyse d’entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse plusieurs dizaines de milliards d’euros reste une opération très délicate. Les Gouvernements étaient apparus extrêmement actifs au mois d’octobre afin de juguler la crise bancaire et pour empêcher le blocage complet du marché monétaire. Aujourd’hui, la crise est plus profonde ; or les pouvoirs publics semblent soient dépassés par les évènements, soient résignés. La politique des symboles a pris le pas sur la mise en place d’un plan réel de résorption de la crise. Pourfendre les bonus des chefs d’entreprise ne coûte pas cher, fait plaisir à l’électorat mais ne résout rien. Faudra-t-il passer par la nationalisation du secteur financier, faudra-t-il en France créer une structure de défaisance… Par ailleurs, la Banque Centrale Européenne ne doit-elle comme la FED se substituer aux banques défaillantes ? Le statuquo est impossible car son coût social sera insupportable psychologiquement mais aussi financièrement.

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