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La guerre des deux mondes

Après le gouffre des dettes, l’Union européenne s’enfonce dans une crise diplomatique qui à défaut d’être feinte pourrait avoir de fortes conséquences. Il suffit de se déplacer au sein de la zone euro pour percevoir la lassitude de l’opinion. A force de lui répéter que l’Europe est la cause de tous ses maux, elle le croit au point d’espérer la fin de l’euro. L a stratégie du bouc-émissaire fonctionne bien mais elle a des limites que nous sommes entrain d’atteindre. Les Allemands fiers à juste titre de leur réussite n’entendent pas être les payeurs en dernier ressort des turpitudes de leurs voisins. Ces derniers conscients que la richesse des Allemands provient de leur soif de consommation à crédit veulent continuer à pouvoir s’endetter tranquillement. Ils ne comprennent pas les raisons de l’arrêt des transferts du Nord vers le Sud car ils sont devenus habituels.

Deux définitions de la croissance s’oppose ; la version allemande constituée de travail, de capital et de progrès technique face à la version française composée de beaucoup de consommation et d’un peu d’investissement. Ces deux conceptions ne sont pas fausses mais peu conciliables.

De même, deux conceptions de l’Europe se font face. D’un côté, il y a la volonté allemande de progresser vers le fédéralisme politique ; de l’autre, celle de la France qui souhaite un gouvernement économique. L’Allemagne défend son modèle fédérale en place depuis 1949. Elle imagine une Europe d’Etats avec au sommet une structure de contrôle et de sanction. La France rêve d’une Europe interventionniste dotée de fonds permettant de relancer l’économie de la zone euro ou de certains des Etats membres. La France s’est dans le passé opposé à des avancées institutionnelles aboutissant à plus de fédéralisme politique. Il en fut ainsi avec le rejet du traité constitutionnel en 2005. Pour l’Allemagne, il est hors de question de créer des eurobonds sans avoir au préalable verrouillé leur utilisation.

Il y a, de plus, entre les deux protagonistes un réel problème de calendrier. La France juge prioritaire la relance de l’économie quand l’Allemagne demande aux Etats dispendieux d’assainir leurs comptes. La France remet à demain le retour aux équilibres quand l’Allemagne en fait un préalable au soutien aux économies défaillantes. La France considère que seule la croissance même si elle accroît les déficits et les dettes peut venir à bout des déséquilibres. L’Allemagne juge que les Etats déficitaires doivent ajuster leur niveau de consommation à leur niveau de production.

Les Allemands n’entendent pas être les dindons de la farce du jeu de poker menteur. Ils savent que nous savons qu’ils ont besoin de nous pour exporter et avoir de la croissance. Mais ils savent également que nous savons que sans eux l’Europe s’enfoncerait dans une spirale récessionniste.

Deux mondes et deux calendriers s’opposent avec pour le moment pas de terme à la montée aux extrêmes comme en témoigne l’échange de propos peu amènes entre Français, Anglais et Allemands.

Avec la victoire des libéraux grecs le 17 juin, l’Europe s’est donnée un peu d’air mais le répit sera de courte durée, au mieux quelques semaines avant que de nouvelles tensions ne réapparaissent en Grèce, en Espagne, en Italie et en France. La potion fiscale annoncée en France aura un effet négatif sur la croissance et devrait porter le taux de croissance vers zéro d’autant plus que le ralentissement se généralise autour de la planète.

L’Europe économique suppose de fortes avances fédérales avec des transferts de souveraineté mais pour cela il faut refonder les organes de direction au niveau européen. La Commission européenne a en effet disparu des écrans radars et le Conseil européen à 27 est l’otage des petits Etats qui font de la surenchère pour monnayer leur soutien. Le fédéralisme suppose des sacrifices de la part de tous les acteurs…

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06 2012

Au-delà des illusions économiques de fin de campagne

La France a connu, en 2009, comme le reste du monde sa plus grave crise depuis 1945. Depuis deux ans, les économies occidentales tentent de trouver des solutions pour éviter la répétition de la crise de 1929, c’est-à-dire une longue période de stagnation.

Les menaces sont nombreuses. Elles sont d’ordre structurel : vieillissement de la population, tendance à l’augmentation des prix des matières premières, faibles gains de productivité, endettement élevé des Etats des pays occidentaux. Elles sont aussi d’ordre plus conjoncturel : risque de contraction du crédit à l’exportation, ajustement économique et financier en cours générant un accroissement du chômage.

Les plaies des crises bancaires et financières sont longues à se cicatriser. La restauration d’un nouvel équilibre plus stable signifie des ajustements en profondeur : diminution de l’endettement non productif, amélioration de la compétitivité et développement de l’offre ou à défaut diminution de la consommation.

L’économie, comme souvent voire comme toujours en France, n’aura pas été au cœur de la campagne électorale. Le principe « l’intendance suivra » aura été la règle. Au début de la campagne, le thème « produire en France » avait retenu l’attention avant d’être éclipsé par d’autres slogans.

Néanmoins, il y aura eu une constante avec la recherche de bouc-émissaires. Ce sont « les riches » et « le secteur financier ». Ils ont permis d’occulter les vraies questions économiques qui se posent à la France : comment développer l’offre ? Comment repositionner sur le haut de gamme l’outil industriel ? Comment faciliter le financement des entreprises ? Comment favoriser l’investissement et donc les bénéfices ?

Il est plus facile d’accuser les banquiers et les traders de tous les maux de la terre que d’admettre que ce sont les Etats qui achètent depuis plus de 20 ans de la croissance à crédit. Il est plus facile d’affirmer que les institutions financières sont responsables de la crise que de revenir aux fondamentaux de la croissance, c’est-à-dire du travail, du capital et du progrès technique. La dérégulation financière a été initiée dans les années 80 afin de faciliter le financement des Etats. Les subprimes et autres produits dits toxiques ont été alimentés par des taux d’intérêt faibles imposés au nom du maintien de la croissance à un niveau acceptable. Les pays dits avancés ont eu recours à un double dopage, budgétaire et monétaire.

Depuis 1981, le débat économique n’a que très peu progressé. Il est toujours très difficile d’avoir une discussion rationnelle et dépassionnée sur le profit, les taux de marge ou le financement des entreprises.

Ainsi, les Français restent de marbre face à la dégradation du taux de marge des entreprises. L’écart avec les entreprises allemandes est passé de 15 à 24 points de 2001 à 2010. Le rendement net après impôts des fonds propres est passé de 12 à 24 % entre 1999 et 2008 en Allemagne contre 4,6 à 6,2 % en France.

Les entreprises françaises n’ont pas pu hausser leur production en raison de leur difficulté d’accéder à des ressources longues, en raison de bénéfices trop faibles.

Les seules questions qui s’imposent en France sont celles du pouvoir d’achat et de la consommation quand il faudrait mettre en avant l’offre. Or, sans offre compétitive, il ne peut y avoir de consommation. Le principe keynésien de relance par la demande est usé et a vécu.

Nos voisins ont mis en œuvre des plans d’assainissement de leurs finances publiques bien plus ambitieux que les nôtres mais surtout ils ont adopté des mesures visant à favoriser l’offre productive (diminution des contraintes pesant sur l’offre, sur le marché du travail, mesures en faveur de l’investissement…).

L’idée de relocaliser l’industrie française obéît, certes, à une logique d’offre mais est complètement surannée. Le retour du made in France pour les chaussettes ou les chemises est une illusion voire une escroquerie. Sommes-nous prêts à amputer notre pouvoir d’achat pour de telles chaussettes ? L’avenir économique de la France passe-t-il par le retour de l’industrie de grand-papa ? Pourquoi alors ne pas rouvrir les mines ? Investir dans le passé ne rapporte rien. Les relocalisations ne peuvent être que très partielles et lier à une montée en gamme ou au recours à des technologies innovantes.

Bien évidemment que l’industrie n’est pas condamnée en France mais cela suppose une modification du positionnement économique. Du fait de ses coûts mais aussi grâce à sa productivité, la France a, par définition, vocation à imiter l’Allemagne et à se positionner sur le premium. LVMH, Hermès, Airbus, Ariane Espace, Air Liquide et bien d’autres prouvent que les entreprises françaises peuvent occuper les créneaux du haut de gamme. C’est par l’innovation dans toutes ses formes que l’économie française peut redémarrer.

Le protectionnisme constitue une grave illusion qui se répand à grande vitesse au sein de la société française. Le repli économique rime avec déclin et appauvrissement. La Chine en a fait l’amère expérience du 17ème jusqu’au 20ème siècle. La France contrairement aux idées reçues est moins ouverte sur l’extérieur que ses principaux partenaires économiques. Les échanges extérieurs représentent 71 % du PIB allemand contre 42 % en France. Les Allemands importent deux fois plus que les Français. La France ne joue pas suffisamment la carte de l’intégration commerciale.

La tentation protectionniste serait suicidaire au moment où les pays émergents entament une mutation. De pays ateliers, ils deviennent des pays de consommateurs. La Chine a enregistré des déficits commerciaux au début de l’année. Entre les infrastructures et des biens de consommation sophistiqués, les Chinois achètent de plus en plus de produits allemands, américains… La France a tout à gagner de cette évolution. Ce n’est pas l’heure de fermer les frontières mais bien au contraire de les ouvrir. Il ne faut pas oublier que les échanges entre deux pays sont les plus intéressants pour les deux quand ils ont des niveaux de développement proche. Les pays émergents font en un quart de siècle ce que les Européens ont mis 200 ans. Le passage d’une économie rurale à une économie industrielle et tertiaire à grande vitesse a été rendu possible par justement l’intégration mondiale, par l’existence de flux d’échanges permanents et par imitation des modèles existants.

La France avec 56 % de dépenses publiques et 44 % de prélèvements obligatoires est un pays socialisé, voire étatisé. Il ne saurait y avoir de campagne électorale sans que les candidats promettent un rôle accru de l’Etat. La création d’une banque publique d’investissement ou le doublement du Livret A entrent dans la lignées des propositions colbertistes mais elles marquent également, par leur faiblesse, l’épuisement d’un discours né après 1945 et qui n’a été que peu renouvelé. Les candidats, à la différence de ce qui se passe au Royaume-Uni, en Espagne et en Allemagne, ne veulent pas ou ne peuvent pas s’affranchir d’un discours démagogique. Une fois les élections passées, après quelques mois d’euphorie, le retour aux tristes réalités s’imposera avec à la clef un ou plusieurs plans d’ajustement. L’absence de cohérence entre les promesses et les actes empêche la mise en œuvre de politique économique sur le long terme. L’adaptation au fil de l’eau prime sur l’application de réformes structurelles.

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04 2012

La France devrait échapper à la récession

L’INSEE a publié son étude de conjoncture du mois de mars 2012 avec à la clef une bonne nouvelle, la France devrait échapper à la récession. Le taux de croissance du premier trimestre devrait être nul, celui du second devrait tourner autour de +0,2 %. Le Gouvernement a pris acte des données de l’INSEE pour réviser à la hausse ses prévisions de croissance annuelle en passant le taux de 0,6 à 0,7 %.

La mauvaise nouvelle provient du front de l’emploi avec une perte de 50 000 emplois au premier semestre 2012.

L’INSEE pointe de nombreuses incertitudes notamment du fait de l’aléa énergétique du fait de la persistance des tensions au sein du Moyen Orient.

Perspectives générales de croissance

Un fort ralentissement constaté à la fin de l’année 2011

L’INSEE souligne que l’ensemble des économies avancées a enregistré un net ralentissement au 4ème trimestre, + 0,2 % après +0,5 % au 3ème trimestre. La zone euro a été la plus touchée avec la transmission à l’économie réelle des problèmes générés par les dettes publiques.

Le PIB s’est contracté de 0,3 % au 4ème trimestre après une augmentation de 0,1 % au 3ème. L’activité a reculé de 0,2 % en Allemagne après une augmentation de 0,6 %, de 0,7 % en Italie après -0,2 %, de 0,3 % en Espagne après 0 %. En France, le PIB a augmenté de 0,2 % après + 0,3 %.

Au Japon, l’activité s’est contractée de 0,2 % du fait des retards dans la mise en œuvre des plans de reconstruction et des problèmes climatiques en Thaïlande (rupture d’approvisionnement).

Aux Etats-Unis, une accélération de la croissance a été, en revanche, constatée, +0,7 % après 0,5 % soutenue par la hausse de la consommation et le déstockage.

Divergences de croissance au sein des pays avancées au début de l’année 2012

Le climat des affaires est positif aux Etats-Unis qui enregistrent d’importantes créations d’emplois ainsi qu’au Japon. En revanche, le climat des affaires est très dégradé en zone euro même si le point bas semble avoir été atteint au mois de novembre dernier.

L’activité devrait poursuivre sa croissance aux Etats-Unis avec un taux de +0,6 % au 1er trimestre. Le PIB devrait augmenter de 0,6 % au Japon au 1er trimestre et de 0,5 % au second.

La zone euro resterait marquée par les conséquences de la crise financière de l’été 2011 même si les primes de risque ont fortement diminué sur le marché interbancaire.

Les tensions financières se sont atténuées avec le sommet européen du 9 décembre 2011 et avec l’accord du 24 février concernant la Grèce aboutissant à réduire de 100 milliards d’euros la dette de ce pays. Par ailleurs, la mise en œuvre de mesures non conventionnelles de la part des banques centrales a permis de restaurer un minimum de confiance sur le marché interbancaire.

La réduction des déficits engagés dans de nombreux pays devrait peser sur la croissance. Ainsi, la consommation des ménages de la zone euro devrait diminuer au premier semestre de 0,2 % par trimestre. Le PIB devrait se contracter de 0,1 % au 1er trimestre et augmenter très légèrement au second à hauteur de 0,1 %.

Les divergences de croissance au sein de la zone euro devraient perdurer avec un rebond de l’économie allemande au premier trimestre de 0,2 % et une croissance de 0,4 % au second trimestre. En revanche, en Italie, en Espagne, il n’est pas attendu d’embellie.

La France échappe à la récession mais pas à la stagnation

La France a échappé contrairement aux prévisions à la récession. Au 4ème trimestre 2011, l’activité a augmenté de 0,2 % avec un rebond de la production manufacturière de 0,6 %. L’activité commerciale a progressé de 0,6 % et l’activité dans les services de 0,4 %.

Les exportations ont progressé de 1,2 %, malgré le recul de la demande de la zone euro, notamment du fait de la vente de nombreux avions.

La consommation a continué de progresser à hauteur de 0,2 % comme au 3ème trimestre.

Le climat des affaires s’est stabilisé à un niveau faible au mois de février avec des perspectives inférieures à la moyenne de long terme.

L’INSEE prévoit une activité stable au premier trimestre avec une croissance nulle. L’automobile et l’aéronautique freineraient l’activité avec à la clef un recul de la production manufacturière de 0,5 % au premier trimestre (légère augmentation de 0,3 % au 2ème). Les services devraient voir leur activité augmenter de 0,1 % au premier trimestre et de 0,3 % au second.

Au second semestre 2011, la France a détruit 54 000 emplois marchands non-agricoles. L’intérim a été fortement impacté avec un recul de 34 000. D’ici a fin du mois de juin 2012, 49 000 emplois pourraient être supprimés. Le taux de chômage devrait passer dans ses conditions de 9,4 à 9,7 % d’ici la fin du premier semestre.

Légère décrue de l’inflation

Malgré les tensions sur les prix des matières premières et énergétiques, l’inflation devrait passer de 2,5 % à 2,2 % en rythme annuel d’ici la fin du premier semestre. La hausse des prix de l’énergie devrait se situer à 7,7 % mais l’inflation sous-jacente resterait à 1,4 % du fait du faible taux d’utilisation des capacités de production et du niveau du chômage.

Le retour de l’inflation autour de 2,2 % devrait conduire les pouvoirs publics à ne pas augmenter ou à augmenter très légèrement le taux du Livret A qui est de 2,25 %. A 2, % d’inflation, le taux du Livret A devrait être 2,45 %.

Pas de reprise attendue de la consommation des ménages et légère baisse du taux d’épargne

Les salaires réels devraient baisser sur le premier semestre du fait des processus de revalorisation n’intégrant pas la hausse des prix constatée depuis quelques mois et du fait d’une diminution des variables.

Le pouvoir d’achat pourrait reculer de 0,3 % au premier semestre.

Le taux d’épargne des ménages devrait passer de 17,1 % du revenu disponible brut à 17 % voire légèrement en-dessous du fait des mesures prises par le Gouvernement (augmentation des impôts).

L’INSEE est très évasif sur le sujet. En effet, en période de crise et en cas d’augmentation des prélèvements, un double effet est constaté : un effet de précaution et un effet de reconstitution du patrimoine qui pourraient inciter les Français à épargner davantage. Par ailleurs, le taux d’épargne des Français comprend pour 50 % les remboursements du capital des crédits immobiliers. Cette partie est, par nature, peu sensible aux aléas de la conjoncture ou de la législation.

D’ici la fin du premier semestre 2012, la consommation ne devrait augmenter que de 0,2 % avec un recul des achats d’automobile.

Pas d’espoir pour l’investissement

Du fait du resserrement de l’accès au crédit et du niveau extrêmement faible du taux de marge des entreprises françaises, il n’est pas attendu un retournement positif en matière d’investissement. Un recul de 0,4 % est attendu au premier trimestre et une augmentation de 0,8 % est supposée pour le second.

Les exportations seraient handicapées par la situation de la zone euro

Le niveau de croissance des exportations diminuerait passant de 1,2 à 0,6 % par trimestre. L’apport du commerce extérieur à la croissance serait nul durant le premier semestre.

L’aléa pétrolier

Au 4ème trimestre, le baril de pétrole était en moyenne à 109 dollars. L’INSEE table sur un prix de 120 dollars au premier semestre 2012. Au 23 mars, ils ‘élevait à 123 dollars le baril.

La persistance des tensions au Moyen Orient et la constitution de réserves par la Chine contribuent à peser durablement sur les cours. Un choc pétrolier avec un baril autour de 200 dollars plongerait l’économie française en récession.

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03 2012

Economie en suspension électorale !!!

Toute campagne électorale d’importance a un effet anesthésique en France. Certes, en 2012, il y a une nouveauté, la surenchère fiscale remplace les cadeaux fiscaux des précédentes campagnes. La crise des dettes publiques a trouvé ses bouc-émissaires, les riches qui au nom de la solidarité doivent verser leurs oboles au rétablissement des comptes publics.

2012 marque le grand retour de Marx et de Keynes. Retour donc vers le passé, la France a beau être le pays le plus socialisé de la planète avec un taux de dépenses publiques a fait pâlir tous les communistes étrangers, 56 % du PIB, avec un taux de prélèvements obligatoires de 44 % du PIB, avec un écart entre riches et pauvres qui compte parmi les plus faibles de l’OCDE, nombreux sont ceux qui rêvent de reprendre la bastille et de mettre sur des pics quelques patrons.

Aucun candidat n’ose, comme en Espagne, en Allemagne, en Suède, au Canada, affirmer qu’il est plus que temps de lancer une réduction des dépenses publiques, dépenses qui ont continué à augmenter sous Nicolas Sarkozy. Aucun candidat n’ose, à l’exception peut-être de François Bayrou mettre en parallèle augmentation des impôts et diminution des dépenses et encore ce dernier ne précise que faiblement les dépenses qu’il réduira.

L’économie est mise en parenthèse, la récession a beau frappé à la porte, rares sont les propos de campagne sur le renforcement de l’offre, de l’investissement. Quand il est question d’économie, c’est pour évoquer les recettes du passé, recettes qui ont toujours échoué, le protectionnisme ou l’interventionnisme. Pour réindustrialiser, les candidats proposent de créer une banque de l’Industrie, d’orienter l’épargne… Faute de moyens, l’Etat entend capter l’épargne des Français en l’affectant à la mise en œuvre de sa politique. Faut-il se remémorer les désastres du Crédit Lyonnais, du Crédit Foncier, de France Telecom…

Après la socialisation par les dépenses publiques, les candidats de Mélenchon à Sarkozy se prononcent plus ou moins implicitement pour la nationalisation de l’épargne. Après entraîné au bord du précipice l’Etat, ils veulent désormais user de l’arme monétaire via les concours de plus en plus larges de la Banque centrale européenne et l’arme de l’épargne pour tenter de survivre quelques heures avant que le bourreau décide de fermer définitivement les vannes. Il n’y a pas d’autre solution qu’une réelle maîtrise des dépenses et leur décrue. Cela signifie d’arrêter le développement aux niveaux national et local de l’interventionnisme ; cela signifie la nécessité de rendre au privé certaines activités, dans le sport, la culture… Cela signifie un autre partage des responsabilités entre dépenses sociales obligatoires et dépenses sociales facultatives. Cela nécessité une redéfinition de la solidarité qui ne doit pas être confondu avec l’égalité. L’accès pour tous à des soins gratuits est une illusion, il faut cibler l’intervention des pouvoirs publics sur les risques les plus lourds et en faveur de ceux qui n’ont pas les moyens. Il faut cesser avec l’automaticité des aides sans contrepartie, en particulier dans le domaine du logement. La France est championne d’Europe pour la construction de logements sociaux sans que cela améliore l’accès à l’habitat d’un grand nombre de Français. Le secteur privé est anémié créant des goulets d’étranglement et un engorgement du secteur social. Il faut créer de la fluidité entre les différents parcs de logements.

Au-delà des dépenses sociales, la question est de renforcer l’économie en fortifiant l’offre et non en taxant plus les entreprises dont, il faut le rappeler, leur taux de marge a diminué ces dernières années. Les entreprises françaises dégagent au regard de leurs chiffres d’affaires plus faibles que leurs homologues allemandes. Il faudrait favoriser l’investissement et non inciter les entreprises à épargner pour investir dans des titres publics.

La bataille de l’économie française se joue sur le positionnement et non sur les coûts des salaires. Il faut améliorer le niveau de gamme des produits français et cela ne passe pas par une taxation accrue des biens importés mais bien par une élévation de la qualité et par la recherche de nouveaux créneaux.

La campagne électorale est gagnée par le populisme, l’Europe et l’économie en sont les principales victimes. L’Europe a mauvaise presse ; elle partage le rôle de bouc-émissaire avec les banquiers et les marchés financiers. Or, c’est par l’Europe et le fédéralisme que nous arriverons à surmonter la crise dans laquelle se débat la France depuis quatre ans.

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03 2012

Un déficit budgétaire toujours élevé mais mieux maîtrisé

Le déficit budgétaire de l’État en France s’est élevé à 90,8 milliards d’euros en 2011. Il est ainsi proche de celui fixé en loi de finances initiale en net recul par rapport à 2009 et 2010 où il avait atteint respectivement 138,0 et 148,8 milliards d’euros. en 2008, il s’élevait à 56,3 milliards d’euros.

Les dépenses de l’Etat se sont élevées à 365,4 milliards d’euros, soit un recul de 47,4 milliards par rapport à 2010 (-14,2 %).Cette baisse est liée à la fin des dépenses exceptionnelles prises dans le cadre de la crise de 2009.

La dette publique négociable française de l’Etat a atteint fin 2011 1 313 milliards € (y compris dette à court terme), soit une progression de 84 milliards d’euros en un an. Cette augmentation est supérieure à celle de 2010 (+81 milliards d’euros). Il y a une décélération par rapport à 2008 et 2009 ( +91 et +131 milliards €). La dette de l’Etat seul dépasse désormais 66 % du PIB. U tel niveau n’avait jamais été atteint depuis 1948.

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02 2012

Importons plus pour régler nos problèmes !

Il y a dix ans, ; la France dégageait un excédent commercial de 3,5 milliards d’euros quand, en 2011, le déficit a atteint 69,6 milliards d’euros. Les parts de marché à l’exportation de la France à l’exportation ne s’élèvent plus qu’à 3,3 % soit une diminution de près de moitié en dix ans.

L’augmentation de la facture énergétique explique les trois quarts de la dégradation de notre balance commerciale mais elle ne saurait expliquer notre rapide recul en matière d’exportations. Certes, l’Allemagne a également reculé du fait de la percée des pays émergents mais ses pertes n’ont été que de 20 % en dix ans avec une stabilisation voire un léger rebond ces dernières années.


Le recul structurel de la France s’explique, en partie, par l’accroissement des coûts salariaux (avant tout les salaires plus que les charges) mais surtout par un tissu industriel anémié (par l’augmentation des coûts en relation avec les 35 heures). Notre tissu économique est composé de grands groupes internationalisés (plus nombreux que pour l’Allemagne) et qui ont pu se soustraire des contraintes nationales et de petites entreprises de taille trop réduite pour accéder aux marchés internationaux.


Le mode d’organisation des entreprises françaises est peu propice à l’exportation. Au contraire, il favorise les importations de produits finaux. Les entreprises françaises ne tirent pas suffisamment profit de la spécialisation internationale pour valoriser la production dite nationale.


La France n’est pas malade de ses importations mais de la faiblesse de ses exportations. Il faut, à ce titre, souligner que notre ouverture sur l’extérieur est plus faible que l’Allemagne ou la moyenne des pays de la zone euro. Les importations et les exportations représentent 44 % du PIB en Allemagne contre 35 % en France et 42 % dans la zone euro.


L’Allemagne a su mieux utiliser les avantages procurés par le commerce international. Ainsi, l’Allemagne importe au total 73 % de plus que la France. Avant 2009, le taux de croissance des importations allemandes n’était supplanté que par celui de l’Espagne. La part des importations issue des pays à bas salaires progresse plus vite en Allemagne que chez ses partenaires : +12 % de 1994/2006 contre + 11 % en Espagne et + 8 % en France


L’Allemagne importe 45 % de plus de biens intermédiaires que la France. Elle importe des biens sophistiqués fabriqués dans les pays de l’Europe de l’Est ou en France. Elle joue à plein la théorie des avantages comparatifs. Elle profite du niveau de formation élevé dans les PECO à la différence de la France qui externalise des fabrications à faible valeur ajoutée.


Les entreprises françaises ont choisi de délocaliser l’ensemble des structures de production quand les entreprises allemandes ont opté pour l’importation des composants et le maintien du montage. L’Allemagne a obtenu par son mode de production une réduction de coûts de 20 points soit bien plus que les effets de la maitrise des coûts salariaux.


Le problème de la France est, certes, lié à un problème de coûts notamment salariaux et de marges mais il est avant la résultante d’un mauvais positionnement économique.


La France n’a pas su élever son niveau de production. Les produits français ne sont pas faiseurs de prix, ils ne sont pas la référence. Les acheteurs choisissent les produits français selon un critère de coût et non parce qu’ils sont les meilleurs. De ce fait, les entreprises françaises sont plus sensibles que leurs homologues allemandes à l’appréciation de l’euro. Pour lutter contre leurs concurrents, elles sont obligées d’aligner les prix voire d’être moins-disantes et donc rogner leurs marges. Or, la contraction des marges entraînent bien souvent la réduction des investissements ce qui nuit à la compétitivité des entreprises. Les marges bénéficiaires ont augmenté sur moyenne période en Allemagne, sont restées stables en Espagne mais ont baissé en France et en Italie.


Les entreprises françaises n’ont pas réussi à compenser l’augmentation des coûts salariaux par des gains de productivité suffisants à la différence des entreprises suédoises.


Un niveau de gamme élevé permet de compenser un coût salarial élevé comme en Suède ou en Allemagne à la différence de la France.


Les entreprises françaises n’ont pas réussi à se positionner sur le premium du fait de tradition ou par manque d’investissement. Il faut souligner que les secteurs sur lesquels la France a une position de premium, résistent à la concurrence internationale. Il s’agit du luxe et de l’aéronautique.


L’arrêt de l’hémorragie industrielle passe par une montée en gamme, condition également sine qua non de l’amélioration de la balance commerciale.


La plus grave erreur à commettre serait de se réfugier dans un pseudo-protectionnisme. En effet, c’est en jouant sur les complémentarités que les entreprises françaises pourront regagner des parts de marché. Il convient de ne pas oublier que 50 % de la valeur ajoutée d’un Airbus dépend de sous-traitants extérieur à la zone euro et que 40 % de celle d’un Boeing Dreamliner dépend de sous-traitants extérieurs aux USA.


Par ailleurs, si un I Phone fabriqué en Chine et exporté, rapporte brut 179 dollars aux fabricants chinois, la valeur de l’assemblage effectué par la Chine est de 6,50 dollars soit moins de 4 % u total du prix final. L’apport du Japon sur l’ensemble du process est en revanche de 34 %, pour l’Allemagne de 17 %, pour la Corée 13 % et pour les Etats-Unis 6 %.


L’instauration de protections en Europe n’est possible que s’il y a possibilité de substitution ce qui est loin d’être le cas. Les exportateurs chinois ou des pays émergents ont la possibilité de fixer les prix car il n’y a pas de concurrents locaux. La première victime du protectionnisme serait le consommateur.

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02 2012

Conjoncture économique et financière – octobre 2011

Philippe Crevel a, devant le Club Prospective de Corse réuni à Porticcio,  fait un exposé sur la situation de l’économie française en insistant plus particulièrement sur les conséquences de la crise des dettes souveraines.

Retrouver la présentation de l’exposé

Entre l’abandon et la démission

Arnaud Montebourg a gagné son pari en arrivant en 3ème position aux primaires socialistes et surtout en imposant son thème de la démondialisation au cœur des débats.

Ce thème se veut être une déclinaison moderne et raffinée du protectionnisme qui sent la naphtaline et qui n’a jamais été couronné de succès.

La démondialisation, façon Montebourg, reviendrait à réaffirmer la préférence communautaire à l’échelle de l’Union européenne, à mettre un terme à certaines pratiques financières.

La démondialisation a, avec l’écologie militante, un point en commun, l’exploitation des peurs, le refus du progrès ; l’idée qu’hier, c’était mieux.

Avec la démondialisation, les Français considèrent qu’ils pourraient conserver leur société, rester à l’abri des tourments mondiaux mais comme dans la vie, en économie, il est difficile de dire stop, je refuse de jouer, je sors de la partie ; j’y reviendrai demain…

La Chine après le 16ème siècle a refusé de participer aux échanges mondiaux avec à la clef une marginalisation ; elle était en 1700 la première puissance mondiale en avance au niveau des techniques sur tous les autres Etats. Il a fallu la décision de Deng Xiaoping, en 1978 avec l’ouverture au capitalisme, pour permettre le retour de la Chine et l’amélioration des conditions de vie.

Les Français ont toujours été fâchés avec l’économie et encore plus avec les règles du commerce international. Lé développement économique repose sur l’échange et sur sa sécurisation. Quand l’échange n’est pas possible, il y a irrémédiablement déclin. Nul n’imagine, aujourd’hui, ne pouvoir vivre qu’avec les biens et services produits au niveau de sa ville, de son canton voire de sa région. Les Français qui rejettent majoritairement le libéralisme, le marché comptent parmi les plus gros acheteurs de Smartphones et parmi les plus gros consommateurs de big mac.

La mondialisation est de plus perçue sous l’angle des destructions d’emplois. Ce phénomène ne date pas d’hier. Il était déjà en marche à la fin du 19ème siècle. Déjà dans les années 70, il était demandé au gouvernement de sauvegarder l’acier et le charbon. Le coût fut astronomique pour le contribuable. Il aurait mieux val investir ailleurs, dans les infrastructures, dans les universités, dans la formation…. Cela aurait coûté moins cher et aurait été plus rentable. De même, au nom de la protection du marché intérieur, les voitures japonaises ont été limitées à 3 % du marché européen et les magnétoscopes bloqués à Poitiers par Edith Cresson. Le protectionnisme sauve rarement des emplois mais pénalise les consommateurs.

La mondialisation a été, contrairement à certaines idées reçues, ces dernières années, génératrice de croissance. Elle a permis de compenser la faiblesse des gains de productivité et a procuré du pouvoir d’achat aux Français. Avec le recours à l’endettement via la dépense publique, elle a été un des grands moteurs de la croissance. Mais, certains pourront crier à quoi bon car son bilan est supposée négative en raison des destructions d’emplois qu’elle aurait provoquée. Avec le décollage de la Chine devenue l’atelier du monde, nous ne sommes condamnés à ne plus rien produire et donc à ne plus pouvoir acheter. Or, il ne faut pas oublier qu’en matière de commerce, ce qui compte, c’est certes la compétitivité prix mais aussi la spécialisation. En vertu de la théorie des avantages comparatifs, il faut se spécialiser dans les domaines où nous avons le plus d’atouts. Que faire si la Chine a tous les atouts et nous aucun ? Premièrement, nous sommes loin d’être dans cette situation. Deuxièmement, il est indispensable de retrouver la voie de l’offre et de l’investissement pour justement se donner de l’espace.

Arnaud Montebourg prône le protectionnisme aux frontières de l’Europe. Ainsi, la France se priverait des marchés à fort potentiel de croissance. Les entreprises de BTP, EADS, Alsthom devraient se contenter des marchés européens de renouvellement. A la clef, il n’y aurait pas plus d’emplois mais certainement moins de recettes fiscales et de croissance. Nos emplois sont en France complètement mondialisés. Les Airbus intègrent des composants provenant des Etats-Unis, du Japon, de Chine ; les Boeing sont également constitués de pièces françaises et allemandes… La polémique sur l’achat par Air France d’avions de Boeing était puérile au regard du mode de fabrication des avions et du fait qu’Airbus vend plus d’avions aux Etats-Unis qu’en France…

De toute façon, pourquoi s’arrêter aux frontières de l’Europe ? Pourquoi ne pas ressortir le plombier polonais, le maçon portugais, le peintre italien et le couvreur roumain, la concurrence des pays de l‘Europe de l’Est et pourquoi pas la trop forte productivité du salarié alsacien… ?

Si notre économie est au bord du gouffre, c’est bien connu la faute des banquiers et des financiers. Si aujourd’hui, la dérégulation est placé au pilori, il ne faut pas oublier qu’elle a été initiée par les Etats dans les années 80 pour pouvoir emprunter plus et à moindres coûts. D’un côté, il est demandé aux banques de financer l’économie, les prêts immobiliers et de renforcer leurs fonds propres pour faire face à la volatilité des marchés, de l’autre elles sont vouées aux gémonies car elles osent réaliser des bénéfices.

Nous avons un problème avec la notion de profit. Il est considéré comme un vol réalisé sur le dos des salariés or il est avant tout un indicateur de bonne gestion. Le profit sert tout à la fois à rémunérer le détenteur du capital qui a pris un risque en investissant et à financer le développement de l’entreprise. Les Français hurlent au scandale quand un grand groupe annonce un résultat en milliard d’euros tout en oubliant de le rapporter sur le montant du chiffre d’affaires. Les Français devraient être heureux de disposer de grands groupes internationaux présents sur plusieurs continents. Or tel n’est pas le cas. Il y a un rapport complexe au succès. Steve Jobs est préféré aux chefs d’entreprise français qui ont réussi. Apple est par définition l’entreprise, enfant de la mondialisation. A la différence de Sony qui était le symbole des années 80, Apple s’est développée sur la base du réseau en utilisant au mieux les compétences et les écarts de coûts à l’échelle mondiale. Apple capte le progrès technique issu de ses sous-traitants pour l’agglomérer. Apple est avant tout une entreprise en charge de la recherche de l’innovation et du marketing quand Sony veut maîtriser l’ensemble de la chaîne. De ce fait, Apple est plus agile et rentable que Sony.

De l’extrême droite aux verts, la thèse du renoncement, de l’abandon ou de la démission parcourt l’électorat usé par des années d’illusions se muant en autant de désillusions. Les Français croient qu’il est possible d’arrêter le train de la mondialisation et de conserver les soi-disant acquis. Face aux succès des Allemands qui en moins de 10 ans ont amélioré leur compétitivité, il y a une résignation. S’ils ont réussi, c’est justement parce qu’ils sont allemands. Il est assez surprenant qu’aujourd’hui que le seul consensus qui semble se dégager au sein des dirigeants politiques et l’opinion, c’est plus d’impôts (à condition que ce soit le voisin qui soit taxé). Le recours aux vieilles recettes semblent rassurer. Il y a un refus d’innover tant sur le plan des idées qu’au niveau de l’économie. Il est dommageable que la seul idée neuve de la campagne des primaires socialistes soit dans les faits très rétrogrades.

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10 2011

L’intendance ne suit plus

En France, l’économie n’a jamais été considérée comme une science noble. Il n’est guère surprenant que nous ayons en ce domaine qu’un seul prix Nobel en la personne de Maurice Allais.

L’économie n’est au mieux perçue que sous la forme d’une contrainte qui ne saurait faire obstacle au politique ou au social. Une décision prise par un Gouvernement est rarement étudiée sous son aspect micro-économique, au mieux elle peut l’être au niveau macro-économique.

L’absence de culture économique n’est certainement pas sans lien dans le fait que la population française est une des plus opposées à la mondialisation, au marché, à la concurrence. Il est à noter que cette opposition idéologique ne se traduit pas dans les actes. Les Français comptent parmi les plus attachés à la consommation, aux derniers gadgets fabriqués en Chine, au Japon ou aux Etats-Unis. Le taux d’équipement en téléphone portable, en Smartphones ou tablettes des Français arrive en deuxième ou troisième position. De même, nous sommes de gros consommateurs de fastfoods tout en dénonçant la malbouffe et les effets de l’américanisation sur la santé.

Au-delà de cette contradiction, force est de constater que nous éprouvons les pires difficultés à appréhender les réalités économiques. Les campagnes électorales ne nous aident pas pour améliorer notre culture économique ; par l’accumulation de promesses, elles donnent l’illusion que tout est possible.

En France, il y a un principe « l’intendance suivra ». C’est au nom de ce principe que depuis plusieurs décennies, il est créé de nouvelles allocations, de nouveaux droits, de nouveaux musées, de nouveaux établissements publics sans que pour autant que d’autres soient supprimés. La règle « du toujours plus » du « jamais en arrière » considérée comme un recul s’applique quelle que soit la majorité en place.

Avec 1700 milliards euros de dette publique, avec un déficit public supérieur à 5 % du PIB, déficit qui existe depuis près de 40 ans, il faut bien prendre conscience que l’intendance ne suit plus mais nul se retourne pour constater qu’elle est désormais très loin de nous. Certes, nous pouvons refuser la réalité en maudissant le marché, en condamnant les agences de notation ou en accusant de complots contre l’euro, l’Europe ou la France les Américains mais rien n’y fera nous serons bon gré mal gré forcés d’admettre que tout a un temps surtout en matière de dépenses…

La France se caractérise par l’absence de consensus en matière économique. La prégnance des idées marxistes durant le 19ème et le 20ème siècles ainsi que le rêve du retour à la terre (tendance écologiste ou d’extrême droite) constituent autant de signes du rejet du système capitaliste. Aujourd’hui est pire qu’hier mais mieux que demain. Il y a un refus d’admettre les progrès et les succès enregistrés depuis des décennies et il y a chez nous un véritable pessimisme. Si les Français sont des consommateurs d’antidépresseurs, ce n’est pas sans raison. Nous broyons du noir et nous imaginons toujours que le ciel va nous tomber sur la tête.

Notre soif d’égalité génère de la frustration et de l’angoisse.

Les Français mettent l’égalité, avec son cousin la jalousie, au-dessus de tout et en premier lieu au-dessus de la liberté. Depuis plus de deux ans, la question sociale empoisonne la vie publique. Les causes et les responsabilités sont multiples. La centralisation et la division syndicale ne conduisent ni au consensus, ni à la responsabilisation des acteurs. Nous voulons ce que notre voisin a et si ce n’est pas possible, c’est à l’Etat de corriger la situation. Depuis la nuit du 4 août 1791, la chasse aux privilèges est un sport national mais qui ne se pratique que sur terrain extérieur. Surtout, évitez de regarder mes avantages. Nos privilèges sont légitimes, ceux de nos voisins beaucoup moins. Il en résulte un malin plaisir à l’autodénigrement et au rabotage par le bas. L’élite est honnie ; elle est suspecte d’avoir conquis ses galons non par ses compétences mais par ses relations, son origine… Certes, notre société de castes, notre goût immodéré pour les titres, les décorations, la bienséance créent en permanence des statuts, des inégalités qu’il faut en permanence abattre. La marché vers l’égalité à tout prix a eu comme conséquence contradictoire de fossiliser la société, de bloquer l’ascenseur social.

Le capitalisme est l’antithèse de l’esprit français. Il repose sur la transparence de l’information quoi qu’en disent ses détracteurs. Il admet temporairement l’inégalité pour permettre des transferts de richesses. Le capitalisme qui ne peut en aucun être assimilé à une idéologie, aucune situation n’est acquise.

La société française fonctionne selon le principe de la rente, la rente éducative, l’accès aux meilleurs diplômes est réservé aux enfants dont les parents sont également diplômés, la rente de la fonction publique, les enfants de hauts fonctionnaires ont plus de chances d’accéder eux-mêmes à la haute fonction publique, la rente sociale, la socialisation via les réseaux familiaux, éducatifs et professionnels jouent un rôle clef dans le déroulement de la vie des Français.

Contrairement aux idées reçues, le marché récuse l’idée de rentes. Il ne peut y avoir d’accès privilégié, de numerus clausus, d’autorisation pour exercer telles ou telles professions. De même, en situation de marché, le bénéfice est exceptionnel. Il a vocation, par le jeu de la concurrence, à tendre vers zéro. C’est dans les sociétés bloquées, dans les sociétés régulées que le bénéfice prend ses quartiers, s’accroît, prospère et devient insupportable.

La France n’a jamais admis le marché comme principe du système économique. Les tenants du protectionnisme, de l’encadrement ont toujours réussi à imposer leurs vues. L’Europe aujourd’hui contestée car paralysée a été construite pour retarder les évolutions et non pour préparer l’avenir. L’Europe, c’est au départ le charbon et la sidérurgie. Ce fut après l’agriculture qui absorbe encore aujourd’hui 60 % du budget européen qui se limite à 1 % du PIB quand les dépenses publiques représentent, en France, 56 % du PIB.

Certes, avec le marché unique et l’euro, l’Europe est devenu plus libérale mais le rejet du traité constitutionnel en 2005 démontre bien que cette évolution n’a pas été acceptée. Comble de l’ironie, les mêmes qui avaient combattu le Traité de 2005 réclame aujourd’hui plus d‘Europe et de fédéralisme. En se focalisant sur des annexes déjà en vigueur et qui le sont demeurées après le référendum, ils ont contribué à bloquer la construction européenne pour plusieurs années. Ils ont renforcé la vision britannique.

Le marché unique européen reste pourtant très embryonnaire du fait des différences en matière de fiscalité, de droit social et même matière de réglementation technique. La traduction des directives en droit interne s’effectue avec lenteur et en essayant de dénaturer les objectifs de départ. Ainsi, le marché de l’assurance, même s’il dispose d’une réglementation communautaire, demeure purement national.

Avec les Trente Glorieuses, nous avons pensé que le principe de « l’intendance suivra » était pérenne. L’évolution de la société est simple : moins de travail, plus de loisirs, plus d’argent. S’il y a un blocage, c’est à cause des forces conservatrices qui empêchent le progrès et qui captent une part croissante de la rente ou de la croissance. Il faut donc leur arracher des concessions voire leur imposer. L’histoire sociale française est émaillée de ces grandes luttes, de ces grandes conquêtes ; 1936, 1968, 1981… D’un côté, un patronat sur la défensive qui préfère tenir ses acquis car il sait qu’il ne sera soutenu par personne au moment où la rue se fera entendre. De l’autre, des syndicats qui récusent les équations économiques qui ne sont, à leurs yeux, que la traduction d’une domination du capital sur le salariat et qui tentent d’arracher le maximum d’avantages sans tenir compte des réalités économiques. Les syndicats réformistes sont accusés par les autres de faire le jeu du patronat et non de servir l’intérêt de leurs adhérents. La CFDT a payé, en 1995, son soutien au plan Juppé de réforme de la Sécurité sociale. Les syndicats défendent les salariés et non l’entreprise ; ils considèrent que c’est la mission des cadres dirigeants ; les actionnaires étant accusés de récupérer une rente indue. Il est difficile de faire admettre que cadres, salariés et actionnaires sont embarqués sur un même navire et que leurs intérêts convergent.

Les années 60 avec son taux de croissance supérieur à 3,5 %, avec une population active en augmentation et ayant un emploi, avec une croissance de la masse salariale, avec l’ascenseur social rendaient possible le financement de mesures sociales. Les gains de productivité permettaient d’absorber les surcoûts liés à l’accroissement des congés payés et à l’augmentation des cotisations sociales. Il faut souligner que les dépenses publiques avoisinaient les 35 % du PIB contre 56 % aujourd’hui, les prélèvements obligatoires étaient inférieurs à 40 %. La croissance permettait beaucoup et, par ailleurs, les dépenses de transferts étaient moindres qu’actuellement. A partir de 1973 et surtout après 1979, la croissance, les gains de productivité, l’emploi se sont étiolés. Il y a eu de petites rémissions mais à y regarder de près, il faut souligner que nous avons fait comme si rien ne changeait voire pire nous avons accéléré la vitesse du train de la dépense publique ou lieu de le ralentir. Quand la croissance repartait, il était hors de question d’assainir mais au contraire, il fallait faire plus. Le terme de « cagnotte » et l’expression « de partage des fruits de la croissance » ont été inventés au moment où la France avait des déficits, une dette en progression et un manque d’investissement. Mais le plus grave, c’est que nous n’avons pas voulu admettre que notre croissance était artificielle. Nous vivions à crédit et en important des gains de productivité du fait de la délocalisation de pans entiers de notre économie. Au nom de l’amélioration du niveau de vie et pour masquer certains dysfonctionnements, nous avons précipité l’économie dans un cercle vicieux : délocalisations pour importer moins cher sans pour autant créer de nouvelles activités, développement du chômage et de la pauvreté supposant des efforts supplémentaires en termes de finances publiques, renchérissant les couts de production qui incitent à délocaliser et ainsi de suite…

L’intendance ne suit plus car à force d’acheter de la croissance à crédit, le temps est venu de rembourser le capital et les intérêt.

Nous accusons les Etats-Unis d’avoir entraîné le monde dans l’enfer économique avec leurs subprimes et la titrisation. Ces crédits immobiliers ont généré, sans nul doute, une bulle immobilière et financière qui a entraîné une déflagration que nous n’avons encore terminé de payer. Mais si aux Etats-Unis, la croissance s’est nourrie de la dette privée constituée de prêts à des Américains pauvres qui ne pouvaient espérer rembourser que par les plus-values immobilières, force est de constater que l’Europe et tout particulièrement, la France, ont choisi un mode de développement similaire reposant sur la dette publique.

La dette publique est passée de 20 % du PIB en 1980 à 85 % en 2011. Les dépenses sociales représentent environ un tiers du PIB. Les fonctions publiques hospitalière et des collectivités locales ont augmenté d’environ 2 millions. La diminution de la croissance a été compensée pour les Français les plus vulnérables par l’augmentation des droits minimum. Le RMI puis le RSA pour les revenus, la CMU (CMUC pour les complémentaires) en matière de maladie, les tarifs spéciaux pour l’électricité, le téléphone et bientôt Internet, les allocations logement… prennent une part croissante dans les revenus de millions de Français. Ce système d’édredon de la disparition des gains de productivité s’applique également aux entreprises. Ainsi, le passage aux 35 heures a été acheté par un allègement sur les bas salaires qui coûtent aux contribuables 27 milliards d’euros par an selon la Cour des Comptes (2007).

Certains rêvent, en lieu et place de feu « le bouclier fiscal », d’instituer un bouclier social. Sur le papier, l’idée est louable mais n’est-ce pas la confirmation de l’instauration d’une société à plusieurs vitesses. Le risque de l’installation d’une part croissante de la population dans l’assistanat n’est pas sans fondement. A défaut d’être capable de faciliter l’employabilité d’une partie de la population, les pouvoirs publics veulent non plus guérir mais contenir la souffrance sociale.

Le coût croissant des dépenses sociales est supporté par les classes moyennes dont le pouvoir d’achat est menacé tant par les prélèvements publics que par la stagnation économique. Pour le cœur de la société française, la crainte du déclassement est fortement ressentie avec l’accroissement du chômage. Il est, en outre, pour ceux qui ne sont sur les marchés mondiaux, de plus en plus difficile de sortir par le haut de la classe moyenne. Robert Reich, ancien secrétaire d’Etat au travail de Bill Clinton, dans un livre paru dans les années 90, « l’économie mondialisée » avait bien analysé les tendances économiques et sociales. Il avait pronostiqué l’avènement d’une élite mondialisée pouvant s’affranchir des contraintes fiscales nationales, créateurs de symboles (innovations, communications, de biens et services uniques) et créateurs de richesses pour eux-mêmes et pour ceux qui les emploient. A leurs côtés, deux autres catégories, une classe d’actifs ne pouvant pas accéder directement au marché mondial mais mis en concurrence du fait des délocalisations. Cette classe centrale est à la merci des aléas de la conjoncture et des progrès réalisés dans les pays émergents ; enfin une classe d’actifs difficilement employables dans les conditions du marché et ne pouvant survivre que grâce à l’assistance.

La sortie de la crise suppose de dépasser cette segmentation de la population qui ne peut qu’aboutir à l’appauvrissement. Aujourd’hui, il y a non seulement un retour des thèses malthusiennes en vertu desquelles nous payons la surpopulation tant au niveau environnemental qu’au niveau économique mais aussi un retour des thèses marxistes avec le développement d’un sous-prolétariat.

La création du bouclier social ne serait que l’acceptation de la défaite économique. Il faudrait mieux opter pour un booster social qui aurait vocation sur une durée déterminée d’épauler ceux qui se retrouvent sur le bord du chemin. Il faut passer d’un traitement indifférencié, d’un traitement impersonnel de l’exclusion à un traitement personnalisé.

Il faut retrouver la logique de l’assurance et non s’abandonner aux délices vénéneux de l’assistance pour redorer le consensus, ne pas donner l’impression qu’un système à double ou triple vitesses s’instaure.

La priorité est de favoriser l’émergence de nouveaux secteurs d’activité. A force de concentrer notre attention sur la demande, nous avons oublié que c’est l’offre qui crée la richesse. Le keynésianisme ou du moins une certaine lecture du keynésianisme pouvait s’appliquer aux économies ayant des stades de développement voisins. Avec la mondialisation, opérer sur la demande permet, certes, de relancer la croissance mais par la consommation et donc par les importations. En 2009, tous les Etats occidentaux ont mis en œuvre des plans de relance qui ont réussi car nous sommes sortis de la récession mais ces plans n’ont pas modifier structurellement la donne. Ils ont eu un effet « drogue » évident. Le mal demeure avec simplement un peu plus de dettes. Face à cette situation, certains réclament la démondialisation. Il ne faut pas oublier que le commerce extérieur représente plus du quart de notre PIB. Par ailleurs, notre croissance, nos gains de pouvoir d’achat résultent en partie depuis dix ans justement de cette mondialisation. Détricoter ne serait pas sans incidence sur notre niveau de vie. De plus, il n’est pas si facile de relocaliser, de réinvestir dans des secteurs que nous avons abandonnés depuis années.

Dans notre histoire quand nous avons choisi le protectionnisme, nous l’avons payé très cher en termes de croissance et de développement. Il a fallu des années de sacrifices pour rattraper le retard. Il faut également se souvenir que la Chine était la première puissance mondiale sous François 1er mais qu’au XVème siècle, les Empereurs chinois ont décidé de ne plus commercer avec les étrangers car ils étaient assimilés à des barbares. Il en a résulté un long déclin qui a pris fin avec l’ouverture de la Chine au monde par Deng Xiaoping.

Nous devons agir sur l’offre en favorisant l’émergence de nouveaux secteurs et favoriser la concurrence. L’économie française mais plus largement l’économie mondiale souffre d’une insuffisance de concurrence. Il y a une concentration trop importante dans plusieurs grands secteurs notamment financier, énergétique, sidérurgique, informatique, dans les télécommunications… Nous avons laissé la main à des oligopoles qui disposent de rentes de situation. Les Etats-Unis avaient avec leurs lois antitrust réussit à casser les oligopoles, avant la seconde guerre mondiale et juste après, des compagnies pétrolières et des sociétés de télécommunication. Depuis, il a été impossible de mettre un terme aux situations de quasi monopoles de Microsoft ou de Google. Certes, aujourd’hui, Microsoft se fait dépasser justement par Google mais ces sociétés captent une rente indue et freine la diffusion des innovations.

Si régulation mondiale il doit y avoir, elle devrait surtout viser à fluidifier les marchés, à les rendre plus transparents et surtout à éviter des situations de monopole. Ce n’est pas le libéralisme qui est en cause dans la crise actuelle mais l’absence de libéralisme dans le sens que les asymétries d’information ont provoqué les subprimes et que le maintien de taux d’intérêt bas décidé par les pouvoirs publics a nourri un machine à bulles spéculatives.

L’emballement de l’endettement provient en grande partie de la décision des Etats ou plutôt des banques centrales de soutenir la croissance en abaissant les taux d’intérêt. Depuis 2001, à quelques rares exceptions, nous vivons avec des taux d’intérêt très faibles. Après l’éclatement de la bulle Internet et après les attentats du 11 septembre 2001, un consensus s’est dégagé en faveur d’une politique accommodante avec comme conséquence une altération de l’appréciation du risque. Pourquoi investir à long terme sur des investissements à la rentabilité aléatoire quand l’argent ne rapporte rien ? Il est plus avantageux de spéculer à court terme.

Le souhait de maintenir un volant de croissance par tous les moyens a tué la croissance à venir et a empêché une régénération de l’offre. Keynes était partisan de soutenir la demande pour éviter un arrêt de l’économie et donc l’instauration d’un cercle vicieux récessif mais il considérait que l’investissement matériel fournissait le multiplicateur le plus fort.

Aujourd’hui, la dérégulation financière est accusée de tous les maux mais il convient de se souvenir que la mise aux rebuts des dispositions nées de la grande crise de 1929 (séparation banque de dépôts, banques d’affaires, maisons de titres et banques…) a été décidé par les gouvernements afin de faciliter le placement des titres publics. En France, c’est Pierre Bérégovoy qui, entre 1984 et 1990, a engagé la grande mutation du marché financier français au moment où la dette publique et le déficit commençaient à exploser. Il est peut-être souhaitable de mieux encadrer la sphère financière et d’éviter la dilution du risque mais il faut être conscient que les Etats ont dans la dérive actuelle une lourde part de responsabilité.

Face à la crise qui s’étend, certains rêvent d’un nouveau modèle qui puisse s’affranchir des règles économiques actuelles. Le fantasme utopique se nourrit des contradictions. A la fois, nous crions à la destruction de l’environnement avec en filigrane la prise en compte de la rareté des ressources mais nous ne sommes pas prêts à en payer le prix.

Sur l’énergie, le débat se focalise sur le nucléaire. Avec l’accident de Fukushima, l’énergie nucléaire est remise en question par une partie des élites et de la population. Le principe de la sortie du nucléaire est de plus en plus évoqué sans pour autant que soit pris en compte l’ensemble des données du problème.

En effet, la sortie du nucléaire suppose de trouver une énergie ou des énergies de substitution pour l’électricité dont la consommation ne fait que croitre. Certes, les tenants de la décroissance rêvent d’une meilleure maîtrise énergétique, c’est souhaitable mais il faut prendre en compte l’augmentation de la population et la volonté de développer des transports propres. Tout conduit à une augmentation assez rapide de l’énergie électrique dans les prochaines années. Aujourd’hui, la France produit près de 80 % de son énergie électrique par le nucléaire. Il faut souligner que cette situation nous garantit une certaine indépendance et nous affranchit, en partie, des variations du prix du pétrole.

Les possibilités, en l’état actuel des techniques, de remplacer l’énergie nucléaire par de nouvelles énergies sont limitées. Le solaire ou l’éolien ne peuvent être que des compléments. L’ensemble des éoliennes installées en France produit moins d’électricité qu’une tranche d’une centrale nucléaire. En outre, l’énergie électrique ne peut pas être stockée ; il est donc délicat de dépendre du soleil et du vent pour fournir l’électricité de base. A défaut d’énergies nouvelles et renouvelables, la sortie du nucléaire se traduirait immanquablement par la construction de centrales au fuel, au gaz ou au charbon, polluantes, émettrices de CO2 et coûteuses pour les consommateurs. L’arrêt de la construction de l’EPR serait un non-sens économique. Si, aujourd’hui, il y a des surcoûts et des retards, c’est en grande partie à cause du sous-investissement de la part d’EDF et de l’Etat dans la filière nucléaire dans les années 90. Il y a eu alors une perte de compétences, de savoir-faire, une insuffisance de formation d’ingénieurs que nous payons à l’exportation mais aussi pour la construction de la centrale de Flamanville.

Du fait des contraintes en matière de pollution et du renchérissement des matières fossiles, l’accès à l’énergie sera un des enjeux majeurs des prochaines années. Bizarrement, la France qui a en la matière une tradition et des entreprises de pointe décident de se mutiler. En récusant d’office les gaz de schistes, la France accepte de se priver d’énergie et de capacité de développement. Bien évidemment, il faut préserver l’environnement mais cela ne doit pas empêcher de tenter de développer notre économie. Il en est de même avec les OGM où au nom du principe de précaution, la France a décidé d’opter pour le splendide isolement. En appliquant un tel principe, aurions-nous importé les pommes de terre, les tomates ou les kiwis en France ? En rejetant tout OGM, la France risque de passer à côté d’une révolution technologique. A force de récuser l’offre, il ne faut pas s’étonner que le moteur économique soit anémié.

La France se caractérise par l’étroitesse du moteur économique. Pourtant, nous disposons d’atouts non négligeables avec, en particulier, des infrastructures de bonne qualité. Il faut néanmoins ne pas les surestimer. L’Espagne possède un réseau de lignes à grande vitesse supérieur à celui de la France. Les lignes ferroviaires classiques sont rustiques et notre trafic de fret est condamné à prendre la route. Les liaisons interrégionales sont faibles que ce soit en train ou en avions. La région parisienne est menacée d’asphyxie par sous-investissement dans les transports qu’ils soient ferrés ou routiers. La France est également confrontée à une crise du logement qui est le produit de mesures malthusiennes. Elle est l’enfant de l’insuffisance de foncier constructible. Le caractère tatillon de la réglementation limite les possibilités de construction. Ce sont bien souvent ceux qui réclament plus de logements sociaux qui renforcent les contraintes pesant sur la construction de logements ou de maisons. Il est difficile de transformer la France en musée et de loger tout le monde.

Par ailleurs, les études Pisa de l’OCDE ont démontré que nous prenons du retard dans le domaine de la formation. Nous hypothéquons nos capacités à améliorer notre compétitivité dans les prochaines années en formant mal les jeunes. En outre, cela n’incitera pas les investisseurs étrangers à venir en France.

Pour développer nos atouts et renforcer notre compétitivité, il faut mieux orienter l’épargne, la dépense publique. Il faut oser remettre l’investissement, l’innovation et la formation au cœur des priorités.

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09 2011

le grand poker menteur européen

La monnaie unique avait vocation à parachever le marché unique en éliminant les risques de change et à réduire les variations de taux d’intérêt. Si les dévaluations ont par nature disparu, les variations de taux sont de retour avec la crise des dettes souveraines.

La monnaie unique faute d’avoir été accompagnée d’une politique économique unique et d’instruments de régulation bute sur les réalités nationales. Les divergences économiques et de finances publiques sont sanctionnées par la pratique des écarts de taux. Autrefois, le mark servait de référence dans les dévaluations et les réévaluations monétaires au sein du Système monétaire européen. Aujourd’hui, c’est le taux d’intérêts des emprunts d’Etat allemands qui joue le rôle de pivot. La Grèce, l’Italie, l’Espagne, le Portugal ou l’Irlande doivent supporter des taux supérieurs de plusieurs points à celui pratiqués en Allemagne ce qui renchérit d’autant le coût de la dette.

Le marché de la dette s’est donc renationalisé au point que les Etats en difficulté éprouvent les pires difficultés à placer leurs titres au-delà de leurs frontières sauf à consentir des taux d’intérêt élevés.

La zone financière de l’euro vole donc en éclat sans que les Etats membres aient pris des initiatives pour l’empêcher. La création du Fonds européen de stabilité financière ne vise qu’à colmater la crise en répondant au cas par cas aux situations d’urgence. Les décisions prises depuis deux ans ont abouti à l’instauration d’un véritable cercle vicieux qui en outre contamine l’ensemble de la zone. L’aide européenne à la Grèce est conditionnée à la mise en œuvre de plans d’assainissement drastiques des finances publiques qui freinent voir annihilent toute activité. Censés faciliter le remboursement de la dette, ces plans le rendent impossibles. Le principe « soigne toi d’abord » nous verrons ce que nous pouvons faire pour toi après aboutit à aggraver sans fin l’état du malade.

L’Europe souffre de ses divisions. Il n’existe pas de marché unique de la dette comme aux Etats-Unis. Il y a dix sept marchés différents. Il n’y a pas de fonds d’actions comme aux Etats-Unis venant en aide à des Etats en difficulté. L’absence de mobilité de la population rendrait plus nécessaire qu’outre atlantique de tels fonds. Le budget européen est ridicule, 1 % du PIB dont 60 % sont affectés à l’agriculture.

La déliquescence de la zone euro est favorisé par le retour en force du populisme et du nationalisme. L’absence de projets communs et de consensus renforce l’europessimisme et le rejet de toute nouvelle avancée vers le fédéralisme.

Entre Etats membres, un véritable poker menteur s’est institué. L’Allemagne qui exporte avant tout au sein de la zone euro a tout à perdre d’une disparition de la monnaie unique qui conduirait à une dépréciation des nouvelles monnaies des Etats endettés.

De ce fait, ces derniers considèrent qu’un moment où à un autre l’Allemagne fera un geste et acceptera les eurobonds. Le Gouvernement allemand ne veut pas compte tenu des échéances électorales, montrer qu’il est le payeur en dernier ressort pour les Etats qui ont failli. L’Allemagne reste fidèle à sa ligne : commencez à assainir vos finances publiques et nous étudierons les moyens pour vous aidez. Les Allemands conservent en leur sein les très mauvais souvenir de l’hyperinflation. Ils sont donc opposés à toute création monétaire artificielle d’où le refus des interventions directes de la Banque centrale. Il n’en demeure pas moins qu’avec une population en diminution, notre partenaire d’Outre-Rhin ne peut pas faire cavalier seul. Ce jeu de poker à l’échelle européenne est destructeur.

Il est évident que nous sommes entrés dans une zone monétaire allemande et que nous devons en tirer les conséquences en terme de gestion. L’Allemagne a mené depuis près de dix ans une politique de compétitivité axée sur la maîtrise budgétaire et sur celle des coûts salariaux. Cette politique qui n’a pas été empruntée par les Etats du sud s’impose à eux aujourd’hui. Si les eurobonds sont créés, ils se traduiront par la mise en tutelle des Etats qui en bénéficieront. La perte de souveraineté est inévitable. Il faudra fixer les conditions et les modalités d’octroi des eurobonds, le plafond autorisé et l’autorité qui aura comme missions de les superviser. Les interventions du FMI sont souvent mal vécues par les peuples et les gouvernements, il en sera certainement de même pour les conditions d’obtention des eurobonds

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09 2011

La bataille du temps est engagée

Il a suffi de quelques signes pour la crise boursière et financière fasse son retour. Les mauvais résultats de l’emploi aux Etats-Unis ont confirmé que la première économie mondiale suivait le tempo européen en s’enfonçant dans la stagnation voire la récession.

Les débats houleux pour l’adoption du plan du 21 juillet 2011 au sein de plusieurs pays de la zone euro témoignent de la dure marche vers la solidarité européenne. Les rapports sur la Grèce démontrent que le patient est au plus mal et que sa survie est encore hypothétique.

Le temps politique est de moins en moins en phase avec celui de l’économie. Il obéît à des considérations électorales de court terme qui ne favorisent pas l’application de réformes de structure. La pression médiatique s’est accrue sur les gouvernements ; les lunes de miel se transforment de plus en plus en lunes de fiel. Avec la multiplication des crises et l’incapacité des Etats à les juguler, le populisme est devenu le fil rouge des débats politiques. Le temps politique peut être également trop lent. La recherche de consensus, les procédures parlementaires, les négociations internationales allongent les délais et conduisent à l’adoption de solutions partielles, temporaires. Les investisseurs souhaiteraient des processus de décision plus rapides, moins dépendants des aléas de la démocratie. « Laisser le temps au temps » n’est pas à la mode à l’époque de la production en flux tendu.

En optant pour des remèdes de court terme, les gouvernements tentent de gagner du temps depuis trois ans. Or, ni les plans de relance, ni les injections de liquidités ne permettent de sortir du coma l’économie des pays occidentaux. L’arme budgétaire étant devenue impossible, tout le monde semble se rabattre sur l’arme monétaire en usant et abusant des taux d’intérêt faibles et des « quantative easing ».

Il y a un réel problème de sous-emploi qui mine de nombreux pays dont les Etats-Unis et la France. Ce sous-emploi devenu permanent depuis trois ans témoigne d’une capacité d’accroître l’offre et cela malgré le maintien d’un fort volant d’aides publiques. Certes, l’Allemagne fait exception mais il faut souligner que sa population active diminue et qu’elle tire sa richesse par les exportations ; ces dernières assurent 50 % de son PIB contre un tiers pour la France.

Il y a un réel problème de change. Depuis quarante ans, le dollar n’est plus convertible avec l’or ; depuis trente-cinq ans, le système monétaire mondial est un faux système de changes flottants avec le premier exportateur mondial qui a arrimé sa monnaie avec le premier pays déficitaire, les Etats-Unis. Si le marché fonctionnait, le renminbi chinois aurait du fortement s’apprécier au détriment du dollar et de l’euro. A défaut d’ajustement, certes, les pays occidentaux bénéficient de gains de productivité importés mais au prix d’un non respect des théories de l’échange. L’euro n’est pas en tant que tel surévalué compte tenu du poids de l’Allemagne, deuxième exportateur mondial. Il faut l’admettre nous évoluons au sein d’une zone monétaire allemande à la nuance près que notre voisin d’Outre-Rhin n’assure pas réellement son rôle de prêteur en dernier ressort.

L’Allemagne, première puissance économique de la zone euro, plaque tournante des exportations est le premier bénéficiaire de la monnaie unique. Or, nous sommes dans un empire monétaire sans empereur. L’histoire ne donne pas crédit à des zones monétaires sans pouvoir politique. L’euro a su résister aux tourments économiques depuis douze ans mais au prix d’ajustements dans la douleur et au prix d’un psychodrame. Au sein d’un espace monétaire commun, les adaptations ne peuvent se faire que par mobilité de la population ou par des actions structurelles. Aux Etats-Unis, l’Etat fédéral peut intervenir en faveur d’une région en difficulté et les migrations de population sont fréquentes. En Europe, la barrière des langues limite les déplacements intra-européens et les fonds d’action structurelle sont limités et d’une mise en œuvre lente. L’Allemagne ne consent à aider les Etats membres de la zone euro à la condition que ces derniers aient adopté des plans drastiques d’assainissement ; en outre, le médecin ne répond pas pour l’avenir ; il n’intervient qu’au cas par cas quand le patient est au bord du gouffre. L’Allemagne ne veut pas créer de précédent ; or elle en crée un celui de laisser la crise perdurer et s’amplifier.

La création d’eurobonds suppose au préalable de répondre aux questions suivantes : quelles autorité aurait la supervision de ces eurobonds ? La Banque centrale, la Commission, une structure ad-hoc… ; quels seraient les droits de tirage des Etats membres ? Quelles conditions devraient remplir les Etats pour en bénéficier et quelles seraient les modalités de contrôle ? Les eurobonds pourraient signifier le passage sous contrôle étranger d’un Etat sauf à avancer vers un réel fédéralisme.

Durant plusieurs décennies, le politique avait disparu de la sphère économique avec la libéralisation et la mondialisation. La défaite du politique est double. Il est incapable de maîtriser la crise et les déficits publics autoalimentent cette dernière. En 2008, le leitmotiv était d’éviter de commettre les mêmes erreurs qu’en 1929. Trois ans plus tard, face à l’épuisement des modes d’intervention classiques, les gouvernements semblent désemparés. Dans les deux prochaines années, les élections en Espagne, en France, aux Etats-Unis en Allemagne et en Italie ne faciliteront pas l’émergence d’un nouveau paradigme. Il nous faut inventer un « new deal » pour le 21ème siècle faute de quoi nous risquons de connaître plusieurs années de torpeur économique. Si le New Deal et le keynésianisme étaient les réponses adaptées à des économies ouvertes et industrielles, il en est autrement pour une économie financiarisée et mondialisée. De nouveaux outils, de nouvelles gouvernances doivent être instaurées. Une conférence économique et financière internationale s’impose afin de régler les problèmes financiers, de monnaie et d’échanges. Au niveau européen, la marche vers le fédéralisme autour des Etats membres de la zone euro est une condition indispensable pour la survie de la monnaie unique.

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09 2011

La diminution du taux de croissance en France Une économie en manque de morphine et d’oxygène

<strong>Le premier trimestre n’a pas fait le printemps</strong>
Le premier trimestre 2011 avait été marqué par un taux de croissance élevé, 0,9 %. Ce résultat était imputable à la fin du plan de relance et en particulier de la prime à la casse dans le secteur de l’automobile (arrivée à son terme fin 2010). Les entreprises avaient, en outre, reconstitué leurs stocks.
Cette croissance avait été portée par le maintien à un bon niveau de la consommation.
Il en avait résulté une diminution du taux de chômage de janvier à avril.
<strong>Le deuxième trimestre accumule les mauvais signes </strong>
La diminution du second trimestre était attendue compte tenu de la succession de mauvais résultats de puis plusieurs mois.
L’économie française comme celle de ses principaux partenaires a été confrontée au deuxième trimestre à une série de facteurs négatifs :
 La disparition des effets des plans de relance
 L’impact du tremblement de terre et du tsunami japonais
 L’augmentation des cours des matières premières et de l’énergie
 Le retournement du moral des investisseurs et des consommateurs.
Les gouvernement ont mis un terme aux plans de relance et se sont engagés plus ou moins fortement dans l’assainissement des comptes publics. Cet assainissement devrait coûter au moins 0,5 point de croissance. Les économies qui sont sous perfusion depuis 2008 se sont retrouvés privés de morphine et d’oxygène. L’impact des dépenses publiques de positif devient progressivement négatif.
Le tremblement de terre au Japon a créé quelques goulets d’étranglements dans certains secteurs d’activité (automobile, informatique, nouvelles technologies…) ;
L’augmentation des cours des matières premières a conduit à une diminution du pouvoir d’achat des ménages depuis le début de l’année. Ces derniers n’ont pas réduit leur effort d’épargne mais au contraire leur consommation. La consommation a reculé de 1,8 % au second trimestre après une petite hausse de 0, 1 % au premier trimestre. Les immatriculations de voiture ont reculé de 16,4 % au second trimestre.
Les tensions sur les marchés financiers et sur la question de la dette souveraine a conduit au retournement du moral des acteurs économiques. La baisse de la production manufacturière en juin (-1,9 %) ne peut que conforter cette appréciation.
L’accumulation de mauvaises nouvelles a entraîné l’aggravation du chômage depuis le mois de mai effaçant les gains obtenus depuis le mois janvier. Le taux de chômage est de 9,7 %.
<strong>L’année 2011 peut sauver la mise mais la question se pose pour 2012</strong>
Compte tenu de l’acquis de croissance du premier trimestre 2011, l’objectif d’un taux de croissance de 2 % sera difficile à atteindre mais n’est pas encore impossible sauf si le ralentissement économique prend la forme d’une crise mondiale comme en 2008/2009.
En revanche, pour 2012, le Gouvernement a déjà revu à la baisse sa prévision de 2,5 en l’abaissant à 2,25 %. Le taux de 2,5 % était récusé par la très grande majorité des prévisionnistes. Il apparaît de plus en plus difficile de caler les budgets publics sur une base de 2,25 %. Un taux à 1,5 % serait beaucoup plus crédible voire encore optimiste.
<strong>Quelles conséquences</strong>
Une baisse d’un point de la croissance accroit par un effet sur les recettes et les dépenses, le déficit de  au moins 0,6 point du PIB. Pour respecter les engagements pris pour revenir à 3 % du PIB de déficit public, il faut trouver plus de 10 milliards de recettes ou d’économies en matière de finances publiques et sous réserve que les résultats de 2011 soient les plus proches des prévisions.
Le programme de stabilité transmis à la Commission de Bruxelles prévoit de réduire le déficit public de la manière suivante :
2010 : 7,0 % du PIB
2011 : 5,7 % du PIB
2012 : 4,6 % du PIB
2013 : 3,0 % du PIB
2014 : 2,0 % du PIB
Le Gouvernement avait pris soin de faire que la marche budgétaire 2011/2012 soit plus faible de la série ce qui limite l’effort à réaliser. Le déficit public doit être ramené de 115 à 97 milliards d’euros. Néanmoins, il escomptait une croissance d’au moins de 2 %.
Les attaques des investisseurs vis-à-vis de la France sont liées sur le manque de crédibilité du plan au regard de la prévision du taux de croissance et de la vulnérabilité financière face à une éventuelle mise en cause des dettes souveraines de l’Italie et de l’Espagne
La dérive des comptes concerne l’Etat mais aussi les régimes sociaux.
Le Conseil d’Orientation des Retraites avait dans sa note du mois de juillet ainsi indiqué que la dérive des comptes de l’assurance-vieillesse portait sur une dizaine de milliards d’euros du fait en autre du manque à gagner en matière de croissance.
Le Gouvernement se retrouve donc pour 2012, année électorale, à devoir trouver environ 10 milliards d’euros sachant qu’il était admis qu’une hausse de CSG ou de TVA était attendu après le mois de mai (financement de l’assurance-maladie et réduction du déficit de l’Etat). Avec l’affaiblissement de la croissance, la question est de savoir si les marchés vont attendre neuf mois.

<strong>Le premier trimestre n’a pas fait le printemps</strong>
Le premier trimestre 2011 avait été marqué par un taux de croissance élevé, 0,9 %. Ce résultat était imputable à la fin du plan de relance et en particulier de la prime à la casse dans le secteur de l’automobile (arrivée à son terme fin 2010). Les entreprises avaient, en outre, reconstitué leurs stocks.
Cette croissance avait été portée par le maintien à un bon niveau de la consommation.
Il en avait résulté une diminution du taux de chômage de janvier à avril.
<strong>Le deuxième trimestre accumule les mauvais signes </strong>
La diminution du second trimestre était attendue compte tenu de la succession de mauvais résultats de puis plusieurs mois.
L’économie française comme celle de ses principaux partenaires a été confrontée au deuxième trimestre à une série de facteurs négatifs :
 La disparition des effets des plans de relance L’impact du tremblement de terre et du tsunami japonais L’augmentation des cours des matières premières et de l’énergie  Le retournement du moral des investisseurs et des consommateurs.
Les gouvernement ont mis un terme aux plans de relance et se sont engagés plus ou moins fortement dans l’assainissement des comptes publics. Cet assainissement devrait coûter au moins 0,5 point de croissance. Les économies qui sont sous perfusion depuis 2008 se sont retrouvés privés de morphine et d’oxygène. L’impact des dépenses publiques de positif devient progressivement négatif.
Le tremblement de terre au Japon a créé quelques goulets d’étranglements dans certains secteurs d’activité (automobile, informatique, nouvelles technologies…) ;
L’augmentation des cours des matières premières a conduit à une diminution du pouvoir d’achat des ménages depuis le début de l’année. Ces derniers n’ont pas réduit leur effort d’épargne mais au contraire leur consommation. La consommation a reculé de 1,8 % au second trimestre après une petite hausse de 0, 1 % au premier trimestre. Les immatriculations de voiture ont reculé de 16,4 % au second trimestre.
Les tensions sur les marchés financiers et sur la question de la dette souveraine a conduit au retournement du moral des acteurs économiques. La baisse de la production manufacturière en juin (-1,9 %) ne peut que conforter cette appréciation.
L’accumulation de mauvaises nouvelles a entraîné l’aggravation du chômage depuis le mois de mai effaçant les gains obtenus depuis le mois janvier. Le taux de chômage est de 9,7 %.
<strong>L’année 2011 peut sauver la mise mais la question se pose pour 2012</strong>
Compte tenu de l’acquis de croissance du premier trimestre 2011, l’objectif d’un taux de croissance de 2 % sera difficile à atteindre mais n’est pas encore impossible sauf si le ralentissement économique prend la forme d’une crise mondiale comme en 2008/2009.
En revanche, pour 2012, le Gouvernement a déjà revu à la baisse sa prévision de 2,5 en l’abaissant à 2,25 %. Le taux de 2,5 % était récusé par la très grande majorité des prévisionnistes. Il apparaît de plus en plus difficile de caler les budgets publics sur une base de 2,25 %. Un taux à 1,5 % serait beaucoup plus crédible voire encore optimiste.
<strong>Quelles conséquences</strong>
Une baisse d’un point de la croissance accroit par un effet sur les recettes et les dépenses, le déficit de  au moins 0,6 point du PIB. Pour respecter les engagements pris pour revenir à 3 % du PIB de déficit public, il faut trouver plus de 10 milliards de recettes ou d’économies en matière de finances publiques et sous réserve que les résultats de 2011 soient les plus proches des prévisions.
Le programme de stabilité transmis à la Commission de Bruxelles prévoit de réduire le déficit public de la manière suivante :
2010 : 7,0 % du PIB2011 : 5,7 % du PIB2012 : 4,6 % du PIB2013 : 3,0 % du PIB2014 : 2,0 % du PIB
Le Gouvernement avait pris soin de faire que la marche budgétaire 2011/2012 soit plus faible de la série ce qui limite l’effort à réaliser. Le déficit public doit être ramené de 115 à 97 milliards d’euros. Néanmoins, il escomptait une croissance d’au moins de 2 %.
Les attaques des investisseurs vis-à-vis de la France sont liées sur le manque de crédibilité du plan au regard de la prévision du taux de croissance et de la vulnérabilité financière face à une éventuelle mise en cause des dettes souveraines de l’Italie et de l’Espagne
La dérive des comptes concerne l’Etat mais aussi les régimes sociaux.
Le Conseil d’Orientation des Retraites avait dans sa note du mois de juillet ainsi indiqué que la dérive des comptes de l’assurance-vieillesse portait sur une dizaine de milliards d’euros du fait en autre du manque à gagner en matière de croissance.
Le Gouvernement se retrouve donc pour 2012, année électorale, à devoir trouver environ 10 milliards d’euros sachant qu’il était admis qu’une hausse de CSG ou de TVA était attendu après le mois de mai (financement de l’assurance-maladie et réduction du déficit de l’Etat). Avec l’affaiblissement de la croissance, la question est de savoir si les marchés vont attendre neuf mois.

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08 2011

Casser le thermomètre ne résout pas une crise

Face à l’amplification de la crise des dettes souveraines en Europe, de plus en plus de voix se font entendre pour condamner les agences de notations. Elles sont jugées responsables du jeu de domino auquel nous assistons. Elles sont accusées de jouer contre l’Europe car elles sont américaines ; il faut noter que l’agence Ficht est dirigée par un Français. Elles seraient coupables de favoriser les spéculateurs et les oiseaux de mauvais augure.

Certes, la question de l’indépendance des agences de notation peut être soulevée tout comme la compétence des experts en charge de noter les Etats ou les entreprises ; il n’en demeure pas moins que ces agences remplissent un rôle d’information et de transparence capital au sein des marchés financiers. Les investisseurs doivent pouvoir connaître les risques qu’il prend en plaçant son argent.

En vertu de quoi, les agences fermeraient les yeux sur les dangers de l’emballement de la dette dans les pays européens. Leur mission est de conseiller les investisseurs et non de se faire élire. Or, quand un pays masque le niveau réel de son déficit ; quand ce pays est incapable de juguler le travail au noir et quand sa croissance demeure atone ; il est évident que ses facultés de rembourser ses dettes sont amoindries.

Quand des Etats, depuis des décennies, vivent à crédit, quand leur dette publique franchit les 90 % du PIB, quand le service de la dette devient le principal poste de dépenses de l’Etat, est-il surprenant que les prêteurs demandent de nouvelles garanties voire refusent de prêter ? Les Etats ont cru s’affranchir des contraintes financières qui pèsent traditionnellement sur tout emprunteur comme une entreprise ou un particulier. Aujourd’hui, le principe de réalité s’impose.

Casser le thermomètre ne modifierait pas la donne. Les questions resteraient inchangées. En absence de notation, les investisseurs seraient de toute façon obligés d’analyser les risques d la même façon.

La crise de la dette souveraine qui frappe le vieil Occident peut provoquer une véritable crise économique et financière de grande ampleur. Elle traduit l’épuisement du modèle économique mis en œuvre depuis soixante ans. En l’absence de gains de productivité, les pays anciennement industrialisés n’ont réussi à maintenir leur niveau de vie qu’en ayant recours à l’emprunt. Que la dette soit privée ou publique, l’heure des comptes a sonné. Les transferts de capitaux générés par les déséquilibres commerciaux et par la rente des matières premières ne peuvent pas être sans incidence sur le fonctionnement de l’économie mondiale.

L’Europe paie son manque d’organisation et de solidarité, la faiblesse de sa croissance depuis 20 ans. Les Etats-Unis sont dans une situation moins délicate du fait du faible niveau de leurs prélèvements obligatoires mais, en revanche, leur économie semble s’être européanisée avec la cristallisation du chômage et l’envolée sans fin de la dette.

En 1944 et 1945, dans le prolongement des accords de Bretton Woods, les organisations internationales comme le FMI ou la Banque Mondiale avaient été créées par les Occidentaux et essentiellement par les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Ce système a perduré malgré l’abandon des changes fixes (1971 et officiellement en 1976), malgré la fin de l’URSS en 1989 et malgré le décollage de l’Asie et de l’Amérique Latine.

Que ce soit en Europe ou au niveau du G20, l’esprit n’est pas à l’innovation et à la construction d’un nouveau système de coopération économique et financière. L’ère est au sauve qui peut ; or en lors de la crise de 1929, c’est justement la montée des égoïsmes à travers le protectionnisme ou la bataille des taux de change qui a plongé l’économie dans la dépression et dans la guerre. En 2008, les Etats après quelques tergiversations, avaient réussi à monter un plan de sauvetage de la sphère financière. En 2011 et 2012, le problème est monté d’un cran car il faut endiguer une crise des Etats.

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07 2011

Revue Parlementaire, Tribune de Philippe Crevel

Est-il raisonnable d’épargner en 2011 ?

Lire la tribune sur le site de la revue Parlementaire

Face à l’épargne, les gouvernemen s qu’ils soient de droite ou de gauche éprouvent les pires difficultés à fixer un cap. Ainsi, les épargnants peuvent être appelés à l’aide pour accroître les fonds propres des entreprises à travers des incitations en faveur de l’épargne longue mais aussi encouragés à consommer en leur demandant de puiser, par exemple, dans leur épargne salariale. Il peut leur être demandé d’augmenter leur effort d’épargne en vue de financer la retraite ou la dépendance et, dans le même temps, des mesures sont prises pour alourdir, par exemple, la fiscalité de l’assurance-vie.

L’épargne est, en France, mal considérée et mal appréhendée. Implicitement, renoncer à consommer immédiatement l’argent reçu est un acte quasi antiéconomique. La consommation qui représente 80 % du PIB est, dans un pays pourtant peu porté à glorifier le modèle américain, privilégiée du fait de l’impact supposé immédiat de mesures visant à la soutenir. L’investissement, même si le multiplicateur keynésien penche en sa faveur, a un effet à moyen et long terme qui n’est pas en phase avec le temps politique.

Même si plus de 92 % des ménages épargnent, même si un ménage sur deux possède un contrat d’assurance vie, les clichés ont la vie dure. L’épargnant gagne sa vie en dormant ou sur le dos des autres. A force de lire que le capital est moins taxé que le travail, il est aisé de croire que derrière l’épargnant se cache un profiteur doublé d’un fraudeur.

Malgré toutes ces récriminations, force est de constater que les Français restent des fourmis.

Le taux d’épargne des ménages, 15,8 % du revenu disponible brut à la fin de l’année 2010, demeure un des plus élevé d’Europe. Malgré l’existence d’un large système de protection sociale qui couvre la quasi-totalité des risques, les Français jugent nécessaire de disposer d’un matelas de sécurité. Le taux d’épargne des ménages se décompose en trois parties, la première correspond à l’investissement en logement et représente la moitié de l’effort d’épargne, la seconde à l’investissement des entreprises individuelles qui est aujourd’hui de 1 % (ce taux était de 3 % jusque dans les années soixante-dix). La troisième partie qui s’élève à 6,8 % du revenu disponible brut correspond à l’épargne financière. Son taux fluctue en fonction des marchés financiers. En 1987, après le krach, il était tombé à 0,4 %. En 2002, il était de 8 % avant de redescendre après la dernière crise financière à 4,8 % en 2008.

Le climat actuel n’est pas, à priori, très porteur pour les épargnants. En effet, le niveau du CAC 40 se maintient à celui qu’il avait en 1998. Du fait de l’aversion aux risques de tous les acteurs, les investisseurs choisissent les titres offrant le maximum de sécurité ce qui conduit à peser sur le niveau des taux obligataires et à encourager les Etats à s’endetter.

Même si la notion d’excès de liquidités est à manier avec précaution, les actions des banques centrales et des autorités publiques pour juguler la crise ne favorisent pas le rendement, à court terme, de l’épargne.

De même, les déséquilibres commerciaux provoqués par le décollage de la Chine, de l’Inde et de quelques autres pays ainsi que par l’amplification de la rente, liée à l’augmentation des cours des matières premières, entraînent d’importants transferts de capitaux. Jusqu’à maintenant, les bénéficiaires de ces capitaux en replacent une grande partie dans les pays occidentaux qui procurent un rendement plus sûr.

Cette recherche du zéro risque est encouragée par les pouvoirs publics. Ainsi, les futures normes prudentielles applicables à compter de 2013 au secteur de l’assurance ne favoriseront pas ce secteur à investir dans des actions cotées et encore moins dans des actions non cotées.

La faible propension envers les actions est renforcée par les incertitudes économiques liées aux tensions provoquées par les dettes souveraines. Il est admis que la généralisation des plans de rigueur pourrait tuer la croissance en cours de renaissance. Nul n’est prêt à payer très cher pour une entreprise quelle qu’elle soit.

Il est admis que la Chine, pour poursuivre son développement et améliorer la couverture sociale de sa population, devra rapatrier une partie de ses capitaux tout comme les autres pays émergents. Pour les pays producteurs de pétrole, de gaz ou de matières premières, tout dépend de leurs réserves et de la taille de leur population. Leurs investissements à travers leurs fonds souverains visent à perpétuer la rente après la fermeture des gisements.

Le vieillissement de la population pourrait jouer également contre une appréciation des actifs financiers. En effet, les prestations versées par les fonds de pension devraient s’accroitre avec l’arrivée des classes nombreuses du baby-boom et du fait de l’allongement de l’espérance de vie après 65 ans. Même si ce processus sera étalé dans le temps, cela pourrait jouer contre le rendement de l’épargne.

L’autre facteur qui pourrait jouer contre l’épargne est l’accroissement des prélèvements du fait de l’indispensable assainissement des comptes publics et au nom de l’antienne « le capital est moins taxé que le travail », formule à but électoral qui reste à prouver. A l’exception de l’épargne dite réglementée (Livret A…), les régimes dérogatoires ont été, ces vingt dernières années, réduits ou plafonnés. Ainsi, l’avantage fiscal dont bénéficie l’assurance-vie est évalué à un milliard d’euros pour plus 1300 milliards euros de placements.

Si aujourd’hui, de multiples facteurs semblent jouer contre l’épargne, tout devrait concourir à l’encourager.

Si la note de l’Etat français n’a pas été dégradée, cela est imputable au bon niveau de son taux d’épargne. Certes, aujourd’hui, plus de la moitié de la dette de l’Etat est détenue par des non-résidents ; il n’en demeure pas moins que l’assurance-vie accueille, à travers les fonds euros une partie non négligeable des titres d’Etat acquis par des investisseurs français. L’épargnant français est donc un bon citoyen qui s’ignore.

Par ailleurs, jusqu’à maintenant, les entreprises françaises ont privilégié le financement bancaire or ce dernier est et risque de demeurer de plus en plus difficile. Le recours au financement obligataire ou par actions constitue de plus en plus une nécessité. Les assureurs, à travers notamment l’assurance-vie, sont de plus en plus les financeurs de l’économie réelle. Ainsi, fin 2010, les titres d’entreprises représentaient 56 % des placements des compagnies d’assurances (37 % sous forme d’obligations et 17 % sous forme d’actions, 2 % sous forme d’immobilier).

L’épargnant veut bien être utile à son pays mais encore faut-il qu’il y trouve son intérêt. En ce qui concerne la rémunération des fonds euros qui a été de 3,4 points en 2010 soit 1,6 point de plus que l’inflation ou le Livret A, un point bas est certainement atteint. La remontée des taux si elle est progressive devrait permettre une amélioration du rendement dans les prochaines années. Par ailleurs, il faut souligner que si le CAC 40 ne résume pas à lui seul les marchés financiers. Les unités de compte des contrats d’assurance-vie ont progressé l’année dernière de 5,3 % quand le CAC faisait -3,3 %.

De nombreuses PME et entreprises qui ne sont pas encore cotées au CAC 40 ont de forts potentiels de développement ; la faible valorisation des cours devrait inciter les épargnants à étudier les valeurs dites moyennes. Trop souvent, les épargnants ne regardent que l’évolution des cours des actions sans prendre en compte les dividendes versés. Or si sur long terme, le placement « action » est plus avantageux, cela est en raison du versement du dividende.

La vision court-termiste est souvent reprochée aux entreprises et aux fonds d’investissement mais elle s’applique aussi à l’ensemble de la population. L’allongement de la durée de la vie n’est qu’imparfaitement pris en compte. Ainsi, la durée de la retraite atteint 27 ans contre une quinzaine d’années en 1950. L’espérance de vie à la naissance, en 2050, devrait être de 85 ans pour les hommes contre 78 ans aujourd’hui et respectivement de 90 ans et 85 ans pour les femmes. Les actifs de 2011 calent leurs comportements sur celui de leurs aînés ; ils anticipent mal les gains d’espérance de vie et celle de leurs revenus. Le long assainissement des comptes publics entraînera un report sur les ménages d’une partie des charges vieillesse, santé ou dépendance. L’effort d’épargne pourra être mutualisé et collectif ou individuel. Il pourra, par ailleurs, tenir compte du niveau de revenus. De ce fait, l’épargne a de belles années devant elle.

06

07 2011

Nous sommes tous des Grecs

Avec un recul du PIB de 5,5 % au premier trimestre 2011 et un taux de chômage de 16 %, la Grèce est sous pression sociale, économique et financière. Dès la fin de l’année 2009, il était connu que la Grèce devait faire face à un calendrier impossible. Du fait d’une duration courte de ses emprunts, les échéances les plus importantes étaient programmées en 2010, 2011 et 2012. L’année dernière, la Grèce a pu bénéficier d’un plan d’aide de 110 milliards d’euros. La mise en place d’un plan d’assainissement a permis de réduire le déficit public d’environ quatre points. Il devrait passer de 14,7 % en 2009 à 10,3 % en 2011. Cette réduction ne permet pas une stabilisation de la dette publique qui devrait s’élever à 157,7 % du PIB en fin d’année contre 142,8 % en 2à10. Elle pourrait atteindre 166 % en 2012. Par ailleurs, les taux grecs à deux restent supérieurs à 10 % et ont même atteint 27,55 % le 16 juin.

Face aux échéances de remboursement, un nouveau plan d’aide est indispensable ; il devra se situer autour de 100 à 120 milliards d’euros. Il faudra sans nul doute rééchelonner la dette grecque avec une garantie européenne.

L’idée d’une banqueroute grecque provoquerait une onde choc qui risquerait de faire exploser l’Europe, de nombreuses banques et l’euro par effet de contagion sur le Portugal, l’Espagne ou l’Irlande…

Pourquoi faut-il aider la Grèce ? En aidant ce pays, nous nous aidons nous-mêmes en évitant l’implosion de la sphère financière européenne. En outre, si la Grèce est dans une situation plus que délicate, elle le doit à une mauvaise gestion publique mais aussi à l’incapacité de l’Europe et de ses Etats membres à vérifier le respect des fameux critères de Maastricht et de prendre les mesures de sauvegarde nécessaires. En la matière, il y a eu défaillance dans les instruments de contrôle. Les Etats membres ne se sont pas également penchés sur la question clef du fonctionnement d’une zone monétaire. Aux Etats-Unis, la mobilité de la population et l’existence de fonds pour corriger les divergences économiques entre les différents Etats permettent d’atténuer les chocs économiques internes. Il en est de même au sein de l’Allemagne fédérale où les dispositifs de péréquation sont très importants entre les Länder. Or, rien de comparable n’existe au sein de la zone euro.

L’Allemagne a-t-elle intérêt à aider la Grèce ? Oui car il ne faut pas oublier que les pays de l’Union européenne sont les principaux acheteurs de produits « made in Germany ». La population allemande est vieillissante et diminue. Les parts de marchés ne sont pas en Allemagne mais au-delà des frontières. Les Grecs, les Espagnols, les Italiens voire les Français ont acheté des produits allemands se traduisant par une balance commerciale excédentaire. Ces achats effectués à crédit ont contribué à la croissance de l’économie allemande. L’impossibilité de jouer sur la valeur de la monnaie pour corriger les déséquilibres nécessite que d’autres instruments prennent le relais. Une dévaluation appauvrit le pays concerné et améliore la compétitivité de ses exportations. Le pouvoir d’achat extérieur est réduit et les capacités d’exportation augmentées. A défaut de pouvoir dévaluer, il faut bien que ceux qui profitent de l’avantage compétitif paie leur aumône.

La sortie de l’euro constituerait un terrible échec et une source de déstabilisation. Si la Grèce recourait à une telle solution, la banqueroute serait quasi automatique avec une longue période d’assainissement. Nul ne voudrait reprêter à ce pays durant des années. La forte dévaluation serait synonyme d’un appauvrissement. Le risque de contagion aux autres pays en situation de vulnérabilité serait fort. L’Allemagne et la France seraient perdantes en termes d’exportations d’autant plus que compte tenu des importations croissantes de matières premières et d’énergie, la dépréciation de la monnaie dégraderait la balance commerciale. Elle marquerait une rupture dans le processus de construction européenne déjà mis à mal depuis l’échec du référendum en France en 2005.

Face à la crise grecque, le temps est plutôt à l’égoïsme d’où l’impression persistante d’une Europe qui court après l’évènement. L’absence de volonté pour aller vers plus de fédéralisme au niveau économique et financier, vers une coordination plus forte des politiques économiques et budgétaires constitue un réel frein pour la résolution de la crise.

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06 2011

Conjoncture : un repli pour la consommation au mois d’avril

En avril, les dépenses de consommation des ménages en biens se sont contractés de 1,8 % en volume. Elles avaient baissé de 1,0 %  au mois de  mars.

Cette baisse est imputable au fort recul des achats de biens durables, en particulier l’automobile du fait de la fin de l’impact de la prime à la casse  et par une baisse des dépenses en énergie en relation avec la situation climatique clémente et une progression des prix.

Les dépenses alimentaires ont en revanche progressé.

Les dépenses en biens durables ont diminué de –6,3 % au mois d’avril après  -1,2 % en mars.

Les achats d’automobiles ont reculé de –10,2 % après -2,1 % en mars.

Les achats en équipement du logement ont  également reculé en avril (-1,5 %, après -0,6 % en mars). En avril, les achats de textile-cuir baissent légèrement –0,5 %après -4,2 % en mars et après la hausse générée par les soldes  en février (+5,5 %).

Les dépenses de consommation en autres produits fabriqués sont en hausse en avril (+0,2 %) après déjà une hausse de 0,3 % en mars.

En avril, la consommation en produits alimentaires est en progression de 0,8 % après une baisse de  -0,7 % en mars.

La consommation en énergie se contractent  au mois d’avril (–3,2 %) après -0,7 % en mars. Les dépenses en produits pétroliers (gaz, carburants et fioul) reculent nettement (-3,4 % après -1,2 %). La baisse d’ensemble s’explique principalement par les conditions climatiques estivales du mois d’ avril.

Cette baisse de la consommation pourrait peser sur la croissance si elle se poursuivait. Au premier trimestre, la croissance a été portée par la reconstitution des stocks.

Voir le dossier de l’INSEE

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05 2011

L’économie japonaise après le Tsunami

Philippe Crevel a été interviewé par le Parisien sur les conséquences économiques du Tsunami pour le Japon et pour l’ensemble de l’économie mondiale.

Lire l’article

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05 2011

Inflation : to be or not to be

Avec le renchérissement des prix du pétrole, de l’alimentation ou de l’habillement, l’inflation a continué son processus de hausse avec plus 0,3 % au mois d’avril soit 2,1 % sur un an. Au mois de mars, la hausse avait été de 0,8 %.

Cette accélération des prix réduit le pouvoir d’achat des Français.

« C’est inquiétant pour le pouvoir d’achat parce que même si les prix du pétrole baissent depuis début mai, les prix des autres produits de consommation courante vont continuer à augmenter », a commenté Mathilde Lemoine (HSBC).

Pour avril, l’Insee souligne également que l’inflation s’explique par l’augmentation des prix des produits manufacturés, liée notamment à la fin progressive des soldes d’hiver, et par de « fortes » hausses de prix des produits énergétiques et alimentaires.

Les prix des produits manufacturés ont progressé de 0,6 % (+0,2 % sur un an) le mois dernier avec une nette hausse pour l’habillement et les chaussures (+3,2 % ; +1,1 % sur un an) due à la fin des soldes. L’Insee relève aussi la hausse du prix des automobiles neuves (+1,0 % ; +3,0 % sur un an) avec la fin d’un certain nombre de promotions.

Toujours selon l’Insee, les prix de l’alimentation ont augmenté le mois dernier de 0,2 % (+0,6 % sur un an).

Les ménages ont jusqu’à maintenant maintenu leur niveau de consommation en réduisant leur effort d’épargne qui est redescendu en-dessous de 16 %, niveau historiquement haut.

L’inflation reste à un niveau contenu du fait des excédents pesant l’offre (main d’oeuvre et produits industriels) et du fait de l’absence de revalorisation salariale (pas de spirale inflationniste).

Le relèvement progressif des taux de la Banque Central Européenne (1,25 % actuellement et qui pourrait atteindre 2 % d’ici la fin de l’année) devrait freiner les menaces d’emballement. Si l’inflation restait dans la fourchette des 2 à 3 %, il n’y aurait peu de conséquence sur un plan macro-économique. Après un premier trimestre assez porteur, les économistes attendent un léger ralentissement à partir du second semestre du fait de l’impact des plans d’assainissement budgétaire et du relèvement des taux d’intérêt.

Le taux d’épargne devait s’abaisser en France autour de 15,6 % du revenu disponible brut d’ici la fin de l’année permettant de maintenir le pouvoir d’achat qui sera également amélioré par la diminution du chômage.

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05 2011

De la dette à la prime obligatoire, les lois économiques bousculées

Pour les Keynésiens, l’endettement n’est pas en soi condamnable. Le transfert de charges sur les prochaines générations se justifie par le fait qu’elles profiteront soit des investissements réalisés, soit de la croissance générée par le recours à l’emprunt.

L’endettement qu’il finance des dépenses de consommation ou des dépenses d’équipement peut donc être favorable tant à ceux qui en profitent aujourd’hui qu’à ceux qui demain devront le rembourser. L’endettement déplacerait la courbe de création de richesses vers le haut.

Ce côté vertueux de la dette suppose qu’elle soit bien génératrice de croissance et que le surcroit de richesses permette son remboursement sans obérer la croissance à venir.

Il ne fait pas de doute que la croissance de ces dernières années a été achetée à crédit sans pour autant qu’elle aboutisse à générer un équilibre tant sur le plan de l’offre (chômage), sur le plan de la croissance que sur celui des finances publiques. Certes, contrairement aux idées reçues, le niveau de vie a progressé dans les pays occidentaux. Le rythme varie de 1 à 2 % par an, inférieur à celui des Trente Glorieuses mais supérieur à celui de longue période. La croissance achetée à crédit aurait pour certains accru les inégalités. C’est faux en grande partie, le niveau moyen des revenus et de patrimoine a augmenté sur vingt ans. En revanche, aux deux extrémités, les personnes à faibles revenus éprouvent les pires difficultés à s’extraire de leur situation quand les 0,1 % les plus riches ont accaparé une part plus élevée de richesses.

Il est indéniable que l’efficacité marginale de l’emprunt public tend à baisser et que son coût réel pour la société augmente. Cette baisse du rendement marginal de l’emprunt explique les hésitations des investisseurs à fermer les yeux devant l’envolée des dettes publiques que ce soit en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Irlande ou aux Etats-Unis.

Les Etats ont de plus en plus de mal à mobiliser de nouvelles ressources pour rembourser leurs emprunts d’autant plus que le recours à l’impôt freine la croissance. Sommes-nous au début d’une ère de banqueroute des Etats comme Jacques Attali, dans son essai, « Tous ruinés dans 10 ans », le pressent avec à la clef un risque de réapparition du protectionnisme et de nationalisme ou sommes-nous au début d’une ère de coopération mondiale afin de mettre la gouvernance en phase avec l’économie mondialisée ?

Du fait du vieillissement et de la montée en puissance sans précédent des Etats providence, les passifs sociaux des Etats au sens large du terme ont atteint des niveaux difficilement compatibles avec une croissance de 1 à 2 % par an. Les tenants de la décroissance devraient également souligner que l’application de leur thèse suppose une décrue des politiques sociales et des politiques publiques qui n’ont pas cessé de progresser depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Les niveaux de dépenses publiques différents d’un pays à un autre au sein de l’OCDE ne sauraient masquer que dans les faits les situations sont quasi-identiques. Ainsi, aux Etats-Unis, les dépenses retraite et maladie ne sont pas comptabilisées dans les dépenses publiques car financées soit par les ménages, soit par les fonds de pension ou par des compagnies d’assurance. En Allemagne, les régimes professionnels de retraite sont assimilés à des régimes privés et ne sont donc pas comptabilisés comme dépenses publiques à la différence des régimes complémentaires en France.

En réintégrant toutes les dépenses, l’ensemble des pays se situe à un niveau de dépenses publiques et sociales qui avoisinent les 50 % de la richesse produite. D’ici 2050, compte tenu de la progression des dépenses retraite, maladie et dépendance, il faut trouver en moyenne entre 4 à 7 % du PIB. Pour cela, il faut soit jouer sur la croissance, c’est-à-dire l’association du capital, du travail et des gains de productivité ou opter pour une autre allocation des dépenses.

Les solutions keynésiennes de jouer sur la dépense publique pour relancer l’économie semble dans leur forme actuelle être usées car elles nourrissent plus le déficit que la croissance. L’espoir d’une coopération internationale ou au niveau de chaque grand marché (Europe, Alena, Asie..) apparaît aujourd’hui ténu.

La nécessité de favoriser une croissance productive suppose tout à la fois la reconnaissance du capital composé par l’accumulation de l’épargne comme un des facteurs clef de la croissance. Le débat sur la répartition des bénéfices démontre que l’opposition entre travail et capital demeure vivace. Pourtant, différents rapports ont démontre que la répartition a faiblement évolué ces 20 dernières années mais le ressenti est tout autre. De même, en matière de taxation, il est admis que le capital est mieux traité que le travail. Il faut souligner que le capital dans sa phase de constitution est issu des revenus du travail et a déjà subi en tant que tel des prélèvements. Par ailleurs, mises à part les niches fiscales, il n’est pas évident que le capital soit mieux traité. Il n’y a pas de chiffres qui le prouvent comme l’a démontré le récent rapport de la Cour des Comptes sur la compétitivité fiscale entre la France et l’Allemagne.

L’épargne longue investie en actions n’a pas la cote au moment même où la nécessité de favoriser l’appareil productif est répétée. Les nouvelles normes prudentielles applicables aux assureurs et aux banquiers auront un effet négatif tout comme la volonté des pouvoirs publics de favoriser la consommation par tous les moyens au nom d’un réamorçage de la croissance. D’un côté, l’épargne doit financer les pouvoirs publics soit directement par souscription de titres publiques, soit par l’impôt ; de l’autre les entreprises sont appelées à se substituer à l’Etat en accordant des allocations sous la forme de primes plus ou moins obligatoires…

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04 2011

Immigration un apport économique, social et culturel indéniable

La France est un pays d’immigration. Cette réalité est liée à l’histoire de sa démographie et à sa position géographique. La France a été l’un des premiers pays industriels à entamer le processus de transition démographique au XIXème siècle.

La baisse de fécondité a accompagné voire précédé la baisse de la mortalité. La France, pays rural, avec l’instauration du code civil et la fin du droit d’aînesse a incité les familles à réduire le nombre de leurs enfants. Les guerres révolutionnaires et du Premier Empire ont certainement accéléré le processus de déclin démographique tant sur un point concret (mortalité) que psychologique.

Il faut souligner que les armées napoléoniennes étaient composées de militaires provenant de différents pays et cette tradition a survécu avec La Légion Etrangère.

Le processus de dénatalité a été marqué entre les deux guerres mondiales. La saignée de la première guerre a privé la France de millions de jeunes actifs. Pour reconstruire et faire fonctionner l’économie, la France a accueilli de nombreux travailleurs immigrés d’origine polonaise puis italienne. A la fin de la seconde guerre mondiale, il en fut de même avec les travailleurs espagnols, portugais puis issus du Maghreb ainsi que d’Afrique noire.

A la fin du 19ème comme au début du 20ème siècles, l’intégration n’était pas aisée.  De nombreuses violences étaient à déplorer.

Aujourd’hui, contrairement aux idées reçues, le nombre d’immigrés rapporté à la population est inférieur en France à celui constaté en Suisse, en Allemagne ou au Royaume-Uni.

Toutes les études économiques prouvent qu’il y a un lien entre croissance économique et croissance de la population active. le Japon qui connait un réel déclin démographique en est la meilleure preuve avec une croissance qui tourne autour de 0,7 point depuis 20 ans et une dette de plus de 200 % du PIB.

Le Japon se s’en sort (au-delà des problèmes actuels) par un fort taux d’épargne et par d’importants gains de productivité.

Notre population active atteindra dans les prochaines années son maximum avant de reculer s’il n’y a pas d’apport extérieur à partir de 2035.

Déjà, aujourd’hui, de nombreuses offres d’emploi restent sans réponse en particulier dans le secteur de la restauration et du bâtiment. Or, la France vit de plus en plus du tourisme, de la restauration et des hôtels. Le BTP constitue un des secteurs clef de la croissance dans plusieurs régions (Sud, Corse mais aussi Région parisienne).

Tous les pays qui ont opté pour le repli sur soi, pour le rejet de l’autre ont connu le déclin à travers l’histoire, de Rome à la Chine en passant par le Japon.

Les pays occidentaux ont depuis les années 90 pris l’option de réduire l’immigration en durcissant les lois et établissant des murs (Etats-Unis avec le Mexique, Israël avec la Palestine). Les murs ne portent jamais chances car le Cheval de Troie l’emporte toujours.

La formule de Michel Rocard « la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde » est devenue le leitmotiv de la politique des différents gouvernements.

Qu’il y ait une volonté d’encadrer, de favoriser le développement des pays du Maghreb ou d’Afrique, c’est souhaitable. Mais, il serait suicidaire de fermer les frontières, de détourner tous les flux migratoires (au cas où cela serait possible).

La question est autre. Certains considèrent que les immigrés illégaux voire légaux coûtent chers. Au-delà du caractère pas très sympathique du calcul, l’apport économique (valeur ajoutée, consommation, cotisations, impôts) est supérieur aux allocations. Si déficit public, il y a, il est en relation avec le nombre et le montant des allocations et non à leurs bénéficiaires. Penser que sans immigrés, l’équilibre des finances publiques serait assuré est une pure ineptie . Bien au contraire, la contraction de la population active rendrait encore plus difficile le comblement des déficits et le remboursement de la dette.

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04 2011

Conférence Saint Etienne : Conjoncture + Retraite : juin 2010

Philippe Crevel a animé une réunion devant des courtiers, des agents et deux réseaux salariés d’une compagnie d’assurance sur la conjoncture, les marchés financiers et la prévoyance le 3 juin 2010.

lire la présentation de Philippe Crevel

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06 2010

La dette publique ou la tentation du diable

Pour conjurer la crise, pour renouer avec la croissance, la solution passerait par le retour de l’Etat. Plus de régulation, plus de dépenses publiques, plus de dettes…

Parler du retour de l’Etat suppose qu’il soit parti, que son poids ait reculé, que le nombre de fonctionnaires ait diminué…

Or, en France, rien de tout cela n’a été constaté, bien au contraire.

Question dépenses publiques, elles atteignent plus de 52 % du PIB et n’ont jamais reculé depuis plus de vingt ans. L’écart avec l’Allemagne, 9 points, n’a jamais été aussi important. Seule la Suède a un taux de dépenses publiques supérieur au notre mais ce pays dégageait, en 2008, un excédent budgétaire…

Question prélèvements, avec un taux de près de 43 % du PIB, nous figurons dans le trio de tête des pays les plus imposés, avec un écart de quatre points par rapport à la moyenne de l’Union européenne.

Question emploi public, plus d’un actif sur cinq travaille, directement ou indirectement, pour les pouvoirs publics soit un des taux les plus élevés de l’OCDE. De 1994 à 2006, le nombre de fonctionnaires est passé de 4,4 à 5,2 millions. La fonction publique d’Etat, sur la même période, est passée de 2,3 à 2,5 millions de fonctionnaires.

Question régulation, nous sommes plus prêts de l’excès que de l’absence. Les autorités de contrôle se sont multipliées avec conséquence des conflits de compétences et des doublons. En matière financière, près d’une dizaine cohabitent, autorité de contrôle des assurances, commission bancaire, commission des établissements de crédit, autorité des marchés financiers…. L’époque n’est pas à plus de régulation mais plutôt à une régulation rationalisée.

Incapable d’arbitrer au sein des dépenses, l’Etat a, tout en répétant que le retour à l’équilibre est pour demain, a laissé filer les déficits depuis plus de 30 ans. Crise ou pas crise, les dépenses publiques dépassent et de loin les recettes. Drogué au keynésianisme, notre pays a connu une vertigineuse progression de sa dette publique qui est passé de 24 à 75 % du PIB de 1981 à 2009. Chaque Français est porteur d’une dette de plus de 20 000 euros.

Comme le souligne la Cour des Comptes, s’il n’est pas mis à fin à cette dérive, la dette publique peut échapper à tout contrôle et atteindre 100 % du PIB en 2018 et 200 % avant 2040. L’Etat avec un déficit de plus de 70 milliards d’euros est le principal responsable de l’emballement de la dette. Mais dans les prochaines années, la Sécurité sociale devrait être également un acteur de premier ordre dans le domaine avec l’épineux problème du financement des retraites.

La charge de la dette, c’est-à-dire le simple remboursement des intérêts est déjà supérieur au montant de l’impôt sur le revenu et représente 850 euros par habitant. Elle prive les pouvoirs publics de toute marge de manœuvre surtout en période de crise.

Avec la crise économique, la barrière des 60 % que le traité de Maastricht avait imposée aux Etats membres de la zone euro a volé en éclat. La France est, en la matière un des plus mauvais élèves. La dette française est devenue supérieure à celle de l’Allemagne qui s’était endettée fortement après la réunification.

La France est désormais le 4ème pays le plus endetté au sein de l’Union européenne ; elle était 8ème en 2004. Avec Malte, la France est le seul pays à avoir un déficit primaire c’est-à-dire un déficit public avant prise en compte du paiement des intérêts de la dette.

Malgré ou plutôt à cause au recours massif à la dépense publique et à la dette, la France a enregistré ces dernières années une croissance inférieure à ses principaux partenaires.

Le lancement d’un grand emprunt national pour permettre à la France de bénéficier du vent porteur de la future croissance est séduisant. En effet, l’Etat depuis des années n’investit plus ; il a transféré cette fonction aux collectivités territoriale. L’état n’a plus les moyens de lancer de grands projets innovants comme le TGV ou Ariane Espace.

Donner à l’Etat des marges de manœuvre pour moderniser nos universités, financer la recherche, construire de nouvelles infrastructures, développer les énergies renouvelables rompt avec la priorité donnée aux dépenses de fonctionnement.

Mais, ce grand emprunt n’est que de la dette supplémentaire qui s’ajoutera au stock existant et aux émissions d’obligations assimilables du Trésor que l’Etat effectue en permanence auprès des investisseurs institutionnels.

Une ligne de plus dans un océan de lignes, tout cela ne changera rien ; de ce fait pourquoi ne pas en profiter, pourquoi ne pas se donner un peu d’air ?

Le recours à l’endettement, c’est avant tout la voie de la facilité, du renoncement. A défaut de tailler dans nos déficits, dans nos dépenses, nous préférons la fuite en avant.

Certes, si ce grand emprunt génère de la croissance, croissance qui dégagera des recettes pouvant le rembourser, le mal ne sera pas trop grand sauf qu’il restera toujours le stock à rembourser, stock qui jouera le rôle de boulet pour l’ensemble de notre économie.

L’Etat prend peu de risques avec les épargnants français qui par goût de la sécurité privilégient les produits de taux. L’aversion des Français pour les actions ne risque pas d’être remise en cause avec le grand emprunt. Or, la relance ne sera possible que par les entreprises et en particulier les PME. Or, nos petites et moyennes entreprises manquent cruellement de fonds propres. A la différence des Etats-Unis, il n’y a pas de tradition de financement des PME par les particuliers. Les investisseurs institutionnels rechignent par peur du risque à placer une partie de leurs actifs dans les PME. L’absence de fonds de pension contribue aussi à l’étiolement financier de nos entreprises. Faute de capitaux, nos PME sont condamnés à demeurer fragiles et à subir de plein fouet les coups de grisous de la conjoncture économique.

La question de la réallocation de l’épargne des Français est un sujet aussi voire plus important que celle du grand emprunt national.

La fuite en avant revient à hypothéquer l’avenir sans résoudre nos problèmes. Face au problème du financement des retraites, face à celui de la dépendance, n’y aura-t-il comme seule solution que de recourir à des grands emprunts. A un moment ou à un autre et certainement plus vite que prévu, les agences de notation réviseront à la baisse la notation de l’Etat ce qui signifiera qu’il devra pour continuer à s’endetter accepter des taux de plus en plus élevés.

Certains appellent de leurs vœux le retour de l’inflation pour éponger une partie de la dette. En clair, cela signifie spolier en douceur les épargnants. D’autres pensent que tout se terminera pas une augmentation des impôts ce qui revient à pénaliser les contribuables…

Dans les deux cas, les perdants seront les Français et la croissance.

Y-a-t-il une alternative à la dette, cette tentation du diable ?

Bien évidemment mais elle s’accommode mal de la dérive que nos démocraties connaissent depuis vingt ans et du rythme des élections. Couper dans les dépenses, arbitrer parmi les allocations, les prestations, les subventions, remettre en cause les niches fiscales apparaissent impensables car suicidaires politiquement.

Préparer l’avenir exige de remettre réellement à plat notre conception même de la les dépense publique. La réduction du nombre d’échelon au sein des collectivités territoriales constitue un pas positif qu’il convient de pouvoir mener à son terme. Mais cela ne saurait suffire pour permettre un véritable retour à l’équilibre de nos finances publiques d’ici 10 ans. De force ou de gré, nous serons condamnés à plus ou moins terme de sérier les priorités d’intervention si nous ne voulons pas que le système d’Etat providence s’effondre comme un château de cartes.

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06 2009

Il faut savoir ce que l’on veut

Au mois de janvier 2009, les Américains ont épargné 5% de leur revenu disponible brut contre 0,4 % au mois de décembre 2008. Durant des années, les économistes se sont alarmés du faible niveau d’épargne des Américains mais aujourd’hui, le retournement de tendance leur apparaît comme une mauvaise nouvelle car évidemment cela signifie que la consommation va diminuer.

En période de crise, les citoyens épargnent plus afin de se prémunir du risque chômage. Par ailleurs, les commentateurs, en ayant répété que la crise serait longue et dur, conduisent les acteurs économiques à l’extrême prudence.

Avec une balance commerciale déficitaire de plus de 800 milliards de dollars ces dernières années, et une balance des paiements courants déficitaires à hauteur de 6 % du PIB, les Etats-Unis ont développé un mode de croissance reposant sur la surconsommation et l’épargne importée. Au moment où les Etats pour endiguer la crise s’endette à grande vitesse, il est assez rassurant que les Américains épargnent. Il faut constater que les investisseurs commencent à renâcler à souscrire aux émissions de bons de Trésor proposées par les Etats-Unis ou par le Royaume-Uni. La peur d’une bulle obligataire et de l’arrivée de l’inflation ainsi que la concurrence des entreprises qui émettent des titres obligataires fortement rémunérées expliquent le faible engouement vis-à-vis des titres publics.

Depuis quelques années, les flux de capitaux se sont traduits pour les occidentaux par des flux sortants plus importants que les flux entrants. Témoignage de la désindustrialisation et de la mondialisation, ces flux négatifs n’ont pas été compensé par un saut technologique permettant de créer de nouveaux secteurs d’activités.

Aujourd’hui, l’objectif des occidentaux est de bénéficier de l’apport des fonds souverains qui pèsent environ 3000 milliards de dollars et des fonds de pension afin qu’ils puissent jouer un rôle structurant dans la regénérescence du capitalisme.

La crise actuelle par son impact déflationniste pose, en effet, le problème du financement de la sortie de crise et celui des nouveaux investissements. Il ne faut pas qu’il y ait un transfert durable sur les pouvoirs publics faute de quoi nous ne sommes pas certains d’avoir la meilleure allocation d’actifs.

Le problème actuel sera de relégitimer le marché et les banques comme catalyseurs de l’investissement productif. Le marché est indispensable pour donner l’orientation et sur longue période, il se trompe moins que les Etats. Mais considérées comme les principaux fautifs de la crise actuelle et en manques de liquidités, les banques se voient, aujourd’hui, contestées.

Si la France est moins concernées par la baisse brutale de la demande mondiale, elle est, en revanche, très fragile aux variations de conjoncture du fait de la souscapitalisation de ses entreprises et du fait que plus d’un salarié sur quatre dépend d’un groupe étranger contre 15 % en Allemagne ou 11 % aux Etats-Unis. Or, ce sont les centres extra territoriaux qui sont les premiers concernés par des plans sociaux.

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03 2009

Evolution des pratiques en matière de rémunération

POLITIQUE DE REMUNERATION

BENCHMARKING

Objet : étude des politiques de rémunération au sein des principaux pays de l’OCDE


Préambule méthodologique

L’analyse porte essentiellement sur les pays de l’Union européenne, les quinze pays d’avant l’élargissement ainsi que sur la Norvège. Les Etats-Unis et le Canada ont été également étudiés. Les données statistiques sont issues d’Eurostat, de l’OCDE et d’Eurofound. Les principales informations ont été recueillies auprès de Hewitt, et de l’Observatoire des Ressources Humaines du Canada ainsi qu’auprès de la Fondation Adenauer.

Les politiques de rémunération des salariés des grandes entreprises ne donnent pas lieu à de nombreuses études au sein de l’OCDE ou de l’Union européenne.

L’hétérogénéité des législations sociales, des données et l’absence d’analyse nationale sur la fixation microéconomique des salaires ne facilitent pas la réalisation d’un benchmarking sur le sujet. Les comparaisons sont hasardeuses du fait que les systèmes de protection sociale sont différents d’un pays à un autre. La place des entreprises dans la couverture sociale est plus importante en Allemagne qu’en France ; le rôle de l’individu étant plus élevé au Royaume-Uni et aux Etats-Unis qu’en France ou en Allemagne.

Les grands instituts économiques ainsi que les partenaires sociaux privilégient l’étude macroéconomique, le suivi du partage de la valeur ajoutée et l’évolution générale des salaires au détriment d’une étude des pratiques concrètes. Les différences sectorielles et en fonction de la taille des entreprises rendent délicates l’agrégation des données

Cette relative faiblesse de la recherche économique et sociale s’explique par ailleurs par les pratiques qui ont prévalu jusque dans les années quatre-vingt. Le recours à des conventions ou à des accords à haut niveau ainsi que l’application de dispositifs d’indexation plus ou moins évoluée limitaient le champ d’analyse. L’individualisation des salaires et le développement de pratiques plus fines de rémunération étaient, jusqu’à une date récente, réservés aux cadres de direction ou aux commerciaux.

Depuis vingt ans, en Europe, la tendance en matière de rémunération est :

- À l’individualisation

- À la décentralisation des négociations salariales

- À l’accroissement de la flexibilité salariale

Ce processus est le plus abouti, sans surprise, dans les pays où les syndicats sont les plus faibles et les plus divisées. Il est, par ailleurs, constaté une convergence des augmentations et des pratiques salariales au sein de l’Europe.

I. EVOLUTION DES PRATIQUES SALARIALES

1. La convergence salariale

La convergence des prix au sein de l’OCDE, depuis une quinzaine d’années, s’accompagne d’une convergence des salaires.

Au sein de l’Union européenne, l’augmentation des salaires réels se situait dans une fourchette de 2,5 à 7,1 % dans les années soixante, l’écart a été profondément réduit 0,2 à 2 % en moyenne pour les dix dernières années.

L’augmentation des salaires réels depuis 1990 se situe en moyenne selon les pays entre 1 à 2 %.

Dans les années soixante, les salaires réels augmentaient au même rythme que la productivité, dans les années soixante-dix, cette augmentation était supérieure à celle de productivité. Depuis les années 80 et 90, la croissance des salaires réels est inférieure à celle de la productivité (un point en moyenne).

Le Royaume-Uni demeure une exception ; ainsi la part des salaires au sein de la valeur ajoutée reste supérieure à celle enregistrée en moyenne au sein de l’Union européenne. Cette situation est liée à la forte croissance de l’économie anglaise sur la période et à l’importance du secteur des services dans ce pays.


2. Une décentralisation de plus en plus forte

En Finlande et en Irlande, la négociation est nationale. En Belgique et en Grèce, elle concerne l’ensemble du secteur privé. En Belgique et Irlande, les accords interprofessionnels définissent des augmentations maximales établissant ainsi la marge de négociation au sein des entreprises ou au sein des secteurs d’activité.

Dans six pays (Espagne, Grèce, Italie, Pays-Bas, Portugal et Suède), le niveau sectoriel est privilégié. Deux pays se démarquent avec des négociations au niveau de l’entreprise, la France et le Royaume-Uni.

Les accords interprofessionnels ou sectoriels sont de plus en plus indicatifs et ne comportent bien souvent que des recommandations (11 pays sur 16 de l’étude). Seuls l’Autriche, l’Espagne, la France, le Luxembourg et le Royaume-Uni ne recourent pas à des accords de ce type. Au Danemark, au Luxembourg, en Finlande et en Norvège, il n’y a pas de niveau dominant.

Depuis vingt ans, une décentralisation accrue en matière de négociation est constatée. Ainsi, au Royaume-Uni, les accords interprofessionnels ont presque tous disparus, de même en Suède, pays qui privilégie les accords sectoriels.

En Italie, un accord tripartite (Etat, syndicats, employeurs) prévoit que la négociation salariale doit s’effectuer au niveau sectoriel. La disparition des clauses d’indexation s’est accompagnée d’un renforcement de l’entreprise comme lieu de négociation pour les accords salariaux.

En Espagne, il est constaté en revanche une augmentation des accords sectoriels en relation avec la bonne tenue de la conjoncture et la diminution du taux de chômage.

Le niveau de négociation est lié à la force ou à la faiblesse des partenaires sociaux.

La place à la négociation est plus faible dans les pays ayant des dispositifs réglementaires fixant le niveau du salaire minimum. Sept pays (Espagne, France, Irlande, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal et Royaume-Uni) disposent de salaire minimum fixé par la loi.

Deux pays ont conservé des mécanismes d’indexation automatique : la Belgique et le Luxembourg.

3. Le contenu de la négociation diffère fortement selon les pays

En Finlande, les partenaires sociaux retiennent une formule intégrant la productivité et l’inflation pour calculer un coefficient d’augmentation collective auquel s’ajoute un coefficient d’augmentation individuelle. Dans les pays d’Europe du Nord, ce dernier coefficient comprend des critères de contribution au bon fonctionnement de l’équipe ou d’intensité dans le travail.

En Suède comme en Norvège, les critères qualitatifs se développent même si la notion d’égalité de revenu reste prégnante.

Au Pays-Bas comme en Irlande, les partenaires sociaux établissent une formule prenant en compte la productivité du travail et l’inflation.


II. LE DEVELOPPEMENT DE LA REMUNERATION VARIABLE


1. La généralisation de la rémunération variable

Au sein de l’Union européenne, la rémunération variable se développe avec la prise en compte de la performance de l’entreprise et de la performance individuelle.

Elle repose sur trois types de système de rémunération :

• Rémunération au rendement
• Rémunération en fonction de critères qualitatifs
• Rémunération en fonction de la rentabilité de l’entreprise ou en fonction de la réalisation d’objectifs.

Des critères éthiques comme ceux liés au développement durable ainsi que la réalisation de projets, la cohésion de groupe, le respect du client sont au Royaume-Uni comme en Allemagne de plus en plus utilisées.

Des pays comme l’Allemagne, le Portugal ou le Royaume-Uni pratiquent de longue date la rémunération variable ; en France, initialement associée à l’intéressement et à la participation, elle tend à concerner un nombre croissant de salariés au-delà des cadres et à intégrer l’ensemble des avantages dont ils peuvent bénéficier.

L’entreprise est, de longue date, en Allemagne, la clef de voute de la socialisation et de la protection sociale. De ce fait, le salaire ne recouvre qu’une partie des droits dont bénéficie les salariés. L’intéressement à travers la cogestion mais aussi le financement de nombreux loisirs (sports, vacances, formation) est la règle dans les grandes entreprises mais aussi dans les PME.

Ainsi, dans un Land comme la Bavière avec un taux de chômage de 5 %, la rémunération type au sein d’une entreprise de taille moyenne (secteur machine outil) s’établit pour un salarié (équivalent cadre) de la manière suivante :

- Rémunération fixe à laquelle s’ajoute le paiement des heures supplémentaires

- Primes de vacances, primes de fin d’année

- Variable de 25 à 30 % du montant annuel du salaire libérable en fonction de la réalisation des objectifs (entreprise, équipe et individuel)

- Participation aux bénéfices, options sur actions, actions à prix privilégié

- Prise en charge de la prévoyance, de la participation au fonds de pension pour le salarié et son conjoint

- Abondement sur un contrat d’assurance-vie

- Voiture de fonction, téléphone et formation (nombre de jours déterminés annuellement),

La France est le pays dont le plus grand nombre d’entreprises pratiquent la rémunération variable : 51 % contre 28 % au Royaume-Uni, 12 % en Allemagne ou 3 % en Italie. En prenant en compte le nombre de salariés, plus de 20 % des salariés français ont une rémunération liée aux performances de leur entreprise, 15 % en fonction de leurs performances individuelles.

En Autriche, 25 % des cadres et 15 % des employés ont une rémunération intégrant une part variable.

Aux Pays-Bas, près de 50 % des salariés sont concernés par la rémunération en fonction du rendement et 23 % en fonction des qualifications acquises.

En Espagne, 25 % des salariés reçoivent des primes de productivité.

Dispositif d’intéressement et de participation en Europe

- Finlande : 5% des salariés de l’industrie reçoivent ce type de rémunération (13% sont couverts par les plans)

- France : 19 000 entreprises disposent de systèmes de participation, 14 600 de systèmes d’intéressement et 6 000 des deux 4,9 millions des salariés du secteur privé (33%) sont concernés par la participation, 3 millions par l’intéressement et 2,4 millions par les deux formules

- Allemagne : 46% des entreprises ont des systèmes de salaires liés aux résultats/ à la performance couvrant tous les salariés, 54% disposent de systèmes de ce type couvrant uniquement certaines catégories et environ 400 entreprises disposent de plans d’actionnariat salarié 13% des salariés d’Allemagne de l’Ouest et 8% des salariés d’Allemagne de l’Est reçoivent annuellement une prime liée aux performances de l’entreprise et 1,7 million de salariés sont couverts par des plans d’actionnariat salarié.

- Irlande : 11% des entreprises prévoient la participation aux bénéfices et 11% disposent de plans d’actionnariat salarié
- Pays-Bas (2000) : 4% des entreprises ont des plans d’actions/ d’options sur action 13% des salariés sont couverts par la participation aux bénéfices

- Portugal (2000) : 9% des entreprises ont des systèmes de participation aux bénéfices 38 % des cadres dirigeants sont couverts

- Royaume-Uni : 23% des salariés sont couverts par la participation aux bénéfices, 24%-32% par l’actionnariat salarié
Source : EIRO


Proportion de la part variable dans le salaire

- Autriche : 5% à 15% dans l’industrie, 30% dans la « nouvelle économie »

- Belgique : une loi stipule que la participation financière ne peut dépasser 40% de l’ensemble de la masse salariale ou 20% des bénéfices

- Finlande : Moyenne de 5%, mais jusqu’à 20%

- France :8,2% (statistique de 1997 pour les entreprises combinant la participation et l’intéressement)

- Allemagne : 5% à 27%

- Italie : 3% à 5% (dirigeants non compris)

- Pays-Bas : 10% à 15%

- Norvège : Généralement inférieure à 10% (50% des salariés concernés déclarent que cette proportion est inférieure à 5%)

- Espagne : 10% à 20%

- Suède : 25%

- Royaume-Uni : 2,9% à 5% pour le salaire au mérite ; 5% à 9% pour le salaire au rendement

En Italie, 20 % des entreprises utilisent des critères fondés sur les performances ; 20 % utilisent des critères reposant à la fois sur les performances économiques et des indicateurs quantitatifs.

Au Royaume-Uni, plus du tiers des cadres sont rémunérés en tenant compte de leur productivité et plus de 60 % pour les ouvriers qualifiés. Dans ce pays, il est fréquent que la participation en fonction des résultats de l’entreprise donne lieu à la répartition suivante :

- un tiers à la discrétion de la direction

- un tiers sous forme d’un pourcentage fixe attribué à tous les salariés

- un tiers sous forme d’une prime en valeur absolue


2. Les nouveaux critères de la rémunération variable

En Allemagne, de nouveaux critères de rémunération sont développés afin, par exemple, de prendre en compte des objectifs de développement durable (économie de matériaux, gestion des déchets, utilisation des matériels…).

En Italie, Espagne et Allemagne, les critères qualitatifs se généralisent. Le respect des délais, la qualité des prestations sont de plus en plus pris en compte dans les grilles de rémunération.

Au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, l’acquisition de qualification est également intégrée dans le processus de rémunération individuelle des salariés.

La rémunération variable peut être accordée dans certains pays en fonction de l’absentéisme ou en fonction du nombre de congés maladie. Par exemple, au-delà de quatre congés maladie, la prime de fin d’année est supprimée (Canada).


3. La rémunération variable et négociation collective

En Grèce, Finlande, Royaume-Uni, Finlande et au Portugal, les systèmes de rémunération variable sont majoritairement définis de manière discrétionnaire par les employeurs.

Dans les pays scandinaves, la négociation sectorielle ou au niveau de l’entreprise est de rigueur.

En Autriche, la mise en oeuvre d’une politique de rémunération variable ne peut être mise en œuvre qu’après négociation.

En Allemagne, dans 40 % des cas, il y a un accord au niveau de l’entreprise.

En Italie, l’échelon de la négociation est l’entreprise même si quelques accords sectoriels existent sur le sujet.


III. LA REMUNERATION FLEXIBLE OU A LA CARTE APPELEE REMUNERATION « CAFETARIA »

Aux Etats-Unis, au Canada et au Royaume-Uni mais aussi en Belgique, la pratique du salaire « cafétéria » s’étend. L’entreprise propose à ses managers des packages individualisés. Chacun peut arbitrer entre les différentes composantes, temps de travail, voiture de fonction, avantages en nature, actions, retraite, prévoyance… et choisir la structure de rémunération qui lui semble la plus proche de ses besoins. Chaque salarié dispose d’un nombre de points à consommer et donc à répartir en fonction de choix établis sur une base annuelle.

Ainsi, un jeune cadre célibataire privilégiera des avantages en nature ou un accès privilégié à un prêt immobilier au détriment d’une large couverture pour la prévoyance ou la retraite. Un salarié de plus de 40 ans pourra réaliser un choix inverse.

Selon le cabinet Hewitt, 40 % des grandes entreprises canadiennes recourent aux rémunérations flexibles. 12 % des entreprises, en France, auraient des programmes de rémunération à la carte. Dans la rémunération à la carte, il y a une véritable individualisation des parcours salariaux ce qui la distingue des simples accords de flexibilité qui s’appliquent à des catégories de salariés au sein de l’entreprise.


1. Le contexte

Aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, le plein emploi oblige les entreprises afin d’attirer les meilleurs éléments à renouveler leur politique de rémunération. Les jeunes salariés considèrent que les politiques mises en œuvre par les employeurs favorisent les baby-boomers et ne prennent pas suffisamment en compte leur spécificité. Le salaire à la carte constitue une réponse de la part des responsables des ressources humaines à destination des moins de 35 ans.

La nouvelle génération est plus mobile, mieux informée et plus alerte pour demander des augmentations individuelles. Dans des pays à faible taux de chômage, la menace de démission est fréquente.

Nortel a ainsi créé un « portefeuille vie professionnelle » composé de programmes de loisirs et santé.

AstraZeneca, le Groupe RBC Banque Royale et la Banque du Canada ont également mis en œuvre des packages salariaux.


2. Avantages/inconvénients

La rémunération flexible permet de s’adapter aux besoins des différentes générations qui composent l’effectif d’une entreprise et constitue un élément non négligeable de fidélisation. Elle permet aussi l’atteinte d’objectifs organisationnels stratégiques.

L’arbitrage entre plusieurs éléments peut permettre à l’employeur d’économiser en masse salariale et en charges sociales.

Cette pratique permet également de mieux maîtriser les dépenses sociales des entreprises. Les dépenses de santé et les dépenses de retraite, étant vouées à augmenter, les entreprises anglo-saxonnes souhaitent un suivi plus fin de ces dépenses et réduire leurs engagements.

Les syndicats sont assez réticents face à ces nouvelles pratiques qui à leurs yeux aboutissent à rendre opaques les politiques salariales des entreprises et à supprimer les liens de solidarité au sein des entreprises. Ils craignent que la rémunération flexible aboutisse à réduire le montant de leur salaire et limite le montant des augmentations.

Néanmoins, la satisfaction à leur encontre est élevée : 94% des entreprises qui offrent de tels régimes considèrent avoir atteint leurs objectifs sociaux (ressources humaines), et 97% des employés bénéficiaires ont qualifié le régime de bon à excellent (Hewitt et associés, 2003).


3. Exemples

Nortell

Salaire de base Le salaire de base est régulièrement réévalué
Volet flexible – Cafétéria Programmes d’avantages sociaux flexibles.
Les avantages sociaux possèdent plusieurs options. Ils varient en fonction des pays et sont alignés sur les pratiques commerciales et les exigences légales.

Nortel offre à ses employés éligibles des :

• régimes d’assurances (santé, invalidité) • régimes de retraite • congés et autres.

Flexibilité des conditions de travail
Heures de travail flexibles, télétravail, partage du travail et tenue décontractée.
Volet variable Plans d’incitation

• Ils sont directement liés aux contributions individuelles et à la réussite commerciale globale. • Le programme varie en fonction des régions et des emplois et peut inclure : • des options d’achat d’actions • des bonis fondés sur les performances • des plans d’achat d’actions Le portefeuille « vie professionnelle »

• Des programmes de loisirs, santé, bien-être et sécurité : centres de loisir pour enfants, séminaires de parentage, séminaires financiers, classes • Une assistance d’urgence santé et sécurité • Service de conseils confidentiels et professionnels de court terme et un service d’informations…

Le Groupe RBC Banque Royale
60 000 salariés

Salaire de base Le salaire de base est fonction du talent, des compétences, des connaissances et de la capacité d’obtenir des résultats concrets des employés
Volet flexible – Cafétéria Régime d’avantages sociaux et de retraite « à la carte »
Les employés peuvent personnaliser leur régime qui comprend :

• les garanties d’assurance vie et invalidité de base, • le régime de retraite, • les assurances soins médicaux et dentaires

En plus :

Régime d’actionnariat.

Rémunération liée au rendement

• Primes d’encouragement : pour la contribution personnelle au rendement de l’unité opérationnelle et rendement global de RBC Groupe Financier. Et plus… • Programmes d’aide aux employés et services de soutien travail/vie privée : accès à des ressources spécialisées, soins pour personnes à charge, des programmes de congés, de santé et de bien-être, etc. • RBC offre également à ses employés des services financiers spéciaux, comme la carte Visa et les prêts hypothécaires.

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03 2009

Le retour de l’inflation, un mal nécessaire

Le ralentissement américain et les conséquences de la crise des subprime se répercutent sur toutes les économies, celles du vieux continent comme celles des pays émergents. Le décrochage des bourses asiatiques témoigne de l’interdépendance des places financières et des économies.

Fidèle à sa tradition, la FED met en oeuvre une politique de soutien à la croissance au risque plus ou moins maîtrisé de favoriser l’inflation. Compte tenu du niveau d’endettement des Etats-Unis et du déficit public qui en raison de l’ampleur des dépenses militaires ne pourra pas être restreint dans les prochaines années, un consensus mou semble s’instaurer en faveur d’une inflation ayant vocation à réduire le poids de la dette.

I. CONJONCTURE ECONOMIQUE INTERNATIONALE

La crise des subprime qui pourraient générer de 265 à 600 milliards d’euros de pertes (source l’autorité de contrôle bancaire allemande) marque la fin d’un cycle économique et financier d’autant plus que l’éclatement de la bulle immobilière s’accompagne d’une hausse des cours des matières premières. En 2001, l’économie réelle avait remporté une bataille sur l’économie virtuelle ; en 2008, c’est le secteur primaire qui en remporte une seconde.

Le ralentissement des économies avancées se poursuit

Au sein des économies avancées, le ralentissement est désormais clairement engagé. Au quatrième trimestre de 2007, la croissance d’ensemble n’a pas dépassé +0,4 %, La forte croissance du Japon a toutefois surpris à la hausse (+0,9 %), en raison d’un rebond ponctuel de l’investissement des entreprises, et la croissance américaine à la baisse (à peine +0,2 %).

La croissance des pays émergents reste vigoureuse mais pourrait être touchée par un retournement des places financières

Jusqu’à maintenant, le ralentissement des anciens pays industrialisés ne semble pas toucher les économies émergentes dont l’activité économique reste vigoureuse.

La Chine a par exemple de nouveau enregistré une croissance à deux chiffres en 2007, portée par un investissement productif exceptionnellement dynamique (+26 % en glissement annuel fin 2007) et un commerce extérieur toujours en croissance (excédent commercial de 260 milliards de dollars en 2007, en progression de 45 % par rapport à 2006). Certains États, comme le Brésil ou la Russie sont passés de la quasi-faillite à la fin des années 1990 à une situation de pays créditeurs. Ces marges de manœuvre pourraient permettre aux pays émergents de résister au ralentissement mondial dont ils limiteraient ainsi l’ampleur. Il n’en demeure pas moins que la santé de ces économies est liée au maintien à un prix élevé des cours des matières premières.

La suspicion sur les titres mobiliers aboutit à un transfert de liquidité sur les matières premières entretenant le processus de hausse enclenché depuis plus d’un an. Un éventuel ralentissement de la zone Chine/Inde après les Jeux Olympiques pourrait provoquer l’éclatement de la bulle en cours de formation.

Situation américaine

Le marché immobilier américain continuerait de peser sur la conjoncture américaine

L’incertitude perdure quant aux pertes des institutions financières et le nombre de défaillances aux États-Unis en matière de prêts immobiliers est attendu en forte hausse en 2008. L’ajustement du marché immobilier n’est pas terminé : les ventes de logements continuent de baisser, les stocks de logements sont au plus haut depuis la crise de 1978 et les mises en chantier sont au plus bas. La chute de l’investissement en logement des ménages continuerait par conséquent d’amputer la croissance américaine.

Par voie de conséquence, la consommation devrait fléchir. Par ailleurs, la situation sur le marché de l’emploi se dégrade (63 000 emplois ont été détruits en février) ; l’inflation vient éroder le pouvoir d’achat et le recours à l’endettement devient moins facile.

Seul le commerce extérieur soutiendrait la croissance, en raison notamment de la dépréciation du dollar. Le risque d’entrée en récession n’est donc pas nul, même si les commentateurs semblent exagérer la situation (+0,1 % de croissance au premier trimestre et 0,0 % au deuxième selon la moyenne des Instituts).

Situation européenne

Conformément aux principales prévisions des instituts de conjoncture, l’économie européenne enregistre une décélération de sa croissance avec une inflation en progression.

Face au ralentissement de l’économie américaine, les différents Etats européens ont révisé à la baisse leur taux de croissance dont celui la France qui est pénalisée par l’état dégradé de ses finances publiques et par l’importance de son déficit commercial.

L’inflation dans la zone euro a atteint 3,5 % sur un an en mars, un nouveau record depuis la création de cette zone en 1999, selon une première estimation publiée lundi 31 mars par l’Office européen des statistiques.

Cette inflation est en grande partie imputable aux cours des matières premières et de l’énergie. Jusqu’à maintenant, les coûts salariaux n’ont pas enregistré de hausse.

Les prix du pétrole qui ont atteint de nouveaux records au-delà de 110 dollars le baril en mars ; la hausse dépasse 40 % par rapport à la moyenne de 2007.

Ce nouveau record de l’inflation dépasse légèrement les attentes des économistes, qui tablaient sur une hausse des prix à la consommation de 3,4 % en mars.

Cette hausse des prix à la consommation dépasse la limite tolérée par la Banque centrale européenne, dont l’objectif à moyen terme est une inflation en zone euro proche – mais en dessous – de 2 %.

La hausse des prix avait atteint un précédent record de 3,3 % en février, après 3,2 % en janvier et 3,1 % en décembre. Il faut remonter à mai 2001 pour trouver un niveau de 3,1 %, mais l’inflation n’avait jamais dépassé cette limite depuis la création de statistiques pour la zone euro.

De ce fait, la Banque centrale européenne (BCE) a maintenu jeudi son principal taux directeur inchangé à 4%, a indiqué un de ses porte-parole, une décision attendue par les marchés et les économistes.

La Banque d’Angleterre suivant la FED a encore abaissé son principal taux directeur d’un quart de point à 5,25%, une décision largement anticipée.

Pour la BCE, la majorité des économistes s’attendent à une réduction de taux au deuxième trimestre seulement, quand les signes de détérioration de l’économie seront devenus plus palpables, reléguant les inquiétudes pour l’inflation au second plan.

La confiance économique au plus bas depuis novembre 2005

L’indice de confiance économique a baissé plus qu’attendu en mars dans la zone euro, atteignant son plus bas niveau depuis novembre 2005, selon une enquête publiée lundi 31 mars par la Commission européenne. Il s’est établi à 99,6 points en mars, contre 100,2 points en février. Les économistes interrogés par l’agence d’informations financières Thomson Financial News s’attendaient à un recul moins important, à 99,9 points. L’indice du climat des affaires, qui mesure la confiance des seuls industriels, a quant à lui rebondi en mars, à 0,80 point contre 0,71 point en février.

Prévisions printemps OCDE

II. ECONOMIE FRANÇAISE

Taux de croissance :

2008 : 1,7 à 2 % prévision 2007 : 1,9 %
2006 : 2,2
2005 : 1,7

Déficits publics : 2,7 % du PIB en 2007 contre 2,4 % en 2006 ; objectif 2008 : 2,5 %
Dette publique : 64,2 % du PIB en 2007 contre 63,6 en 2006
Dépenses publiques : 52,6 % du PIB en 2007 contre 52,7 % du PIB en 2006
Prélèvements obligatoires : 43,5 % du PIB contre 43,9 % du PIB
Déficit commercial : 39,7 milliards d’euros
Chômage : 7,5 % ; 350 000 créations d’emploi en 2007 ; 750 000 départs à la retraite

La France se caractérise par un taux de croissance faible et d’autant plus faible que sa population augmente plus rapidement que celle de ces principaux partenaires dont en premier lieu l’Allemagne. Elle se caractérise par une balance commerciale fortement dégradée (39,6 milliards d’euros de déficit contre un excédent de plus de 200 milliards d’euros en 2007 en Allemagne).

En revanche, la situation de l’emploi connaît une nette embellie.

En 2007, plus de 350 000 emplois ont été créés en France, soit davantage encore qu’en 2006 où le marché du travail avait déjà été particulièrement dynamique (+283 000 emplois). Cette performance tient en grande partie aux secteurs marchands. Les plus créateurs d’emploi sont les services aux entreprises (+122 000 emplois), les services aux particuliers (+89 000 emplois) et la construction (+59 000 emplois).

96 000 emplois créés au premier semestre 2008 sont prévus. De ce fait, le taux de chômage demeurerait à 7,5 %

Contrairement au débat sur la question du pouvoir d’achat, le revenu des ménages a été particulièrement dynamique en 2007

L’amélioration continue du marché du travail depuis le début de 2006 a entretenu le dynamisme de la masse salariale. En 2007, celle-ci aurait crû de 4,1 %. Les mesures fiscales de soutien au pouvoir d’achat (réforme du barème de l’impôt sur le revenu, hausse de la prime pour l’emploi, baisse des cotisations salariales liées à la défiscalisation des heures supplémentaires) ont par ailleurs contribué à une très nette accélération du revenu des ménages (+4,7 % en moyenne annuelle). Corrigé de l’inflation, le revenu des ménages aurait ainsi augmenté de 3,1 % en 2007.

En revanche pour 2008, un ralentissement est prévu. Au premier semestre de 2008, les salaires resteraient dynamiques en raison de la bonne tenue du marché du travail. Le revenu des ménages devrait en outre bénéficier des effets favorables de la loi TEPA. L’impôt sur le revenu devrait toutefois retrouver un rythme de progression plus en ligne avec la croissance du revenu. Au total, le revenu des ménages augmenterait de 1,9 % au premier semestre de 2008.

Compte tenu de la progression des prix, plus de 3 % en rythme annuel, les gains de pouvoir d’achat seraient faibles en prévision…

En raison de la forte hausse des prix à la consommation et de la perte de dynamisme des revenus nominaux, le pouvoir d’achat du revenu des ménages devrait à peine progresser au premier semestre (environ +0,1 % par trimestre). Les ménages devraient néanmoins amortir l’impact de ce ralentissement du pouvoir d’achat sur la consommation, en tirant sur le surcroît d’épargne accumulé en 2007.

Selon l’INSEE, la consommation résisterait au ralentissement marqué du pouvoir d’achat du revenu des ménages. Elle progresserait sur un rythme un peu inférieur à sa tendance de longue période (+0,5 % au premier trimestre puis +0,4 % au deuxième).

L’investissement des ménages devrait stagner

L’investissement en logement continuerait de ralentir après le rebond temporaire du quatrième trimestre : les prix immobiliers demeurent à un haut niveau et les conditions d’octroi des prêts se durcissent.

L’investissement des entreprises a été dynamique en 2007

Sur l’ensemble de l’année 2007, l’investissement des entreprises a augmenté de 4,9 %. L’investissement en bâtiment et travaux publics a été particulièrement dynamique (+7,3 %). Au quatrième trimestre, l’investissement total aurait toutefois fortement ralenti sans le rebond temporaire de la formation brute de capital fixe en bâtiment et travaux publics.

Au début de l’année 2008, l’investissement productif ralentirait (+0,5 % en moyenne par trimestre). En effet, les perspectives de demande seraient limitées par le tassement de l’activité et les turbulences financières ont provoqué le renchérissement des emprunts privés par rapport aux emprunts publics. L’investissement en construction, notamment en travaux publics, ralentirait nettement.

La production a nettement ralenti au quatrième trimestre de 2007 : +0,4 % (+0,5 % hors effet des grèves dans les transports publics). Le ralentissement devrait se poursuivre : +0,4 % au premier trimestre (+0,3 % hors effet des grèves), et +0,3 % au deuxième. En effet, en début d’année le climat des affaires s’est effrité dans l’industrie et fortement détérioré dans les services, revenant ainsi à son plus bas niveau depuis décembre 2005.

La production de services marchands devrait pâtir du léger tassement de la consommation des ménages. La production manufacturière resterait atone.

La croissance du PIB se tasserait en début d’année

Après une croissance du PIB de 1,9 % en 2007, le contexte économique serait moins favorable début 2008. Le Gouvernement a abaissé le taux de croissance de 2,2 à 1,7 à 2 %.

Au mois de mars 2008, la perception de la situation économique par les ménages a atteint son plus bas niveau depuis la création de l’indice par l’INSEE. Depuis le mois de juin 2007, une chute de 23 points a été enregistrée. En revanche, le moral des industriels reste élevé. Le pessimisme des ménages s’explique par la montée de l’inquiétude devant la résurgence de l’inflation et des pertes potentielles de pouvoir d’achat. L’amélioration du marché de l’emploi est trop récente pour avoir été pris en compte par les ménages.

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04 2008

novembre 2006 : Les sanglots longs des violons de l’automne

Au troisième trimestre 2006, la croissance française a été étale. Est-ce une véritable surprise ? Est-ce un trou d’air ou une simple pause après un très bon second trimestre ? Au-delà des explications conjoncturelles, les vacances, l’imputation du lundi de Pentecôte, le déstockage…, la France est en peine avec sa croissance depuis des années. En 2005, la croissance n’a été que de 1,2 %. Sur ces dix dernières années, elle n’a été, en moyenne annuelle, que de 1,5%. Cette panne intervient alors que le monde connaît un choc d’expansion sans précédent, + 4,5 % en 2005. Ce choc se nourrit de la croissance de la Chine, + 10 %, de l’Inde, + 9 %, de la Russie, + 6 %, mais aussi des pays d’Amérique latine. Des pays anciennement industrialisés comme les Etats-Unis ou le Royaume-Uni participent pleinement à cette expansion. Même l’Allemagne qui longtemps partageait les records de langueur de la France a renoué avec le succès en 2006.

Comment expliquer que la France se languit au moment où ses grandes entreprises accumulent les bénéfices ? Elles réalisent une part de plus en plus importante de leur chiffre d’affaire à l’étranger, sur des marchés en forte croissance. Faut-il le regretter ? Certainement pas ; leurs bénéfices financent l’Etat et sont, en partie, redistribués aux actionnaires français, certes leur nombre est trop faible ; les entreprises françaises du CAC 40 étant détenues à plus de 47 % par des fonds étrangers.

Le mal français ressemble à celui du milieu des années quatre-vingt, en pire car les marges de manœuvre ont disparu et que la volonté de changement s’est émoussée. La compétitivité de notre économie est faible, la meilleure preuve étant fournie par l’ampleur du déficit commercial. La facture énergétique n’explique pas tout, loin de là ; l’Allemagne, n’ayant pas plus de pétrole que nous, accumule des excédents. C’est le positionnement de notre économie qui est mauvais. Cette dernière dépend, dans sa composante industrielle, essentiellement de l’automobile et de l’aéronautique. Il suffit que l’un des deux ou les deux secteurs s’enrhument pour que les résultats macroéconomiques s’en ressentent comme c’est le cas actuellement.

Il est à craindre que le problème du secteur automobile français ne soit pas que d’ordre conjoncturel. PSA ou Renault sont des créateurs de voitures mais surtout des assembleurs de pièces détachées. Cette dernière fonction peut être réalisée un peu partout et à moindre prix qu’en France. De ce fait, ce secteur est voué à connaître un processus de délocalisation d’autant plus que les marchés d’aujourd’hui et de demain se trouvent en Asie et en Amérique Latine. Les fermetures d’usines en Belgique ou au Royaume-Uni de la part de Renault, de PSA ou de Volkswagen en annoncent malheureusement d’autres. La faiblesse de l’industrie automobile française est également liée à un manque d’investissements sur les créneaux porteurs : voiture hybride, 4×4, petites voitures avec du caractère style Mini de BMW.

L’autre grand vecteur d’excédents et d’images de l’économie française, Airbus, souffre d’autres maux. Il s’agit d’une crise de croissance qui se double de problèmes liés au passage d’une coopération politique à une affaire commerciale. Avec l’A320, Airbus est devenu une véritable success-story. Cette compagnie née de la coopération d’avionneurs et de motoristes européens n’ayant pas la taille critique pour conquérir le monde a réussi à doubler Boeing en moins de quarante ans. Enivré par ses succès, Airbus et les politiques l’entourant, ont lancé le programme de l’A380 afin de concurrencer le Boeing 747. Il s’agissait d’un acte de puissance car le créneau des jumbos n’est pas le plus rentable. De plus, afin de contenter tous les partenaires, le plan d’assemblage de l’A380 génèrent des surcoûts et des retards qui peuvent être, sans nul doute, surmonter. En revanche, les hésitations sur l’A350, long courrier mono-couloir sont plus dangereuses compte tenu de l’avance prise par Boeing sur ce marché beaucoup plus important et rémunérateur que le précédent. Au-delà de ces choix économiques, Airbus tout comme Boeing délocaliseront une part non négligeable de leur production dans les pays asiatiques qui seront les principaux débouchés des vingt prochaines années. La décision d’EADS de construire une chaîne de montage d’A320 en Chine le prouve.

Sauf revirement de tendance et remise en cause du processus de mondialisation, pour des raisons de coûts, les pays occidentaux doivent se positionner sur les créneaux sur lesquels la concurrence est la plus faible ou plutôt là où ils ont les avantages comparatifs les plus élevés. La bataille se porte désormais sur la recherche, la conception, le marketing et la vente. La production de biens industriels et aussi de services a vocation à être délocalisée. Robert Reich, ancien conseiller du travail de Bill Clinton, a dans un de ses livres « l’économie mondialisée » dépeint, il y a déjà plus de quinze ans, cette évolution qui est loin d’être négative. Ce qui coûte et donc rapporte le plus, c’est créer et vendre.

La France est absente sur les marchés de l’informatique et perd du terrain dans les secteurs de la recherche pharmaceutique, des biotechnologies ou des nanotechnologies. Il reste encore des pôles d’excellence comme dans le nucléaire ou dans le luxe mais cela ne suffit pas à développer une économie dynamique.

Pour le moment, la France, comme souvent lors d’une révolution économique, hésite sur le chemin à prendre : le repli ou les règles du marché, vivre en dehors de l’histoire ou l’épouser. Il est souvent mis en avant pour expliquer nos déboires, les 35 heures, le coût du travail, le poids des prélèvements… Il est certain que la France a accumulé les handicaps mais aucun n’est rédhibitoire. Il y a actuellement une telle différence de coûts entre les pays d’Asie et les pays occidentaux que cela lisse au sein de ces derniers les écarts. L’Allemagne dont les coûts sont très proches des nôtres enregistrent excédents sur excédents en matière de balance commerciale. Ce n’est pas une exonération sur 1,3 fois ou 1,6 fois le SMIC qui change la donne. La bataille est ailleurs même. Il faut être « price-maker » sur des créneaux porteurs. L’Allemagne est « price-maker » sur les voitures haut de gamme, sur les secteurs de l’équipement industriels. Les pays scandinaves démontrent que l’on peut associer coûts élevés, système de protection sociale étendue et compétitivité.

Or, la France semble avoir déposé les armes en matière d’innovation et de recherche et même en matière d’investissement tout court.

La croissance est aujourd’hui alimentée par la consommation des ménages qui en progressant alimentent les importations ; le déficit commercial dépassera, cette année, le record de l’année dernière, 26 milliards d’euros.

Si le sentiment de déclin est, à juste titre, partagé, il n’en demeure pas moins que l’immobilisme l’est également. Au nom du principe de précaution, la science et le progrès ont été mis en quarantaine. Au nom du Paris éternel, tout doit être classé, même les entrepôts et la gare sans charme d’Austerlitz, les tours sont bannies tout comme les restructurations urbaines de grande ampleur. Comment dans ces conditions accueillir les sièges sociaux des grandes entreprises ? Au mieux elles choisissent comme Generali ou Mittal Arcelor, Saint Denis, au pire, elles optent pour Bruxelles ou Londres.

La production physique de produits et de services sera de moins en moins l’apanage des pays occidentaux mais des pays en décollage économique. En revanche, les fonctions de conception, commerciales, de marketing, de recherche et de services de proximité ont vocation à se développer. Le vieillissement de la population mais plus globalement la volonté d’être épaulé dans sa vie quotidienne sont des sources d’emplois. En France, réaliser une prestation pour une autre personne est considéré comme dévalorisant, dégradant. La France, premier pays pour le nombre de touristes, est connue pour la médiocrité de la qualité de son accueil, les services aux personnes âgées ou même les fonctions commerciales sont connotées négativement. L’esprit de 1789, les « 200 familles », la lutte des classes hantent notre inconscient collectif tout comme notre soif du statut, de la sécurité à tout prix et à tous les niveaux.

Quoi qu’il arrive en fin d’année, la croissance française avoisinera les 2%, soit un des meilleurs taux depuis le début du troisième millénaire, taux néanmoins insuffisant pour alimenter un cercle vertueux d’assainissement de nos finances publiques. Avec plus de 1100 milliards d’euros de dettes et un déficit budgétaire de 41 milliards d’euros, l’Etat est en situation de faillite. A plus ou moyen court terme, le relèvement des impôts est inévitable avec à la clef un risque déflationniste. L’autre solution consiste à engager des remises en cause en profondeur des structures publiques. D’autres pays comme le Canada, la Nouvelle Zélande ou le Royaume-Uni l’ont fait.

Les mauvais résultats de la conjoncture française et les incertitudes politiques n’ont pas d’incidence sur le CAC40 ; les entreprises françaises étant de moins en moins dépendantes du marché national. Le CAC 40 a progressé de plus de 15 % depuis le début de l’année (au 20 novembre 2006) et a franchi la barre des 5500 points. L’impact de l’éclatement de la bulle Internet s’estompe. Les cours des actions peuvent-ils continuer à progresser dans les prochains mois au même rythme qu’actuellement ? Les tensions internationales, en particulier au Moyen Orient et en Corée persistent ; l’augmentation des taux par la FED a pour conséquences la baisse des prix de l’immobilier aux Etats-Unis et privent les ménages américains d’un effet richesse ce qui pourrait peser sur la consommation. La croissance russe est conditionnée au maintien des prix élevés de l’or noir qui dépend de la demande asiatique et américaine mais aussi de facteurs spéculatifs. L’année prochaine, il y a un risque de ralentissement en Allemagne du fait de l’augmentation de la TVA. Pour la Chine, les jeux olympiques de 2008 devraient conduire au maintien d’un fort taux d’activité. De ce fait, la croissance devrait se ralentir doucement dans les prochains mois ce qui pour la France signifierait un tassement de la croissance de l’ordre de 0,5 point. Elle devrait toute chose étant égale, par ailleurs, tourner autour de 1,5 % l’année prochaine.

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11 2006

Epargne Salariale : 2005

Evolution du marché de l’épargne salariale

Au 30 juin 2005, les actifs de l’épargne salariale s’élevaient à 64 797,8 millions d’euros répartis sur 2847 fonds. Après une forte progression dans les années quatre-vingt-dix liée aux bons résultats des entreprises, il est constaté depuis une stagnation renforcée par les mesures de déblocages des PEE prises pour soutenir la conjoncture économique. En 2000, l’encours de FCPE s’élevait à 54,7 milliards d’euros ; en 2003, après l’éclatement de la bulle Internet, l’encours s’était contracté à 47,43 milliards d’euros.

Un rebond est constaté depuis 2003. En France, 8,5 millions de personnes bénéficiaient au 31 décembre 2004 d’un plan d’épargne salariale, pour un montant total d’encours qui atteignait 57 milliards d’euros.

Selon une étude de l’INSEE, 17 % des ménages détiennent de l’épargne salariale en 2004, contre 13 % en 1998 et 15 % en 2000.

L’évaluation de l’impact de l’épargne salariale est difficile à apprécier du fait que la participation est versée dans la proportion d’un tiers dans des Comptes Courants Bloqués (environ 7 milliards d’euros) et des placements investis directement en actions d’entreprise ou en SICAV qu’il est difficile de mesurer. Selon le Conseil national du crédit, l’encours global de l’épargne salariale atteindrait de 80 à 85 milliards d’euros (fin 2002).

Depuis cinq ans, le nombre de plans d’épargne a été multiplié par 13 passant de 10 000 à 130 000 (PEE, PEI, plan d’épargne de groupe…). Il y a 6,6 millions de porteurs de fonds diversifiés et 2,7 millions dans les fonds d’actionnariat. La part des actifs disponibles s’élève à 45 % ce qui traduit l’utilisation de l’épargne salariale sous forme d’épargne retraite ou sous forme d’épargne de précaution.

Les flux de l’épargne salariale :

• Participation : 4,1 milliards d’euros bloqués cinq ans dans les Comptes Courants bloqués ;
• Intéressement : 3,5 milliards d’euros sans obligation d’épargne mais dont 50 % sont à investir dans un PEE pour bénéficier des avantages fiscaux et de l’abondement ;
• Versements complémentaires : 2,5 milliards d’euros soit 35 % du total.

Les deux faiblesses de l’épargne salariale en France

Si 80 % des chefs d’entreprise sont favorables à l’épargne salariale et 75 % des salariés, en revanche, les dispositifs proposés sont encore trop méconnus ou jugés trop complexes.

L’épargne salariale souffre d’une méconnaissance chronique en France. 31 % des salariés affirment n’en avoir jamais entendu parler et 14 % des dirigeants d’entreprises. 67 % des salariés se disent mal informés, 72 % pour l’actionnariat salarié et 75 % pour les dispositifs retraite. Près de 50 % des salariés bénéficiant d’un dispositif d’épargne salariale ignorent que les sommes sont exonérées de l’impôt sur le revenu ; 63 % ignorent que l’épargne salariale est également exonérée de l’impôt sur les plus values. 70 % des salariés jugent les dispositifs trop complexes (chiffres tirés des enquêtes 2005 de Novacy-TNS Sofres et BNP Altedia).

Les DRH jugent majoritairement manqués d’information (sondage IFOP, septembre 2005). Les DRH considèrent les salariés peu concernés par l’épargne salariale (55 %) mais jugent l’implication de l’entreprise sur le dossier de l’épargne retraite collective incontournable (89 %). La loi Fillon donne selon eux (71 %) un rôle plus important à l’entreprise en la matière. 84 % des DRH jugent que dans les prochaines années, le poids de l’abondement va s’accroître.

L’autre grande faiblesse de l’épargne salariale est son absence ou quasi-absence parmi les PME. En fonction des dispositifs, le taux de pénétration dans les entreprises de moins de 50 salariés est de 1 à 15 %. De fait, c’est près de 9 millions de salariés qui sont exclus de l’épargne salariale.

Pour les entreprises de plus de 500 salariés, le taux d’équipement en épargne salariale est de 86 % ; 76 % disposent d’un PEE ; 75 % d’un dispositif d’intéressement. 5 % ont souscrit un Plan d’Epargne Interentreprises (sondage Ifop).

Pour l’épargne retraite collective, le taux d’équipement est de 29 %. Ce faible taux d’équipement n’empêche pas que 75 % des chefs d’entreprise sont favorables au développement de dispositifs pour la retraite.

55 % des entreprises ne disposant pas d’un dispositif d’épargne retraite collective souhaitent en développer prochainement un. 9 % dans l’année ; 20 % dans les deux ans et 26 % dans les trois ans. Dans 55 % des cas, c’est le PERCO qui est envisagé, nettement devant le PERE (26 %) et l’article 83 (15 %).

Pour la mise en place d’un produit d’épargne retraite collective, les DRH souhaitent faire appel majoritairement à une institution de prévoyance (60 %), à un cabinet de conseil ou à un courtier (59 %), une société spécialisée en épargne salariale (53 %), une banque (48 %), une compagnie d’assurance (30 %).

Le PERCO, produit d’avenir

Le PERCO recueille l’approbation à la fois des salariés et des DRH. Le PERCO est jugé intéressant pour les salariés, pour les DRH, il est jugé facile à mettre en œuvre et moteur du dialogue social. Selon le sondage Ifop septembre 2005, il est cité positivement deux fois plus souvent que les autres produits.

Au 31 décembre 2004, 6000 PERCO avaient été signés et 50 % étaient alimentés.

Le Marché de l’Epargne salariale

Le marché de l’épargne salariale est assez concentré ; les cinq premiers gèrent 75 % des actifs d’épargne salariale : Natexis, Groupe Crédit agricole, SG Asset Management, Axa Investment Managers Paris et BNP Pam. Au sein de ce groupe des 5, deux sont en situation de force : Natexis et le Crédit Agricole, respectivement 20 et 17 % du marché. Novacy et le Groupe Generali ne figurent pas parmi les quarante premiers intervenants du marché. Lazard est au 24ème rang.

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02 2005