Epargne Salariale : 2005

11/02/2005, classé dans

Evolution du marché de l’épargne salariale

Au 30 juin 2005, les actifs de l’épargne salariale s’élevaient à 64 797,8 millions d’euros répartis sur 2847 fonds. Après une forte progression dans les années quatre-vingt-dix liée aux bons résultats des entreprises, il est constaté depuis une stagnation renforcée par les mesures de déblocages des PEE prises pour soutenir la conjoncture économique. En 2000, l’encours de FCPE s’élevait à 54,7 milliards d’euros ; en 2003, après l’éclatement de la bulle Internet, l’encours s’était contracté à 47,43 milliards d’euros.

Un rebond est constaté depuis 2003. En France, 8,5 millions de personnes bénéficiaient au 31 décembre 2004 d’un plan d’épargne salariale, pour un montant total d’encours qui atteignait 57 milliards d’euros.

Selon une étude de l’INSEE, 17 % des ménages détiennent de l’épargne salariale en 2004, contre 13 % en 1998 et 15 % en 2000.

L’évaluation de l’impact de l’épargne salariale est difficile à apprécier du fait que la participation est versée dans la proportion d’un tiers dans des Comptes Courants Bloqués (environ 7 milliards d’euros) et des placements investis directement en actions d’entreprise ou en SICAV qu’il est difficile de mesurer. Selon le Conseil national du crédit, l’encours global de l’épargne salariale atteindrait de 80 à 85 milliards d’euros (fin 2002).

Depuis cinq ans, le nombre de plans d’épargne a été multiplié par 13 passant de 10 000 à 130 000 (PEE, PEI, plan d’épargne de groupe…). Il y a 6,6 millions de porteurs de fonds diversifiés et 2,7 millions dans les fonds d’actionnariat. La part des actifs disponibles s’élève à 45 % ce qui traduit l’utilisation de l’épargne salariale sous forme d’épargne retraite ou sous forme d’épargne de précaution.

Les flux de l’épargne salariale :

• Participation : 4,1 milliards d’euros bloqués cinq ans dans les Comptes Courants bloqués ;
• Intéressement : 3,5 milliards d’euros sans obligation d’épargne mais dont 50 % sont à investir dans un PEE pour bénéficier des avantages fiscaux et de l’abondement ;
• Versements complémentaires : 2,5 milliards d’euros soit 35 % du total.

Les deux faiblesses de l’épargne salariale en France

Si 80 % des chefs d’entreprise sont favorables à l’épargne salariale et 75 % des salariés, en revanche, les dispositifs proposés sont encore trop méconnus ou jugés trop complexes.

L’épargne salariale souffre d’une méconnaissance chronique en France. 31 % des salariés affirment n’en avoir jamais entendu parler et 14 % des dirigeants d’entreprises. 67 % des salariés se disent mal informés, 72 % pour l’actionnariat salarié et 75 % pour les dispositifs retraite. Près de 50 % des salariés bénéficiant d’un dispositif d’épargne salariale ignorent que les sommes sont exonérées de l’impôt sur le revenu ; 63 % ignorent que l’épargne salariale est également exonérée de l’impôt sur les plus values. 70 % des salariés jugent les dispositifs trop complexes (chiffres tirés des enquêtes 2005 de Novacy-TNS Sofres et BNP Altedia).

Les DRH jugent majoritairement manqués d’information (sondage IFOP, septembre 2005). Les DRH considèrent les salariés peu concernés par l’épargne salariale (55 %) mais jugent l’implication de l’entreprise sur le dossier de l’épargne retraite collective incontournable (89 %). La loi Fillon donne selon eux (71 %) un rôle plus important à l’entreprise en la matière. 84 % des DRH jugent que dans les prochaines années, le poids de l’abondement va s’accroître.

L’autre grande faiblesse de l’épargne salariale est son absence ou quasi-absence parmi les PME. En fonction des dispositifs, le taux de pénétration dans les entreprises de moins de 50 salariés est de 1 à 15 %. De fait, c’est près de 9 millions de salariés qui sont exclus de l’épargne salariale.

Pour les entreprises de plus de 500 salariés, le taux d’équipement en épargne salariale est de 86 % ; 76 % disposent d’un PEE ; 75 % d’un dispositif d’intéressement. 5 % ont souscrit un Plan d’Epargne Interentreprises (sondage Ifop).

Pour l’épargne retraite collective, le taux d’équipement est de 29 %. Ce faible taux d’équipement n’empêche pas que 75 % des chefs d’entreprise sont favorables au développement de dispositifs pour la retraite.

55 % des entreprises ne disposant pas d’un dispositif d’épargne retraite collective souhaitent en développer prochainement un. 9 % dans l’année ; 20 % dans les deux ans et 26 % dans les trois ans. Dans 55 % des cas, c’est le PERCO qui est envisagé, nettement devant le PERE (26 %) et l’article 83 (15 %).

Pour la mise en place d’un produit d’épargne retraite collective, les DRH souhaitent faire appel majoritairement à une institution de prévoyance (60 %), à un cabinet de conseil ou à un courtier (59 %), une société spécialisée en épargne salariale (53 %), une banque (48 %), une compagnie d’assurance (30 %).

Le PERCO, produit d’avenir

Le PERCO recueille l’approbation à la fois des salariés et des DRH. Le PERCO est jugé intéressant pour les salariés, pour les DRH, il est jugé facile à mettre en œuvre et moteur du dialogue social. Selon le sondage Ifop septembre 2005, il est cité positivement deux fois plus souvent que les autres produits.

Au 31 décembre 2004, 6000 PERCO avaient été signés et 50 % étaient alimentés.

Le Marché de l’Epargne salariale

Le marché de l’épargne salariale est assez concentré ; les cinq premiers gèrent 75 % des actifs d’épargne salariale : Natexis, Groupe Crédit agricole, SG Asset Management, Axa Investment Managers Paris et BNP Pam. Au sein de ce groupe des 5, deux sont en situation de force : Natexis et le Crédit Agricole, respectivement 20 et 17 % du marché. Novacy et le Groupe Generali ne figurent pas parmi les quarante premiers intervenants du marché. Lazard est au 24ème rang.

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