Cachez-moi ces profits que je ne saurais voir

07/03/2012, classé dans

Après la taxation à 75 % des revenus excédant un millions euros, ce sont les profits qui trinquent.

En temps de crise, n’est-il pas scandaleux que des contribuables soient riches et que des entreprises se portent bien.

En période de vaches maigres, les entreprises en bonne santé et les Français aisés doivent verser leur obole voire un peu plus.

Évidemment que les 65 millions de Français moins les 3300 bénéficiaires de revenus supérieurs à un million d’euros sont majoritairement favorables à cette mesure. Il faut s’étonner que seulement 65 % l’approuvent. Le tiers restant est d’affreux misanthropes qui doivent être enfermés de suite et condamnés pour égoïsme.

De même qui pleurera sur des entreprises, des personnes morales sans âme, cupides qui enrichissent des fonds de pension et des fonds souverains ?

Pourtant, la France est le pays le plus égalitaire de l’OCDE avec un écart entre les 10 % les plus riches et les 10 % les plus pauvres qui compte parmi les plus faibles.
Il s’est accru seulement pour les 0,01 % et de manière plus faible qu’en Allemagne, qu’aux Etats-Unis ou qu’au Royaume-Uni. En France, les revenus des 10 % les plus riches sont 7 fois plus élevés que ceux des 10 % les plus pauvres contre une moyenne de 9 au sein de l’OCDE. La redistribution par les prestations sociales et les impôts réduit de plus de 30 % l’écart d’inégalités en France contre une moyenne de 25 % au sein de l’OCDE. L’écart est passé de 8 à 1 en 1985 à 6 dans les années 90 avant de remonter à 7. La part des revenus des 1 % les plus riches n’est passée en France que de 8,2 à 8,9 % entre 1990 et 2006 quand elle atteint 18 % aux Etats-Unis. L’accroissement des revenus concernent essentiellement les 0,01 % des ménages soit 6 200 personnes. La France dispose d’un des plus importants systèmes de protection sociale avec une redistribution forte des revenus. Le taux de pauvreté tourne autour de 13 % depuis plusieurs années.

Sur la question des bénéfices, celui de Total est toujours mis en avant mais il faudrait prendre en compte le chiffre d’affaires. En 2011, les bénéfices ont atteint 11 milliards d’euros pour un chiffre d’affaires de 184 milliards d’euros soit un taux de 6 %. Rien d’exceptionnel. Il faut cesser de parler en valeur absolue. Il sera

Il faut souligner que la profitabilité des entreprises françaises a tendance à décliner sur ces dernières années.

Faut-il taxer les entreprises françaises qui ne paient pas suffisamment d’impôt sur les sociétés en France ?

Il faut toujours regretter que les entreprises françaises ne recentrent pas tous leurs bénéfices dans leur pays d’origine. Il faut néanmoins souligné que les multinationales pour avoir la possibilité de s’implanter dans certains pays doivent accepter une partie des impôts sur les bénéfices réalisées par leurs établissements ou filiales. En outre, en droit fiscal international, il y a le principe de non double imposition. Un bénéfice ayant été taxé dans un pays ne peut pas l’être une seconde fois. Il faudrait pour cela revenir sur de nombreuses conventions fiscales. La question n’est pas de retaxer le profit mais comment mieux l’attirer en France tout comme il faudrait savoir mieux attirer les riches.

Mais au-delà de ces effets de manche, il faudrait en cesser sur la diabolisation du profit. A quoi sert-il ? A enrichir des capitalistes qui dorment ? A récompenser des oisifs ?

Le profit est la récompense d’un savoir-faire, d’une réussite commerciale. Il permet de rémunérer les actionnaires qui ont investi des capitaux. Or, sans capitaux, il n’y a pas d’entreprise, pas de travail. Il faut savoir que la croissance, ce n’est que la combinaison du capital, du travail et du progrès. Le profit récompense le risque mais il sert également à financer l’investissement et l’emploi.

La France a toujours un problème avec l’argent. La jalousie, la préférence donnée au second par rapport au premier, le goût de l’autodestruction et de l’auto-flagellation constituent des traits de caractère que nous partageons tous. Il n’en demeure pas moins que la sortie de crise passe par une amélioration des profits et des taux de marge surtout au regard du travail accompli en la matière par les Allemands.

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